Echec aux séductions de l'alcool.
Sunday, 28 March 2010
La tentation, tueuse de promesses.
Ce jour-là j’avais promis en toute sincérité de ne pas boire. Ma mère était tellement inquiète et tourmentée par ma conduite que j’étais prêt à tous les sacrifices pour lui apporter un peu de consolation. La journée commença bien. Dès l’aube j’allais relever mes lignes de fond posées en mer la veille. Un énorme congre, accroché à un hameçon, mais bien vivant, m’y attendait. La bataille fut rude pour l’embarquer dans mon bateau et le mettre dans un sac. J’arrivais à la maison avec le sourire du vainqueur. Non seulement j’étais le bon garçon qui allait faire plaisir à sa maman en étant sobre aujourd’hui, mais en plus j’allais remplir le garde manger familial de poisson frais. Mais une surprise m’attendait. Christian, mon vieux copain d’école et de la marine était là. Il était en permission et m’invitait à une soirée dans la maison de son grand-père. Il avait pensé à moi parce qu’il désirait créer une ambiance tahitienne. J’ai donc mis mon blanc pantalon à pont de marin et ma chemise tahitienne préférée, celle avec des boutons en noix de coco, et nous voilà partis pour mettre de l’ambiance dans la vielle chaumière du grand père qui n’y habitait plus depuis longtemps. Ma mère, se doutant de l’issue de la soirée, ou plutôt de la nuit, essaya en vain de me retenir. Mais je tiendrais ma promesse, ne t’inquiète pas, on ne se soule pas tous les jours quand même ! Et mon copain Christian, d’ajouter qu’après une telle pêche je méritais bien une petite sortie quand même. On mit littéralement le feu dans la froide maison du grand père en allumant un brasier dans la cheminée. Soirée tropicale oblige ! On commença au punch, et quand le saladier fut vide on continua au rhum « pur ».
De l’ivresse à la détresse.
Je ne me souviens pas comment s’est terminée la nuit, sinon que j’eus un mal fou à mettre la clé dans la serrure de la porte d’entrée de la maison, et que je me trimballais une sacrée gueule de bois pendant deux jours. Mais je me souviens très bien du malaise intérieur qui me traversa lorsque je vis ma mère à mon réveil. J’étais sincèrement désolé pour elle de n’avoir pas tenu ma promesse. Et j’étais profondément troublé en moi-même, car j’avais été sincère à 100% en lui promettant de ne pas boire. D’autant plus que ce n’était pas le genre promesse « je ne boirais plus jamais ! », mais seulement la promesse ponctuelle de pas boire ce jour-là. Je n’avais pas été capable de tenir ma parole, bien que 100% sincère. C’était comme si j’avais été mené par le bout du nez, contre mon gré, pour faire ce que je ne voulais pas faire ce jour-là. Ce sentiment d’avoir été manipulé par une force plus grande que moi est resté très vif en moi. Mais il m’a fallut du temps pour découvrir comment ne plus me laisser dominer par ces pulsions incontrôlables. C’est lorsque j’ai découvert l’amour de Dieu pour moi que j’ai commencé à comprendre le principe de la tentation, et comment mettre en échec cette force cachée qui veut me tenir à sa merci. L’un des auteurs de la Bible, Jacques, explique très bien ceci : « Soumettez-vous donc à Dieu, mais résistez au diable et il fuira loin de vous. » Jacques 4 :7. Soumission au diable ?
A cette époque je faisais exactement le contraire de ce que préconise la Bible. C'est-à-dire, je me soumettais au diable et je résistais à Dieu, et au moment de la tentation, au lieu de fuir, le diable arrivait au galop et réduisait à néant mes bonnes intentions. A ce moment de ma vie je ne croyais ni en Dieu ni au diable, mais mon incroyance ne les empêchait pas d’exister ! Le diable, contrairement à Dieu, ne se soucie pas de la vérité. Il se tient dans l’ombre et saisit les occasions qui lui sont données pour nous asservir. De la tentation le diable nous mène au péché. Le péché ? Vous êtes mort de rire ? Sachez que l’une des définitions du péché c’est de rater la cible. Ce jour mémorable j’avais raté la cible que je visais, vivre une journée de sobriété, une seule et petite journée de sobriété pour consoler ma mère d’avoir un fils buveur. Lorsque nous ratons la cible que nous nous étions moralement fixée nous avons péché. La grande différence entre la soumission à Dieu et la soumission au diable, c’est que la soumission à Dieu est une libre décision tandis que la soumission au diable est l’obéissance à une pulsion. Avec le recul j’ai découvert les principes suivants :-Soumission à Dieu + résistance au diable = victoire sur le péché.
-Soumission au diable + résistance à Dieu = esclavage du péché.
Nombreux sont ceux qui se soumettent au diable et plutôt qu’à Dieu, sans s’en rendre compte.
La tentation, un caméléon dans la maison.
La tentation est toujours subtile et souvent subite, elle surgit sans crier gare. Elle survient sans protocole, sans même parlementer avec notre conscience ou notre raison. La tentation aime se présenter à notre porte quand nous ne sommes pas préparés à sa visite. La tentation chronique se présente comme une vielle amie, mais elle n’en est pas une. Car nous aimons préparer la visite de nos amis, tandis que si nous savions que la tentation allait nous visiter nous ferions tout pour ne pas la laisser entrer chez nous. La tentation, comme une perfide ennemie, cherche à nous prendre au dépourvu. Évidemment je parle ici des tentations chroniques, récurrentes, qui se croient chez elles en nous. Mais elles nous trompent et se trompent elles-mêmes, elles n’ont reçu aucun droit de séjour en nous. Mais après des années de tolérance de notre part nous avons perdu toute autorité sur ces incitations à faire ce que nous ne voulons plus faire ; il nous faut donc recourir à une autorité supérieure à la nôtre, tant en qualité qu’en puissance, pour vaincre la tentation. Dieu est cette autorité supérieure à laquelle nous pouvons nous soumettre pour devenir maîtres de nous-mêmes lorsque la tentation se glisse sous notre porte. La soumission à Dieu nous délivre de la soumission servile à nos passions coupables.Renoncer aux mirages pour adhérer aux promesses de Dieu.
Il nous faut souvent beaucoup de temps pour découvrir que nos pires passions sont coupables, car la tentation nous les présente comme attractives, plaisantes et même épanouissantes. Mais, paradoxalement, c’est à partir du moment où nous avons cédé à la tentation que nous devenons insatisfaits, frustrés, mécontents, en colère contre nous-mêmes et contre le monde entier. Les mirages de la tentation sont menteurs et souvent meurtriers, car l’échec tue l’espoir. Les promesses de Dieu sont à l’opposé des mirages de la tentation. Lorsque nous consommons les promesses de Dieu nous entrons dans la réalité qu’elles nous laissaient entrevoir, nous goûtons que Dieu est bon.
Les tentations sont une falsification des promesses de Dieu, elles mettent en appétit nos sens mais nous laissent sur notre faim et notre soif avec une indigestion et une gueule de bois. Les promesses de Dieu, quant à elles, nous désaltèrent, nous remplissent et nous fortifient.
Les promesses de Dieu sont donc le remède efficace, préventif et curatif, pour mettre en échec la tentation.
Pourquoi n’essaierez-vous pas de mettre en pratique le conseil de Jacques ?
« Soumettez-vous donc à Dieu, mais résistez au diable et il fuira loin de vous. » Jacques 4 :7.
Bon courage !
Concarneau le 27 Mars 2010.
Alain Monclair.
Alain Monclair.

