Le Sermon sur la montagne (3)

Sunday, 8 August 2010

Jésus et la pratique religieuse.

Lecture : Matthieu 6 ; 1 à 18.

 « Gardez–vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour en être vus ; autrement, vous n’aurez point de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux. » (Matthieu 6:1 NEG)

 Pour beaucoup de personnes la pratique d’une religion est un rituel bien défini. Lorsque des catholiques d’un certain âge viennent pour la première fois dans nos lieux de culte protestants évangéliques, elles sont un peu gênées car elles ne savent pas comment se comporter. Elles ont appris à faire le signe de croix, se lever, s’asseoir ou s’agenouiller à certains moments de la messe, et ne trouvant pas les mêmes repères chez nous, elles se sentent déroutées. Les formes extérieures de la religion rassurent les uns et déroutent les autres.
 Quelle ne fut pas ma surprise, lors de ma première escale de jeune marin à Dakar, de voir tout à coup les gens s’affaler sur le trottoir pour faire leur prière. Je découvrais l’islam et ses pratiques religieuses, en cette période de Ramadan leur zèle était décuplé.
 Les Juifs ont aussi leur manière bien à eux de prier devant le mur des lamentations à Jérusalem, en se balançant sans cesse d’avant en arrière.
 Dans une même religion, chacun a sa manière de vivre les rituels et les liturgies. Certains se contentent de suivre le mouvement et d’autres attirent l’attention sur eux-mêmes. La pratique religieuse, même chez les évangéliques, peut devenir un étalage de piété personnelle. En général les gens n’aiment pas ceux qui en font trop en public.
 Une dame musulmane, originaire d’un pays du Maghreb, et vivant en France, me disait que toutes les religions qu’elle avait vues étaient les mêmes. D’après elle tous ceux qui en faisait le plus devant les autres étaient des hypocrites. Elle mettait Musulmans, Juifs et chrétiens dans le même sac, plus ils étalaient leur religion en public, plus ils étaient décevants dans leur vie. C’est alors que j’ai pu lui dire que pour Jésus ce qui comptait, ce n’était pas l’attitude corporelle de la prière, ni même les paroles à réciter mais l’attitude d’esprit, et nous avons lu les versets 6 à 8 de ce chapitre 6 de Matthieu. La vraie religion, celle qui plait à Dieu, est une relation profonde et sincère avec le Père, dans tous les domaines de notre vie de croyant. Une même phrase est répétée trois fois pour chacun des domaines abordés par Jésus dans Matthieu 6 : « et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » (Matthieu 6:4 NEG). La pratique religieuse enseignée par Jésus consiste à se présenter devant le Père dans une totale transparence, en n’accordant aucune autorité aux apparences devant les hommes. Tel est l’enseignement de Jésus dans le Sermon sur la montagne. Partons donc à la découverte de ce que Jésus dit sur l’aumône, la prière et le jeûne.  
I°. L’aumône.
 « Lors donc que tu fais l’aumône, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d’être glorifiés par les hommes. Je vous le dis en vérité, ils ont leur récompense. Mais quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite, afin que ton aumône se fasse en secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » (Matthieu 6:2-4 NEG)
 L’aumône est ce qu’on pourrait nommer aujourd’hui l’action sociale. Dieu accorde une grande attention aux plus démunis, les pauvres, la veuve et l’orphelin, l’étranger et le prisonnier. « Il y aura toujours des indigents dans le pays ; c'est pourquoi je te donne ce commandement : Tu ouvriras ta main à ton frère, au pauvre et à l'indigent dans ton pays. » Deutéronome 15:11. Selon notre cadre de vie il nous est possible d’être rarement confrontés à ces indigents, mais ils sont là et Dieu nous invite non seulement à les découvrir mais à les secourir. La lettre de Jacques accorde une grande importance à ce secours qui fait partie intégrante de la foi chrétienne: « Mes frères, que sert–il à quelqu’un de dire qu’il a la foi, s’il n’a pas les œuvres ? Cette foi peut–elle le sauver ? Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l’un d’entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez–vous et rassasiez–vous ! et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert–il ? » (Jacques 2:14-16 NEG). Jacques aborde également la discrétion dans laquelle doit se pratiquer l’aumône ou le secourt fraternel : « Si quelqu’un croit être religieux, sans tenir sa langue en bride, mais en trompant son cœur, la religion de cet homme est vaine. La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde. » (Jacques 1:26-27 NEG)
 L’aumône doit venir du cœur, elle est un élan d’amour pour le prochain dans la difficulté. Face aux nombreuses sollicitations il est difficile de savoir comment secourir les indigents avec nos ressources limitées. Ici Jésus nous éclaire sur la manière d’obtenir une direction. C’est dans le secret, le regard tourné vers notre Père céleste que nous pourrons obtenir le recul nécessaire et sérénité pour pratiquer l’aumône. Notre meilleure récompense est le sourire approbatif de Dieu.
 Cependant, le secret total de nos générosités n’est pas toujours possible, voici ce qu’en dit John Wesley : « « Mais quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait la droite » (Matthieu 6.2). Expression proverbiale qui veut dire : Fais le bien aussi secrètement que possible, et avec efficacité, car il faut qu’il s’accomplisse, soit en secret, soit en public. Si vous êtes pleinement persuadé dans votre esprit qu’en ne cachant pas le bien que vous faites, d’autres pourront être encouragés, alors ne le cacher pas ; alors « que votre lumière paraisse » et « éclaire ceux qui sont dans la maison ». Mais hormis ces cas où la gloire de Dieu et le bien des hommes demande le contraire, agissez d’une façon aussi secrète et aussi privée que possible,  « afin que ton aumône se fasse en secret, et ton Père qui voit dans le secret te récompensera publiquement », peut-être déjà dans ce monde (il y en a des exemples dans tous les âges), mais infailliblement dans le monde à venir, devant la grande assemblée des hommes et des anges. » John Wesley. Le Sermon sur la montagne, page 116. Georges Muller glorifia Dieu en donnant plus d’un million de livres sterling de son époque pour nourrir des orphelins. Mais il put les donner uniquement parce que Dieu les lui donna auparavant. Son aumône n’était pas la sienne, mais celle de Dieu, et elle glorifia Dieu et aida des milliers de chrétien à faire confiance à Dieu pour faire avancer son œuvre.
II°. La prière.
 La prière est le domaine religieux que Jésus aborde le plus longuement. Il parle tout d’abord de la préparation à la prière et ensuite du contenu de la prière.
 La préparation à la prière :
 « Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. Je vous le dis en vérité, ils ont leur récompense. Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas ; car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. » (Matthieu 6:5-8 NEG)
 Chacun d’entre nous a été témoin d’attitudes religieuses qui nous ont dégoûté plutôt qu’encouragé à prier. C’est d’ailleurs pour cela que Jésus dénonce ces mauvaises attitudes. Il ne veut pas que nous soyons freinés dans notre recherche de Dieu par les exemples inadéquats que nous avons rencontrés. La véritable prière n’est pas show-business devant Dieu. La prière publique a sa place, mais elle doit jaillir des profondeurs de notre intimité avec Dieu, de façon à nous conduire dans la présence de Dieu en oubliant l’homme. J’ai connu dans mon enfance cette façon de prier en répétant interminablement les mêmes paroles de prières qu’on comptabilisait à l’aide d’un chapelet. Jean Calvin nommait cette pratique « battologie », ce qui veut dire la répétition vaine et inutile de ce qu’on a déjà dit. «  La persévérance dans la prière n’a rien à voir avec la prolongation superstitieuse et la vaine répétition des prières, qui sont défendues par notre Seigneur (Matthieu 6.7). » Institution Chrétienne. Livre III, chapitre XX, 29.
 Dans les milieux évangéliques, J’ai parfois entendu de longues prières qui ont coupées mon élan pour prier ensuite. Dieu n’a pas besoin de très longues explications pour comprendre une situation, il connaît parfaitement les besoins de chaque situation.
 Le contenu de la prière :
 « Voici donc comment vous devez prier : Notre Père qui es aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne–nous aujourd’hui notre pain quotidien ; pardonne–nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ; ne nous induis pas en tentation, mais délivre–nous du malin. Car c’est à toi qu’appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen ! Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. » (Matthieu 6:9-15 NEG)
 Le contenu de la prière consiste en 6 demandes, précédées du réglage de l’antenne sur le bon canal et suivies de la motivation de cette prière ainsi que d’ PS pour auditeurs oublieux.
 Réglage de l’antenne. « Notre Père qui es aux cieux ! »
En priant nous nous tournons vers Dieu dans sa position céleste. Il n’est ni prisonnier ni même influencé par les circonstances terrestres comme nous le sommes.
 Les six demandes.
 Les trois premières concernent la personne de Dieu, les trois suivantes nous concerne. On retrouve un peu le schéma des dix commandements, où les cinq premiers concernent notre attitude envers Dieu et les cinq suivants nos responsabilités terrestres. On trouve également un même air de famille à la structure de la lettre aux Éphésiens où les trois premiers chapitres nous parlent de l’œuvre divine de Christ pour nous et les trois derniers de comment nous devons œuvrer en Christ et pour Christ.
1°. « Que ton nom soit sanctifié. » C’est avec respect que nous invoquons le nom de Dieu. Notre intimité avec Dieu ne doit pas banaliser pas son identité à nos yeux. Au contraire, plus nous prions, plus nous découvrons sa sainteté et donc la grâce qu’il nous accorde à nous pécheurs pour nous approcher de Lui. En priant nous nous tournons vers le lieu saint céleste.
2°. « Que ton règne vienne » En priant nous reconnaissons le souveraineté de Dieu et lui demandons d’étendre son règne sur la terre.
3°. «Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » En priant nous nous mettons à l’entière disposition de Dieu ou alors notre prière est un hypocrite marchandage.
4°. «Donne–nous aujourd’hui notre pain quotidien. »  En priant sincèrement nous proclamons notre entière dépendance de Dieu. Même le paysan, le meunier et le boulanger sont appelés à prier pour demander leur pain quotidien. Le pain quotidien est une grâce de Dieu. Bien entendu il n’y a pas que le pain du boulanger, il y aussi le pain nécessaire pour marcher dans les voies de Dieu et résister au diable : « Jésus répondit : Il est écrit : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Matthieu 4:4 NEG). C’est également chaque jour que nous avons besoin de ce pain spirituel. En priant cette 4ème demande du ‘Notre Père’ nous reconnaissons que nous sommes quotidiennement et totalement dépendants de Dieu tant pour notre nourriture corporelle que spirituelle.
5°. «Pardonne–nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ; ». Le pardon appartient à Dieu, il en est le Créateur et l’instigateur. Dieu seul peut pardonner les péchés. Nous ne pouvons pas pardonner aux hommes leurs offenses envers Dieu, mais nous pouvons pardonner les offenses qui nous ont été faites personnellement. Recevoir le pardon de nos péchés implique logiquement le devoir de pardonner aux autres. Comment pourrions-nous être disciples de Celui qui s’est humilié, qui a souffert et qui est mort crucifié pour le pardon de nos péchés sans chercher à lui ressembler ? Nous sommes appelés à pardonner, non pas tant les criminels, les terroristes, les dictateurs qui font les titres de l’Histoire et de l’actualité, nous sommes appelés à pardonner tout d’abord ceux qui vivent ou ont vécu dans notre entourage immédiat. Ce sont ceux qui nous ont trahi personnellement, ceux qui nous ont rendu la vie difficile, ceux qui nous ont critiqué et découragé, ceux qui ont récidivé 7 fois ou 70 fois 7 fois par jour, ce sont ceux-là, nos frères et nos sœurs que nous avons tout d’abord à pardonner : « Supportez–vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez–vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez–vous aussi. » (Colossiens 3:13 NEG). Le pardon de Christ nous pousse à pardonner aux autres, et le pardon que nous accordons aux autres nous aide à mieux comprendre que Jésus-Christ nous accorde en demande à notre prière.
6°. « Ne nous induis pas en tentation, mais délivre–nous du malin. » N’est-ce pas ici une autre manière de nous dire « Veillez et priez ! » Ce n’est pas Dieu qui nous tente, la Bible est formelle à ce sujet. Certes Dieu permet que nous soyons tentés par le diable, puisque nous le sommes ! Non Dieu ne nous tente pas, mais il a le pouvoir de nous protéger, de nous éclairer sur les dangers, de nous fortifier au jour de la tentation. Sans Dieu nous sommes vulnérables et tombons dans l’esclavage. Ne soyons pas comme les contradicteurs de Jésus qui ne voulaient pas entendre parler de la possibilité du  besoin d’être délivrés d’un esclavage quelconque : « Ils lui répondirent : Nous sommes la postérité d’Abraham, et nous ne fûmes jamais esclaves de personne ; comment dis–tu : Vous deviendrez libres ? » (Jean 8:33 NEG). Chaque matin, dès le saut du lit, et même avant, nous sommes appelés à demander la protection et la délivrance de Dieu.
Motivation de la prière. « Car c’est à toi qu’appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen !  »
Nous sommes appelés à croire que Dieu exauce une telle prière, car il en a le désir, les moyens et la puissance. Dieu est vivant, et ce n’est pas parce que la majorité de ses créatures l’ignorent que son règne sa puissance et sa gloire sont amoindris. Sa patience fait partie intégrante de sa puissance et de sa gloire. Nul ne peut se glorifier d’être plus patient que Dieu. Nul n’est assez puissant pour prolonger sa patience autant que Dieu sans craquer. Le règne de Dieu est sans égal, il règne dans nos vies dans les siècles et les situations les plus invraisemblables. Oui, la vie que Dieu nous propose n’est pas religion morte !
P.S. pour disciple oublieux. « Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. ». Jésus  tient vraiment à la notion de pardon, elle est au cœur de notre relation avec Dieu. Il y aura un jugement, mais notre vocation actuelle est de recevoir, vivre et annoncer le pardon que Jésus nous offre. Les contemporains de Jésus qui aimaient à prier au coin des rues n’étaient pas des champions du pardon. Au contraire, ils jugeaient sévèrement les pécheurs et ne leur offraient aucune possibilité de changement. Les religions humaines cherchent à réglementer les vies, tandis que l’Evangile transforme les vies.

III°. Le jeûne.
 « Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils ont leur récompense. Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » (Matthieu 6:16-18 NEG)
 Le jeûne, comme toute pratique religieuse peut être détourné de son véritable rôle par intérêt humain. Le plus horrible dérapage dans le détournement d’un jeûne est celui que proclama le roi Achab, sous l’influence de sa femme Jézabel, afin de s’emparer de la vigne de Naboth. Comme il ne voulait pas vendre sa vigne au roi Achab, Jézabel eut l’idée de mettre Naboth à la tête du peuple pour ce jeûne et ensuite de l’accuser de sédition. La chose faite, sur la déposition de deux faux témoins on lapida Naboth et le roi Achab prit possession de sa vigne (1 Rois chapitre 21).
 Jésus ne parle pas contre le jeûne, mais il dénonce l’hypocrisie de ceux qui affichent manifestement leur jeûne devant les autres, alors qu’intérieurement il ne sont pas sur la même longueur d’onde que Dieu. Le prophète Esaïe dénonçait déjà la mauvaise utilisation du jeûne (Esaïe 58.3-12).
 Le jeûne ne doit pas être un acte méritoire pour faire pression sur Dieu, mais un privilège accordé par Dieu pour rechercher sa face dans l’intimité du lieu secret. Il est évident qu’après un tête à tête avec Dieu nous n’avons pas le visage défait, mais rayonnant « Quand on tourne vers lui les regards, on est rayonnant de joie, Et le visage ne se couvre pas de honte. » (Psaumes 34:5 NEG)
 La véritable religion est une relation heureuse avec Dieu. C’est pour établir, ou plutôt rétablir cette relation que Jésus est venu nous sauver. Lorsque nous donnons, lorsque nous prions et jeûnons, veillons à le faire devant notre Père qui voit dans le secret de nos cœurs, et il nous le rendra. Notre récompense est de plaire à Dieu, c’est la seule récompense qui a des prolongements éternels.
Quimper Juillet 2010.
Alain Monclair.



Le Sermon sur la montagne (2).

Saturday, 24 July 2010

La Foi et la Loi.

Lecture préalable : Matthieu 5 : 17 à 48.

 Nous avions dit dans notre précédente étude : Le Sermon sur la montagne n’est pas  une loi de Moïse version révisée et amplifiée ! « Car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus–Christ. » (Jean 1:17 NEG)
 Dans le sermon sur la montagne Jésus ne cherche pas à adapter ni à compléter la loi de Moïse donnée 1 500 ans auparavant. La Loi a été donnée par Dieu à Moïse une fois pour toutes, c’est ce que Jésus dit au début de ce nouveau passage (Matthieu 5.17-20). Puis Jésus va montrer à ceux qui l’accusent de ne pas respecter la Loi de Moïse, qu’au contraire il va plus loin que la Loi en allant jusqu’à sa source d’inspiration : Dieu lui-même. En six points Jésus montre que la justice qu’il présente surpasse la loi de Moïse, parce qu’elle pénètre le cœur de l’homme.

I° Jésus-Christ et la loi. Matthieu 5. 17 à 20.
 « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. » (Matthieu 5:17 NEG)
 La grâce et la vérité ne viennent donc pas abolir la Loi et les Prophètes. La Loi de Moïse et l’Evangile de Jésus-Christ sont deux messages différents mais pas opposés, au contraire ils sont complémentaires. Sans la Loi la notion de Grâce n’existerait pas, puisque la grâce apportée par Jésus-Christ est une faveur que nous ne méritions pas car la Loi nous condamnait. D’ailleurs il est important de noter que la grâce apportée par Jésus-Christ est accompagnée de la vérité. La vérité nous apporte la lucidité sur notre état spirituel. Jésus nous donne le courage de voir les choses  en face, car la vérité est accompagnée de la grâce et du pardon.
 La loi est une alliance entre Dieu et les hommes, alliance qu’aucun homme n’a pu respecter intégralement, alors Jésus, Fils de Dieu fait homme est venu l’accomplir. Aucun homme n’était à la hauteur pour accomplir la Loi, mais la solution aux yeux de Dieu n’était pas de baisser la barre. Il va envoyer son Fils Jésus qui va être le premier et le seul à satisfaire toutes les exigences de Dieu. Par son pouvoir de pardonner les péchés acquis à la Croix Jésus va partager avec nous cet accomplissement  de la Loi.
 « Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. » (Matthieu 5:18 NEG). La Loi de Moïse comme toute Parole de Dieu est éternelle. Ce n’est donc pas par un assouplissement de la Loi que nous deviendrons acceptables devant la justice de Dieu. L’immuabilité de la Loi rend l’Evangile de la grâce éternellement nécessaire à notre salut.
 « Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux ; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui–là sera appelé grand dans le royaume des cieux. » (Matthieu 5:19 NEG) La grâce apportée par Jésus-Christ ne se limite pas à la dimension du pardon de nos péchés ; la grâce apportée par Jésus nous transforme et nous rend capables d’observer la Loi. En aucun cas nous ne devons enseigner à baisser la barre des exigences de Dieu, lorsqu’il y a problème récurrent à respecter la Loi de Dieu, ce n’est pas en relativisant cette Loi à lumière de notre siècle que nous trouverons une solution mais en ayant recours à la grâce en confessant notre infraction à la loi. Les lois de nos pays évoluent dans le sens d’une permissivité grandissante à pratiquer des mœurs interdites par la loi de Dieu. La Loi de Dieu ne bouge par car elle n’a pas besoin de le faire, la puissance de la grâce ayant assez d’autorité pour pardonner le passé et assez de vitalité pour rendre apte à marcher en nouveauté de Vie.
 « Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. » (Matthieu 5:20 NEG) Les auditeurs de Jésus avaient quotidiennement sous les yeux le mauvais exemple de ceux qui se prétendaient spécialistes de la Loi. Jésus dit ailleurs qu’ils mettaient sur les hommes des fardeaux difficiles à porter et qu’eux-mêmes ne touchaient pas de l’un de leurs doigts (Matthieu 23-24). Malheureusement, nous vivons encore aujourd’hui dans un siècle où, et la Loi de Dieu, et l’Evangile de Christ ont été déformés, bafoués et trahis par bon nombre de ceux qui l’enseignent.

II°. Au cœur de la justice de Dieu. Matthieu 5. 21 à 48.
 Les Pharisiens cherchaient à paraître sans reproche aux yeux de tous, mais Jésus va aller plus loin que les textes de la Loi, il nous fait plonger les regards au cœur de la justice de Dieu. Avez-vous déjà assisté à une séance de tribunal ? Les juges se trouvent devant et en face de l’accusé, le procureur de la République devant et à sa droite, l’avocat se tient aux côtés de l’accusé. Le point commun entre tous ces intervenants est qu’ils ont devant eux un livre, le Code Pénal. Le procureur utilise ce code pénal pour chercher à prouver la culpabilité de l’accusé, l’avocat cherche un article de loi qui pourrait disculper son client, et les juges s’en servent pour tenter de faire la part des choses. Si l’accusation ne parvient pas à prouver la culpabilité de l’accusé, l’accusé est relaxé. Ceci est dans la logique bien française du « Pas vu pas pris ». Les pharisiens cherchaient à paraître juste et étaient devenus de grands spécialistes de l’interprétation de la Loi en leur propre faveur. Jésus va leur enseigner le sens véritable de la loi en prenant 6 exemples. Mais avant de considérer ces six exemples, lisons ce commentaire de Calvin : Matthieu 5.21-44. Christ nous a communiqué le sens véritable de la Loi. « La plupart des êtres humains, lorsqu’ils veulent cacher leur désobéissance à la Loi de Dieu se donnent l’air, avec leurs yeux, leurs pieds et leurs mains ainsi qu’avec toutes les autres parties de leur corps, d’observer ce qu’elle demande ; mais leur cœur est fort éloigné d’une telle obéissance. Ils s’imaginent agir comme il faut, s’ils ont caché aux hommes ce qui apparaît clairement devant Dieu. » (Pas vu, pas pris !!!) Page 311.
« Comme les pharisiens avaient diffusé dans le peuple une fausse idée - que celui qui ne fait concrètement rien de contraire à la loi en est un bon observateur – Christ réfute cette erreur en affirmant qu’un regard impudique sur une femme est déjà de la débauche (Matthieu 5.28) et que  tous ceux qui haïssent leur frères sont des homicides (Matthieu 5.21-22,44). » Page 312. Jean Calvin. Institution Chrétienne Livre II, chapitre VIII, 6,7.
 Les 6 domaines explorés par Jésus sont : le meurtre, l’adultère, le divorce, les serments, la vengeance et l’amour du prochain.

1°. Le meurtre, la colère et les insultes.
« Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens : Tu ne tueras point ; celui qui tuera est passible de jugement. Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère est passible de jugement ; que celui qui dira à son frère : Raca ! mérite d’être puni par le sanhédrin ; et que celui qui lui dira : Insensé ! mérite d’être puni par le feu de la géhenne. Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis, viens présenter ton offrande. Accorde–toi promptement avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu’il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l’officier de justice, et que tu ne sois mis en prison. Je te le dis en vérité, tu ne sortiras pas de là que tu n’aies payé le dernier quadrant. » (Matthieu 5:21-26 NEG)
 La rengaine « J’ai pas tué, j’ai pas volé » est universellement connue. Lorsqu’on sort cette rengaine c’est pour dire que le mal que l’on a fait ce n’est pas grand-chose par rapport aux voleurs et aux meurtriers.
 La loi n’est pas une convention spirituelle minimale à respecter. Toute infraction à la loi de Dieu est gravissime. Les hommes ont toujours cherché à minimiser la gravité de leurs fautes. Ils ont inventé une différence entre les péchés, qualifiant certains de véniels et les autre de mortels. A la Réforme on a commencé à relire la Bible sans les commentaires de l’Église, et on a redécouvert ce que Dieu pense du péché. Voici ce qu’écrit Calvin à ce sujet :
Tout péché est mortel (il n’y a pas de péché véniel).
« Les scolastiques, tout en admettant que la convoitise est un péché, parce qu’ils ne peuvent pas le nier, maintiennent cependant que ce n’est pas un péché mortel. Ils ont tenu bon longuement dans leur folie, qu’ils s’amendent maintenant ! Mais s’ils veulent persévérer dans leurs rêveries, que les enfants de Dieu se détournent d’eux et qu’ils reconnaissent que tout péché est mortel, puisqu’il est rébellion contre Dieu, ce qui provoque obligatoirement sa colère. Toute transgression de la Loi ; sans aucune exception, est passible de la mort.
 Les péchés que commettent les saints et les fidèles sont, en effet, pardonnables ; mais ils le sont, non par leur nature, mais par la miséricorde de Dieu. » Jean Calvin. Institution Chrétienne, pages 358-359.
 Revenons au péché de meurtre. Les hommes ont recours au médecin légiste pour constater le meurtre, mais Jésus remonte bien avant le moment du décès de la victime. Jésus cite la colère comme premier pas vers le meurtre. La colère, non seulement peut nous faire perdre le contrôle de nous-mêmes, mais pire, elle peut nous faire croire que nous avons raison. Or, un seul peut exprimer sa colère pour manifester sa justice, c’est Dieu : « car la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu. » (Jacques 1:20 NEG). Nous sommes tous des meurtriers en puissance. N’oublions pas que le premier décès humain fut la conséquence d’un meurtre fratricide. Et les racines de ce meurtre résidaient dans l’irritation de Caïn pour son frère Abel. Malgré l’avertissement de Dieu Caïn laissa le fauve de la colère et de l’irritation entrer dans sa vie et gagner du terrain chaque jour (Genèse 4.6-8).
 Traiter son prochain de raca, de racaille ou de fou, c’est lui dire que nous le méprisons. Et mépriser son prochain c’est porter atteinte à son intégrité et  donc à son existence en tant qu’homme. Il semble que quelque part on commence à comprendre cela dans notre société, en évoquant la responsabilité de certaines entreprises dans le suicide de leurs employés. On peut tuer avec sa langue !
 Jésus nous invite à sonder nos cœurs sur la qualité de nos relations avec les autres. Jésus ne cherche pas à nous culpabiliser mais à nous conduire à une réconciliation. Si nous trouvons normal que Dieu nous pardonne nos fautes et nos rébellions, pourquoi ne pardonnerions-nous pas aux autres ?
 Prenons garde à ne pas ressembler aux pharisiens qui étaient si fiers de leur zèle religieux, mais si méprisants envers ceux qu’ils traitaient de païens, de publicains ou de Samaritains.

2°. L’adultère, le voyeurisme et les attouchements.
 « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras point d’adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache–le et jette–le loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe–la et jette–la loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n’aille pas dans la géhenne. » (Matthieu 5:27-30 NEG)
 Entre voir une femme canon et se rincer l’œil régulièrement sur sa voisine il y a une grande différence. Cependant, si vous parvenez à rester discret, vous ne serez poursuivi par aucune loi, en tout cas pas pour adultère. Mais devant Dieu rien ne passe inaperçu. Dieu voit autant celui qui trompe sa femme en couchant avec sa voisine  que celui qui couche seul ou avec sa femme en nourrissant son cœur des pensées érotiques que lui inspire sa voisine. Jésus ne limite pas à dénoncer cette addiction érotique, il donne les conseils utiles pour vaincre cette mauvaise habitude avant qu’elle ne devienne un adultère consommé. Le roi David se laissa prendre au piège du voyeurisme avec sa ravissante voisine Bath-Chéba (2 Samuel 11.2-4). Il faut se montrer énergique et courageux pour vaincre cette habitude secrète. S’arracher un œil ou ce couper une main correspondra dans bien des cas à ne plus se rendre dans certains endroits ou à ne plus surfer sur certains sites internet. Car être borgne ou manchot n’est pas une garantie de ne plus rencontrer d’occasion de chute.

3°. Le divorce.
 « Il a été dit : Que celui qui répudie sa femme lui donne une lettre de divorce. Mais moi, je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d’infidélité, l’expose à devenir adultère, et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère. » (Matthieu 5:31-32 NEG)
 Beaucoup de pharisiens et bien d’autres avaient utilisé cette loi (Deutéronome 24.1) pour se débarrasser de leur femme et recommencer avec une autre. Puisque la loi le permet pourquoi ne pas en profiter ? Se disaient-ils. Jésus invite ceux qui agissent ainsi à penser à la répercussion de leurs actes dans la vie de leurs femmes répudiées. La Loi n’est pas donnée pour promouvoir notre vie personnelle mais pour protéger la communauté de nos actes égoïstes et pécheurs. Ailleurs Jésus dira : « C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes ; au commencement, il n’en était pas ainsi. » (Matthieu 19:8 NEG)
 Un divorce est souvent le fruit de la dureté du cœur humain, et il est toujours une situation de souffrance. Nous devons prendre garde à ne pas utiliser ni la Loi ni l’Evangile pour accabler encore plus ceux qui connaissent les souffrances d’un couple déchiré et du divorce. Jésus invite chacun à prendre conscience des répercussions qu’entraîne un divorce. Le divorce a été permis par Dieu pour protéger la personne et promouvoir la pureté dans le mariage et non pour juger, exclure et rejeter.

4°. Les serments illusoires.
 « Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne te parjureras point, mais tu t’acquitteras envers le Seigneur de ce que tu as déclaré par serment. Mais moi, je vous dis de ne jurer aucunement, ni par le ciel, parce que c’est le trône de Dieu ; ni par la terre, parce que c’est son marchepied ; ni par Jérusalem, parce que c’est la ville du grand roi. Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul cheveu. Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu’on y ajoute vient du malin. » (Matthieu 5:33-37 NEG)
 Les personnes les plus sobres peuvent avoir des paroles d’ivrogne lorsqu’elles promettent avec serment de faire ceci ou cela ou encore qu’elles disent la vérité vraie. Nous ne sommes pas tout puissants et nous ne connaissons pas grand-chose, c’est pourquoi il est indécent devant Dieu de parjurer. Dieu nous apprend à compter sur Lui pour nous acquitter de ce que nous lui avons promis. Ces paroles de l’apôtre Paul peuvent nous être utiles pour ne pas faire de serment inconsidéré : « La bonne volonté, quand elle existe, est agréable en raison de ce qu’elle peut avoir à sa disposition, et non de ce qu’elle n’a pas. » (2 Corinthiens 8:12 NEG)

5°. De la vengeance à l’indulgence.
 « Vous avez appris qu’il a été dit : œil pour œil, et dent pour dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente–lui aussi l’autre. Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse–lui encore ton manteau. Si quelqu’un te force à faire un mille, fais–en deux avec lui. Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi. » (Matthieu 5:38-42 NEG)
 La loi du talion fait partie des livres de la Loi, mais il ne faut pas oublier que la Loi a été donnée pour mieux vivre en société et non pas pour nous détruire les uns les autres. La loi du  talion peut dégénérer en vendetta héréditaire. Ce n’est pas parce qu’une loi existe qu’il faille toujours y avoir recours, la grâce, le pardon, et même l’indulgence sont souvent plus puissants qu’une vengeance légitime. J’ai rencontré un homme qui illustre combien les paroles de Jésus sont efficaces pour solutionner un conflit. Cet homme était alcoolique et violent, c’était d’ailleurs les raisons pour lesquelles ont m’avait demandé de lui venir en aide. Il n’était pas véritablement croyant, mais il m’a dit un jour : «  Il y une parole l’Evangile dont je sûr qu’elle est vraie ! C’est : Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente–lui aussi l’autre. . » Et il m’a raconté qu’un soir de beuverie quelqu’un a voulu se battre avec lui. Soudain cette parole de Jésus lui est venue en tête, et ce passionné de bagarres a rétorqué en tendant sa joue : et bien va-y ! Frappes ! Et l’autre a été tellement surpris qu’il est parti sans se battre ! Pour qu’un conflit cesse, il faut qu’il yen ait un qui cesse de faire valoir ses droits en premier. Le conseil de Jésus, n’en déplaise aux pharisiens, a prouvé son efficacité.

6°. L’amour du prochain exclut la haine.
 « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez–vous ? Les publicains n’agissent–ils pas de même ? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites–vous d’extraordinaire ? Les païens n’agissent–ils pas de même ? Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. » (Matthieu 5:43-48 NEG)
 Nulle part la Loi ne dit explicitement de haïr ses ennemis, ce sont les pharisiens qui interprétaient ainsi la Loi. Ils partaient sur la base que seuls les Juifs étaient leur prochain. L’argument de Jésus pour dénoncer leur théologie de la haine est tout simple : Dieu accorde les bénédictions de la pluie et du beau temps à tous sans distinction.
 Le but de la Loi est d’éliminer en nous tout ce qui est contraire à l’image de Dieu. Dieu nous a créés parfaits (Genèse 1. 26,31), mais le péché est venu corrompre cette image en nous. Jésus, Lui, est venu, pour nous sauver et restaurer l’image de Dieu en nous. Notre objectif de disciples de Jésus ne se limite plus à obéir à la Loi, notre objectif est de ressembler à Dieu dont nous avons l’image parfaite en Jésus-Christ. L’apôtre Paul résume bien ce que Jésus nous recommande dans le Sermon sur la montagne : « Devenez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien–aimés ; et marchez dans l’amour, à l’exemple de Christ, qui nous a aimés, et qui s’est livré lui–même à Dieu pour nous comme une offrande et un sacrifice de bonne odeur. » (Éphésiens 5:1-2 NEG)
 

Quimper Juillet 2010.
Alain Monclair.

Le Sermon sur la montagne (1)

Friday, 16 July 2010

Le Bonheur selon Jésus.

Lecture préalable : Matthieu 5 : 1 à 16.

 Le Sermon sur la montagne (Matthieu chapitres 5,6 et 7) est l’un des textes bibliques les plus connus dans le monde, il a impressionné bien des hommes, chrétiens et non chrétiens, comme Gandhi par exemple.
 Plus que tous les textes il a souvent été mal interprété. On en a souvent fait une super loi, impossible à atteindre sur cette terre.
 Effectivement, nous ne pouvons pas prétendre être capables  de vivre par nos propres forces l’enseignement de Jésus contenu dans le Sermon sur la montagne.
 Le Sermon sur la montagne n’est pas  une loi de Moïse version révisée et amplifiée ! « Car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus–Christ. » (Jean 1:17 NEG)
 C’est par la grâce que nous pouvons vivre le bonheur présenté par Jésus dans les béatitudes. Lorsque nous devenons disciples de Jésus-Christ la Loi de Dieu ne change pas d’un iota dans ses exigences, mais elle change de tableau d’affichage ; des dures et froides tables de pierre elle passe dans nos cœurs et les réchauffe sous l’effet de la foi et du Saint Esprit.
 Les béatitudes sont une promesse de bonheur dans des circonstances qui n’ont rien d’heureuses, c'est-à-dire dès ici bas dans un monde pécheur et hostile à Dieu.

1°. A qui s’adresse cet enseignement ?
 « Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne ; et, après qu’il se fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui. Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit : » (Matthieu 5:1-2 NEG)
 Jésus adresse cet enseignement à ceux qui s’approchent de lui, ses disciples. Mais c’est cette foule semblable à un troupeau sans berger qui motive son enseignement. Jésus va former et transformer ses disciples pour qu’ils enseignent ses paroles jusqu’aux extrémités de la terre. Voyant la foule Jésus enseigne à ses disciples les secrets d’une vie épanouie sous l’action de l’Esprit, et ceci dès ici bas, dans un monde pécheur. Ces béatitudes ou « clés du bonheur » énumérées par Jésus sont la seule manière de vivre heureux dans un monde où le péché subsiste. Pour vivre ces béatitudes il faut s’approcher de Jésus et recevoir ce que Jean Calvin appelle la béatitude de la grâce et du pardon des péchés : « (Matthieu 5. 3-12) Toutes les sortes de « béatitudes » recommandées par l’Écriture sont inexistantes en l’être humain au point qu’il ne porte pas un seul fruit sans avoir obtenu, d’abord, la béatitude du pardon des péchés, qui entraîne les autres bénédictions de Dieu. Il s’en suit que la béatitude de la grâce est non seulement fondamentale et suprême, mais aussi unique. Attention donc de ne pas la déconsidérer ou de la détruire par des bénédictions qui, en fait,  ne dépendent que d’elles ! »  Jean Calvin. Institution de la religion chrétienne, page 746, livre III, chapitre XVII.

 Pourquoi Jésus enseigne-t-il tout d’abord le cercle restreint de ses disciples ?
Parce que l’enseignement de Jésus ne se limite pas à transmettre de simples préceptes, aussi révolutionnaires soient-ils. Jésus va transformer la vie de ses disciples afin qu’ils soient la lumière du monde (V. 13-16). Les disciples vont devenir des messages vivants de l’Evangile pour le monde qui les entoure. Le disciple qui met en pratique les béatitudes ne passe pas inaperçu dans ce monde, son témoignage vécu détonne.
 Les béatitudes prouvent que, par la grâce de Dieu, nous ne sommes pas obligés de vivre en conformité avec le monde qui nous entoure pour être heureux.
 Pas besoin d’être un riche, un battant, une idole de notre entourage pour goûter au bonheur. Les 8 béatitudes ne sont pas 8 barreaux pour gravir l’échelle sociale de la réussite, mais elles sont 8 critères à respecter pour nous regarder dans un miroir devant Dieu sans avoir à rougir de notre attitude dans la vie. Ceux qui vivent selon les béatitudes étonnent ceux qui ne connaissent pas Jésus. Hier comme aujourd’hui Jésus cherche des disciples  qui étonnent le monde afin que quelques uns s’ouvrent, s’interrogent et se tournent vers Dieu en les voyant vivre.

2°. Vous avez dit « Heureux » ?
 Que veut dire ce mot « heureux » répété 9 fois en 9 versets ? En lisant le texte on voit que ça ne veut pas dire être sans problème, puisqu’on peut être persécuté, affligé et en carence de justice tout en étant heureux. Je crois que le mot « béni », utilisé dans les traductions classiques anglaises est plus adapté aux béatitudes. « Béni », veut dire « dont on dit du bien ». Pour être béni par Dieu il est nécessaire d’être à l’écoute de Sa parole. C’est par Sa parole que nous recevons sa bénédiction. C’est la parole de Dieu qui nous bénit et nous rend heureux. Le monde n’a pas le droit de dire « Heureux ceux qui sont persécutés », ce serait la porte ouverte à tous les débordements ! Mais Dieu peut nous bénir et nous rendre heureux dans les situations difficiles, il le fait par sa parole. C’est un devoir pour le chrétien de rechercher ce bonheur procuré par la parole de Dieu. Voici ce qu’écrivait Georges Muller à ce sujet : « Je compris plus clairement que jamais que la tâche première et essentielle à laquelle je devais m’atteler chaque matin était de rendre mon âme heureuse dans le Seigneur. Mon premier souci n’était plus de savoir quelle quantité de travail j’allais accomplir pour le Seigneur, ou comment j’allais le glorifier, mais à quel point mon âme serait heureuse en lui, et combien mon être intérieur serait nourri… Je vis alors que la chose la plus importante qui m’incombait était de m’adonner à la lecture et à la méditation de la Parole de Dieu. » (Cité par John Piper dans « Prendre plaisir en Dieu » page 111.)

3°. Huit secrets et même neuf pour être heureux.
1 « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ! » (Matthieu 5:3 NEG). Ce n’est ni la pauvreté matérielle ni la pauvreté d’esprit qui est louée ici, mais l’acceptation de ne pas tout savoir. L’Evangile de Jésus Christ ne repose pas sur la quantité de connaissance. Heureux ceux qui  savent qu’ils ne savent pas tout, mais qui connaissent Celui qui sait tout ! Ne nous laissons pas prendre au piège des  questions pièges que nous posent ceux qui veulent nous déstabiliser dans la foi en nous montrant nos lacunes. Ce n’est pas un péché de ne pas tout savoir, la Bible est claire à ce sujet : « Les choses cachées sont à l’Eternel, notre Dieu ; les choses révélées sont à nous et à nos enfants, à perpétuité, afin que nous mettions en pratique toutes les paroles de cette loi. » (Deutéronome 29:29 NEG)
 Jésus nous invite à être heureux malgré toutes les questions auxquelles nous n’avons pas encore de réponse aujourd’hui. Bien entendu il n’y aucune invitation à la paresse spirituelle dans cette première béatitude ! Cette première béatitude implique l’humilité qui est nécessaire pour une relation dénuée d’orgueil avec Dieu : « Ainsi parle l’Eternel : Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse, Que le fort ne se glorifie pas de sa force, Que le riche ne se glorifie pas de sa richesse. Mais que celui qui veut se glorifier se glorifie D’avoir de l’intelligence et de me connaître, De savoir que je suis l’Eternel, Qui exerce la bonté, le droit et la justice sur la terre ; Car c’est à cela que je prends plaisir, dit l’Eternel. » (Jérémie 9:23-24 NEG)


2 « Heureux les affligés, car ils seront consolés ! » (Matthieu 5:4 NEG) L’affliction fait partie de la vie, nous y passons tous. De nombreuses choses nous donnent envie de pleurer. Souvent on nous apprend à ne pas pleurer, à serrer les dents, à ne pas laisser percevoir notre peine et notre sensibilité. Ce n’est pas ce que recommande Jésus ici. Pleurer n’est pas une honte et nous n’avons pas à nous en cacher. Nous n’avons pas non plus à chercher à éviter à tout prix les situations difficiles où l’affliction est parfois au rendez-vous. Ceci peut arriver en répandant la Parole de Dieu : « Ceux qui sèment avec larmes Moissonneront avec chants d’allégresse. » (Psaumes 126:5 NEG) Ce sont aussi bien souvent nos fautes qui nous attristent, mais là aussi le pardon et la consolation se trouvent auprès de Dieu. Il est le seul qui non seulement sèche nos larmes mais nous donne une consolation si abondante que nous pouvons consoler les autres. L’expérience des larmes peut devenir le creuset de notre ministère auprès des autres. Comment pourrons-nous parler avec crédibilité des consolations divines si nous ne les avons pas expérimentées ? « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus–Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que par la consolation dont nous sommes l’objet de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans l’affliction ! Car, de même que les souffrances de Christ abondent en nous, de même notre consolation abonde par Christ. » (2 Corinthiens 1:3-5 NEG) Les consolations de Dieu ne sont pas de pacotille, elles reposent sur et découlent de l’œuvre de Christ à la Croix.

3 « Heureux les humbles de cœur, car ils hériteront la terre ! » (Matthieu 5:5 NEG) D’autre traductions disent : « les doux » ou « débonnaires ». Le disciple de Jésus peut connaître le bonheur de ressembler à son Maître qui est doux et humble de cœur. « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez le repos pour vos âmes. » (Matthieu 11:28-29 NEG) Avant d’aller vers les autres dans une bonne attitude il est incontournable d’aller vers Jésus pour recevoir son joug et son repos. N’allons pas vers le prochain comme des battants avec un désir de conquérir du territoire. La terre est à l’Eternel et l’Eternel est notre Père !

4 « Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés ! » (Matthieu 5:6 NEG)
 " « Heureux ceux qui ont faim et soif de justice. » Pour comprendre toute la force de cette expression, remarquons premièrement, que la faim et la soif sont les plus exigeants de nos appétits corporels. De même cette faim de l’âme, cette soif de l’image de Dieu est le plus grand besoin de nos désirs spirituels… Remarquons aussi, que la faim et la soif ne peuvent se satisfaire qu’avec le manger et le boire.
 Donner le monde entier à celui qui a faim, donnez-lui les vêtements les plus somptueux, tout l’orgueil de la grandeur, tous les trésors de la terre, entassez devant lui tout l’or et l’argent, rendez-lui tous les honneurs imaginables il n’y prendra pas garde, tout cela n’est rien pour lui, tout cela ne l’empêchera pas de dire : Ce n’est pas ce qu’il me faut ; donnez-moi de la nourriture, ou je meurs !
 Il en est exactement de même pour toute âme qui a véritablement faim et soif de justice. Elle ne peut trouver de consolation nulle part, elle ne peut se satisfaire d’aucune autre chose. Donnez-lui, en dehors de cela, tout ce que vous voudrez, richesses, honneurs, plaisirs, elle en fera peu cas et vous dira encore : Ce n’est pas là ce qu’il me faut ; donnez-moi l’amour de Dieu ou je meurs ! " John Wesley. Le sermon sur la montagne. Page 32.
 Jésus est mort sur une croix pour que Dieu puisse nous pardonner nos péchés tout en restant fidèle à sa justice. Jésus était vraiment un affamé et un assoiffé de justice, et le Père l’a rassasié : « A cause du travail de son âme, il rassasiera ses regards ; Par sa connaissance mon serviteur juste justifiera beaucoup d’hommes, Et il se chargera de leurs iniquités. » (Esaïe 53:11 NEG)
 Ne nous contentons pas d’une goutte de justice, soyons des assoiffés et des affamés de justice, ne laissons pas notre âme macérer dans le fiel amer du doute. Puisons à pleins seaux à la source de la justice de Dieu, en Christ.

5 « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ! » (Matthieu 5:7 NEG). Les quatre premières béatitudes décrivent une attitude intérieure, celle-ci aussi vient de l’intérieur, du plus profond du cœur régénéré par Christ, mais elle ne peut pas rester confinée dans le secret. Voici ce qu’en disait Gilbert Cesbron : « Il faut remarquer que cette parole concerne directement nos rapports avec autrui. Elle n’est pas comme l’esprit de pauvreté ou la faim et la soif de sainteté un disposition intérieure ; elle ne peut s’exprimer dans la chambre secrète : C’est une Béatitude de plein air ! » Nous avons donc besoin des autres pour vivre cette 5ème béatitude, et particulièrement de ceux qui ne sont pas très sympas avec nous, voir même de ceux qui sont franchement exécrables à notre égard ! Bénis soient ceux qui m’obligent à pratiquer la miséricorde envers eux, car je n’ai pas d’autre solution à leur proposer.

6 « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu ! » (Matthieu 5:8 NEG)
 Notre cœur n’est pas pur de manière innée : « Le cœur est tortueux par–dessus tout, et il est méchant : Qui peut le connaître ? » (Jérémie 17:9 NEG)
Mais nous avons en Jésus la possibilité d’avoir nos cœurs purifiés d’une mauvaise conscience (Hébreux 10. 19-22).
 Il semble évident à tous que, sauf exception miraculeuse, les organes visuels que sont nos yeux ne sont pas adaptés pour contempler le Dieu invisible, glorieux Créateur des cieux et de la terre. C’est pourquoi l’apôtre Paul parle des yeux du cœur, quand il prie : « qu’il illumine les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle est l’espérance qui s’attache à son appel, quelle est la richesse de la gloire de son héritage qu’il réserve aux saints, » (Éphésiens 1:18 NEG). L’état inné de notre cœur n’est pas une fatalité, Dieu peut changer la situation, Jérémie laissait déjà cet espoir à son peuple tortueux : « Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur. » (Jérémie 29:13 NEG)
 Nous verrons Dieu face à face au dernier jour, mais déjà nous pouvons le voir à l’œuvre  dans nos cœurs en nous confiants en Jésus-Christ. Le monde blasé qui nous entoure à besoin du témoignage de personnes animées de cette certitude.

7 « Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu ! » (Matthieu 5:9 NEG)
 Shalom est la salutation la plus commune en Israël. Mais en réalité, on peut dire « shalom » comme on dit en France « comment ça va ? » par pure politesse routinière. Ici il ne s’agit pas seulement de souhaiter la paix à son prochain, mais de la procurer, c'est-à-dire de tout mettre en œuvre pour que cette paix existe. Pour un tas de raisons, nous ne sommes pas toujours enclins à rechercher la paix lorsque les conflits surgissent. Nous pensons parfois qu’il est plus urgent de régler l’affront qui nous a été fait ou de remettre vertement la personne à sa place pour l’honneur de Dieu. Procurer le paix est quelque chose de laborieux et le succès n’est pas toujours garanti comme le laisse entendre ce verset de la Bible : « S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes. » (Romains 12:18 NEG) Jésus a pleine autorité pour nous donner cette béatitude, puisque Lui a tout fait pour nous procurer la paix. C’est uniquement par Jésus que nous pouvons être appelé enfants de Dieu, et c’est également uniquement par Lui que nous pouvons procurer cette paix. Pour procurer la paix il faut tout d’abord la recevoir, puis il faut aussi la cultiver dans le jardin de notre cœur comme un précieux fruit de l’Esprit. La tâche est ardue, mais quel bonheur lorsque nous parvenons à procurer la paix. Nous n’avons pas à nous glorifier de cette grâce, car elle provient de Dieu agissant en nous. Mais puisque c’est par Dieu que nous pouvons procurer la paix, la mission n’est donc pas impossible !

8 « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux ! Heureux serez–vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez–vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux ; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous. » (Matthieu 5:10-12 NEG)
Actuellement il est relativement facile de vivre sa foi en paix en France, mais il n’en a pas été toujours le cas. Il est intéressant de lire ce que Jean Calvin a écrit sur cette béatitude, lui qui a vécu dans un siècle d’intolérance religieuse : La consolation d’être persécuté pour la justice.
 « La souveraine consolation, c’est d’endurer la persécution pour la justice.
 Par « persécution pour la justice », j’entends ce que nous endurons pour défendre l’Evangile, mais aussi pour soutenir toute cause équitable. Que ce soit pour défendre la vérité de Dieu contre les mensonges de Satan ou pour soutenir les innocents contre les méchants et pour empêcher qu’on leur fasse tort ou qu’on les accable, nous devons encourir la haine et l’indignation du monde, même si notre honneur, nos biens ou notre vie sont en danger. Ne jugeons pas qu’il est pénible de servir Dieu jusque-là et ne nous considérons pas comme malheureux, car sa bouche nous déclare bienheureux (Matthieu 5.10). » Jean Calvin. Institution Chrétienne page 640.
 Les apôtres, auditeurs de Jésus le jour où il prononça les Béatitudes, n’ont pas été des auditeurs oublieux, ils ont vécu le bonheur que Jésus promet lorsqu’on nous outrage et persécute : « Les apôtres se retirèrent de devant le sanhédrin, joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom de Jésus. Et chaque jour, dans le temple et dans les maisons, ils ne cessaient d’enseigner, et d’annoncer la bonne nouvelle de Jésus–Christ. » (Actes 5:41-42 NEG)
 Il n’y a aucune raison qu’aujourd’hui encore nous ne puissions pas expérimenter ce bonheur que promet Jésus lorsque nous souffrons à cause de Lui.

4°. Conclusion.
 « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra–t–on ? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée ; et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. » (Matthieu 5:13-16 NEG)
 Celui qui vit, qui vibre en  son cœur à l’écoute des Béatitudes de Jésus, et qui les pratique devient une lumière dans ce monde. Ne cachons pas ce trésor dans nos cœurs, car il s’étoufferait comme une flamme qui manque d’oxygène. Traduisons cette Parole que nous avons reçue par des actes et des comportements qui glorifient Dieu notre Père.

Quimper Juillet 2010.
Alain Monclair


Un Réveil secoue des marins pêcheurs.

Sunday, 11 July 2010

Lecture : Luc 5. 1 à 11.

 L’aventure spirituelle que vécurent ces pêcheurs sur la Mer de Galilée ne cesse de me fasciner. Ils connaissaient déjà Jésus depuis quelque temps, mais ce jour là leurs yeux vont s’ouvrir tant sur la personne de Jésus que sur leur propre nature. A partir de ce jour là rien ne sera plus comme avant pour ces hommes. Ils vont devenir pêcheurs d’hommes. Jusqu’alors ils avaient sondé les profondeurs du lac de Galilée pour nourrir leur peuple de poissons, dorénavant ils vont sonder les profondeurs du cœur de Dieu pour partager l’amour de Dieu avec leur prochain.
 Je qualifie leur découverte de « Réveil spirituel », car ils se sont éveillés à des valeurs dont ils ignoraient l’importance jusqu’à ce jour-là. L’expression « Réveil spirituel » a  été utilisée pour décrire des périodes de l’histoire où l’action souveraine de Dieu parmi les hommes a été si puissante qu’on ne voyait que cet aspect. Les hommes sont surpris par cette découverte de Dieu, tel Jacob, après une nuit peuplée de songes: « Jacob s’éveilla de son sommeil et il dit : Certainement, l’Eternel est en ce lieu, et moi, je ne le savais pas ! » (Genèse 28:16 NEG). L’apôtre Paul va dire aux Athéniens que le Dieu qui nous a créé, « n’est pas loin de chacun d’entre nous » (Actes 17.27). Autrefois comme aujourd’hui, c’est la présence du Seigneur Jésus Christ qui nous éveille et nous fait pénétrer dans le Royaume de Dieu. Suivons donc pas à pas ces pêcheurs Galiléens pour découvrir comment Jésus-Christ nous accorde un Réveil spirituel dans nos vies.

I°. Le grand besoin des foules.
 « Comme Jésus se trouvait auprès du lac de Génésareth, et que la foule se pressait autour de lui pour entendre la parole de Dieu, » (Luc 5:1 NEG)
 Hier comme aujourd’hui le grand besoin des hommes est d’entendre la parole de Dieu. Les hommes sont fatigués des promesses des discoureurs de ce monde. Un seul mot de Jésus rafraîchit plus l’âme humaine qu’un million de discours bien intentionnés, c’est pourquoi la foule se pressait autour de Jésus. Nous avons besoin de Jésus pour comprendre la puissance de la parole de Dieu. La foule qui se pressait autour de Jésus avait entendu ses docteurs de la Loi lui parler des paroles de Dieu révélées à Moïse, mais le message ne parvenait pas à les sortir de la léthargie spirituelle dans laquelle ils vivaient. On leur avait enseigné comment vivre pour Dieu, mais Jésus, Lui, leur apportait la vie qui vient de Dieu. Aujourd’hui encore nous avons besoin que Jésus touche nos cœurs pour découvrir la grandeur et l’amour de Dieu. Les Évangiles, comme tout le reste de la Bible, ont été écrits pour que Dieu verse en nous sa puissance de vie. C’est Jésus la clef d’accès à cette vie : « Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom. » (Jean 20:31 NEG). Le Réveil commence en nous mettant à l’écoute de Jésus comme les foules d’autrefois.

II°. Interpellés dans la routine.
 « Il vit au bord du lac deux barques, d’où les pêcheurs étaient descendus pour laver leurs filets. » (Luc 5:2 NEG)
 C’est souvent dans les routines les plus fastidieuses que Dieu nous interpelle, car c’est là que nous avons le temps de nous poser des questions et c’est dans ces situations que nous soupirons après un peu plus de vie exaltante. Pour les premiers disciples, laver les filets était une corvée incontournable s’ils voulaient pêcher dans de bonnes conditions dès le lendemain. Tout au long de la Bible on constate que Dieu interpelle souvent les hommes au sein de leurs activités les plus ordinaires.

 Gédéon était tellement démoralisé d’en être réduit à battre son blé en cachette de l’ennemi, qu’il prit pour une blague les paroles que l’ange envoyé par Dieu lui envoya : « Puis vint l’ange de l’Eternel, et il s’assit sous le térébinthe d’Ophra, qui appartenait à Joas, de la famille d’Abiézer. Gédéon, son fils, battait du froment au pressoir, pour le mettre à l’abri de Madian. L’ange de l’Eternel lui apparut, et lui dit : L’Eternel est avec toi, vaillant héros ! Gédéon lui dit : Ah ! Mon seigneur, si l’Eternel est avec nous, pourquoi toutes ces choses nous sont–elles arrivées ? Et où sont tous ces prodiges que nos pères nous racontent, quand ils disent : L’Eternel ne nous a–t–il pas fait monter hors d’Égypte ? Maintenant l’Eternel nous abandonne, et il nous livre entre les mains de Madian ! » (Juges 6:11-13 NEG). Cependant, c’est ce jour-là que Dieu se révéla à Gédéon et en fit un de ses serviteurs les plus zélés.

 Élisée labourait un champ, quoi de plus normal pour un laboureur ? C’est là, derrière ses bœufs, que Dieu va lui révéler sa nouvelle vocation par le prophète Élie. « Élie partit de là, et il trouva Élisée, fils de Schaphath, qui labourait. Il y avait devant lui douze paires de bœufs, et il était avec la douzième. Elie s’approcha de lui, et il jeta sur lui son manteau. Élisée, quittant ses bœufs, courut après Elie, et dit : Laisse–moi embrasser mon père et ma mère, et je te suivrai. Elie lui répondit : Va, et reviens ; car pense à ce que je t’ai fait. Après s’être éloigné d’Elie, il revint prendre une paire de bœufs, qu’il offrit en sacrifice ; avec l’attelage des bœufs, il fit cuire leur chair, et la donna à manger au peuple. Puis il se leva, suivit Elie, et fut à son service. » (1 Rois 19:19-21 NEG). Laboureur le matin et prophète dès le soir même ! Lorsque Élisée se réveilla le lendemain matin il devait se demander ce qui lui arrivait. C’était un réveil pas comme les autres, c’était le Réveil de Dieu.

 Matthieu était assis à son bureau lorsque Jésus réveilla sa conscience de fonctionnaire franchisé. « De là étant allé plus loin, Jésus vit un homme assis au bureau des péages et qui s’appelait Matthieu. Il lui dit : Suis–moi. Cet homme se leva, et le suivit. » (Matthieu 9:9 NEG)
 Que la routine ne nous désespère pas ! Lorsqu’elle nous lasse, attendons-nous à Dieu afin qu’il se révèle à nos cœurs et nous réveille de notre torpeur.

III°. Le Réveil stimule et muscle l’obéissance.
 « Lorsqu’il eut cessé de parler, il dit à Simon : Avance en pleine eau, et jetez vos filets pour pêcher. Simon lui répondit : Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je jetterai le filet. » (Luc 5:4-5 NEG)
 Malgré ses réticences dues à l’expérience professionnelle, Pierre fait plier sa volonté pour obéir aux  paroles de Jésus. Il fait comme Job autrefois : « Je n’ai pas abandonné les commandements de ses lèvres ; J’ai fait plier ma volonté aux paroles de sa bouche. » (Job 23:12 NEG)
 C’est en obéissant aux paroles du Seigneur que nous nous mettons sur le chemin du Réveil. Pour l’instant l’obéissance de Pierre ne concerne que des éléments matériels. Il va jeter des filets pour attraper des poissons. Geste quotidien pour un pêcheur, mais il est inhabituel qu’un pêcheur obéisse à un passager !
 Pierre reconnaît l’autorité de la parole de Jésus, c’est pourquoi il lui obéit. Lorsque nous reconnaissons la réelle autorité de la parole du Seigneur, il facile de lui obéir. Lorsque nous n’obéissons pas à la parole du Seigneur nous bafouons l’autorité de sa parole.
 Pour prêcher la parole de Dieu avec autorité il faut d’abord s’y soumettre, c’est ce qu’ont appris les Apôtres. Sans l’obéissance nous ne pouvons pas recevoir l’onction du Saint-Esprit. Lorsque le tribunal Juif demanda à Pierre la raison de son entêtement à prêcher l’Evangile, il répondit que c’était l’obéissance à Dieu. Pierre ne pouvait pas concevoir qu’un disciple de Jésus n’obéisse pas à Dieu, quels que soient les risques encourus. Il dévoile aussi la source de leur assurance pour prêcher l’Evangile : « Nous sommes témoins de ces choses, de même que le Saint–Esprit, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. » (Actes 5:32 NEG)
 Si l’obéissance est la motivation profonde de notre prédication, l’obéissance à la parole de Dieu en sera aussi le fruit : « La parole de Dieu se répandait de plus en plus, le nombre des disciples augmentait beaucoup à Jérusalem, et une grande foule de sacrificateurs obéissaient à la foi. » (Actes 6:7 NEG)
 C’est sur son lieu de travail, dans sa barque, que Pierre a commencé à vivre l’obéissance de la foi en Jésus qui débouchera sur un véritable Réveil spirituel dans sa vie. Réveil spirituel contagieux qui atteindra, entre autres une grande foule de sacrificateurs.


IV°. Le Réveil stimule la solidarité.
 « L’ayant jeté, ils prirent une grande quantité de poissons, et leur filet se rompait. Ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l’autre barque de venir les aider. Ils vinrent et ils remplirent les deux barques, au point qu’elles enfonçaient. » (Luc 5:6-7 NEG)
 Face à une pêche miraculeuse dépassant tout espoir humain, Pierre et son équipage sont obligés d’avoir recours à l’aide de ceux de l’autre barque.
 On raconte que lorsque le célèbre prédicateur baptiste anglais Charles Spurgeon commença à attirer les foules dans son église de Londres, les autres églises craignirent de voir leurs bancs se vider. Mais à la surprise générale de ces pasteurs inquiets de perdre leur propre auditoire c’est le contraire qui se produisit. Malgré de nouveaux bâtiments toujours plus grands, les locaux où Spurgeon prêchait ne furent jamais assez grands pour accueillir tous ceux qui voulaient l’écouter. Du coup, ceux qui n’avaient pas réussi à trouver une place pour écouter le célèbre et puissant prédicateur, se rendaient dans les églises voisines, qui, elles aussi, se remplirent.
 Lorsque l’Esprit du Seigneur souffle sur ses enfants, l’esprit de concurrence et la jalousie font place à l’émulation et à l’entraide. Mais lorsque nous voulons faire de grandes choses sur notre seule initiative et ambition humaine, les divisions et la mésentente s’installent. On ne peut pas plagier Dieu. Les pêches miraculeuses et les Réveils spirituels ne s’obtiennent pas sur commande, ils sont toujours le fruit d’une obéissance fidèle à la parole de Dieu.

V°. Le Réveil révèle le péché.
 « Quand il vit cela, Simon Pierre tomba aux genoux de Jésus, et dit : Seigneur, retire–toi de moi, parce que je suis un homme pécheur. Car l’épouvante l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la pêche qu’ils avaient faite. Il en était de même de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. » (Luc 5:8-10 NEG)

A chaque fois que je relis ces deux versets mon étonnement est toujours aussi grand. Je connais par expérience la joie exubérante de faire une pêche exceptionnelle, mais je n’ai jamais vu une pêche inespérée, aussi abondante soit-elle, produire une conviction de péché. Un véritable miracle n’est pas seulement un événement exceptionnel, un miracle c’est Dieu agissant Lui-même dans notre cadre de vie habituel. C’est par le Saint-Esprit qu’il  rend manifeste à notre esprit sa présence. Et l’un des premiers effets du Saint Esprit en nous est de nous convaincre de péché selon les paroles annoncées par Jésus : « Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement : en ce qui concerne le péché, parce qu’ils ne croient pas en moi ; la justice, parce que je vais au Père, et que vous ne me verrez plus ; le jugement, parce que le prince de ce monde est jugé. » (Jean 16:8-11 NEG)
 Lorsque Jésus parle et agit sa parole pénètre en nous. En fait toute Parole de Dieu, incarnée en Jésus ou écrite dans la Bible, a le pouvoir de pénétrer au plus profond de nos êtres pour y déceler ce qui est bien et ce qui doit disparaître. « Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. Nulle créature n’est cachée devant lui, mais tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte. » (Hébreux 4:12-13 NEG)
 J’ai remarqué que les plus belles journées peuvent commencer par un réveil difficile. Certains matins il me faut au moins trois bols de café pour me sentir réveillé. Puis je me lève de table, et chaque pas, sous l’effet de mes courbatures ou de l’arthrose me rappelle mon âge et le magnifique climat breton. Mais ensuite, une seule parole de la Bible, une bonne nouvelle au courrier, un coup de téléphone peuvent me faire oublier soudainement mes douleurs de sexagénaire breton. La conviction de péché produit dans un premier temps une souffrance désagréable. Pierre, et ceux qui sont dans la barque avec lui, ne se trouvent pas dignes d’avoir Jésus dans leur bateau. L’Esprit de Jésus qui pénètre en Pierre lui fait voir les choses de sa vie comme Jésus les voit, et il en est horrifié. Aucun ne se croit digne de vivre dans la présence de Jésus, et cependant c’est à ce moment-là que Jésus va leur adresser un appel à le suivre pour le reste de l’éternité. La conviction de péché est toujours le prélude à la grâce que Dieu veut nous accorder.
 Nos réticences à la notion de réveil spirituel ne sont pas nécessairement théologiques, elles peuvent provenir  de notre crainte que l’Esprit de Dieu mette nos vies à nu et à découvert. Nous avons peur qu’il révèle ce que nous prenons tant de soin à cacher. Mais, au contraire, c’est lorsque nous acceptons cette mise en lumière de nos vies que le jour se lève pour entrer dans une vie nouvelle.

VI°. Nouvelles priorités.
 « Alors Jésus dit à Simon : Ne crains point ; désormais tu seras pêcheur d’hommes. Et, ayant ramené les barques à terre, ils laissèrent tout, et le suivirent. » (Luc 5:10-11 NEG)
 Jésus inverse les priorités dans la vie de ces quatre premiers disciples. Il met les hommes avant les poissons et Dieu avant les bateaux. Les disciples sont retournés pêcher par la suite mais leurs priorités n’étaient plus les mêmes.
 Le Seigneur désire nous donner de vraies et de nobles priorités dans la vie. Ne nous contentons pas d’amasser des richesses ou d’exceller dans un domaine ou un autre. Laissons tomber nos petites ambitions pour suivre Jésus dans les priorités qu’il nous donne. Laissons nous éveiller et réveiller pour servir Dieu auprès des hommes. Nous sommes parfois oublieux et le Seigneur veut réveiller alors notre vision de sa moisson. Je me souviens d’un beau jour d’été : Le ciel bleu et les embruns d'un vigoureux vent de nordet m'invitaient à la joie. Pour exprimer mon bonheur je me mis à chanter un cantique qui compare l'amour de Dieu à l'étendue des océans et à la profondeur des mers. Je chantais ces paroles en breton car elles étaient au programme d'une prochaine cérémonie de mariage. La langue rocailleuse de mes ancêtres réveilla en moi des souvenirs et je me mis à prier dans un breton hésitant : «O Dieu, merci pour ton amour, et remplis mon bateau ! Amen. » M'apercevant d'un lapsus, je rajoutai : «Remplis-le de poisson ! » Mais j'eus l'impression que c'était trop tard, ma prière était déjà partie vers le ciel.
 L'air du large et l'attention que réclament les lignes m'avaient fait oublier ma prière, lorsque j'aperçus deux taches noires qui s'agitaient sur la mer. En m'approchant je découvris deux plongeurs en détresse. Le vent et le courant les avaient emportés loin de leur bateau et ils étaient à bout de souffle. Je les embarquai donc ainsi que leur matériel de plongée. Mon petit bateau était rempli à ras bord, au point que son modeste moteur peinait à nous ramener.
 Je rêvais de poissons, et Dieu voyait des hommes. Ma prière était sincère, mais elle ne tenait pas compte des priorités divines.
 Dieu prend plaisir à exaucer nos prières, mais nous avons besoin de son conseil pour jeter les filets de la prière là où il faut. Face à nos imperfections ne craignons pas, mais prions, agissons et suivons le Maître.
 Constamment Jésus rappelait la priorité du salut des hommes à ces auditeurs. A ses contradicteurs qui lui reprochaient de guérir et sauver le jour du sabbat, il répond : « Lequel d’entre vous, s’il n’a qu’une brebis et qu’elle tombe dans une fosse le jour du sabbat, ne la saisira pour l’en retirer ? Combien un homme ne vaut–il pas plus qu’une brebis ! Il est donc permis de faire du bien les jours de sabbat. » (Matthieu 12:11-12 NEG)
 Le Réveil spirituel c’est la certitude qu’il est possible d’échapper à l’enfer  vers lequel marche notre monde, parce que Jésus est venu apporter le salut, le pardon et la guérison de nos êtres. Peut-il y avoir des priorités plus importantes que de suivre Jésus ?

Conclusion.
1°. Éveillons-nous à la puissance de la parole de Dieu.
2°. Laissons Dieu bousculer nos routines.
3°. Apprenons à obéir instantanément à la parole de Dieu.
4°. Le véritable Réveil ne divise pas les disciples de Jésus.
5°. Laissons-nous convaincre de péché par l’Esprit Saint.
6°. Recentrons nos priorités. Les hommes avant les richesses. Jésus avant nos propres projets, car ses voies sont meilleures que les nôtres.


Quimper le 11 Juillet 2010.
Alain Monclair.


Jésus chez Marthe et Marie.

Sunday, 27 June 2010

Lecture : Luc 10 : 38 à 42.

 Ces cinq versets nous apprennent à discerner quelles sont les priorités pour servir le Seigneur Jésus-Christ. Cet épisode de la vie de Marthe et Marie est précieux pour nous enseigner comment accueillir le Seigneur chez nous. Jésus aimait autant Marthe que Marie, et il va utiliser cet incident domestique entre les deux sœurs pour nous enseigner comment l’honorer en réjouissant son cœur. Je vous propose donc de parcourir ce texte en laissant les paroles de Jésus nous interpeller.
1°. Jésus dans ma maison.
 « Comme Jésus était en chemin avec ses disciples, il entra dans un village, et une femme du nom de Marthe l’accueillit dans sa maison. »
Luc 10 : 38 Segond 21
 Jésus était en chemin, lieu public par excellence ; puis il entre dans un village, lieu communautaire bien défini pour enfin pénétrer dans une maison, lieu intime de vie. Le texte biblique note que c’est Marthe qui accueillit Jésus. Jésus n’utilise pas son autorité pour réquisitionner notre territoire personnel, il entre dans nos vies lorsqu’il y est accueilli. Accueillir Jésus entraîne un bouleversement qui touche aux fondements mêmes de notre vie : « Celui qui est la Parole était déjà dans le monde, puisque le monde a été créé par lui, et pourtant, le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. Certains pourtant l’ont accueilli ; ils ont cru en lui. A tous ceux–là, il a accordé le privilège de devenir enfants de Dieu. Ce n’est pas par une naissance naturelle, ni sous l’impulsion d’un désir, ou encore par la volonté d’un homme, qu’ils le sont devenus ; mais c’est de Dieu qu’ils sont nés. Celui qui est la Parole est devenu homme et il a vécu parmi nous. Nous avons contemplé sa gloire, la gloire du Fils unique envoyé par son Père : plénitude de grâce et de vérité ! » (Jean 1:10-14 Sem)
 Marthe avait donc accueilli Jésus dans sa vie, c’est pourquoi Jésus utilise cet incident diplomatique entre les deux sœurs pour lui enseigner comment mieux honorer sa présence quand il est entré dans notre cadre de vie.
 Nous trouvons dans les Évangiles de nombreuses situations où Jésus entre dans une maison.
 Jésus est entré chez Pierre et il a même guéri sa belle-mère ; sitôt guérie celle-ci se lève et sert tout le monde (Matthieu 8 :14-15). Ce n’est donc pas le fait de servir en lui-même que Jésus va reprocher à Marthe.
 Jésus est aussi entré chez Zachée, en lui précisant qu’il fallait qu’il demeure chez lui (Luc 19 :1-10). Jésus n’impose pas sa présence chez nous, mais si nous ne l’accueillons pas il n’y a pas communion intime  possible avec lui. C’est pourquoi l’appel qu’il adresse aux chrétiens de Laodicée s’adresse à tous : « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. » (Apocalypse 3:20 NEG).
 Les diplômes et les formations ne suffisent pas pour apprendre à servir le Seigneur. Comme pour Marthe et Marie tout chrétien désireux de servir doit laisser le Seigneur examiner sa vie dans son lieu intime, sa maison : « car si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra–t–il soin de l’Église de Dieu ? » (1 Timothée 3:5 NEG)
 Marthe était probablement l’aînée des deux sœurs puisqu’il est précisé qu’elle «l’accueillit dans sa maison. » Mais ceci n’exclut pas que la responsabilité des autres membres de la famille devant le Seigneur soit moindre, puisque Marie va être citée en exemple.
2°. Marie, une femme à l’écoute de Jésus.
 « Elle avait une sœur appelée Marie, qui s’assit aux pieds de Jésus et écoutait ce qu’il disait. » Luc 10 :39. Segond 21.
 Marie était dans la position tant du disciple que de la servante. Il est en effet impossible de servir quelqu’un sans se mettre à son écoute. Jésus lui-même s’est présenté comme un serviteur et un disciple :
-Un serviteur : « Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de beaucoup. » (Marc 10:45 NEG)
-Un disciple : « Le Seigneur, l’Eternel, m’a donné le langage des disciples pour que je sache soutenir par la parole celui qui est abattu. Il réveille, oui, matin après matin, il réveille mon oreille pour que j’écoute comme le font des disciples. Le Seigneur, l’Eternel, m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas rebellé, je n’ai pas reculé.» (Esaïe 50:4-5 Segond 21). Jésus passa trois jours entiers assis aux pieds des docteurs en théologie de son temps, quelle leçon d’humilité pour le Fils de Dieu ! « Au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. » (Luc 2:46 NEG)
 La Bible parle du bonheur de l’homme quotidiennement à l’écoute du Seigneur : « Heureux l’homme qui m’écoute, Qui veille chaque jour à mes portes, Et qui en garde les poteaux ! » (Proverbes 8:34 NEG)
 Marie connaissait l’Ancien Testament et savait que l’apprentissage du service du Seigneur consiste à apprendre à recevoir sa parole. Samuel était un modèle en la matière, et ceci dès son jeune âge : « Samuel grandissait. L’Eternel était avec lui, et il ne laissa tomber à terre aucune de ses paroles. » (1 Samuel 3:19 NEG)
 Marie savait aussi qu’il ne suffit pas de recueillir la parole du Seigneur du bout des doigts, même avec un stylo pour prendre des notes, elle savait qu’il faut se nourrir de ces paroles au plus profond de soi-même : « J’ai recueilli tes paroles, et je les ai dévorées ; Tes paroles ont fait la joie et l’allégresse de mon cœur ; Car ton nom est invoqué sur moi, Eternel, Dieu des armées ! » (Jérémie 15:16 NEG)
 Marie savait que la bonne parole du Seigneur était bien plus importante que la bonne table qu’elle et sa sœur pouvaient offrir à Jésus. Il semble que Marthe n’avait pas encore compris la primauté de la parole du Seigneur.
3°. Marthe, une femme serviable.
 « Marthe était affairée aux nombreuses taches du service. Elle survint et dit : « Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir ? Dis-lui donc de venir m’aider. » » Luc 10 : 40. Segond 21.
 Marthe était une femme serviable et une maîtresse de maison accomplie. Dès l’arrivée de Jésus elle a prit toutes les dispositions nécessaires pour accueillir Jésus comme un roi. La tradition de l’accueil est très développée en Israël. Cet art n’est d’ailleurs pas réservé aux femmes, les hommes peuvent aussi mettre la main à la pâte comme Abraham, le père des croyants l’a fait en accueillant trois hommes de passage qui se révélèrent être des envoyés de Dieu: « Abraham alla promptement dans sa tente vers Sara, et il dit : Vite, trois mesures de fleur de farine, pétris, et fais des gâteaux. Et Abraham courut à son troupeau, prit un veau tendre et bon, et le donna à un serviteur, qui se hâta de l’apprêter. Il prit encore de la crème et du lait, avec le veau qu’on avait apprêté, et il les mit devant eux. Il se tint lui–même à leurs côtés, sous l’arbre. Et ils mangèrent. » (Genèse 18:6-8 NEG). Mais il est important de noter qu’Abraham n’imposa pas son festin à ses hôtes, il les invita, et ce n’est que lorsqu’ils acceptèrent l’invitation qu’Abraham s’affaira à préparer le repas : « L’Eternel lui apparut parmi les chênes de Mamré, comme il était assis à l’entrée de sa tente, pendant la chaleur du jour. Il leva les yeux, et regarda : et voici, trois hommes étaient debout près de lui. Quand il les vit, il courut au–devant d’eux, depuis l’entrée de sa tente, et se prosterna à terre. Et il dit : Seigneur, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, ne passe point, je te prie, loin de ton serviteur. Permettez qu’on apporte un peu d’eau, pour vous laver les pieds ; et reposez–vous sous cet arbre. J’irai prendre un morceau de pain, pour fortifier votre cœur ; après quoi, vous continuerez votre route ; car c’est pour cela que vous passez près de votre serviteur. Ils répondirent : Fais comme tu l’as dit. » (Genèse 18:1-5 NEG)
 Il semble que Marthe n’ait pas demandé à Jésus ce qu’il désirait. Pour elle, ça allait tellement de soi ! Tout le monde savait que pour accueillir un invité comme Jésus il fallait sortir la belle vaisselle, les couverts en argent et avoir le menu des jours de fêtes. Il fallait faire les choses en grand, remuer de l’air et ne pas rester à bailler aux corneilles comme sa sœur Marie. Pour Marthe ça allait tellement de soi qu’elle croyait que Jésus pensait exactement comme elle. Ses reproches envers sa sœur lui paraissent tellement justifiés qu’elle demande à Jésus de lui faire la morale ! Mais non ! Quelle surprise pour Marthe ! Au lieu de gronder sa paresseuse de sœur, Jésus la donne en exemple à Marthe.
 Marthe ne s’était pas rendue compte qu’elle était en train de donner des ordres à Jésus au lieu de l’écouter.
 Ne nous arrive-t-il pas d’avoir ce même genre de comportement lorsque nous prions ? Nous sommes si convaincus de connaître la bonne solution que nous indiquons à Dieu comment agir !
 Si Marthe agit ainsi, c’est parce qu’elle croit sincèrement que la chose qui plaira le plus à Jésus c’est un bon repas dans les règles de l’art. Marthe ne se rendait pas compte que ses préoccupations étaient centrées sur elle-même et non sur les attentes de Jésus. Elle veut montrer qu’elle est une maîtresse de maison au top !
 Ce que Jésus reproche à Marthe, ce n’est pas son service, mais l’état dans lequel elle se met pour accomplir ce service. Ce n’est pas que Marthe vise trop haut, mais elle vise trop lourd, trop pesant pour elle. Son service ne ressemble en rien au joug doux et léger qu’offre Jésus Christ pour le servir. Son service la détourne de Jésus, et, sans s’en rendre compte, elle tente même de détourner sa sœur de Jésus.
 Marthe nous apprend que nous pouvons perdre Jésus de vue en voulant le servir.
 Le pasteur Daniel Bourguet note que la traduction littérale pour « affairée » ou occupée à » serait « distraite » dans la langue grecque originale, qui signifie « tirée en tout lieu ». Je vous le cite : « La distraction, en effet, est cet éparpillement provoqué par quelque chose ou quelqu’un qui me tire pour me séparer de ce à quoi je suis appliqué ou attaché. Ce verbe ne se trouve qu’une fois dans le Nouveau Testament, dans un texte que je trouve intéressant, Luc 10.40, ce fameux texte qui rapporte la visite de Jésus chez Marthe et Marie, texte si souvent mis en avant pour parler de la prière. « Marthe était tirée en tout sens (et donc distraite) dans un service abondant ».
 Tout un flot d’activités empêche Marthe d’écouter Jésus. La distraction n’est pas d’avoir beaucoup de choses à faire, car Marie aussi doit avoir des tas de choses à faire ! La distraction c’est de faire ces choses au moment qui ne convient pas, ou d’y penser au moment qui ne convient pas. Il y a un temps pour tout, c’est bien vrai : un temps pour préparer une tasse de thé et un temps pour être aux pieds de Jésus. Il y a des occasions où l’accueil demande d’offrir du thé et des biscuits, et des occasions où l’accueil consiste à écouter la parole de l’hôte. Et Marthe se trompe d’accueil : l’hôte qu’elle reçoit ne demande pas une tasse de thé, mais une oreille attentive, et c’est l’accueil que Marie lui offre. La distraction ne vient pas ici d’un manque d’amour, car Marthe aime Jésus. La distraction vient plutôt ici d’un manque de discernement dans ce qu’il convient de faire ou pas, dans ce qu’il convient d’être devant le Christ.
 Cela ne veut pas dire pour autant que Marie est à l’abri de la distraction, non pas dans son attitude physique, cette fois, mais dans son esprit. Marie, en effet, peut très bien être aux pieds de Jésus dans une véritable écoute du Maître ; mais elle peut aussi se trouver aux pieds de Jésus avec dans sa tête les préoccupations de Marthe, et c’est bien souvent ce qui nous arrive dans nos cultes : nous sommes physiquement comme marie aux pieds de Jésus, mais notre esprit est comme Marthe, accaparé par des tas d’activités, toutes aussi louables les unes que les autres ! Telle est notre distraction qui fait de nous des Maries devenues Marthe dans leur tête ! Heureux celui qui, au pied du Christ, garde son esprit à l’écoute du Christ ! » Pages 53-54. (Daniel Bourguet. Le soir, le matin et à midi, je loue et je médite. Réveil Publications. 2000.)
 Jésus aime autant Marthe que Marie, c’est pourquoi, au risque de paraître un invité impoli et trouble fête, Jésus reprend Marthe. Jésus désire que nous choisissions tous la meilleure part, il ne veut pas laisser un seul d’entre nous dans l’illusion de bien faire quand nous pouvons faire mieux. Je dis bien faire mieux et non faire plus !
4°. Discerner les priorités.
 « Jésus lui répondit : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses, » Luc 10 : 41. Segond 21.
 Comment pouvons-nous discerner que nous nous éloignons de l’essentiel ? En constatant que l’inquiétude, l’agitation ou le doute commencent à grignoter notre vie.
 Même les chrétiens peuvent tomber malades par le surmenage. Ils sont débordés et ne voient pas comment prendre le temps de s’asseoir. Dieu doit parfois nous faire un « croche patte » pour que nous puissions enfin nous arrêter et prendre le temps de nous asseoir aux pieds de Jésus. On est parfois presque  surpris que la terre continue à tourner lorsque nous arrêtons de nous agiter et de prendre tous les fardeaux du monde sur notre dos au lieu de les déposer au pied de la Croix. Ce que Jésus révèle à Marthe, il l’adresse à nous tous. Nous avons tous la capacité innée de nous inquiéter et de nous agiter pour beaucoup de choses, ceci ne se lit pas toujours sur le visage mais nous trouble intérieurement. Il nous faut donc apprendre à bien réagir lorsque nous sommes atteint du syndrome de Marthe. L’auteur du Psaume 94 avait déjà compris comment réagir dans ces situations. Il savait que c’est aux pied du Seigneur qu’il retrouverait la paix et la joie du service : « Quand les pensées s’agitent en foule au–dedans de moi, Tes consolations réjouissent mon âme. » (Psaumes 94:19 NEG)
 Nous devons donc chercher à examiner la source de nos inquiétudes, de notre agitation, de notre activisme afin de nous remettre sous le joug doux et léger que nous offre Jésus (Matthieu 11 : 28-30). Lorsque nous nous laissons dominer par les soucis, même du service, la semence de l’Evangile ne peut plus porter de fruit dans nos vies : « Ce qui est tombé parmi les épines, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole, s’en vont, et la laissent étouffer par les soucis, les richesses et les plaisirs de la vie, et ils ne portent point de fruit qui vienne à maturité. » (Luc 8:14 NEG) Les soucis sont aussi dangereux que l’insouciance, il n’y en a pas un meilleur que l’autre. Le remède aux nombreux soucis est le même remède que celui indiqué pour l’insouciance, c’est se mettre à l’écoute de la parole du Seigneur. Il faut prendre suffisamment de temps pour ceci : « Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole avec un cœur honnête et bon, la retiennent, et portent du fruit avec persévérance. » (Luc 8:15 NEG)
5°. Choisir l’essentiel.
 « Mais une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, elle ne lui sera pas enlevée. » » Luc 10 : 42. Segond 21.
 Il n’y a pas beaucoup de choses qui sont vraiment essentielles à la vie. La Bible nous invite à la sobriété. Mais cette sobriété n’est pas un esprit d’étroitesse, mais au contraire elle vise à vivre abondamment ce qui est essentiel. L’essentiel est notre relation avec le Seigneur par qui nous accédons à la plénitude de vie. Cette relation est souvent appelée « piété ». La piété consiste à s’attacher au Seigneur et à ses paroles. Selon le Nouveau Testament, toute doctrine qui ne donne pas une priorité à cet attachement aux paroles du Seigneur dans une communion d’esprit avec lui, est une fausse doctrine.  « Si quelqu’un enseigne de fausses doctrines, et ne s’attache pas aux saines paroles de notre Seigneur Jésus–Christ et à la doctrine qui est selon la piété, il est enflé d’orgueil, il ne sait rien ; il a la maladie des questions oiseuses et des disputes de mots, d’où naissent l’envie, les querelles, les calomnies, les mauvais soupçons, les vaines discussions d’hommes corrompus d’entendement, privés de la vérité, et croyant que la piété est une source de gain. C’est, en effet, une grande source de gain que la piété avec le contentement ; car nous n’avons rien apporté dans le monde, et il est évident que nous n’en pouvons rien emporter ; si donc nous avons la nourriture et le vêtement, cela nous suffira. » (1 Timothée 6:3-8 NEG)
 Marie était attachée aux saines paroles du Seigneur Jésus-Christ. La doctrine du Seigneur est inséparable d’une communion d’esprit avec lui. C’est notre relation avec le Seigneur qui apporte le contentement, la satisfaction, la plénitude que ne peuvent pas apporter les richesses matérielles, intellectuelles ou culturelles de ce monde. Lorsque les éléments de ce monde en eux-mêmes deviennent indispensables à notre satisfaction, nous avons basculé dans l’esclavage et l’idolâtrie. La satisfaction que nous éprouvons face aux bienfaits matériels doit s’exprimer en louanges à Dieu pour ses dons. Le contentement atteint sa plénitude quand nous constatons que tout bienfait est don de Dieu.
 La vie est bien plus qu’un bon repas ; Bien manger ne suffit pas pour vivre heureux. Les repas sont éphémères tandis que la parole du Seigneur est éternelle et adaptée à tous nos besoins. Marie avait compris ces choses, et Jésus nous invite à suivre son exemple. Elle avait compris cette parole que Jésus rétorqua au diable qui le tentait : « Il est écrit : « L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » » Matthieu 4 :4.
 Cette intimité à l’écoute de sa parole, Jésus l’offre à tous. Apprenons donc à nous mettre à ses pieds pour l’écouter afin de le servir comme il convient. Cette intimité avec Dieu se poursuivra dans l’éternité, c’est l’une des choses qui ne nous sera jamais enlevée, même par la mort, puisque nous serons avec le Seigneur pour toujours.

Concarneau le 20 Juin 2010.
Alain Monclair