Abel, pionnier de la Foi.

Abel, le précurseur de la foi.

 « C’est par la foi qu’Abel a offert à Dieu un sacrifice plus grand que celui de Caïn ; c’est grâce à elle qu’il a été déclaré juste, car Dieu approuvait ses offrandes, et c’est par elle qu’il parle encore bien qu’étant mort. » Hébreux 11.4.

 Abel fut un précurseur dans plusieurs domaines :
*Il fut le premier homme à connaître la mort physique.
*Il fut la première victime d’un meurtre sur la terre.
*Il fut le premier homme à être un modèle de Christ.
*Il fut le premier croyant à offrir un sacrifice accepté par Dieu.

 Trois aspects bien distincts de la foi d’Abel ressortent d’Hébreux 11.4 :
*La foi qui offre à Dieu.
*La foi qui reçoit de Dieu (ou que Dieu honore).
*La foi qui glorifie Dieu (par le témoignage rendu).

 Mais avant de développer le contenu d’Hébreux 11.4, je vous propose de lire les autres textes de la Bible qui parlent d’Abel. Vous constaterez que Caïn laisse planer son ombre dans chacun de ces passages, ceci pour nous rappeler que la foi est un choix personnel. Malheureusement pour lui, Caïn n’a pas choisi cette voie.
 Genèse 4. 1 à 15, raconte l’histoire d’Abel.
 Matthieu 23. 35, Jésus présente Abel comme un juste et un prophète (Luc 11.50-51).
 Hébreux 12. 24, le sang de Christ y est comparé à celui d’Abel.
 1 Jean 3.12-13, Abel fut tué à cause de sa foi. Imiter Caïn peut conduire au meurtre, la Bible nous met en garde au sujet du possible dérapage des rivalités fraternelles.

1°. La foi qui offre à Dieu.
 Abel ne cherche pas à imposer son sacrifice à Dieu, il l’offre. Mais avant de l’offrir il a tout fait pour que ce sacrifice plaise à Dieu. La loi de Moïse sur les sacrifices n’existait pas encore, mais Abel avait certainement entendu ses parents, Adam et Ève, raconter leur jeunesse au jardin d’Eden. Je suppose qu’ils avaient parlé avec nostalgie de ces moments de communion intime et de dialogue avec Dieu. Je suppose aussi qu’Abel n’était jamais à court de questions lorsque ses parents racontaient ces moments paradisiaques et le drame qui suivit. La Genèse n’était pas écrite à ce moment-là, mais les faits étaient connus de ceux qui les vécurent ! Adam et Ève essayèrent de se débrouiller par leurs propres moyens pour remédier à leur faute, ils se firent des pagnes en feuilles de figuier, 100% végétaux comme l’offrande de Caïn (Genèse 3.7). Probablement, sous le feu des questions d’Abel, Adam et Ève avaient du avouer que cette pudique initiative n’avait pas reçue l’approbation de Dieu. Mais que Dieu lui-même prit l’initiative de donner une solution plus efficace. Il leur fit des vêtements de peau et les en revêtit (Genèse 3.21). Pour tailler ces costumes de cuir ou de fourrure Dieu dut tuer un ou plusieurs animaux. Ces animaux avaient été tués uniquement pour couvrir Adam et Ève, puisqu’à cette période de l’histoire les hommes ne mangeaient pas de viande (Genèse 1.29 ; 9.3). On peut donc croire, sans déformer le texte biblique, qu’Abel avait pu recueillir suffisamment d’informations pour savoir quel genre de sacrifice serait accepté par Dieu, c’est ce que développe Jean Calvin dans son commentaire sur la genèse : « Car il faut tenir  pour certain qu’ils n’ont point été enseignés  à la légère quant à la façon de sacrifier, mais elle leur a été donnée par Dieu. Parce que l’apôtre attribue à la foi la dignité du sacrifice d’Abel (Hébreux 11 :4), il s’en suit qu’il n’a pas offert sans que Dieu le lui eût commandé. Et puis cette sentence a été vraie dès le commencement du monde, que l’obéissance vaut mieux que le sacrifice et qu’elle est la mère de toutes vertus. D’où il suit que Dieu avait commandé ce à quoi il a pris plaisir. » Page 96.
 Nous devons sonder la parole de Dieu pour apprendre à discerner ce qui plait à Dieu, et non pas essayer de l’amadouer ou de l’impressionner par nos initiatives géniales qui ne cherchent finalement qu’à nous glorifier nous-mêmes, c'est-à-dire tomber dans l’orgueil.
 Jésus-Christ est mort pour nos péchés, et nous ne pouvons rien offrir d’autre à Dieu qui puisse nous justifier et nous sauver (Actes 4.12). Dieu nous indique clairement dans sa parole ce que nous devons lui offrir pour le pardon de nos péchés, nous devons lui offrir le plus profond de nous-même, notre cœur, afin que Christ y habite par la foi. La foi d’Abel reposait sur une démonstration invisible opérée par Dieu dans son cœur, la démonstration dont parle Hébreux 11.1.

2°. La foi qui reçoit de Dieu.
 Ce n’est pas par son offrande elle-même qu’Abel a été déclaré juste par Dieu, mais par la foi qui animait son cœur en faisant cette offrande. Ceci ne veut pas dire qu’il faut offrir n’importe quoi à Dieu, mais que l’attitude intérieure doit être le moteur de notre geste. Tout le monde peut voir le geste de celui qui offre un sacrifice à Dieu, mais seul Dieu voit dans son cœur. Dieu voit l’homme avant de voir son offrande, il voit le cœur  avant de considérer le geste. Voici ce que dit Jean Calvin à ce sujet :
 « L’Eternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande, » Genèse 4.4
« Il est dit que Dieu regarde l’homme quand il le favorise. Au reste, il faut noter l’ordre que tient ici Moïse, car il ne récite pas simplement que Dieu a prit plaisir au service d’Abel, mais il parle premièrement de sa personne. En quoi il signifie que les œuvres n’auront nulle grâce devant Dieu à moins que celui qui les a faites ne soit déjà auparavant approuvé de lui. Ce n’est point une chose extraordinaire, car l’homme voit ce qui apparaît au dehors mais Dieu regarde le cœur, comme il est dit au livre de Samuel (1 Samuel 16.9). Aussi, Dieu n’estime-t-il point autrement les œuvres que comme elles proviennent de la fontaine du cœur. » Page 97.
(Jean Calvin. Commentaire sur la Genèse, Chapitre 4, versets 3 et 4.)

 Si le sacrifice de Caïn ne fut pas agrée par Dieu, ce n’était pas tant à cause de leur qualité que de la qualité du cœur de Caïn. Caïn va par la suite montrer ce qui était dans son cœur en tuant son frère. « Meilleur que moi, tu meurs ! » était la devise de Caïn. Il fut l’initiateur des guerres de religion et de l’inquisition. Caïn et Abel montrent que deux hommes suffisent pour déclancher une guerre, mais plus tard Jésus dira que deux hommes suffisent aussi pour faire avancer le royaume de Dieu sur la terre : “ Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux. ” (Matthieu 18:19-20 NEG)
 Abel nous montre comment plaire à Dieu, et Caïn malgré lui va nous montrer la grâce de Dieu envers un coupable reconnu : “ Caïn dit à l’Eternel : Mon châtiment est trop grand pour être supporté. Voici, tu me chasses aujourd’hui de cette terre ; je serai caché loin de ta face, je serai errant et vagabond sur la terre, et quiconque me trouvera me tuera. L’Eternel lui dit : Si quelqu’un tuait Caïn, Caïn serait vengé sept fois. Et l’Eternel mit un signe sur Caïn pour que quiconque le trouverait ne le tue point. ” (Genèse 4:13-15 NEG)

 
3°. Lafoi qui glorifie Dieu.
 « C’est par elle qu’il parle encore bien qu’étant mort. » Abel fut le premier humain à mourir, personne d’autre n’est mort il y a si longtemps. Abel est mort il y a si longtemps que nous aurions pu l’oublier facilement. Mais Abel avait la foi, la vraie foi, celle qui est pleine d’assurance parce qu’elle repose sur une démonstration des choses qu’on ne voit pas. Abel est encore un encouragement pour les croyants d’aujourd’hui parce que la foi animait sa vie. Parce qu’Abel a cru Dieu peut encore nous parler par son témoignage. L’homme sans Dieu laisse un souvenir, l’homme de Dieu laisse un message toujours vivant et d’actualité. Je lis et relis des biographies d’hommes et de femmes de Dieu morts depuis longtemps, mais la foi qui les animés pendant leur vie m’encourage par leur témoignage.
 Luther ce jeune homme qui avait peur de l’orage mais qui lorsqu’il crut n’eut pas peur de risquer sa vie devant la diète d’Augsbourg, m’encourage à vivre ma foi quoi qu’il m’en coûte.
 Calvin, cet homme qui avait besoin de comprendre et de baser sa foi sur la parole de Dieu m’encourage à sonder les Écritures pour fortifier ma foi.
 John Wesley, cet homme qui ne pouvait pas se contenter de la religion pour vivre sa foi m’encourage à réveiller ma foi sans cesse.
 Georges Muller cet homme qui éleva, nourrit, habilla, logea et éduqua des milliers d’orphelins par la foi, m’encourage encore aujourd’hui à compter sur  Dieu pour mes besoins quotidiens.
 Ralph Shallis cet homme qui avait un don pour communiquer sa foi et l’enseigner est mort depuis plusieurs années, mais Dieu l’utilise enncore pour restaurer ma foi.
 Théophile Badoual ne sera jamais célèbre dans les facultés de théologie, mais quand je relis son histoire de gangster repentit je me souviens de sa foi fraîche et vivante qui m’a tant interpellé au lendemain de ma conversion. Quand je relis son histoire, je ne peux plus dire que Dieu ne peut pas me transformer à sa gloire, je crois tout simplement.
 Et il y a ces anonymes qui bien que morts aujourd’hui ont laissés un témoignage indélébile gravé dans ma mémoire.
 Il y a cette sœur en Christ qui se mourait d’un cancer à l’hôpital et que le pasteur envoya le stagiaire que j’étais visiter chaque semaine, la foi sereine de cette femme heureuse de rejoindre son Sauveur me parle encore.
 Il y a cette autre sœur en Christ, seule dans sa maison isolée dans la campagne bretonne, les doigts tout tordus par l’arthrose et les rhumatismes, mais qui voyait la présence de Jésus dans sa solitude.
 Il y a ce vieil homme qui était toujours le premier au temple de Lannion, et comme en ce temps là j’arrivais toujours avant l’heure  au culte et je lui parlais chaque Dimanche matin, il m’encourageait simplement à prier et à chanter de tout mon cœur lors du culte qui allait suivre, un homme tout simple, qui ne se vantait jamais et ne pensait qu’à vivre sa foi. On m’avait dit qu’il était le beau père du sous préfet. Lorsqu’il est mort j’ai fait soixante kilomètres à vélo moteur pour aller à ses obsèques, car cet homme de foi avait un précieux témoignage pour ma propre foi. Cela fait plus de trente cinq ans que cet homme est mort, mais son témoignage est toujours aussi précieux et parlant pour moi.
 Désirons-nous laisser une trace derrière nous ? Vivons dans la foi comme Abel. Abel mourut jeune pour un homme de son époque, mais son témoignage a traversé les millénaires.

 Soyons animés de la foi qui sait ce qu’il convient d’offrir à Dieu.
 Ayons la foi qui sait recevoir ce que Dieu nous offre.
 Recherchons la foi qui glorifie Dieu dans nos vies et par nos vies.
 Vivre dans la foi, c’est le plus beau cadeau que nous puissions faire à ceux qui nous entourent.
 Notre  monde a plus que jamais besoin de voir des femmes et des hommes vivre leur foi. Nous sommes la craie blanche ou de couleur que Dieu veut utiliser pour dessiner sur le tableau noir de l’actualité ce qu’est l’espoir, l’amour et la foi.
Quimper le 14 Février 2010.
Alain Monclair.    
 
 

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