Le Carême, un temps de sobriété

Sunday, 28 February 2010

Le Carême, un temps intense de sobriété devant Dieu.

 Un article du journal Réforme, écrit par le pasteur Antoine Nouis, a attiré mon attention. Il y présente le Carême comme un temps de sobriété dans une société de consommation abusive.
 Le Carême est à Pâques un peu ce qu’est l’Avent à Noël. Le Carême dure 40 jours, symbole des 40 jours de Jésus au désert. Durant cette période les chrétiens catholiques sont sensés manger maigre, c’est, selon la Conférence des Évêques de France « un temps de pénitence et de conversion ».
 Il semble que le zèle des musulmans à pratiquer le Ramadan ait été une interpellation pour les catholiques à pratiquer le Carême.
 Quant à nous, chrétiens protestants évangéliques, qui ne sommes pas assujettis à un calendrier liturgique, nous devrions aussi prendre le temps d’examiner ce qui fait le quotidien de notre vie. Un tas d’occupations et de choses que nous croyons à tort indispensables encombrent nos vies. Un retour à la sobriété est nécessaire pour redécouvrir ce qui est important aux yeux de Dieu.
 Car c’est Dieu seul peut nous aider à faire la différence entre ce qui superflu et ce qui est nécessaire. Jésus a parlé des pratiques religieuses de son temps dans le Sermon sur la montagne. Tant pour l’aumône, que pour la prière, que pour le jeûne, il met en garde contre un formalisme extérieur. Pour chacune de ces pratiques religieuses Jésus souligne l’importance de la vivre sous le regard de Dieu, il y parle de « ton Père qui est là dans le lieu secret » Matthieu 6 : 4, 6 et 18.
 Je vous invite à lire quelques textes de la Bible qui nous invite à ce retour à la sobriété d’esprit devant Dieu.
 “On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien ; Et ce que l’Eternel demande de toi, C’est que tu pratiques la justice, Que tu aimes la miséricorde, Et que tu marches humblement avec ton Dieu. ” (Michée 6:8 NEG) Le message de Michée n’est pas nouveau, il est une invitation à retrouver le simplicité et la sobriété des commandements de Dieu : “Maintenant, Israël, que demande de toi l’Eternel, ton Dieu, si ce n’est que tu craignes l’Eternel, ton Dieu, afin de marcher dans toutes ses voies, d’aimer et de servir l’Eternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme ; ” (Deutéronome 10:12 NEG)

 Quelques soient nos occupations et nos responsabilités nous pouvons rester humbles, simples et sobres devant Dieu. Le roi David en témoigne et nous invite à suivre son exemple : “Cantique des degrés. De David. Eternel ! Je n’ai ni un cœur qui s’enfle, ni des regards hautains ; Je ne m’occupe pas de choses trop grandes et trop relevées pour moi. Loin de là, j’ai l’âme calme et tranquille, Comme un enfant sevré qui est auprès de sa mère ; J’ai l’âme comme un enfant sevré. Israël, mets ton espoir en l’Eternel, Dès maintenant et à jamais ! ” (Psaumes 131:1-3 NEG)

 Jésus nous appelle à venir puiser en lui cette humilité, simplicité et sobriété nécessaires à la vie de disciple. Ces vertus sont indispensables pour ressembler à Jésus, ce qui devrait être l’objectif naturel de tout disciple. Celui qui ne veut pas, de tout son cœur, ressembler à Jésus peut-il être son disciple ? Obéissons donc à son invitation : “Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez le repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. ” (Matthieu 11:28-30 NEG). Larguons du lest. Jetons les pesantes sollicitations de ce monde par-dessus bord afin de rejoindre Jésus sur le chemin des vraies valeurs.

Nous pouvons parfois désirer tellement faire de grandes choses pour Dieu que nous nous voyons déjà sur un podium, ovationnés par tous, et félicités par Dieu. Et plus le podium est haut plus le chute sera humiliante. L’apôtre Paul ne cherche pas à rabaisser la barre pour les chrétiens de Rome, mais il leur rappelle la réelle valeur de la modestie et l’humilité. Ces vertus méprisées par les hommes sont des valeurs phare devant Dieu. Par la grâce qui m’a été donnée, je dis à chacun de vous de n’avoir pas de lui–même une trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun. ” (Romains 12:3 NEG). “Ayez les mêmes sentiments les uns envers les autres. N’aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez–vous attirer par ce qui est humble. Ne soyez point sages à vos propres yeux. ” (Romains 12:16 NEG). Il y quelque part dans notre cœur un attrait pour la simplicité et la sobriété, n’ayons pas peur de nous laisser attirer par ce qui est humble. Dieu ne demande pas plus  de nous que de marcher humblement avec Lui.

 Dieu se plaît à choisir des personnes ordinaires, et même moins qu’ordinaires pour en faire ses enfants : “Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n’y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages ; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes ; et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu’on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire au néant celles qui sont, afin que personne ne se glorifie devant Dieu. Or, c’est par lui que vous êtes en Jésus–Christ, qui par la volonté de Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice, sanctification et rédemption, ” (1 Corinthiens 1:26-30 NEG)
 Nous n’avons donc pas besoin de nous glorifier pour gagner l’estime de Dieu en nous approchant de Lui. C’est lui qui nous a choisi tels que nous étions et qui nous invite aujourd’hui à nous approcher de Lui tels que nous sommes. Jésus nous suffit pour être acceptable aux yeux du Dieu trois fois Saint. Jésus nous suffit entrer dans l’intimité du Père et lui offrir simplement nos prières et nos louanges. La seule chose que nous puissions montrer de bon en nous sans tomber dans l’orgueil c’est Jésus. Ce Jésus, grâce à qui nous n’avons pas besoin de bomber le torse, de rouler des épaules ou de déballer tout notre pouvoir de séduction pour nous présenter devant Dieu. Ce Jésus, grâce à qui nous pouvons prier simplement, humblement, sobrement ; mais dans l'assurance que donnent l’amour de Dieu, la paix, la joie et la liberté qu’il verse dans nos cœurs par son Esprit.

 Quimper le 28 Février 2010.
Alain Monclair.


Abel, pionnier de la Foi.

Tuesday, 23 February 2010

Abel, le précurseur de la foi.

 « C’est par la foi qu’Abel a offert à Dieu un sacrifice plus grand que celui de Caïn ; c’est grâce à elle qu’il a été déclaré juste, car Dieu approuvait ses offrandes, et c’est par elle qu’il parle encore bien qu’étant mort. » Hébreux 11.4.

 Abel fut un précurseur dans plusieurs domaines :
*Il fut le premier homme à connaître la mort physique.
*Il fut la première victime d’un meurtre sur la terre.
*Il fut le premier homme à être un modèle de Christ.
*Il fut le premier croyant à offrir un sacrifice accepté par Dieu.

 Trois aspects bien distincts de la foi d’Abel ressortent d’Hébreux 11.4 :
*La foi qui offre à Dieu.
*La foi qui reçoit de Dieu (ou que Dieu honore).
*La foi qui glorifie Dieu (par le témoignage rendu).

 Mais avant de développer le contenu d’Hébreux 11.4, je vous propose de lire les autres textes de la Bible qui parlent d’Abel. Vous constaterez que Caïn laisse planer son ombre dans chacun de ces passages, ceci pour nous rappeler que la foi est un choix personnel. Malheureusement pour lui, Caïn n’a pas choisi cette voie.
 Genèse 4. 1 à 15, raconte l’histoire d’Abel.
 Matthieu 23. 35, Jésus présente Abel comme un juste et un prophète (Luc 11.50-51).
 Hébreux 12. 24, le sang de Christ y est comparé à celui d’Abel.
 1 Jean 3.12-13, Abel fut tué à cause de sa foi. Imiter Caïn peut conduire au meurtre, la Bible nous met en garde au sujet du possible dérapage des rivalités fraternelles.

1°. La foi qui offre à Dieu.
 Abel ne cherche pas à imposer son sacrifice à Dieu, il l’offre. Mais avant de l’offrir il a tout fait pour que ce sacrifice plaise à Dieu. La loi de Moïse sur les sacrifices n’existait pas encore, mais Abel avait certainement entendu ses parents, Adam et Ève, raconter leur jeunesse au jardin d’Eden. Je suppose qu’ils avaient parlé avec nostalgie de ces moments de communion intime et de dialogue avec Dieu. Je suppose aussi qu’Abel n’était jamais à court de questions lorsque ses parents racontaient ces moments paradisiaques et le drame qui suivit. La Genèse n’était pas écrite à ce moment-là, mais les faits étaient connus de ceux qui les vécurent ! Adam et Ève essayèrent de se débrouiller par leurs propres moyens pour remédier à leur faute, ils se firent des pagnes en feuilles de figuier, 100% végétaux comme l’offrande de Caïn (Genèse 3.7). Probablement, sous le feu des questions d’Abel, Adam et Ève avaient du avouer que cette pudique initiative n’avait pas reçue l’approbation de Dieu. Mais que Dieu lui-même prit l’initiative de donner une solution plus efficace. Il leur fit des vêtements de peau et les en revêtit (Genèse 3.21). Pour tailler ces costumes de cuir ou de fourrure Dieu dut tuer un ou plusieurs animaux. Ces animaux avaient été tués uniquement pour couvrir Adam et Ève, puisqu’à cette période de l’histoire les hommes ne mangeaient pas de viande (Genèse 1.29 ; 9.3). On peut donc croire, sans déformer le texte biblique, qu’Abel avait pu recueillir suffisamment d’informations pour savoir quel genre de sacrifice serait accepté par Dieu, c’est ce que développe Jean Calvin dans son commentaire sur la genèse : « Car il faut tenir  pour certain qu’ils n’ont point été enseignés  à la légère quant à la façon de sacrifier, mais elle leur a été donnée par Dieu. Parce que l’apôtre attribue à la foi la dignité du sacrifice d’Abel (Hébreux 11 :4), il s’en suit qu’il n’a pas offert sans que Dieu le lui eût commandé. Et puis cette sentence a été vraie dès le commencement du monde, que l’obéissance vaut mieux que le sacrifice et qu’elle est la mère de toutes vertus. D’où il suit que Dieu avait commandé ce à quoi il a pris plaisir. » Page 96.
 Nous devons sonder la parole de Dieu pour apprendre à discerner ce qui plait à Dieu, et non pas essayer de l’amadouer ou de l’impressionner par nos initiatives géniales qui ne cherchent finalement qu’à nous glorifier nous-mêmes, c'est-à-dire tomber dans l’orgueil.
 Jésus-Christ est mort pour nos péchés, et nous ne pouvons rien offrir d’autre à Dieu qui puisse nous justifier et nous sauver (Actes 4.12). Dieu nous indique clairement dans sa parole ce que nous devons lui offrir pour le pardon de nos péchés, nous devons lui offrir le plus profond de nous-même, notre cœur, afin que Christ y habite par la foi. La foi d’Abel reposait sur une démonstration invisible opérée par Dieu dans son cœur, la démonstration dont parle Hébreux 11.1.

2°. La foi qui reçoit de Dieu.
 Ce n’est pas par son offrande elle-même qu’Abel a été déclaré juste par Dieu, mais par la foi qui animait son cœur en faisant cette offrande. Ceci ne veut pas dire qu’il faut offrir n’importe quoi à Dieu, mais que l’attitude intérieure doit être le moteur de notre geste. Tout le monde peut voir le geste de celui qui offre un sacrifice à Dieu, mais seul Dieu voit dans son cœur. Dieu voit l’homme avant de voir son offrande, il voit le cœur  avant de considérer le geste. Voici ce que dit Jean Calvin à ce sujet :
 « L’Eternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande, » Genèse 4.4
« Il est dit que Dieu regarde l’homme quand il le favorise. Au reste, il faut noter l’ordre que tient ici Moïse, car il ne récite pas simplement que Dieu a prit plaisir au service d’Abel, mais il parle premièrement de sa personne. En quoi il signifie que les œuvres n’auront nulle grâce devant Dieu à moins que celui qui les a faites ne soit déjà auparavant approuvé de lui. Ce n’est point une chose extraordinaire, car l’homme voit ce qui apparaît au dehors mais Dieu regarde le cœur, comme il est dit au livre de Samuel (1 Samuel 16.9). Aussi, Dieu n’estime-t-il point autrement les œuvres que comme elles proviennent de la fontaine du cœur. » Page 97.
(Jean Calvin. Commentaire sur la Genèse, Chapitre 4, versets 3 et 4.)

 Si le sacrifice de Caïn ne fut pas agrée par Dieu, ce n’était pas tant à cause de leur qualité que de la qualité du cœur de Caïn. Caïn va par la suite montrer ce qui était dans son cœur en tuant son frère. « Meilleur que moi, tu meurs ! » était la devise de Caïn. Il fut l’initiateur des guerres de religion et de l’inquisition. Caïn et Abel montrent que deux hommes suffisent pour déclancher une guerre, mais plus tard Jésus dira que deux hommes suffisent aussi pour faire avancer le royaume de Dieu sur la terre : “ Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux. ” (Matthieu 18:19-20 NEG)
 Abel nous montre comment plaire à Dieu, et Caïn malgré lui va nous montrer la grâce de Dieu envers un coupable reconnu : “ Caïn dit à l’Eternel : Mon châtiment est trop grand pour être supporté. Voici, tu me chasses aujourd’hui de cette terre ; je serai caché loin de ta face, je serai errant et vagabond sur la terre, et quiconque me trouvera me tuera. L’Eternel lui dit : Si quelqu’un tuait Caïn, Caïn serait vengé sept fois. Et l’Eternel mit un signe sur Caïn pour que quiconque le trouverait ne le tue point. ” (Genèse 4:13-15 NEG)

 
3°. Lafoi qui glorifie Dieu.
 « C’est par elle qu’il parle encore bien qu’étant mort. » Abel fut le premier humain à mourir, personne d’autre n’est mort il y a si longtemps. Abel est mort il y a si longtemps que nous aurions pu l’oublier facilement. Mais Abel avait la foi, la vraie foi, celle qui est pleine d’assurance parce qu’elle repose sur une démonstration des choses qu’on ne voit pas. Abel est encore un encouragement pour les croyants d’aujourd’hui parce que la foi animait sa vie. Parce qu’Abel a cru Dieu peut encore nous parler par son témoignage. L’homme sans Dieu laisse un souvenir, l’homme de Dieu laisse un message toujours vivant et d’actualité. Je lis et relis des biographies d’hommes et de femmes de Dieu morts depuis longtemps, mais la foi qui les animés pendant leur vie m’encourage par leur témoignage.
 Luther ce jeune homme qui avait peur de l’orage mais qui lorsqu’il crut n’eut pas peur de risquer sa vie devant la diète d’Augsbourg, m’encourage à vivre ma foi quoi qu’il m’en coûte.
 Calvin, cet homme qui avait besoin de comprendre et de baser sa foi sur la parole de Dieu m’encourage à sonder les Écritures pour fortifier ma foi.
 John Wesley, cet homme qui ne pouvait pas se contenter de la religion pour vivre sa foi m’encourage à réveiller ma foi sans cesse.
 Georges Muller cet homme qui éleva, nourrit, habilla, logea et éduqua des milliers d’orphelins par la foi, m’encourage encore aujourd’hui à compter sur  Dieu pour mes besoins quotidiens.
 Ralph Shallis cet homme qui avait un don pour communiquer sa foi et l’enseigner est mort depuis plusieurs années, mais Dieu l’utilise enncore pour restaurer ma foi.
 Théophile Badoual ne sera jamais célèbre dans les facultés de théologie, mais quand je relis son histoire de gangster repentit je me souviens de sa foi fraîche et vivante qui m’a tant interpellé au lendemain de ma conversion. Quand je relis son histoire, je ne peux plus dire que Dieu ne peut pas me transformer à sa gloire, je crois tout simplement.
 Et il y a ces anonymes qui bien que morts aujourd’hui ont laissés un témoignage indélébile gravé dans ma mémoire.
 Il y a cette sœur en Christ qui se mourait d’un cancer à l’hôpital et que le pasteur envoya le stagiaire que j’étais visiter chaque semaine, la foi sereine de cette femme heureuse de rejoindre son Sauveur me parle encore.
 Il y a cette autre sœur en Christ, seule dans sa maison isolée dans la campagne bretonne, les doigts tout tordus par l’arthrose et les rhumatismes, mais qui voyait la présence de Jésus dans sa solitude.
 Il y a ce vieil homme qui était toujours le premier au temple de Lannion, et comme en ce temps là j’arrivais toujours avant l’heure  au culte et je lui parlais chaque Dimanche matin, il m’encourageait simplement à prier et à chanter de tout mon cœur lors du culte qui allait suivre, un homme tout simple, qui ne se vantait jamais et ne pensait qu’à vivre sa foi. On m’avait dit qu’il était le beau père du sous préfet. Lorsqu’il est mort j’ai fait soixante kilomètres à vélo moteur pour aller à ses obsèques, car cet homme de foi avait un précieux témoignage pour ma propre foi. Cela fait plus de trente cinq ans que cet homme est mort, mais son témoignage est toujours aussi précieux et parlant pour moi.
 Désirons-nous laisser une trace derrière nous ? Vivons dans la foi comme Abel. Abel mourut jeune pour un homme de son époque, mais son témoignage a traversé les millénaires.

 Soyons animés de la foi qui sait ce qu’il convient d’offrir à Dieu.
 Ayons la foi qui sait recevoir ce que Dieu nous offre.
 Recherchons la foi qui glorifie Dieu dans nos vies et par nos vies.
 Vivre dans la foi, c’est le plus beau cadeau que nous puissions faire à ceux qui nous entourent.
 Notre  monde a plus que jamais besoin de voir des femmes et des hommes vivre leur foi. Nous sommes la craie blanche ou de couleur que Dieu veut utiliser pour dessiner sur le tableau noir de l’actualité ce qu’est l’espoir, l’amour et la foi.
Quimper le 14 Février 2010.
Alain Monclair.    
 
 

Un culte vrai et sincère

Saturday, 20 February 2010


Lecture préalable: Luc 22. 7 à 20.

 Le Seigneur Jésus a appris à ses disciples à célébrer Dieu dans une intimité familiale. Il leur a appris à appeler Dieu : « Notre Père ».
 Et lorsqu’il va instituer la Sainte Cène, il va le faire au cours d’un repas qui se prenait habituellement en famille : la Pâque juive.
 Sa bande de disciples Galiléens était un peu perdue à Jérusalem. Ils n’étaient pas assez riches pour louer un palace et ne connaissaient pas grand monde ouvert à leur cause dans la ville. Mais Jésus va les diriger de manière merveilleuse, précise et mémorable pour qu’ils trouvent un lieu où célébrer la Pâque en toute intimité, tant avec Dieu qu’entre eux.
 Jésus s’intéresse aux personnes plus qu’aux rites où  aux lieux de culte. Pierre et Jean vont tout d’abord rencontrer deux hommes, l’un assez humble pour porter une cruche d’eau et l’autre propriétaire d’une maison et assez généreux pour offrir une salle à Jésus et ses disciples pour fêter la Pâque.
 La pièce n’avait rien d’extraordinaire, mais elle correspondait exactement à leurs besoins, elle était suffisamment grande et était aménagée de façon à pouvoir y prendre un repas. Elle était assez modeste pour ne pas attirer l’attention sur autre chose que ce qu’ils venaient y faire : célébrer la Pâque. La Pâque, c'est-à-dire la libération de l’esclavage. La Pâque, c'est-à-dire la liberté retrouvée.
 Il faut suffisamment d’intimité pour partager sincèrement que nous avons été esclaves, et que sans Jésus-Christ et son œuvre à la croix nous le serions encore. Le Seigneur nous appelle à vivre ce partage lorsque nous célébrons la Cène. La Sainte Cène est le témoignage que nous sommes des pécheurs pardonnés. Le rassemblement chrétien s’établit sur cette base. Pour reconnaître la nécessité de la Croix, il faut plonger au plus profond de son propre cœur et reconnaître son péché. Si nous n’avions pas péché la Croix n’aurait aucun sens. Mais nous avons tous péché, c’est pourquoi la Croix de Jésus peut avoir un sens profond et intime pour chacun d’entre nous.
 Lorsque Jésus remercia Dieu pour le pain puis pour la coupe il remercia aussi son Père pour le Salut qu’il allait nous offrir. La Sainte Cène est toujours une invitation à remercier sincèrement le Seigneur pour sa victoire sur le péché et l’occasion de faire le ménage dans nos vies intimes, c'est-à-dire dans ce qui ne regarde que nous mais concerne tant Dieu que les frères et sœurs dans la foi, puisque nous formons un même corps. Voici ce que Paul écrivait aux Corinthiens : “Faites disparaître le vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle, puisque vous êtes sans levain, car Christ, notre Pâque, a été immolé. Célébrons donc la fête, non avec du vieux levain, non avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec les pains sans levain de la pureté et de la vérité.” (1 Corinthiens 5:7-8 NEG)
 C’est ce que nous célébrons qui est important, où que nous le fassions, nous devons veiller à entrer dans l’intimité de Dieu et rechercher le pardon, la paix et la sainteté qu’il procure en Jésus-Christ.
 Que Dieu dirige nos cœurs vers la Croix où nous trouvons les pains sans levain de la pureté et de la vérité. Louons-le pour le miracle de la Croix !
Quimper Dimanche 7 Février 2010.
Alain Monclair.

La Foi: Un Regard vers l'Invisible

Saturday, 20 February 2010

La Foi et l’Invisible.

Or, la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas. Pour l’avoir possédée, les anciens ont obtenu un témoignage favorable. C’est par la foi que nous reconnaissons que l’univers a été formé par la parole de Dieu, en sorte que ce qu’on voit n’a pas été fait de choses visibles.” (Hébreux 11:1-3 NEG)
 La foi, telle que la Bible la présente, est un extraordinaire don de Dieu. La foi biblique n’a rien à voir avec la croyance qui n’est qu’un sentiment plus ou moins fort, mais aveugle au sujet des choses de Dieu. Dans le passage que nous avons lu la foi présente un triple aspect : 1. Elle est plus rationnelle que la raison.        2. Elle devient visible dans la vie de ceux qui la possèdent. 3. Elle repose sur la Parole de Dieu comme toute la création.

1.Les démonstrations de la Foi.
« Or la foi c’est la ferme assurance des choses qu’on espère, la démonstration de celles qu’on ne voit pas. » Hébreux 11 : 1.

A. Une ferme assurance.
 La foi selon ce verset de la Bible n’a rien de fluctuant, elle est une ferme assurance. Elle repose sur du solide, c’est ce que veulent dire littéralement les mots ‘ferme assurance’ utilisés dans ce verset 1er.  
 Les choses que le chrétien espère doivent reposer sur un ferme fondement et non sur une probabilité raisonnable ou un  fort sentiment. Tous les mots appartenant au registre de la foi ont été utilisés par le monde comme synonyme de doute. Bien souvent lorsque les hommes disent j’espère ou je crois, ils insinuent qu’il pourrait bien arriver quelque chose d’inattendu dans leur situation. Cette manière de considérer la foi et l’espoir ne correspond pas du tout à la présentation qu’en fait la Bible.
 La Bible présente la Foi comme une quelque chose de solide, de fiable. Beaucoup de personnes ne veulent croire que ce qu’elles voient. Mais nous croyons dans un tas de choses que nous ne voyons pas, soit parce qu’elles appartiennent au monde de infiniment petit, soit au contraire parce qu’elles appartiennent au monde de infiniment grand, le cosmos. Nous ne voyons pas l’électricité, mais une bonne châtaigne a vite fait de nous convaincre de son existence. On nous apprend que l’eau est incolore, mais la plupart d’entre nous ont une assez bonne vue pour la voir. De même si nous examinons de plus près ce qu’est la foi nous finissons par percevoir sa probable existence, et si nous allons plus loin dans notre recherche de Dieu un courant de vie nous convaincra de sa solidité. La foi est un don de Dieu, c'est-à-dire une chose qu’il nous offre. Nous avons besoin de Dieu pour croire, et Dieu promet de se révéler à ceux qui la cherchent.Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur. ” (Jérémie 29:13 NEG)
 Ceci est une promesse, et Dieu tient ses promesses. La foi, d’ailleurs repose sur les promesses de Dieu. La foi présentée dans Hébreux 11.1 doit sa fermeté aux promesses dont elle découle. Voici ce que dit Jean Calvin à ce sujet :             « 41. La foi et l’espérance.
 A mon avis, la nature de la foi ne peut pas être mieux, ni plus clairement exprimée, que par la substance des promesses sur laquelle elle se fonde. Sans cette substance, la foi s’effondrerait ou plutôt s’évanouirait immédiatement. J’ai donc établi sur les promesses la définition que je propose, définition qui s’accorde avec celle que donne l’apôtre quand il présente ce sujet. Il dit que « la foi est l’assurance des choses qu’on espère et une démonstration de celles qu’on ne voit pas » (Hébreux 11.1).
 Par le mot grec « hypostase », il indique la fermeté sur laquelle les âmes croyantes s’appuient. C’est comme s’il disait que la foi est une possession assurée et indéfectible des choses que Dieu nous a promises. »
Jean Calvin. Institution Chrétienne, page 525.
 « La foi est une ferme assurance des choses qu’on espère ». Dieu répond à nos espoirs lorsqu’ils reposent sur lui. Dieu nous invite à l’espoir. Sans espoir il n’y a pas de foi. La foi n’a rien à voir avec le fatalisme, elle est le privilège de tous ceux qui s’attendent à Dieu, même s’ils ne voient pas encore de leurs yeux la réalisation de ce qu’ils demandent.

B. Une démonstration invisible mais crédible.
 Comment se déroule cette démonstration ? C’est Dieu qui la fait à notre esprit, car ce n’est pas par un travail acharné que nous parvenons à croire, mais par une révélation de Dieu. Beaucoup de personnes ont du mal à croire que Jésus soit plus qu’un super héros de la foi. Étant donné que Jésus est né comme les autres, qu’il a vécu sur la terre, et qu’il est mort, ils n’arrivent pas à croire en sa divinité et à sa toute puissance. S’ils n’arrivent pas à le croire, c’est parce qu’ils cherchent en eux-mêmes ces preuves que Jésus est le Messie. Jésus a tenu à préciser à Pierre que sa foi en lui n’était pas le résultat de sa spiritualité mais une démonstration du Père : “ Simon Pierre répondit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus, reprenant la parole, lui dit : Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux. ” (Matthieu 16:16-17 NEG)
 Les gens pouvaient voir Jésus de leurs yeux, mais les yeux ne sont pas équipés pour  voir les choses invisibles. Les apôtres avaient autant besoin que nous d’une démonstration divine dans leur cœur pour avoir la foi. Cette foi rend heureux comme le dit Jésus à Thomas : “ Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru ! ” (Jean 20:29 NEG)

2. La foi rendue visible dans les vies.
« C’est à cause d’elle que les anciens ont reçu un témoignage favorable.» Hébreux 11.2.
 Tous les personnages cités dans Hébreux 11 ont un point commun, ils ont été animés par la foi. La foi devient visible dans la vie du croyant, car la vraie foi, celle que Dieu nous offre ne peut pas nous laisser inactifs. Quand on y croit on le fait, et quand on ne le fait pas c’est qu’on y croit pas vraiment. Noé travaillait la terre comme son père avant lui (Genèse 5.29), il n’était pas marin et il habitait loin de la mer ; mais un jour Dieu lui a parlé et il a cru. Et puisque Noé a cru ce que Dieu lui disait il a fait ce que Dieu lui disait : Construire un bateau grand comme un terrain de football sans avoir jamais vu un bateau (ni un terrain de football !). Il fallait vraiment y croire pour faire cela ! Obéir à Dieu est un devoir envers Dieu et peut devenir une démonstration de ce qu’est la foi aux yeux de nos contemporains, un témoignage qui les aidera à se tourner vers Dieu et recevoir, eux aussi, la foi.
 Il n’y a pas que les œuvres qui rendent la foi visible, les vies transformées rendent aussi la foi visible. Je pense à cet homme de Gadara, squatteur de cimetière, furieux dément et suicidaire, qui après sa rencontre avec Jésus apparaît vêtu normalement, calmement assis et capable de penser et parler de manière sensée. Ce témoignage était si puissant que les gens en furent effrayés (Marc 5.1 à 20).   
 Je n’ai pas un témoignage aussi extraordinaire mais je me souviens de la surprise d’un médecin de service un Dimanche, il avait été appelé pour visiter ma mère. Ce médecin avait été notre médecin de famille 25 ou 30 ans auparavant. Une question lui brûlait les lèvres, il finit par la poser : « Il y avait un jeune homme ici autrefois ? » Et ma mère répondit : « C’est lui ! » en me montrant du doigt. L’une des dernières fois que ce médecin m’avait vu, c’était pour me faire hospitaliser en service de réanimation intensive à la suite d’une tentative de suicide. Auparavant il m’avait fait hospitaliser à plusieurs reprises pour cure de désintoxication et dépressions. La manière dont il avait posé sa question laissait penser qu’il croyait que j’étais mort et enterré depuis un bon bout de temps. Ce fut l’occasion de lui raconter brièvement comment le désespéré que j’étais était venu à la foi en Jésus-Christ, et que cette rencontre avait tout changé dans ma vie et économisé beaucoup d’argent à la sécurité sociale. Ce fut un choc pour moi d’apprendre quelques jours ou semaines plus tard que ce médecin venait de mourir d’une rupture d’anévrisme au volant de sa voiture, en allant visiter un malade. Dieu voulait-il lui donner une aide visuelle pour comprendre ce qu’est la foi ?
 Ces témoignages notés dans Hébreux 11 sont précieux pour nous encourager à vivre dans la foi. Nous avons besoin de ces témoignages et nos contemporains ont besoin de notre propre témoignage. Notre témoignage doit se lire dans nos vies comme une lettre d’invitation de Christ à ceux qui nous voient vivre (2 Corinthiens 3.3).
 La foi est un regard vers l’invisible, mais elle produit des changements visibles dans la vie des croyants. Mais il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs, c’est la foi qui précède le changement et non le changement qui produit la foi. Seul Dieu, par sa parole peut produire la foi.

3. La foi et la création sont fruits d’une même parole.
« Par la foi, nous comprenons que l’univers a été formé par la parole de Dieu, de sorte que le monde visible n’a pas été fait à partir des choses visibles. » Hébreux 11.3.
 Contrairement aux apparences ce n’est pas ce qui est visible qui est prioritaire. La Bible présente le Dieu invisible comme l’origine de toute la création, tant sur la terre que dans le cosmos. La parole de Dieu tient le rôle clef dans le processus de la création.
 Les scientifiques comme les charbonniers sont tributaires de la foi pour comprendre l’origine de notre monde visible. Je ne veux pas dire que les scientifiques non-croyants ne comprennent rien à la création ni que les chrétiens ont tout compris au sujet de la création.
 Ce que je veux dire, c’est que, quelles que soient les découvertes scientifiques au sujet de notre monde il faudra toujours la foi pour comprendre que notre univers provient de Dieu et qu’il n’existait rien de visible avant son intervention. Tout était en lui, et c’est pour cela que tout doit être pour lui. La parole créatrice de Dieu s’identifie au Fils bien-aimé de Dieu (Colossiens 1. 15-17).
 Ce que je veux dire également, c’est que, quelles soient nos facultés intellectuelles, aussi limitées soient-elles, nous pouvons comprendre que l’univers a été formé par la parole de Dieu. Dieu désire nous donner cette assurance, une assurance que nul ne doit nous ravir.
 Le fait de croire que Dieu soit à l’origine de l’univers nous rassure, nous ne sommes donc pas en terre inconnue. Si Dieu a tout créé c’est qu’il peut tout maîtriser. Nous n’avons donc pas à craindre que le ciel nous tombe sur la tête par inadvertance !  Cette découverte me fut précieuse. A l’âge de 19 ans, j’étais marin et j’ai participé aux premières expériences nucléaires dans le Pacifique. Embarqué sur le porte avions Foch, j’ai entendu s’égrener à six reprises le compte à rebours précédant le tir. A quelques kilomètres une bombe atomique explosait. Nos pilotes à leur retour faisaient grésiller nos compteurs Geiger. J’avais choisi cette affectation pour aller à Tahiti, où la seule crainte semblait être qu’une noix de coco me tombe sur la tête, et j’en suis revenu en bon Gaulois avec la crainte que le ciel me tombe sur la tête ! Je suis revenu avec la sombre conviction que les hommes possédaient la puissance suffisante pour détruire l’univers. Ma conviction était probablement juste, mais elle ne m’apportait pas la paix !
 Aujourd’hui je crois encore que les hommes possèdent la puissance nécessaire pour détruire la planète et bien plus. Mais aujourd’hui je crois que Dieu cet univers appartient à Dieu qui l’a créé. Si l’homme détruit son lieu de vie c’est que Dieu l’aura permis ! Mais Dieu n’est pas à bout de ressources ! Il a déjà programmé une nouvelle terre et de nouveaux cieux. Je peux lui faire confiance même sous la menace nucléaire et le réchauffement climatique. Cette nouvelle conviction que Dieu a implantée dans mon cœur m’apporte la paix.
 Notre monde visible est tributaire du monde invisible. Non seulement il n’existerait pas sans le Dieu invisible, mais il ne subsisterait pas une seconde de plus si Dieu retirait sa parole qui soutient l’univers. Hébreux 11.3 nous dit que le Fils de Dieu soutient toutes choses par sa parole puissante.
S’il ne pensait qu’à lui–même, S’il retirait à lui son esprit et son souffle, Toute chair périrait soudain, Et l’homme rentrerait dans la poussière. ” (Job 34:14-15 NEG)
Tu caches ta face : ils sont tremblants ; Tu leur retires le souffle : ils expirent, Et retournent dans leur poussière. ” (Psaumes 104:29 NEG)
 Tout existe et subsiste par la parole de Dieu. Il est étonnant que les hommes d’aujourd’hui craignent plus la bombe atomique, le CO2 de nos moteurs et de nos cheminées, voire les flatulences de nos vaches, que Dieu lui-même.

Conclusion.
 Seule la foi nous permet de comprendre ce qui nous dépasse en compréhension, ce qui échappe à notre vue et exige cependant des réponses pour vivre en paix.
 La foi, ce regard vers l’invisible, nous permet de vivre avec confiance nos tribulations terrestres. Terminons en méditant ces paroles de Paul aux Corinthiens : “ C’est pourquoi nous ne perdons pas courage. Et même si notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour. Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au–delà de toute mesure, un poids éternel de gloire, parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles. ” (2 Corinthiens 4:16-18 NEG)

Quimper le 31 Janvier 2010.
Alain Monclair.