L'abstinence : une solution efficace

Lorsque Louis-Lucien Rochat rencontra à Londres une association d’anciens buveurs pratiquant l’abstinence totale, il fut étonné tant l’idée lui paraissait nouvelle. « Serait-il possible de renoncer à toute boisson alcoolisée sans compromettre sa santé ? » se demanda-t-il. En effet, au 19ème siècle, on estimait dangereux de vivre sans alcool ! Mais le pasteur L.L. Rochat, bien qu’il ne souffrît pas personnellement d’alcoolisme, décida de se soumettre lui-même à ce régime avant de le proposer à d’autres. L’expérience lui réussit, et lorsqu’il retourna en Suisse exercer son ministère pastoral, il put proposer aux buveurs immodérés de sa paroisse un engagement d’abstinence totale. C’est ainsi qu’il fonda, le 21 Septembre 1877, la Croix Bleue, mouvement d’aide aux buveurs excessifs. La Croix Bleue propose des engagements d’abstinence avec l’aide de Dieu.
Aujourd’hui encore l’état de santé et l’équilibre du malade alcoolique ne peuvent pas s’améliorer sans un sevrage suivi d’une abstinence totale de produits alcoolisés. Anciens buveurs et médecins témoignent unanimement que l’abstinence absolue est une garantie efficace contre la rechute.

UN CHOIX PERSONNEL


L’abstinence ne se délivre pas sur ordonnance ; pour être efficace elle doit être le fruit d’un choix personnel. Cette décision doit être vécue comme un moyen d’améliorer sa qualité de vie ; comme une aventure humaine et spirituelle dans un domaine jusque là souvent inconnu par le candidat à l’abstinence. L’inconnu fait peur, il faut donc franchir le pas pour découvrir l’aspect valorisant de l’abstinence. La véritable motivation doit résider dans la soif d’une vie nouvelle et la soif de nouvelles relations avec soi-même, avec Dieu et avec le prochain. Elle repose également sur le désir de devenir utile aux autres et de pouvoir à nouveau marcher dans la vie sans avoir constamment à cacher son problème d’alcool devant qui que ce soit, les hommes, Dieu, la justice ou soi-même.
Ce n’est pas pour faire plaisir aux autres que l’on devient un abstinent heureux, mais parce que l’on a reconnu que l’abstinence est la solution idéale pour soi-même. Dieu approuve un tel choix et l’honore de son assistance, des milliers d’ « ex-buveurs » peuvent en témoigner personnellement.

UN CHOIX POSITIF


Le candidat à l’abstinence se trouvera à un moment ou l’autre confronté à des frustrations, ou à un sentiment de perte, de déplaisir, de manque, voir même à l’hostilité de son entourage. Mais ces désagréments et souffrances peuvent être comparés aux efforts haletants de l’alpiniste qui gravit la montagne pour jouir de sa victoire et du panorama qu’il peut admirer à loisir une fois le sommet atteint. En général un alpiniste ne se contente pas d’une seule ascension dans sa vie ! De même, la personne abstinente doit considérer chaque confrontation à la frustration ou à la tentation comme une épreuve qui va contribuer à former et à fortifier sa véritable personnalité.
L’apitoiement sur soi-même est l’un des dangers majeurs qui guette la personne au moment de la tentation, du trouble et de la souffrance intérieure. Dans ces moments on pense être différent de ceux qui ont déjà surmonté victorieusement leur problème d’alcool. On pense alors être « un cas » pour lequel il n’y a pas de réel espoir. Mais Dieu nous détrompe à ce sujet. Lui, qui connaît parfaitement la nature humaine, nous certifie qu’aucune épreuve ou tentation ne puisse nous survenir qui n’est pas déjà été inscrite dans l’expérience humaine. Dieu promet également de veiller personnellement à ce que les épreuves que nous rencontrons ne dépassent pas nos forces, car il ménage toujours une issue pour que nous puissions supporter ces épreuves puis en sortir. Ces promesses se trouvent dans la première lettre de Paul aux Corinthiens, chapitre dix, verset treize.
L’abstinence contribue à faire de la personne alcoolique un homme ou une femme plus solide et mieux préparée à affronter la vie au quotidien. Elle aide au développement de notre vraie personnalité.

UN CHOIX DEFINITIF ?


Une personne en bonne santé, n’ayant jamais connu de problème dans sa relation avec l’alcool, peut boire modérément sans danger particulier. Mais il n’en est pas de même pour la personne ayant souffert d’alcoolisme. En l’état actuel des connaissances, aucun élément déterminent ne permet de reconnaître la personne qui supportera mal même une « micro-dose » d’alcool. Une dose minime d’alcool suffit pour provoquer la rechute. La guérison de la personne alcoolique se confirme par sa sobriété et non par sa capacité à consommer à nouveau des boissons alcoolisées. Il est bon de préciser que c’est la présence du produit alcool qui crée la dépendance alcoolique et non son absence. Boire à nouveau « normalement » n’est pas une preuve de guérison comme quelques uns le pensent.
Douter de la guérison et de la délivrance d’un buveur parce qu’il ne consomme pas à nouveau est un manque de foi en Dieu et une attitude dangereuse pour une personne en voie de guérison. Le chrétien devrait-il reboire « modérément » pour prouver sa libération de l’alcool ? La réponse la plus appropriée à cette question est celle que fit Jésus au tentateur dans le désert : « Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu », ou autrement traduit : « Tu ne forceras pas la main du Seigneur, ton Dieu. » Les récits bibliques mentionnant l’abstinence de Jean-Baptiste, des Naziréens ainsi que celle des Rékabites montrent, s’il est nécessaire, que l’abstinence ne limite pas la profondeur d’une véritable relation avec Dieu, bien au contraire ! L’alcool n’est pas nécessaire à la vie et l’abstinent n’a pas à prouver sa guérison en consommant à nouveau.

UN CHOIX A VIVRE AU QUOTIDIEN


L’abstinence, même lorsqu’elle est un choix définitif, est a vivre au quotidien. Comme le bon pain c’est au quotidien qu’elle se savoure le mieux et ceci par tranches de vingt-quatre heures. Les Alcooliques Anonymes ont fait un solide pilier de ce principe des vingt-quatre heures. Principe que l’on trouve d’ailleurs dans les Ecritures (Matthieu 6.34). Nous n’avons de pouvoir que sur l’instant présent, hier est déjà passé et demain n’est pas encore là .
Vingt-quatre heures de sobriété absolue sont plus faciles à envisager qu’une année entière ou dix, vingt, trente ans ou plus. Et les années ne sont rien d’autre qu’une succession de journées ! La journée s’avère donc être l’unité de temps idéale, tant pour affronter les défis que pour alimenter notre confiance en celui qui est plus puissant que nous : Dieu. Nous pouvons affirmer chaque matin avec sérénité : « C’est ici la journée que l’Eternel a faite, vivons-la dans la joie ! » (Psaume 118.24. Le Semeur.)

LE CHOIX LE PLUS FACILE


L’abstinence totale se révèle être le choix le plus facile à tenir dans la vie quotidienne. Boire « modérément » exigerait de vérifier constamment sa consommation. Boire « modérément » nécessiterait de dire oui à l’un et non à l’autre, et ceci à chaque invitation à consommer. Ces sollicitations à boire peuvent être très nombreuses selon les moments et les milieux. S’il essayait de consommer « modérément », l’ancien buveur serait tenté d’accepter le verre de trop pour ne pas froisser la susceptibilité de ses amis. Dire non à tous évite de vexer l’un plus que l’autre. Dire non au premier verre évite d’avoir à refuser un deuxième ou un énième verre. Finalement «Non » est un petit mot très positif dans de nombreuses situations, n’ayons donc pas peur de l’utiliser.

UN CHOIX QUE L’ON NE REGRETTE PAS


L’abstinence est un choix que l’on ne regrette pas. Elle n’entraîne pas des matins difficiles et ne laisse pas de séquelles comme le fait une consommation abusive. Le but de l’abstinence de boissons alcoolisées ou de tout autre produit dopant est de vivre plus intensément sa vie sur des valeurs sures qui ne laissent pas un goût d’amertume et de regrets. On trouve ces valeurs dans l’Evangile.

Rétroliens

    Pas de rétroliens

Commentaires

Afficher les commentaires en (Vue non groupée | Vue groupée)

  1. chantal says:

    Merci beaucoup pour vos témoignages. Je connais des personnes qui ont le même problème et ne sont pas encore venues à Jésus-Christ. J'espère que ces articles les aideront; si c'est le cas je vous tiendrai au courant. Que le Seigneur Jésus-Christ vous bénisse richement, vous garde dans sa paix et continue son oeuvre en vous!


Ajouter un commentaire


Marquer un texte en gras: *mot*, souligner un texte: _mot_.
Les smilies standard comme :-) et ;-) sont convertis en images.

Pour éviter le spam par des robits automatisés (spambots), merci d'entrer les caractères que vous voyez dans l'image ci-dessous dans le champ de fomulaire prévu à cet effet. Assurez-vous que votre navigateur gère et accepte les cookies, sinon votre commentaire ne pourra pas être enregistré.
CAPTCHA