Jean CALVIN, un homme réfléchi, prompt et sincère.


Conférence donnée à Ploumagoar le Vendredi 27 Novembre 2009 à 20 heures.

 C’est incidemment que j’ai commencé vraiment à m’intéresser à Jean  Calvin. C’était lors d’un anniversaire, non pas celui de Jean Calvin, mais le mien. Vous savez qu’il est difficile de trouver un cadeau d’anniversaire approprié pour une personne qui n’a besoin de rien. C’était le problème de ma femme en cette veille d’anniversaire. Et, surprise ! En faisant son marché sur la place de Guingamp, elle a découvert sur le banc d’un brocanteur un bronze à l’effigie de Jean Calvin. Que les amis de Calvin se rassurent, je n’en ai pas fait une icône ni un objet de culte ! Deux choses m’ont intriguées. Tout d’abord je me suis demandé comment cet objet insolite est arrivé sur le marché de Guingamp, mais je n’ai jamais eu de réponse à cette question. La deuxième chose qui m’a intriguée, c’est la devise gravée sur ce bronze : « PROMPTE ET SINCERE ». Cette devise ne correspondait pas à l’idée que je me faisais de Jean Calvin. Une devise comme « Pondéré et Prudent » voir « Cérébral et Distant », me semblait correspondre mieux au personnage que j’imaginais. Mais je me trompais, Jean Calvin n’est pas ce personnage froid et inabordable que certains ont voulu décrire. Cette devise « Prompt et Sincère » a attisé ma curiosité et m’a conduit à étudier tant la Bible que l’histoire pour mieux comprendre la signification de cette devise, et je n’ai pas été déçu. Oui, Jean Calvin, cet homme réfléchi, était prompt et sincère à mettre sa vie en harmonie avec ce qu’il croyait. Mais, si sa promptitude et sa sincérité n’étaient jamais un feu de paille, c’était parce qu’elles reposaient sur un examen attentif  des Écritures. L’élan du cœur ne doit pas censurer l’effort cérébral pour discerner si la parole qui nous touche émotionnellement est établie sur la vérité. Car la foi, telle qu’elle est présentée dans la Bible repose sur la Parole de Dieu et non sur l’intensité des émotions. Mais il est également vrai que la Parole de Dieu ne peut pas laisser de marbre le cœur qu’elle touche. Je développerai ce thème Dimanche matin. Mais ce soir nous allons partir sur les pas de Jean Calvin depuis sa Picardie natale jusqu’à Genève, en passant par Paris, Orléans, Bourges, Strasbourg et suivre le développement de sa pensée et du message qu’il nous a laissé en  héritage.
1°. L’ENFANT DE PICARDIE.
  C’est le 10 Juillet 1509, à Noyon en Picardie, que Jean Cauvin voit le jour, il changera son nom plus tard en Calvin. Noyon est une petite ville de l’Oise qui comptait 14 426 habitants au recensement de 1997. Situé sur une ligne entre Reims et Amiens, au sud de Saint-Quentin et au nord de Soisson, la ville paraît bien discrète. Mais c’était déjà une ville chargée d’histoire en 1509, puisque c’est là que Charlemagne est couronné  roi en 768, et Hugues Capet en 987.
En 1509, c’est Louis XII qui est roi de France et son épouse n’est autre qu’Anne de Bretagne, elle décède en 1514. Louis XII ne lui survit pas longtemps, il meurt le 1er Janvier 1515. N’ayant pas d’enfant mâle légitime, c’est son cousin et gendre qui lui succède. François 1er est couronné roi de France à Reims le 25 Janvier 1515, la reine Claude, son épouse est donc la fille de Louis XII et d’Anne de Bretagne. Jean Calvin a cinq ans.
 La Picardie c’est la région de la navigation fluviale par excellence. Les ancêtres de Calvin sont mariniers depuis des générations et naviguent sur l’Oise. Son grand père est le dernier de la famille à exercer cette profession, il a trois fils, deux s’installent à Paris comme serruriers. Gérard, qui est l’aîné et futur père de Jean, s’établit dans la ville voisine, à Noyon. Il abandonne bateau, marteau et enclume pour se lancer dans la paperasserie, il devient procureur, greffier, notaire de l’évêché de Noyon. On lui confère le titre de bourgeois de la ville de Noyon en 1497. C’est la réussite sociale pour  Gérard Cauvin. Son mariage avec Jeanne Le Franc, fille d’un notable de la ville, assoit encore plus sa situation. Jeanne est une femme dévote qui habitua de bonne heure son fils Jean aux exercices de piété et aux pèlerinages. Il y fera allusion dans son « Traité des Reliques » où il dénonce les superstitions liées au culte de ces reliques. Jeanne mettra au monde quatre  garçons et deux filles, mais elle meurt précocement alors que Jean Calvin n’a que six ans.
 Le XVIème  siècle est celui de la Renaissance où toutes sortes d’idées nouvelles circulent, mais il est aussi celui de la mort avec les bactéries de la peste qui circulent beaucoup plus librement que les idées.
 A l’âge de 14 ans, en 1523, Jean Calvin est envoyé à Paris par son père afin d’y poursuivre des études orientées vers la théologie. Il loge chez l’un de ses oncles et étudie dans un premier temps au collège de la Marche, puis à celui de Montaigu, réputé pour sa discipline poussée à l’extrême.

2°. L’ETUDIANT PASSIONNE.
 Puis son père l’envoie à Orléans ainsi qu’à Bourges pour y étudier le droit. Après la mort de son père, en 1531, Jean Calvin retourne à Paris pour y étudier la littérature, il y publiera son premier livre, un commentaire sur un ouvrage de Sénèque intitulé ‘De la Clémence’.
 Durant ces années d’étude Jean Calvin fréquentera un grand nombre de personnes érudites, tout d’abord dans l’entourage de Marguerite de Navarre, sœur de François 1er. Elle est également la protectrice d’un autre Picard, Lefèvre d’Étaples, qui a traduit le Nouveau Testament en français dès 1523. Les Écritures, c'est-à-dire la Bible, deviennent accessible en langue vulgaire, c'est-à-dire dans la langue du peuple. C’est l’étude de ces Écritures Saintes qui va orienter toute la vie de Calvin et le conduire à la conversion.  Il commence à prêcher à Orléans puis à Paris. Ses convictions grandissent et s’affermissent à une époque où la répression et la persécution se multiplient. En 1535, l’exil devient inévitable pour Jean Calvin. Avant de se fixer à Genève son parcours sera difficile à suivre. Bâle, Strasbourg, Ferrare en Italie, … Nous n’avons pas le temps de suivre en détail son itinéraire, mais son commentaire de Genèse 12 nous aide à comprendre ce qui le guida dans ces choix et lui donna le courage de quitter la France sans espoir de retour.
 « Or l’Eternel avait dit à Abram, Va-t’en de ta terre & de ton parentage, & de la maison de ton père, en la terre que je te montrerai. » Genèse 12.1
Or le Seigneur avait dit à Abram : « Moïse avait dit auparavant que Térach et Abram étaient sortis de leur pays pour aller en la terre de Canaan (Genèse 11.21). Il expose maintenant comment ils n’ont point été poussés par la légèreté, comme les gens téméraires et vagabonds en ont souvent coutume, et qu’ils ne se sont pas fâchés en leur pays pour se retirer ailleurs, comme il advient à beaucoup de gens chagrins, et qu’ils n’ont point été induits par une vaine espérance ou quelque allèchement, comme ceux qui sont transportés par leur cupidité çà et là, mais que Dieu a commandé à Abram de sortir et qu’il n’a pas bougé le pied que la parole de Dieu n’allât devant.
  Va-t’en de ta terre : « car, comme l’exil est triste de soi et que la douceur du pays où nous sommes nés nous y tient comme liés, Dieu insiste tout exprès sur ce commandement de laisser son pays, afin de transpercer le cœur d’Abram. …Il ne faut toutefois pas penser que Dieu soit cruel et prenne plaisir à fâcher ses  serviteurs, mais il examine ainsi toutes leurs actions pour ne laisser aucune cachette en leurs cœurs. » Commentaire sur la Genèse. Pages 191-192.
 Ce texte de Calvin n’est pas seulement un commentaire éclairé, il est aussi un vibrant témoignage vécu de son expérience personnelle d’exilé pour sa foi. Calvin n’a quitté la France qu’après avoir acquis la conviction intime que Dieu lui demandait de le faire. Son commentaire souligne également la nécessité de la transparence de cœur, c'est-à-dire d’une sincérité absolue pour pouvoir servir Dieu. C’est ce texte de Calvin qui m’a fait découvrir l’homme sensible qui se cachait derrière sa plume érudite et éclairée.
 Jean Calvin va rester un étudiant toute sa vie. Sans cesse il étudiera et enseignera les Écritures. Il est animé de la passion de transmettre son savoir à tous. C’est pour cela qu’il va écrire en français et non seulement en latin comme les universitaires de son temps.
 Que va-t-il écrire ? Il va rédiger l’ ‘Institution de la religion chrétienne’ qu’il dédicace à François 1er, et qui a pour but d’exprimer clairement la foi des protestants qui sont accusés de tous les maux sans que l’on connaisse leur foi. La première édition est faite à Bâle, et elle sera suive de nombreuses révisions augmentées de nouveaux textes. Certaines seront publiées en français et d’autres en latin, toujours dans le désir de s’adresser à tous. N’oublions pas que le premier objectif des premiers protestants n’était pas de détruire l’Église catholique romaine mais de la réformer. L’intransigeance des pontifes et autres ecclésiastiques ne permit pas un retour à la simplicité de la foi biblique, mais néanmoins la Réforme protestante entraîna la Contre réforme catholique qui mit un peu d’ordre dans les débordements moraux de certains ecclésiastiques.
 Jean Calvin va également écrire de nombreux commentaires des différents livres de la Bible, ses sermons seront aussi publiés.
 Il publiera aussi plusieurs traités pour répondre à des questions plus précises, comme au sujet des reliques, à propos de la Sainte Cène, de la manière de réformer l’église, etc.

3°. LE PASTEUR DE GENEVE.
 C’est à Genève que le ministère de Calvin va se développer. Son premier séjour à Genève  de 1536 à 1538 se termine après des désaccords théologiques par son bannissement de la ville. Mais  dès 1541 on le redemande à Genève, Jean Calvin a l’humilité et le courage de répondre à cette invitation. Marié depuis un an à peine avec Idelette de Bure, ils auront un enfant dès le premier hiver, mais il décédera 15 jours plus tard. Idelette meurt à son tour en 1549, Jean Calvin vivra 23 ans à Genève, c'est-à-dire jusqu’à sa mort en 1564.
 De nombreux problèmes ont surgi au cours du ministère de Calvin. Non seulement dans l’Église mais aussi dans la Cité. La notion de séparation entre l’Église et l’État n’était qu’à ces balbutiements au 16ème siècle. Des prises de décisions se sont avérées nécessaires mais n’ont pas toujours été parfaites. Le monde a retenu le nom de Michel Servet mort sur un bûcher à Genève sans que Calvin n’intervienne pour le faire gracier. Je n’ai ni à juger Calvin ni à l’excuser pour cette responsabilité, comme chacun c’est à Dieu qu’il devra rendre compte. Cependant je tiens à signaler qu’il est plus facile de se souvenir d’un seul nom que de celui des milliers de martyrs protestants français exécutés à cause de leur foi au 16ème siècle. La seule Saint Barthélemy en 1576 fit 3 000 morts à Paris et entre 5000 et 10 000 dans le reste de la France. Les guerres de Religion sont un triste épisode de notre histoire, tant pour les catholiques que pour les protestants. Pendant longtemps le Protestantisme n'a pas eut d'existance officielle reconnue. Les enfants de familles protestantes n'étaient pas inscrits sur les registres catholiques, et n'avaient pas d'existance officielle. Car jusqu'à la Révolution française, les seuls registres officiels étaient ceux de baptême et de sépulture et non de naissance et de décès. D'autre part, lorsque le culte Protestant a été toléré, il ne l'a été que dans quelques endroits, souvant supprimés arbitrairement par la suite. D'où la tentation, pour les Protestants, de prendre l'épée pour conquérir un territoire qui leur soit propre.

 Jean Calvin s’est sédentarisé à Genève, mais ceci ne veut pas dire qu’il ait rétréci son champ d’action. Il va être d’une grande utilité à l’église protestante de France en formant ses futurs pasteurs à Genève. « Envoyez-nous du bois et nous vous renverrons des flèches. » écrit-il aux responsables des églises françaises.
 En 1556 un protestant Écossais, persécuté par la reine catholique Marie Tudor, est contraint à l’exil et devient le pasteur de l’Église anglaise de Genève, il s’appelle John Knox. John Knox deviendra le Réformateur qui introduira la Réforme en Écosse. La théologie de Calvin sera aussi celle de l’Église presbytérienne d’Écosse (Church of Scotland). Toute sa vie John Knox entretiendra une correspondance avec Jean Calvin. Je garde un merveilleux souvenir de ma visite à la maison de John Knox à Edinburgh. Le temps était gris, le vent était froid, mais quelle surprise de découvrir derrière une vitrine une lettre manuscrite de la plume même de Jean Calvin. D’un seul coup le temps est devenu moins gris et mon cœur s’est réchauffé. Mais en même temps une tristesse s’est emparée de moi et une question a jailli : « Pourquoi Jean Calvin est-il connu partout sauf en France ? ». Il n’est pas trop tard pour connaître ce que Jean Calvin nous a légué, puisque nous avons ses écrits. Je propose de résumer en cinq points ce qui a fait la solidité de la foi de Calvin.


4°. LES CINQ « SOLI » DE LA REFORME.
 Jean Calvin, comme les autres réformateurs, souscrivait à ce qu’on appelle « les cinq soli des réformateurs.
Sola Scriptura. (L’Écriture seule).
 La seule autorité reconnue en matière de foi par les Réformateurs était la Bible. Ils mettaient l’autorité de la Bible au dessus de celle de l’église. Selon Calvin, l’homme n’est pas fiable par lui-même : « Dieu sait que la compréhension des hommes est constamment changeante et influençable. … Étant donné que l’esprit humain est enclin à oublier Dieu, à accueillir facilement toutes espèces d’erreurs, à se forger en permanence quantité de religions étonnantes, on comprend combien il était nécessaire que Dieu couche sa vérité par écrit, afin qu’elle ne tombe pas dans l’oubli, qu’elle ne disparaisse pas par inadvertance ou qu’elle ne soit pas travestie par l’imagination des hommes. … Il est donc certain que pour être éclairé et instruit dans la vraie religion, il convient de commencer par la vérité divine. Nul ne peut avoir la plus petite idée de la saine doctrine concernant Dieu tant qu’il n’a pas été à l’école de l’Écriture Sainte. … Les erreurs ne peuvent jamais être extirpées du cœur de l’homme tant qu’une vraie connaissance de Dieu n’y est pas implantée. » (Institution Chrétienne, pages 31 à 34) Avant que Calvin n’enseigne la seule autorité de l’Écriture, son cousin Olivetan l’avait traduit en français, la première édition parut en 1535. Seule la Bible apporte la vérité enseigne Calvin, mais aussi toute la Bible est nécessaire pour connaître tout ce que nous avons besoin de savoir. “ Or, tout ce qui a été écrit d’avance l’a été pour notre instruction, afin que, par la patience, et par la consolation que donnent les Écritures, nous possédions l’espérance. ” (Romains 15:4 NEG) Puisque toute la Bible a pour but de nous communiquer des grâces pour vivre, la logique même est de tout faire pour connaître toute la Bible. C’est ce que disait Calvin en commentant ce verset : « Toutes les choses donc que l’Écriture enseigne, travaillons à les apprendre ! Car ce serait faire injure au Saint-Esprit, si nous pensions qu’il eût enseigné quelque chose que nous n’ayons point besoin de savoir. Ensuite, sachons que tout ce qui est enseigné là, tend à nous avancer et faire profiter en la crainte de Dieu. » Jean Calvin Com. Romains page 333. (En rapport avec Romains 15.4)
 La ‘Sola Scriptura’ implique qu’aucune parole humaine, fût-elle du Pape, d’un ange, d’un esprit ou d’une autre créature n’ait pas plus d’autorité que l’Écriture Sainte. Aucune parole humaine n’est habilitée à contredire ni à compléter l’Écriture (Apocalypse 22. 18-19).

Solus Christus. (Christ seul).
 Le salut est le message principal de la Bible. Comment être sauvé ? Y a-t-il plusieurs solutions ? Y a-t-il plusieurs personnes habilitées à établir une médiation entre le pécheur et Dieu ? Non, le message de la Bible est net à ce sujet : “ Il n’y a de salut en aucun autre ; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. ” (Actes 4:12 NEG)
Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus–Christ homme, ” (1 Timothée 2:5 NEG)
 Calvin écrit : « Si nous cherchons le salut : le nom seul de Jésus nous apprend qu’il est en Lui. » Institution Chrétienne, page 464.
 En fait, il n’y a pas que le salut qui soit en Christ, puisque l’Écriture dit : “ Vous avez tout pleinement en lui (en Christ), qui est le chef de toute domination et de toute autorité. ” (Colossiens 2:10 NEG). Calvin énonce aussi clairement cette vérité : « En résumé, puisque tous les trésors et tous les biens sont en Christ, il nous faut les puiser là pour être rassasiés et non ailleurs. Car ceux qui ne sont pas contents de Jésus-Christ s’égarent dans diverses espérances ; même s’ils éprouvent pour lui la plus grande considération, ils ne sont pas sur le bon chemin, puisqu’ils détournent de lui une partie de leurs pensées. D’ailleurs une telle attitude est incompréhensible si on a, une fois, vraiment connu les richesses de Jésus-Christ. » Institution Chrétienne, page 464.
 Ce ‘Solus Christus’ implique que ni la Vierge ni les Saints ni les Anges ne peuvent nous sauver ni établir une médiation entre Dieu et l’homme.

Sola Gratia. (La grâce seule).
Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus–Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions. ” (Éphésiens 2:8-10 NEG)
 Ce passage de la lettre aux Éphésiens contient à lui seul les trois derniers ‘Soli’, la grâce, la foi, et la gloire de Dieu.
 La grâce implique la gratuité. Aucune œuvre humaine ne peut sauver, ni par nos efforts, nos souffrances ou notre argent. Les indulgences, l’assistance à la messe, les pénitences ne peuvent donc pas sauver. Voici ce que Calvin écrit au sujet d’Éphésiens 2.8 : « Il affirme donc en premier lieu que le salut des Éphésiens est une œuvre de Dieu, et non d’un autre, et une œuvre gratuite ; … Le fait qu’il nous sauve est donc pure grâce, et non point récompense ou salaire. » Commentaire sur les Éphésiens, page 159.

Sola fides. (La foi seule).
 Pour qui veut établir sa relation avec Dieu en se fondant sur les Écritures, il est évident que la foi est l’unique possibilité.
 “ Or, sans la foi, il est impossible de lui être agréable ; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. ” (Hébreux 11:6 NEG)
Ainsi la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ. ” (Romains 10:17 NEG)
Jésus leur répondit : L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. ” (Jean 6:29 NEG) Voici ce qu’écrit Calvin au sujet de ce passage : « Ils avaient parlé des œuvres ; le Christ les ramène à une seule œuvre, à savoir à la foi. En quoi il signifie que tout ce que les hommes attendent hors la foi, est vain et inutile ; mais que la seule foi suffit, parce que Dieu requiert seulement ceci de nous, que nous croyions. » Commentaire de Jean, page175.
 Le salut par la foi seule implique qu’un sacrement administré par l’Église ne peut pas sauver. Ceci implique aussi qu’il est inutile de prier pour les morts car  la foi ne se donne pas par procuration, elle est toujours personnelle. Rien ne peut pallier à l’absence de foi. La foi naît de notre confiance en la Parole de Dieu, qui proclame que le Christ seul peut sauver, et que ce salut est gratuit et accessible uniquement par la foi afin que Dieu seul soit glorifié.

Soli Deo Gloria. (A Dieu seul la gloire).
 Un marin a toujours besoin de savoir où il va, un jour Jean Calvin donna à l’amiral de Coligny le cap à suivre: «La gloire de Dieu, et ce qui appartient à son règne, doivent toujours aller devant. » (La Réforme. Vous connaissez ? Par Gabriel Mützenberg. Page 168.) La Réforme protestante a été un retour à la simplicité. Certains considèrent même que la foi protestante est un peu austère. Mais souvenons-nous que lorsque Luther, Calvin et les autres Réformateurs sont apparus, l’Église Romaine vivait et visait les choses luxueuses et glorieuses pour impressionner. On vendait des indulgences à tour de bras à de pauvres gens pour récolter de l’argent afin de construire la basilique St Pierre de Rome. Jésus à invité ses disciples à rechercher la gloire de Dieu et non la leur. Les Réformateurs ont compris que la recherche de la gloire est un obstacle au règne de Dieu sur nos vies. Il ont pris ce que dit l’Evangile au premier degré : “Comment pouvez–vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu seul ? ” (Jean 5:44 NEG)

5°. UN HOMME SINCERE JUSQU'À LA FIN.
 Jean Calvin, en homme réfléchi, fut assez prompt à dicter ses dernières volontés afin de demeurer sincère avec sa foi, même après sa mort. Lui qui avait écrit ce traité sur les reliques prit ses dispositions pour qu’on ne fasse pas de son tombeau un lieu de superstition. Il mourut le 27 Mai 1564 et fut enseveli en toute simplicité dès le lendemain. Aucune pierre tombale ni autre signe visible ne marquera l’endroit, juste un tertre de terre fraîchement remuée comme pour ceux de la fosse commune. Une foule d’anonymes de toutes conditions l’accompagna jusqu’aux murs du cimetière, mais seul quelques intimes y pénétrèrent, dont son ami et successeur Théodore de Bèze, son frère Antoine, sa sœur Marie, et quelques autres.
 Jean Calvin était un homme réfléchi qui nous invite à réfléchir à notre tour. Non pas pour devenir des calvinistes, mais pour examiner si nous pouvons souscrire sincèrement au message des Saintes Écritures.

Ploumagoar le Vendredi 27 Novembre 2009.
Alain Monclair.
 

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