Echec aux séductions de l'alcool.

Sunday, 28 March 2010


La tentation, tueuse de promesses.
 Ce jour-là j’avais promis en toute sincérité de ne pas boire. Ma mère était tellement inquiète et tourmentée par ma conduite que j’étais prêt à tous les sacrifices pour lui apporter un peu de consolation. La journée commença bien. Dès l’aube j’allais relever mes lignes de fond posées en mer la veille. Un énorme congre, accroché à un hameçon, mais bien vivant, m’y attendait. La bataille fut rude pour l’embarquer dans mon bateau et le mettre dans un sac. J’arrivais à la maison avec le sourire du vainqueur. Non seulement j’étais le bon garçon qui allait faire plaisir à sa maman en étant sobre aujourd’hui, mais en plus j’allais remplir le garde manger familial de poisson frais.
 Mais une surprise m’attendait. Christian, mon vieux copain d’école et de la marine était là. Il était en permission et m’invitait à une soirée dans la maison de son grand-père. Il avait pensé à moi parce qu’il désirait créer une ambiance tahitienne. J’ai donc mis mon blanc pantalon à pont de marin et ma chemise tahitienne préférée, celle avec des boutons en noix de coco, et nous voilà partis pour mettre de l’ambiance dans la vielle chaumière du grand père qui n’y habitait plus depuis longtemps. Ma mère, se doutant de l’issue de la soirée, ou plutôt de la nuit, essaya en vain de me retenir. Mais je tiendrais ma promesse, ne t’inquiète pas, on ne se soule pas tous les jours quand même ! Et mon copain Christian, d’ajouter qu’après une telle pêche je méritais bien une petite sortie quand même. On mit littéralement le feu dans la froide maison du grand père en allumant un brasier dans la cheminée. Soirée tropicale oblige ! On commença au punch, et quand le saladier fut vide on continua au rhum « pur ».

De l’ivresse à la détresse.
Je ne me souviens pas comment s’est terminée la nuit, sinon que j’eus un mal fou à mettre la clé dans la serrure de la porte d’entrée de la maison, et que je me trimballais une sacrée gueule de bois pendant deux jours. Mais je me souviens très bien du malaise intérieur qui me traversa lorsque je vis ma mère à mon réveil. J’étais sincèrement désolé pour elle de n’avoir pas tenu ma promesse. Et j’étais profondément troublé en moi-même, car j’avais été sincère à 100% en lui promettant de ne pas boire. D’autant plus que ce n’était pas le genre promesse « je ne boirais plus jamais ! », mais seulement la promesse ponctuelle de pas boire ce jour-là. Je n’avais pas été capable de tenir ma parole, bien que 100% sincère. C’était comme si j’avais été mené par le bout du nez, contre mon gré, pour faire ce que je ne voulais pas faire ce jour-là. Ce sentiment d’avoir été manipulé par une force plus grande que moi est resté très vif en moi. Mais il m’a fallut du temps pour découvrir comment ne plus me laisser dominer par ces pulsions incontrôlables. C’est lorsque j’ai découvert l’amour de Dieu pour moi que j’ai commencé à comprendre le principe de la tentation, et comment mettre en échec cette force cachée qui veut me tenir à sa merci. L’un des auteurs de la Bible, Jacques, explique très bien ceci : « Soumettez-vous donc à Dieu, mais résistez au diable et il fuira loin de vous. » Jacques 4 :7.
Soumission au diable ?
A cette époque je faisais exactement le contraire de ce que préconise la Bible. C'est-à-dire, je me soumettais au diable et je résistais à Dieu, et au moment de la tentation, au lieu de fuir, le diable arrivait au galop et réduisait à néant mes bonnes intentions. A ce moment de ma vie je ne croyais ni en Dieu ni au diable, mais mon incroyance ne les empêchait pas d’exister ! Le diable, contrairement à Dieu, ne se soucie pas de la vérité. Il se tient dans l’ombre et saisit les occasions qui lui sont données pour nous asservir. De la tentation le diable nous mène au péché. Le péché ? Vous êtes mort de rire ? Sachez que l’une des définitions du péché c’est de rater la cible. Ce jour mémorable j’avais raté la cible que je visais, vivre une journée de sobriété, une seule et petite journée de sobriété pour consoler ma mère d’avoir un fils buveur. Lorsque nous ratons la cible que nous nous étions moralement fixée nous avons péché. La grande différence entre la soumission à Dieu et la soumission au diable, c’est que la soumission à Dieu est une libre décision tandis que la soumission au diable est l’obéissance à une pulsion. Avec le recul j’ai découvert les principes suivants :
-Soumission à Dieu + résistance au diable = victoire sur le péché.
-Soumission au diable + résistance à Dieu = esclavage du péché.
 Nombreux sont ceux qui se soumettent au diable et plutôt qu’à Dieu, sans s’en rendre compte.

La tentation, un caméléon dans la maison.
 La tentation est toujours subtile et souvent subite, elle surgit sans crier gare. Elle  survient sans protocole, sans même parlementer avec notre conscience ou notre raison. La tentation aime se présenter à notre porte quand nous ne sommes pas préparés à sa visite. La tentation chronique se présente comme une vielle amie, mais elle n’en est pas une. Car nous aimons préparer la visite de nos amis, tandis que si nous savions que la tentation allait nous visiter nous ferions tout pour ne pas la laisser entrer chez nous. La tentation, comme une perfide ennemie, cherche à nous prendre au dépourvu. Évidemment je parle ici des tentations chroniques, récurrentes, qui se croient chez elles en nous. Mais elles nous trompent et se trompent elles-mêmes, elles n’ont reçu aucun droit de séjour en nous. Mais après des années de tolérance de notre part nous avons perdu toute autorité sur ces incitations à faire ce que nous ne voulons plus faire ; il nous faut donc recourir à une autorité supérieure à la nôtre, tant en qualité qu’en puissance, pour vaincre la tentation. Dieu est cette autorité supérieure à laquelle nous pouvons nous soumettre pour devenir maîtres de nous-mêmes lorsque la tentation se glisse sous notre porte. La soumission à Dieu nous délivre de la soumission servile à nos passions coupables.
Renoncer aux mirages pour adhérer aux promesses de Dieu.
 Il nous faut souvent beaucoup de temps pour découvrir que nos pires passions sont coupables, car la tentation nous les présente comme attractives, plaisantes et même épanouissantes. Mais, paradoxalement, c’est à partir du moment où nous avons cédé à la tentation que nous devenons insatisfaits, frustrés, mécontents, en colère contre nous-mêmes et contre le monde entier. Les mirages de la tentation sont menteurs et souvent meurtriers, car l’échec tue l’espoir.
 Les promesses de Dieu sont à l’opposé des mirages de la tentation. Lorsque nous consommons les promesses de Dieu nous entrons dans la réalité qu’elles nous laissaient entrevoir, nous goûtons que Dieu est bon.
 Les tentations sont une falsification des promesses de Dieu, elles mettent en appétit nos sens mais nous laissent sur notre faim et notre soif avec une indigestion et une gueule de bois. Les promesses de Dieu, quant à elles, nous désaltèrent, nous remplissent et nous fortifient.
 Les promesses de Dieu sont donc le remède efficace, préventif et curatif, pour mettre en échec la tentation.
 Pourquoi n’essaierez-vous pas de mettre en pratique le conseil de Jacques ?
 « Soumettez-vous donc à Dieu, mais résistez au diable et il fuira loin de vous. » Jacques 4 :7.
 Bon courage !
Concarneau le 27 Mars 2010.
Alain Monclair.
 

 

Consolés pour adorer.

Sunday, 28 March 2010


Consolation, guérison et communion du cœur.

 Le croyant est avant tout un homme de cœur et rendre culte à Dieu, c’est vivre un cœur à cœur avec Lui. Sans ouverture de cœur on ne peut pas devenir chrétien, car c’est en ouvrant la partie la plus intime et la plus secrète de notre être à Dieu que l’on devient chrétien. Et c’est en vivant le cœur ouvert devant Dieu et les hommes que nous suivons l’exemple de Jésus. Une telle vie exige des précautions et des soins constants. Dieu est celui qui nous prodigue de tels soins.
 Nous lirons trois textes de la Bible qui nous invitent à présenter nos cœurs à Dieu pour recevoir la consolation nécessaire pour vivre une chrétienne normale.

1°. Consolés au cœur de la vie.
 « Quand mon cœur est agité par une foule de pensées, tes consolations me rendent la joie. » Psaume 94 :19.
 Ce que l’on pense influe sur toute notre vie. Les pensées qui font le quotidien de vies interfèrent dans notre relation avec Dieu. Nous sommes souvent dépassés par nos pensées. Face à l’actualité nous ne savons pas toujours quoi penser, nous dit-on la vérité ? Il y a aussi ces pensées qui sèment l’inquiétude sur notre avenir, notre santé, nos bien aimés, et qui nous volent notre joie et notre sérénité. On voudrait parfois s’arrêter de penser mais nous constatons que ce n’est pas possible.
 Quand nous sommes coincés par l’embouteillage de nos pensées dans nos cœurs, la solution est de s’arrêter et de prendre du temps avec Dieu. Cependant ceci ne nous paraît pas toujours évident, car nous avons tendance à penser que nous avons besoin tout d'abord des réponses intellectuelles à ces pensées envahissantes. Mais ce psaume nous dit que notre besoin urgent ans ces situations où nos pensées se bousculent, est d'être consolés. Cette consolation est prodiguée par Dieu dans l'intimité, la consolation divine ne se prodigue pas à distance, elle exige la proximité. Dieu s'approche de nous lorsque nous nous approchons de lui le coeur agité par une foule de pensées. Nous avons besoin de recevoir cette consolation ppour mettre de l'ordre dans nos pensées.
 En tous domaines de notre vie nous devons toujours accorder la priorité à Dieu. Nos pensées et nos sentiments ne doivent jamais avoir une priorité sur Dieu, quelques soient les circonstances.
 Plus nos préoccupations sont nombreuses plus il est urgent de présenter nos cœurs à Dieu. Car Dieu n’attend pas que tous nos soucis soient résolus pour restaurer nos cœurs. Il restaure notre joie et nous donne la paix qui surpasse notre intelligence limitée dès que nous lui présentons notre cœur.

2°. La plénitude de la consolation malgré nos fautes et nos erreurs.
 « J’ai vu sa conduite, mais je le guérirai. Je le guiderai et lui assurerai une pleine consolation, à lui et à ceux qui sont en deuil à cause de lui. » Esaïe 57 :18.
 Le culte du dimanche est un moment pour se laisser observer par Dieu au milieu de nos frères et sœurs. Un temps de guérison pour nos cœurs. Un temps de communion et de partage où Dieu remplace les larmes et l’affliction par la paix. Le mot utilisé dans « pleine consolation » est « shalam », mot très proche de la fameuse salutation de paix « shalom ». La guérison de notre cœur et notre consolation personnelle sont une bénédiction pour tous. Si l’un des membres du corps souffre tous souffrent, et si l’un des membres du corps expérimente une pleine consolation tous bénéficient de cette consolation (2 Corinthiens 1 :3-7).
 Le culte est un moment de partage ou Dieu opère cette résilience dans nos cœurs. Lorsque nous partageons nos peines, nous partageons aussi la pleine consolation que Dieu verse dans nos cœurs.

3°. La délicatesse de la consolation divine.
 « Tout comme un homme est consolé par sa mère ; je vous consolerai moi-même ; vous recevrez la consolation dans Jérusalem. » Esaïe 66 :13.
 « Je vous caresserai pour vous apaiser, comme quand une mère caresse son enfant pour l’apaiser ; car vous serez consolés en Jérusalem. » (Esaïe 66:13 Martin)
 C’est avec la sensibilité de la personne qui nous a mis au monde que Dieu veut œuvrer dans nos cœurs. C’est lui qui nous a donné la vie et il ne nous abandonne pas à nos détresses. Par moments nous pouvons nous croire abandonnés par Dieu, mais ce sont nos pensées et nos sens qui nous trompent, car voici ce que dit Dieu : « Cependant, Sion dit : «  L’Eternel m’a abandonnée, oui, le Seigneur m’a oubliée. » « Une femme oublie–t–elle l’enfant qu’elle nourrit ? Cesse–t–elle d’aimer l’enfant qu’elle a conçu ? Et même si les mères oubliaient leurs enfants, je ne t’oublierai pas ! Voici, je t’ai gravée dans le creux de mes mains, je pense constamment à tes remparts. » (Esaïe 49:14-16 Sem)
 C’est dans « Jérusalem » que Dieu nous console. C'est-à-dire dans la ville où son Fils a été crucifié. « Jérusalem » signifie « fondement de la paix ».
 Nous recevons la paix là où nous sommes, mais son fondement initial est à Golgotha, ce mont de Jérusalem où Jésus a été crucifié.

 Remercions le Seigneur pour la pleine consolation qu’il nous offre. Laissons Dieu caresser nos cœurs par les mains percées de Jésus. Que sa parole domine nos pensées et  restaure nos cœurs. Ouvrons notre cœur pour recevoir ses bienfaits et louons Dieu.


Quimper le 28 Mars 2010.
Alain Monclair
 

Abraham

Monday, 22 March 2010

Abraham et l’obéissance de la foi.

Lectures :
 « C’est par la foi qu’Abraham, lors de sa vocation, obéit et partit pour un lieu qu’il devait recevoir en héritage, et qu’il partit sans savoir où il allait. C’est par la foi qu’il vint s’établir dans la terre promise comme dans une terre étrangère, habitant sous des tentes, ainsi qu’Isaac et Jacob, les cohéritiers de la même promesse. Car il attendait la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l’architecte et le constructeur. » (Hébreux 11:8-10 NEG)
 « L’Eternel dit à Abram : Va–t–en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi. Abram partit, comme l’Eternel le lui avait dit, et Lot partit avec lui. Abram était âgé de soixante–quinze ans, lorsqu’il sortit de Charan. » (Genèse 12:1-4 NEG)
 Abraham est probablement l’un des personnages de l’histoire universelle qui attire le plus de sympathie dans le monde. « De tous les descendants d’Adam, il n’en est qu’un qui soit aussi universellement honoré qu’Abraham. Juifs, chrétiens et musulmans s’accordent à voir en lui le père des croyants. » Andrew Murray. Le voile déchiré, page 273.
Ayant une telle renommée, un grand nombre de choses ont été écrites au sujet d’Abraham. Rien que dans le livre de la Genèse, treize chapitres entiers ont été consacrés à Abraham. Il nous serait difficile de partager, en quelques minutes, la vie d’Abraham. Et c’est ici que ce texte de la lettre aux Hébreux nous est particulièrement précieux. En quelques mots il nous indique ce qui est remarquable et imitable dans l’expérience d’Abraham. Trois aspects de la foi d’Abraham ressortent nettement de ces trois versets d’Hébreux 11 :
1°. L’engagement de la foi. Verset 8.
2°. L’affermissement dans la vie par la foi. Verset 9.
3°. L’attente de la foi. Verset 10.

1°. L’engagement de la foi.
 « C’est par la foi qu’Abraham a obéi lorsque Dieu l’a appelé et qu’il est parti pour le pays qu’il devait recevoir en héritage. Et il est parti sans savoir où il allait. » Hébreux  11 :8 Segond 21.
 La véritable obéissance à Dieu repose sur la confiance que nous lui accordons. Le disciple de Jésus-Christ n’est pas un mercenaire, même lorsque sa vie devient une galère aux yeux des hommes il sait en qui il a cru. Voici ce que dit l’apôtre Paul à ce sujet : « Voilà pourquoi j’endure ces souffrances, mais je n’en ai pas honte, car je sais en qui j’ai cru et je suis persuadé qu’il a la puissance de garder le dépôt qu’il m’a confié jusqu’à ce jour-là. » 1 Timothée 1 :12 Segond 21.
 Le mot « obéir » signifie tout d’abord écouter ou prêter l’oreille. Le mot est utilisé pour décrire la démarche de celui qui vient à la porte pour savoir qui a frappé, c’est aussi être attentif à un ordre donné et s’y soumettre. L’obéissance nécessite une écoute, car si Dieu ne parle pas on ne peut pas lui obéir. Obéir ce n’est pas faire ce qu’on veut, c’est faire ce que Dieu veut. Abraham s’est mis en marche parce qu’il s’était tout d’abord mis à l’écoute de Dieu. Il  n’a pas attendu que Dieu lui donne un plan détaillé des dix prochaines années de sa vie pour obéir à l’appel de Dieu. Nous trouvons ce même empressement à obéir aux paroles de Jésus chez ses premiers disciples : « Il (Jésus) leur dit : Suivez–moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. Aussitôt, ils laissèrent les filets, et le suivirent. De là étant allé plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère, qui étaient dans une barque avec Zébédée, leur père, et qui réparaient leurs filets. Il les appela, et aussitôt ils laissèrent la barque et leur père, et le suivirent. » (Matthieu 4:19-22 NEG)
 Prenons garde de ne pas  faire la sourde oreille lorsque Dieu parle. Car Dieu parle encore aujourd’hui et il nous appelle à le suivre. Répondre à l’appel de Dieu est le premier pas de l’aventure de la foi. Sans ce premier pas il n’y a pas d’aventure de la foi, car sans ce premier pas il n’y a pas de suite possible, c’est aussi simple que cela. Sans ce premier pas il n’y a pas d’aventure de la foi, il n’arrive rien dans nos vies, car le mot « aventure » signifie « ce qui doit arriver ». Par contre, dès que nous mettons le pied en avant pour obéir à l’appel de Dieu, Dieu conduit nos pas et l’aventure de la foi commence sous le souffle de l’Esprit.
 « Par la foi Abraham…partit. » L’appel de la foi n’a pas changé à travers les siècles. Cet appel exige toujours une séparation d’avec le monde et ses valeurs, tout en vivant dans ce monde. L’Église est le peuple des croyants, de ceux qui sont sortis du monde pour entrer en communion avec Dieu. Église ou « Ekklésia » signifie ek: hors de - klésis: appel.
 Jésus invitait tous ses auditeurs à renoncer à tout pour le suivre (Luc 9 :23 ; 14 :25, 27, 33.). Nous avons reçu le même appel qu’Abraham, tout quitter pour suivre Jésus. C’est cela être un disciple. La rupture est intérieure spirituelle, nous étions sous la domination de notre héritage terrestre et nous ne le sommes plus dès que nous obéissons à l’appel de Dieu (cf. 1 Pierre 1 :18) . Croire c’est changer de Maître, car Jésus déclare que nul ne peut obéir à deux maîtres. La foi exclut le compromis, elle est toujours entière, indivisible et incorruptible.
 « Va–t–en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. » Genèse 12 :1. Ce n’est pas seulement son pays, son lopin de terre q’Abraham quitte, mais aussi une culture et une famille. Nous connaissons tous les pressions qu’exercent la culture patriotique et l’esprit de famille clanique sur nous. Il n’est pas étonnant que Dieu ait demandé à Abraham de quitter Ur en Chaldée. Mais la Bible montre qu’Abraham ne rejeta pas ses responsabilités familiales puisqu’il prit avec lui son neveu Lot (Genèse 12 :5).
 « Il partit sans savoir où il allait. » Il ne faut pas croire qu’Abraham partit dans le doute, il savait que Dieu allait lui indiquer en cours de route ce qu’il avait besoin de savoir. Partir sans savoir où l’on va ne veut pas dire partir à l’aveuglette. Lorsqu’on part quelque part pour la première fois, on ne sait pas vraiment où l’on va. On a beau avoir lu des guides sur l’endroit, avoir connu des gens qui y ont été, il y a toujours un ‘effet surprise’ lorsqu’on arrive à cet endroit. Il y a toujours une grande différence entre le réel et le virtuel. Ne nous contentons pas d'une foi virtuelle de simple spectateur.  La marche par la foi est une suite de découvertes qui commence en découvrant Dieu. Même lorsque nous ne quittons pas notre pays comme Abraham, Dieu ouvre nos yeux sur de nouvelles dimensions. Nous commençons à voir que la terre est remplie de sa gloire, chose que la plupart semblent ignorer.
 « Pour le pays qu’il devait recevoir en héritage » Cet héritage n’est pas lié à la mort de Dieu ! Mais Dieu partage avec nous cet héritage dès que nous renonçons à nous-mêmes pour lui obéir, on appelle ceci aussi ‘la mort à soi-même’. Dieu nous offre en héritage son royaume, par Christ nous devenons héritier avec Abraham : « Si vous appartenez à Christ, vous êtes donc la descendance d’Abraham et  vous êtes héritiers conformément à la promesse. » Galates 3 :29.

2°. L’affermissement dans la vie par la foi.
 « C’est par la foi qu’il est venu s’installer dans le pays promis comme dans un pays étranger. Il a habité sous des tentes, ainsi qu’Isaac et Jacob, les cohéritiers de la même promesse, » Hébreux 11 :9 Segond 21.
 L’engagement par la foi est suivi d’une vie par la foi. La foi devient le mode de vie quotidien du chrétien.La foi reste toujours d’actualité dans la vie du croyant. La foi ne se résume pas à une décision initiale dans la vie, ni même à quelques expériences ponctuelles remarquables. La foi est le mode de vie du chrétien chaque jour de sa nouvelle vie.
 Abraham ‘s’installe’ ou ‘s’établit’ ou encore ‘demeure’ dans le pays promis. Le mot ‘pays’ ou ‘terre’ peut se traduire par ‘terre arable’, c'est-à-dire un sol cultivable. Pour porter du fruit le croyant a besoin d’être sur le sol prévu par Dieu pour lui, il a besoin d’y demeurer (Jean 15). On ne peut pas transplanter une plante  sans cesse ou alors elle ne peut pas porter de fruit. Pour porter du fruit il faut s’établir sur le terrain de Dieu, c’est là que la Parole de Dieu développera son fruit dans nos vies.
 La terre ou le pays promis, c’est l’endroit désigné par Dieu, et non l’endroit de nos rêves que nous aurions choisi selon nos propres critères. Il est inquiétant de constater que les villes et les régions ensoleillées sont mieux pourvues en missionnaires que les villes froides, pluvieuses, polluées, et les banlieues dangereuses. Mais Dieu n’est pas maso et ne nous appelle pas à l’être ; Dieu est rempli d’amour pour tous ceux qui se perdent, tant sous des cieux cléments que dans des endroits sordides. Ceux qui obéissent à l’appel de Dieu en allant là où Dieu les veut ne regrettent pas leur choix. Car ce que Dieu a en vue pour nous se révèle toujours supérieur à ce que nous pouvons imaginer par nous-mêmes. Le pays de Canaan n’était pas un endroit rêvé, la corruption y régnait dans les sites les plus beaux. Lot l’apprit à ses dépends.
 « Il a habité sous des tentes, ainsi qu’Isaac et Jacob, les cohéritiers de la même promesse, » La terre, même promise, n’est pas la résidence définitive du croyant. Dieu a constamment enseigné cette notion à son peuple. Jésus nous apprend à prier « notre Père qui est aux cieux ». La destination finale du croyant c’est le ciel, la demeure de Dieu. Cette finalité doit habiter la pensée du croyant. Dieu nous accorde souvent des bénédictions matérielles formidables sur cette terre, mais elles ne sont que l’ombre des bénédictions que Dieu nous réserve dans le ciel. Tout ce qui est ici bas passera, nous vivons une situation provisoire de notre parcours de croyant. Comme Abraham nous sommes des campeurs en terre étrangère même si nous sommes propriétaires d’une maison en dur et détenteurs d’une carte d’identité nationale, d’un passeport, d’un certificat de baptême et membres d’une église évangélique bien établie. Notre corps aussi est une habitation provisoire, à trois reprises Paul utilise le mot tente pour parler de nos corps (2 Corinthiens 5 :1, 2, 4), l’apôtre Pierre utilise la même expression (2 Pierre 1 :13). Dieu veut nous bénir dès ici-bas, mais même quand tout va bien et que nous sommes émerveillés par les bontés temporelles de Dieu, n’oublions pas que Dieu nous conduit vers une nouvelle terre et de nouveaux cieux encore meilleurs (Apocalypse 21 :1).
 Cependant nous sommes tout à fait à notre place sur la terre maintenant et Dieu a des projets pour notre vie présente. Il désire faire de nous des hommes et des femmes de foi qui appelle les autres à se tourner aussi vers Dieu. Nous sommes les héritiers de la foi d’Abraham, s’il n’avait pas cru il n’y aurait pas eu d’histoire de la foi. D’autre part Dieu nous appelle à grandir dans la foi tout au long de notre séjour sur terre, c’est que déclarait l’apôtre Paul aux chrétiens de Philippe : « Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la poursuivra jusqu’à son terme, jusqu’au jour de Jésus-Christ. » Philippiens 1 :6 Segond 21.
 
3°. L’attente de la foi.
 « Car il attendait la cité qui a de solides fondations, celle dont Dieu est l’architecte et le constructeur. » Hébreux 11 :10 Second 21.
 Abraham attendait autre chose que la terre de Canaan, mais il savait où attendre cette la réalisation de cette nouvelle promesse. L’attente n’est pas le point fort des hommes de ce siècle. On veut tout et tout de suite, et on nous y encourage pour faire fonctionner au mieux notre société de consommation.
 Abraham a du patienter énormément. Dieu lui avait promis une descendance innombrable, et il dut attendre l’âge de 100 ans pour avoir le fils promis. Isaac et Jacob à leur tour ne furent que des résidents temporaires en terre étrangère sur le territoire de Canaan. Puis ce furent de longues années d’exil en Égypte pour leurs descendants. Nous n’aimons pas attendre comme nous n’aimons aller chez le dentiste. Mais quel soulagement lorsque nous sortons du cabinet dentaire, nous sommes prêts à nouveau à croquer la vie à pleines dents !
 L’attente n’est pas une punition, l’attente fait partie intégrante de la vie telle que Dieu la conçoit. « Soyez donc patients, frères, jusqu’à l’avènement du Seigneur. Voici, le laboureur attend le précieux fruit de la terre, prenant patience à son égard, jusqu’à ce qu’il ait reçu les pluies de la première et de l’arrière–saison. » (Jacques 5:7 NEG)
 L’attente ne veut pas dire l’inaction, au contraire Dieu remplit cette attente de projets. C’est en servant le Dieu vivant et vrai que nous attendons le retour de son Fils Jésus-Christ (1 Thessaloniciens 1 :9-10).
 L’attente à ses raisons. Dieu désire que l’Evangile soit annoncé à toute créature avant la fin des temps : « Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin. » (Matthieu 24:14 NEG). L’apôtre Pierre aussi explique les raisons de cette attente : « Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la promesse, comme quelques–uns le croient ; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance. » (2 Pierre 3:9 NEG).
 Attendre ce que Dieu a promis c’est avant tout s’attendre à Dieu. La Bible est remplie d’exhortations à s’attendre à Dieu. Pourquoi s’attendre à Dieu ? Parce qu’il y a des choses qui ne sont pas de notre ressort, Dieu seul doit les accomplir. Lui seul peut transformer radicalement nos vies. Lui seul peut bâtir l’Église de Jésus-Christ. Lui seul, par son Esprit peut nous rendre aptes à participer à cette construction, ce qui explique ses paroles aux apôtres : « Comme il se trouvait avec eux, il leur recommanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre ce que le Père avait promis, ce que je vous ai annoncé, leur dit–il ; car Jean a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint–Esprit. » (Actes 1:4-5 NEG).

Conclusion.
 Il est urgent de nous attendre à Dieu, de nous mettre à son écoute et d’obéir à ce qu’il nous ordonne.
 Abraham nous a laissé un exemple à suivre, le suivrons-nous ?
 L’engagement de la foi peur paraître énorme, trop grand pour nous. Et c’est vrai, l’engagement à vivre sa foi est trop grand pour nous, c’est pourquoi Dieu nous promet sa présence dans cette aventure de la foi. Il faut être fou pour partir sans savoir où l’on va à l’âge de 75 ans, mais il faut être encore plus fou pour mépriser l’appel que Dieu nous adresse. La folie d’Abraham est préférable à la sagesse de ce monde, son expérience le prouva, Dieu fut avec lui.

« Mais ceux qui se confient en l’Eternel renouvellent leur force. Ils prennent leur vol comme les aigles ; Ils courent, et ne se lassent point, Ils marchent, et ne se fatiguent point. » (Esaïe 40:31 NEG)

Quimper le 21 Mars 2010.
Alain Monclair.
 

Noé

Wednesday, 17 March 2010

Noé, sauveteur et sauvé par la foi.

« C’est par la foi que Noé, averti des événements qu’on ne voyait pas encore et rempli d’une crainte respectueuse, a construit une arche pour sauver sa famille. C’est par elle qu’il a condamné le monde et est devenu héritier de la justice qui s’obtient par la foi. » Hébreux 11:7 (Segond 21)

 En quelques mots l’auteur de la lettre aux Hébreux souligne les principales caractéristiques de la foi de Noé.
 Noé n’est pas n’importe qui, puisque selon la Bible, lui et ses fils sont nos ancêtres communs à tous. Puisque les liens du sang et de la chair nous unissent à Noé, faisons aussi en sorte que les liens de la foi soient également présents.
 Noé vécu dans des circonstances ressemblantes à celles que nous annoncent nos scientifiques, nos politiques et quelques prophètes. Noé vécu la fin d’un monde. Une catastrophe écologique planétaire décima sa génération. Et comme Noé marcha avec Dieu pendant les sombres années qui précédèrent le déluge, il a beaucoup à nous apprendre à ce sujet.
 Notons quelques points précis de la foi de Noé.

1°. La lucidité de la foi de Noé.
  « Averti des événements qu’on ne voyait pas encore »
 La foi de Noé correspondait parfaitement à la définition de la foi donnée dans le 1er verset de ce chapitre : « Or, la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas. » (Hébreux 11:1 NEG)
 Noé a donc cru sans voir. Il a cru ceci avec persévérance. Pendant de longues années il n’a rien vu arriver, mais il n’a pas remis sa foi en question, il a persévéré dans la construction de l’arche qui dura 120 ans. Il est intéressant de noter que la Bible nomme ce temps, celui de la patience de Dieu et non celui de la patience Noé ! « La patience de Dieu se prolongeait, aux jours de Noé, pendant la construction de l’arche, dans laquelle un petit nombre de personnes, c’est–à–dire huit, furent sauvées à travers l’eau. » (1 Pierre 3:20 NEG)
 La foi est une expérience que nous partageons avec Dieu, puisqu’elle provient de Dieu. Dieu ne doute jamais de ses propres projets, et il nous communique cette assurance dès lors que nous plaçons notre confiance en sa parole.
 Pendant 120 ans Noé a travaillé jour après jour pour construire l’arche dont  Dieu lui avait donné les plans. Son travail acharné ne l’a pas empêché de vivre sa foi et de la partager puisque l’apôtre Pierre parle de lui comme d’ « prédicateur de la justice » 2 Pierre 3 :5.
 Ce ne sont pas ni  le temps qui passe ni les circonstances qui affermissent la foi, seules la clarté et la crédibilité de la parole de Dieu affermissent la foi.

2°. La foi agissante de Noé.
« C’est par la foi que Noé, … rempli d’une crainte respectueuse,  a construit une arche pour sauver sa famille »
 *La plénitude de la crainte de Dieu a été le moteur de l’action de Noé. La crainte respectueuse dont il question dans la Bible n’est pas la peur. Car la peur paralyse plutôt qu’elle ne motive à l’action. Mais la Bible nous dit que l’amour bannit la peur « Il n’y a pas de peur dans l’amour ; au contraire, l’amour parfait chasse la peur, car la peur implique une punition. Celui qui éprouve de la peur n’est pas parfait dans l’amour. » 1 Jean 4:18 (Segond 21). Noé était face à un choix : négliger la parole de Dieu ou lui obéir. Il est absolument impossible de rester neutre face  à la parole que Dieu nous adresse. La foi dont parle la Bible implique l’action, sinon elle est une croyance quelconque mais pas la foi biblique. La crainte respectueuse c’est prendre au sérieux la parole de Dieu. La parole de Dieu n’est jamais à prendre ‘au second degré’. Elle est toujours pertinente et solennelle.
 *Noé construit. La foi nous amène à être constructifs, à édifier. Nous sommes appelés à participer activement aux constructions planifiées par Dieu  « vous–mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez–vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, afin d’offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus–Christ. » (1 Pierre 2:5 NEG). L’annonce de l’Evangile exige d’être actif. Sans se lever, marcher, parler nous ne pouvons pas annoncer l’Evangile qui le moyen de salut pour notre temps.
 *C’est également l’amour des siens qui motive Noé. Les seules personnes qu’il va réussir, par la grâce de Dieu, à convaincre vont être ses fils et ses brus. Pensons à ceux que nous aimons, prions pour eux, portons les sur nos cœurs devant Dieu. Vivons notre foi devant nos proches. Noé n’est pas un cas unique dans la Bible, à plusieurs reprises dans les Actes des apôtres, on voit des familles entières se tourner vers le Seigneur (Actes 16 :15, 31 ; 18 :8). Nous avons des responsabilités envers les nôtres, particulièrement envers nos enfants mineurs « Moi et ma maison, nous servirons l’Eternel. »Josué 24 :15.
 N’oublions pas que la foi pousse toujours à l’action.

3°. La foi et la rupture avec le monde.
« C’est par elle qu’il a condamné le monde » Il est impossible d’être d’accord avec deux personnes qui disent et vivent des valeurs fondamentalement opposées. Si Noé avait voulu se conformer à l’opinion de ses contemporains, il n’aurait jamais construit l’arche. Noé a informé ses contemporains du déluge à venir, et de la raison de ce jugement : « L’Eternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal. L’Eternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre, et il fut affligé en son cœur. Et l’Eternel dit : J’exterminerai de la face de la terre l’homme que j’ai créé, depuis l’homme jusqu’au bétail, aux reptiles et aux oiseaux du ciel ; car je me repens de les avoir faits. » (Genèse 6:5-7 NEG)
 Comme Noé, nous avons l’assurance de notre salut et nous vivons également dans un monde pécheur. Nous avons une double responsabilité, celle de prévenir nos contemporains du danger qu’ils courent s’ils ne changent pas d’attitude envers Dieu et celle de ne pas nous laisser influencer par le système de pensée de ce monde. Comme Noé nous avons la promesse que notre foi va triompher des influences de ce monde : « Car l’amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles, car tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde ; et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi. Qui est celui qui a triomphé du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » (1 Jean 5:3-5 NEG)

4°. Héritier de la justice.
« Noé …est devenu héritier de la justice qui s’obtient par la foi. »
 Ce mot « héritier » revient souvent dans la Bible.
 C’est par notre relation avec Dieu que nous devenons héritiers. Noé marcha avec Dieu, sa vie ne faisait plus qu’une avec Dieu. Noé ne faisait plus un pas sans qu’il n’emboîte le pas de Dieu. De même nous sommes appelés à ne faire qu’un avec Dieu. En répondant à l’appel de Jésus nous devenons enfant de Dieu et héritier et recevons son Esprit : « Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Et vous n’avez point reçu un esprit de servitude pour être encore dans la crainte ; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père ! L’Esprit lui–même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui. » (Romains 8:14-17 NEG).
 Héritage est synonyme de partage. Dieu partage sa vie avec ceux qui lui font confiance. En partageant sa vie il partage sa justice que nous ne pourrions pas obtenir par nous-mêmes. « Or, c’est par Dieu que vous êtes en Jésus–Christ, qui par la volonté de Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice, sanctification et rédemption, » (1 Corinthiens 1:30 NEG) Nous n’avons rien à envier à Noé puisque Dieu nous offre les mêmes privilèges, et beaucoup plus, en Christ.

5°. Persévérance dans la foi.
 Nous lisons l’histoire de Noé en quelques minutes, mais il ne faut pas oublier le facteur temps dans la vie de Noé. 120 ans de foi laborieuse pour construire un immense bateau qui servit à sauver 8 personnes, et de nombreux animaux. Une chaloupe aurait suffi pour 8 personnes ! Mais la foi implique de suivre le plan de Dieu à la lettre. Dieu n’est pas un accro de la vitesse, 120 ans, de nombreux arbres coupés et beaucoup de transpiration, n’étaient rien de superflu aux yeux de Dieu. Apprenons à mesurer le temps à l’horloge de Dieu. Nous aurions peut-être été tenté de dire que sauver les animaux n’était pas aussi important que cela, puisque Dieu aurait très bien pu en créé d’autres par la suite.
 Rester enfermé environ 1 an dans une arche sans hublots, quelle galère ! Mais ici encore c’est Dieu qui décide du temps. Une réflexion de Proust au sujet de l’expérience de Noé m’a surpris : « Marcel Proust écrit dans la préface des Plaisirs et les Jours en 1894 : « Quand j’étais tout enfant, le sort d’aucun personnage de l’histoire sainte ne me semblait aussi misérable que celui de Noé, à cause du déluge qui le tint enfermé dans l’arche pendant quarante jours (Proust a mal lu la Bible !La pluie tombe 40 jours, mais l’eau ne baissa qu’environ un an plus tard.). Plus tard je fus souvent malade, et, pendant de longs jours je dus rester aussi dans « l’arche ». Je compris alors que jamais on ne put si bien voir le monde que de l’arche, malgré qu’elle fût close et qu’il fît nuit sur la terre. » (Cité par Henry Bauchau dans « Le Présent d’incertitude ». Journal 2002-2005. Éditions Actes Sud.)
 Dès que Noé eut mis pied à terre, il eût à affronter de nouveaux combats de la foi. Comme beaucoup de marins en escale il découvrit les méfaits de l’ivresse (Genèse 9 :20-22), mais Noé demeura un homme de foi, puisque c’est ainsi que la Bible le présente.
 La foi ne préserve pas des difficultés mais elle nous montre le moyen d’en sortir : « Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au–delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter. » (1 Corinthiens 10:13 NEG)

Conclusion.
 Noé n’a pas attendu le déluge pour placer sa confiance en Dieu, il l’a fait dès que Dieu lui a adressé la parole, soit plus de 120 ans avant le déluge !
 N’attendons donc pas le déluge pour placer notre confiance en Dieu.
 « Car il dit : Au temps favorable je t’ai exaucé, Au jour du salut je t’ai secouru. Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut. » (2 Corinthiens 6:2 NEG)


Quimper le 14 Mars 2010.
Alain Monclair.


Psaume 1er

Friday, 12 March 2010

 Le Psaume 1er présente deux manières de vivre, l’une en suivant Dieu, l’autre en suivant toute autre direction.
 Le Psaume 1er introduit le Psautier qui à la fois : un recueil de cantiques, un livre de prières, une collections de témoignages vécus. Ces Psaumes nous aide à louer Dieu, à prier Dieu, à raconter ce qu’il fait en notre âme et pour notre âme. Les Psaumes parlent surtout de la vie intérieure, cachée aux hommes mais visible devant Dieu. Par les Psaume Dieu veut nous aider à gérer notre vie émotionnelle à sa gloire.
 Parcourrons le Psaume 1er en appliquant ses paroles à notre quotidien.

Heureux l’homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, Qui ne s’arrête pas sur la voie des pécheurs, Et qui ne s’assied pas en compagnie des moqueurs,” Psaumes 1:1
 « Heureux ». Que veut dire ce mot pour nous ? Et que veut-il dire dans ce Psaume ?
 Le contraire de malheureux ?
 Plusieurs Psaumes commencent par le mot « Heureux » (Psaume 32:1 ; 41:1 ; 119 :1). A chaque fois on pourrait remplacer le mot « heureux » par le mot « béni », c’est d’ailleurs le mot qu’utilisent la plupart des traductions anglaises. Le bonheur dont parle la Bible est une bénédiction accordée par Dieu, c’est pourquoi elle n’a pas un goût d’amertume avec le temps qui passe comme cela arrive avec de nombreuses jouissances momentanées. “ C’est la bénédiction de l’Eternel qui enrichit, Et il ne la fait suivre d’aucun chagrin.” Proverbes 10:22
 « Les méchants ». Qui sont-ils ? En français le méchant est celui qui fait mal, qui est cruel. La Bible présente le méchant comme celui qui a abandonné Dieu et donc ne tient pas compte de lui pour gérer sa vie. Le conseil des méchants n’est donc pas fiable, même lorsqu’il paraît intéressant. Le contraire du méchant c’est l’homme pieux, c'est-à-dire celui qui a une relation de piété avec Dieu.
 « Les pécheurs ». Qui sont-ils ? Ce sont ceux qui transgressent les commandements de Dieu. Ceux qui ont des pratiques coupables devant Dieu et ne cherchent pas à s’en libérer. Ce sont ceux qui dévient de la voie indiquée par Dieu. Passer trop de temps avec eux conduit tôt ou tard à être influencé par leur pensée et leur manière de vivre.
 « Les moqueurs. » Et eux, qui sont-ils ? Ce sont ceux qui tournent en dérision tout ce qui peut paraître sérieux. C’est vraiment une mode actuelle. « Il ne faut pas prendre les choses au premier degré » disent-ils. Ils n’aiment pas ce qui paraît trop sérieux. Ils se moquent de tout ou presque tout. Ils en rient.Il n’y a aucun mal à rire, mais rire de tout revient à ne rien prendre au sérieux, y compris la Parole de Dieu. Et là est le piège, parce qu’on aime bien rire ! Nous devons veiller à ne pas rire des choses de Dieu, même pour ne pas avoir l’air plus bête que les autres ! Un dicton dit que « Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures. » La Bible quant à elle dit de ne pas abuser des fauteuils des moqueurs et des plaisantins si l’on désire jouir d’un bonheur qui n’est pas suivi de chagrin.

« Mais qui trouve son plaisir dans la loi de l’Eternel, Et qui la médite jour et nuit ! » Psaumes 1:2
« Trouver son plaisir… » Notre religion est elle une obligation ou un plaisir ? C’est bon test pour savoir où nous en sommes avec Dieu. L’apôtre Pierre considère que sans ce plaisir en Dieu, il n’y a pas de progrès spirituel possible. Il donne les mêmes conseils que le Psaume 1er : « Rejetez donc toute méchanceté et toute fraude, l’hypocrisie, l’envie et toute médisance ; désirez comme des enfants nouveaux–nés le lait non frelaté de la parole, afin que par lui vous croissiez pour le salut, si vous avez goûté que le Seigneur est bon. » (1 Pierre 2:1-3 SER) Pour parvenir au bonheur il faut tout d’abord rejeter certaines choses. Celui qui a goûté que le Seigneur est bon ne considère pas comme une privation de rejeter ces choses, mais il le fait en sachant que ce qu’il désire est bien meilleur. L’Evangile est synonyme d’abondance et non pas de privation, mais tant qu’on n’y pas goûté on ne comprend pas cela.

 « La loi de l’Eternel. » Qu’est-ce que la loi de Dieu pour nous ? Une contrainte ? Dans le livre de l'Exode, où se trouvent les dix commandements, la loi de Dieu est présentée comme une alliance entre Dieu et ceux qu’il a déjà sauvé : « Alors Dieu prononça toutes ces paroles, en disant : Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. » (Exode 20:1-2 NEG). C’est ce que Dieu déclare avant de donner les 10 commandements qui sont 10 paroles d’alliance. C’est parce que Dieu nous aime qu’il nous a donné une loi, et non pas pour nous faire mériter son amour. Nous commençons à aimer sincèrement les lois de Dieu dès que nous le reconnaissons comme notre Libérateur.

« Médite jour et nuit ». Dans certaines églises on récite les dix commandements tous les dimanches. Mais réciter et méditer ce n’est pas la même chose. Méditer c’est repasser dans son cœur ce que nous avons entendu.
Comment pouvons-nous pratiquer ce conseil aujourd’hui ? Il est bon d’apprendre par cœur les passages de la Bible que Dieu a utilisé pour nous parler. Notons-les sur des fiches, soulignons-les dans nos Bibles. Faisons tout pour ne pas laisser s’envoler dans l’oubli ces paroles que Dieu veut utiliser pour nous bénir. « Voici ce que je veux repasser en mon cœur, Ce qui me donnera de l’espérance : » (Lamentations 3:21 NEG). A utiliser de jour comme de nuit, surtout en cas d’insomnie !

« Il est comme un arbre planté près d’un courant d’eau, Qui donne son fruit en sa saison, Et dont le feuillage ne se flétrit point : Tout ce qu’il fait lui réussit. » (Psaumes 1:3 NEG)
« Comme un arbre. » Où l’arbre trouve-t-il son bonheur ? Comment se nourrir-il ? Là où l’œil ne voit pas, sous la terre. De même c’est dans le secret de l’intimité devant Dieu que tu puiseras ce qui fera la force de ta vie. Sans cette vie cachée il n’y a pas de fruit visible.
« En sa saison. » Y a t’il des saisons dans nos vies ?
« Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette. » (Philippiens 4:12 NEG)
« Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. » (Romains 8:28 NEG)
 Comme l’hiver durcit le bois de l’arbre et les tempêtes fortifient ses racines, les épreuves et les contretemps fortifient la foi de celui qui marche avec Dieu.

« Tout ce qu’il fait lui réussit. » Est-ce possible ? Quand, comment est-ce possible ?
 Il est logique que si tout ce que nous faisons tire son inspiration et sa force de Dieu et de sa parole, ce que nous ferons réussira. Mais si nous ne tenons pas compte de Dieu nous allons vers l’échec. Jésus a réactualisé ce principe dans l’Evangile : « Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis on le ramasse, on le jette au feu, et il brûle. » (Jean 15:5-6 NEG)

« Il n’en est pas ainsi des méchants : Ils sont comme la paille que le vent dissipe. C’est pourquoi les méchants ne résistent pas au jour du jugement, Ni les pécheurs dans l’assemblée des justes ; » (Psaumes 1:4-5 NEG)
 Pourquoi le vent emporte-t-il les méchants ? Parce qu’ils ont beau être lourds ils ne font pas le poids pour tenir devant Dieu ! Le bonheur des méchants est éphémère, il se termine au plus tard à la mort. Tandis que celui de ceux qui bâtissent leur vie sur la Parole de Dieu dure pour l’Éternité.

« Car l’Eternel connaît la voie des justes, Et la voie des pécheurs mène à la ruine. » (Psaumes 1:6 NEG)
 Comment cela est-il possible ? Il arrive aux justes ce qui est prévu par Dieu, puisqu’ils suivent ses voies. Tandis que ceux qui n’ont pas tenu compte de la Parole de Dieu pour bâtir leur vie vont vers leur ruine.

Etude Biblique à Quimper le 10 Mars 2010.
Alain Monclair.