De Mururoa à Golgotha.

Wednesday, 25 March 2009

Parcours spirituel d’un vétéran du Pacifique.

 Les essais nucléaires du Sahara et du Pacifique reviennent à la une de l’actualité en soulignant que « Les vétérans n’avaient aucune conscience du danger ». Je suis l’une des 150 000 personnes ayant participé à une campagne d’essais nucléaires. Jusqu’à ce jour je n’ai pas été victime de l’un de ces cancers redoutés par les vétérans de la banlieue de Mururoa. Mais mon expérience n’a pas été que nucléaire, elle a bouleversé ma conscience de futur vétéran du Pacifique.

 J'ai fêté mes 19 ans en mer sur le Porte Avions Foch en route vers le Pacifique pour les Essais nucléaires de 1966. J'étais Engagé Volontaire par Devancement d'Appel, à une époque où la majorité était à 21 ans! L'État m'a donc émancipé afin qu'en toute bonne conscience je puisse contribuer à faire de la France une puissance nucléaire.
 Je n'ai pris conscience du danger que le 2 Juillet 1966, lors du premier tir de la campagne Alpha. Je me souviens du silence accompagnant ce compte à rebours et des visages figés de mes camarades. Ce souvenir vient régulièrement visiter ma conscience, le texte qui suit, écrit en 1995 en témoigne :


1 000 soleils...et une conscience

 « Le silence s'est installé dans la coursive du porte-avions, les rires ont cessé et la tension grandit au rythme décroissant du compte à rebours. 6...5...4...3... L'éclairage néon semble plus blafard que d'habitude et les visages plus pâles. Les jeunes marins que nous sommes prennent soudainement conscience de notre véritable raison d'être dans le Pacifique sud ce 1er Juillet 1966. Le compte à rebours poursuit son égrènement vers le chiffre redouté 2... 1..., mais le 0 est remplacé par : « TIR ANNULE ». Surprise ! Étonnement, écœurement de nous être laissés émouvoir par cet exercice que nous croyions réel. Le lendemain, 2 Juillet, l'émotion sera moins forte mais le tir sera effectif. Le 24 Septembre, la routine s'est installée, la peur s'est éloignée, et cependant c'est ce jour-là que Rigel, la cinquième bombe de la série, provoquera la plus grave contamination de tous les essais nucléaires français dans le Pacifique sud.
L'attrait des lagons bleus et des îles ensoleillées m'avait conduit à choisir d'embarquer sur le porte-avions Foch plutôt que de rester « moisir » dans un port français. Si c'était à refaire, je ne ferai pas ce choix, car ma conscience s'est éveillée à la lumière de l'Évangile. Aujourd'hui d'autres valeurs que mes propres désirs interviennent dans mes choix et dans mes décisions. Jésus-Christ est venu purifier et éclairer ma conscience par l'eau vive de sa Parole.
La conscience humaine est fragile et sa sensibilité n'est pas toujours fiable. Les rayons du soleil tropical peuvent lui masquer les dix mille soleils d'Hiroshima. Dieu seul peut rétablir le bon fonctionnement d'une conscience. Sur le chemin de la vie, tantôt d'une manière, tantôt d'une autre, il nous interpelle. Les seuls choix que l'on ne regrette pas sont ceux d'une conscience en alerte et libre qui cherche le conseil de Dieu. Le roi David, nous propose une prière exemplaire:
« Sonde-moi, ô Dieu, pénètre mon cœur,
Examine-moi, et pénètre les pensées qui me bouleversent! Considère si je suis le chemin du mal et dirige-moi sur la voie de l'éternité. »
Psaume 139.23-24 (traduction Le Semeur). »

 Aujourd’hui, 43 ans plus tard, je jouis d’une paix que je ne mérite pas. Il s’agit de la paix acquise par Jésus-Christ, non pas par dissuasion nucléaire à Mururoa, mais par sa crucifixion au calvaire de Golgotha. Voici ce que Jésus déclara avant sa crucifixion : “ Je pars, mais je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. C’est pourquoi, ne soyez pas troublés et n’ayez aucune crainte en votre cœur. ” (Jean 14:27 Sem). Ce don de la paix par Jésus-Christ s’adresse à tous ceux qui lui ouvrent leurs consciences tourmentées et coupables, quelles que soient les origines de ces tourments.
 Ne restons pas dans l’inquiétude mais expérimentons la paix que Dieu nous offre. Les retombées de cette expérience feront date dans notre vie, et elles ne seront dangereuses pour personne.
 Jésus n’est pas resté prisonnier du caveau de Golgotha, il est ressuscité et il possède le pouvoir de guérir nos âmes et consciences.
 A tous les vétérans du nucléaire et aux autres, je souhaite que vous puissiez vivre comme moi ce conseil que donne l’apôtre Paul : “ Ne vous mettez en souci pour rien, mais, en toute chose, exposez vos besoins à Dieu. Adressez–lui vos prières et vos requêtes, en lui disant aussi votre reconnaissance. Alors la paix de Dieu, qui surpasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera votre cœur et votre pensée sous la protection de Jésus–Christ. ” (Philippiens 4:6-7 Sem)

 Sincèrement,  
 Alain Monclair.


La médaille des évadés

Thursday, 31 January 2008


Lorsque notre copain Bébert siffle pour nous faire signe de le rejoindre dans la salle d'étude, nous sommes étonnés, car Bébert n'est ni l'intello de la classe ni un bosseur acharné. Cependant il brandit son dictionnaire avec le sourire et l'ardeur d'un illuminé qui veut partager son savoir. Bébert vient de découvrir l'existence de la médaille des évadés. A l'unanimité nous décidons que c’est la plus belle des médailles et que nous la méritons bien. La vie en pension, loin de nos familles, est un peu tristounette pour les gamins de 13-14 ans que nous sommes. Aussi la médaille des évadés devient le pain de nos fantasmes et la clef de nos songes. Le soir, quand les élèves externes et les professeurs ont quitté l'établissement scolaire, les pensionnaires que nous sommes se retrouvent au "club des évadés", situé dans un vide sanitaire, sous une salle de classe.
Quarante ans ont passé, les pensionnats ont bien changé : mais les hommes, qu'ils soient jeunes ou vieux, rêvent toujours autant d'évasion et de liberté. Car les portes de nos cœurs deviennent parfois plus sombres que celles d'une cellule. Les liens qui nous retiennent captifs sont souvent plus solides que les chaînes d'un pénitencier ou les menottes d’un policier.
Les apôtres connurent la prison, non pour un délit, mais à cause de leur foi. Et la Bible nous raconte qu’un ange du Seigneur, ayant ouvert pendant la nuit les portes de la prison, les fit sortir (Actes des Apôtres 5.19).
Le Dieu qui fit sortir les apôtres de prison peut également nous libérer de nos entraves invisibles, même lorsque celles-ci ne sont que le résultat logique de notre mauvaise manière de vivre. On ne peut pas s’évader de soi-même, mais on peut demander à Dieu de verser en nous la liberté promise par l’Évangile. Dieu a prouvé sa puissance de libération en délivrant son Fils des liens de la mort par la résurrection. Cette mort sur la croix est la garantie que nos péchés peuvent être pardonnés, que nous pouvons être graciés, et donc que nous pouvons sortir librement de la prison où notre culpabilité nous enfermait.
Je ne rêve plus de la médaille des évadés, je n'en ai plus besoin, car j'ai trouvé la vraie liberté en Jésus-Christ. Et c'est avec encore plus d'enthousiasme que mon copain Bébert que je vous invite à expérimenter cette liberté. Que Dieu brise vos chaînes et remplisse vos cœurs de l’Esprit de liberté qu’Il accorde à ceux qui lui font confiance!
Alain Monclair.