Se souvenir des morts
Comment honorer nos morts.
Aujourd’hui un grand nombre de Français vont se rendre dans les cimetières pour honorer leurs morts. Les façons de le faire sont diverses, selon sa religion ou sa manière de voir les choses. La Bible nous donne t’elle des indications quant à la manière de se souvenir de nos morts et de leur rendre hommage ?
C’est la question à laquelle je vais tenter de répondre ce matin.
1°. Se souvenir de ses morts dans la pensée.
La Bible évoque la mort dès son 3ème chapitre et relate le premier décès au chapitre 4. L’apparition de la mort est due à l’entrée du péché dans le monde. Face à la mort il subsiste la pensée que quelque part la mort n’était pas au programme de la Création divine. La mort est un drame qui rappelle un autre drame. Certains voudraient reprocher à Dieu sa sévérité en punissant le péché par une sentence de mort. Mais, paradoxe, le premier décès est le résultat d’un meurtre celui d’Abel par son frère Caïn. Au chapitre 5 nous trouvons le premier arbre généalogique des descendants d’Adam, ce texte est rythmé 8 fois par l’expression « puis il mourut ». Depuis le drame de l’entrée du péché dans le monde toute créature est confrontée à la mort, sa propre mort et la mort des autres. Le drame de la mort spirituelle due au péché peut déjà être résolu par la foi en l’œuvre de Jésus-Christ à la croix, mais le drame de la mort physique subsistera jusqu’à l’avènement de Christ “ Le dernier ennemi qui sera réduit à l’impuissance, c’est la mort.” (1 Corinthiens 15:26 NEG) Jusqu’à ce jour glorieux nous sommes donc confrontés au drame de la mort, au deuil des funérailles et au souvenir que nous laissent les disparus.
La Bible nous indique clairement que nous ne devons pas essayer de faire quoi que ce soit pour espérer changer le sort des défunts. “ Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement, ” (Hébreux 9:27 NEG) Prier pour les morts serait un manque de confiance en la justice de Dieu. Mais il n’est pas interdit de penser à ceux et celles qui ont disparus. Nous trouvons des textes dans la Bible qui nous donnent quelques indications utiles pour savoir comment gérer ce souvenir de nos chers disparus. Je me limite à quelques textes, les uns parlant des croyants, les autres abordant le souvenir de ceux qui ne furent pas agréables à Dieu du temps de leur vivant.
1°. Le souvenir des disparus croyants ne doit pas affliger : “ Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance au sujet de ceux qui sont décédés, afin que vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n’ont point d’espérance. ” (1 Thessaloniciens 4:13 NEG). Le contexte précise que la source de cette consolation est le Seigneur ressuscité qui reviendra ressusciter les morts et nous prendre, nous les vivants pour être éternellement avec Lui.
2°. Le souvenir des disparus croyants est un témoignage : La mort fait partie intégrante du témoignage des croyants : “ Souvenez–vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu ; considérez quelle a été la fin de leur vie, et imitez leur foi. Jésus–Christ est le même hier, aujourd’hui, et éternellement. ” (Hébreux 13:7-8 NEG) La traduction amplifiée ‘Parole Vivante’ souligne mieux la place de la mort dans ce témoignage : “ Souvenez–vous de vos anciens conducteurs qui étaient les premiers à vous annoncer la Parole de Dieu. Pensez à leur façon de vivre et de mourir, et prenez–les pour modèles de votre foi. Jésus–Christ est toujours le même : hier et aujourd’hui, il le sera éternellement. ” (Hébreux 13:7-8 PVV)
Plusieurs de ces ‘conducteurs’ sont morts martyrs, comme Etienne par exemple (Actes 7 : 54-60). « Ces conducteurs (#Hé 13:17,24) sont tous ceux qui avaient exercé quelque ministère dans l’Église : des anciens, des diacres et des évangélistes, comme Étienne ; même des apôtres, dont quelques-uns étaient morts. » La Bible annotée. On peut étendre le principe de la valeur de ce genre de témoignage au souvenir de tous les croyants qui ont vécu et sont morts dans la foi. Non seulement nous avons des exemples à méditer mais nous devons penser à être nous-mêmes des exemples pour ceux qui nous survivront. J’ai célébré suffisamment de services d’obsèques pour attester l’importance d’un tel témoignage. Lorsqu’une personne a témoigné de son vivant son assurance de rejoindre le Sauveur au jour de sa mort, c’est tellement plus facile de partager l’Evangile. Au jour du deuil on se rend compte que l’assurance de la foi du disparu est un véritable devoir social envers ceux qui restent. La foi est une responsabilité personnelle, mais elle est aussi un élément qui influe sur notre vie familiale et sociale. Les épreuves qu’ont rencontré certains croyants face à la mort peuvent nous faire peur, mais l’auteur de la lettre aux Hébreux rappelle que si les temps et les circonstances changent, le Seigneur, Lui, reste le même. Celui qui a soutenu et fortifié nos prédécesseurs dans la foi, sera aussi avec nous jusqu’à la fin de notre vie terrestre, ensuite ce sera nous qui serons avec Lui.
3°. Le souvenir des disparus rebelles nous est utile : Nous n’avons pas à juger nos disparus, puisque Dieu le fera. Dieu seul possède tous les éléments qui permettent de comprendre une vie. Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, ceux qui n’ont pas été agréables à Dieu de leur vivant, sont un précieux témoignage pour nous. Nous n’avons pas à les imiter bien entendu, mais leur mauvaise conduite, leurs malheurs, leurs souffrances, et tout ce qui leur est arrivé doit servir d’exemple afin que nous ne commettions pas les mêmes erreurs. Dieu a inspiré l’apôtre Paul pour nous enseigner à ce sujet : “ Frères, je ne veux pas que vous ignoriez que nos pères ont tous été sous la nuée, qu’ils ont tous passé au travers de la mer, qu’ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer, qu’ils ont tous mangé le même aliment spirituel, et qu’ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ. Mais la plupart d’entre eux ne furent point agréables à Dieu, puisqu’ils périrent dans le désert. Or, ces choses sont arrivées pour nous servir d’exemples, afin que nous n’ayons pas de mauvais désirs, comme ils en ont eu. Ne devenez point idolâtres, comme quelques–uns d’entre eux, selon qu’il est écrit, Le peuple s’assit pour manger et pour boire ; puis ils se levèrent pour se divertir. Ne nous livrons point à la débauche, comme quelques–uns d’entre eux s’y livrèrent, de sorte qu’il en tomba vingt–trois mille en un seul jour. Ne tentons point le Seigneur, comme le tentèrent quelques–uns d’entre eux, qui périrent par les serpents. Ne murmurez point, comme murmurèrent quelques–uns d’entre eux, qui périrent par l’exterminateur. Ces choses leur sont arrivées pour servir d’exemples, et elles ont été écrites pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin des siècles. Ainsi donc, que celui qui croit être debout prenne garde de tomber ! Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au–delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter. ” (1 Corinthiens 10:1-13 NEG) Je n’ai plus assez de doigts sur mes mains pour compter les amis, voisins ou membres de ma famille qui sont morts dramatiquement à cause de leur manière de vivre. Cependant je crois que leurs souffrances inutiles n’ont pas été superflues pour me servir d’exemple. Quelque part je leur suis redevable car ces choses leur sont arrivées pour me servir d’exemple. Pourquoi tel ami s’est suicidé, l’autre est mort de son alcoolisme, d’une maladie sexuellement transmissible, ou par accident alors qu’il fuyait la police après une bêtise ? Pourquoi lui et pas moi ? Suis-je meilleur en moi-même ? Non ! En moi il n’y que Christ qui soit bon ! Ceux qui sont morts précocement à la suite de leur conduite, ou dans la misère morale à cause de leur absence de foi, contribuent à me donner une idée de l’immense grâce de Dieu envers moi. Ne cherchons pas à juger ceux qui n’ont pas eu une vie exemplaire, ne cherchons pas non plus à les excuser, mais sachons que la justice de Dieu est à l’abri des erreurs judiciaires. La meilleure manière d’honorer le souvenir de ceux qui n’ont suivi le Seigneur est de ne pas faire ce qu’ils ont fait et de nous réfugier dans le Seigneur.
2°. Se souvenir de ses morts au cimetière.
Le propre de l’homme au sein de la création est de bâtir des sépultures pour ses morts.
1°. Premier tombeau. La première mention d’un ensevelissement dans la Bible est celui de Sara, la femme d’Abraham. “ La vie de Sara fut de cent vingt–sept ans : telles sont les années de la vie de Sara. Sara mourut à Kirjath–Arba, qui est Hébron, dans le pays de Canaan ; et Abraham vint pour mener deuil sur Sara et pour la pleurer. Abraham se leva de devant son mort, et parla ainsi aux fils de Heth, Je suis étranger et habitant parmi vous ; donnez–moi la possession d’un sépulcre chez vous, pour enterrer mon mort et l’ôter de devant moi. ” (Genèse 23:1-4 NEG) La négociation pour acquérir le terrain fut ardue, mais elle aboutit, et ce tombeau devint la première propriété foncière d’Abraham en terre de Canaan. “ Le champ d’Ephron à Macpéla, vis–à–vis de Mamré, le champ et la caverne qui y est, et tous les arbres qui sont dans le champ et dans toutes ses limites alentour, devinrent ainsi la propriété d’Abraham, aux yeux des fils de Heth et de tous ceux qui entraient par la porte de sa ville. Après cela, Abraham enterra Sara, sa femme, dans la caverne du champ de Macpéla, vis–à–vis de Mamré, qui est Hébron, dans le pays de Canaan. Le champ et la caverne qui y est demeurèrent à Abraham comme possession sépulcrale, acquise des fils de Heth. ” (Genèse 23:17-20 NEG) La mort de Sara donne à son peuple les prémices de la Terre Promise. L’Evangile du Royaume de Dieu va reposer lui aussi sur une mort, celle de Jésus sur le Mont Golgotha. Il sera aussi enseveli, mais par pour longtemps, puisqu’il ressuscita le troisième jour.
2°. Danger d’hypocrisie face à un tombeau. Jésus met en garde contre le risque d’hypocrisie en rendant hommage à nos morts. “ Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au–dehors, et qui, au–dedans, sont pleins d’ossements de morts et de toute espèce d’impuretés. Vous de même, au–dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais, au–dedans, vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes et ornez les sépulcres des justes, et que vous dites : Si nous avions vécu du temps de nos pères, nous ne nous serions pas joints à eux pour répandre le sang des prophètes. ” (Matthieu 23:27-30 NEG)
Les cimetières sont des endroits qui nous rappellent la brièveté de la vie terrestre. Ces pharisiens se disaient qu’ils n’auraient pas commis les bavures de leurs pères en tuant les prophètes parce que leur message ne leur plaisait pas. Les pharisiens se donnaient bonne conscience sur le passé des autres. Le problème c’est qu’ils ne se laissaient pas sonder leur coeur par Dieu pour savoir s’ils étaient capables d’en faire autant. Et ils le firent en faisant crucifier Jésus, lapider Etienne et bien d’autres.Les disciples de Jésus n’étaient pas parfaits, mais ils le savaient et le reconnaissaient. Lorsque Jésus leur annonça sa trahison par l’un d’eux, ils eurent une réaction diamétralement opposée à celle des Pharisiens : “ Le soir étant venu, il se mit à table avec les douze. Pendant qu’ils mangeaient, il dit : Je vous le dis en vérité, l’un de vous me livrera. Ils furent profondément attristés, et chacun se mit à lui dire : Est–ce moi, Seigneur ? ” (Matthieu 26:20-22 NEG)
Une visite dans un cimetière peut être l’occasion de se laisser sonder par Dieu. Beaucoup de tombes portent l’inscription « regrets ». Bien sur c’est pour évoquer la disparition de l’être cher. Mais n’est-ce pas aussi pour exprimer ce que nous aurions pu faire de bien à l’égard du disparu et que nous n’avons pas fait ? Nos visites à nos défunts doivent nous stimuler à prendre soin des vivants. Pourquoi offrions-nous plus de fleurs aux gens lorsqu’ils sont morts que lorsqu’ils étaient vivants.
Une visite au cimetière peut aussi nous faire prendre conscience que si nous n’utilisons pas bien le temps qu’il nous reste à vivre sur la terre nous risquons de connaître des regrets éternels. Le livre le plus connu du pasteur Adolphe Monod est celui qu’il écrivit sur son lit de souffrance et qui s’intitule « Les Adieux ». Cinq chapitres de ce livre sont consacrés à : « Les regrets d’un mourant ». Il y traite des domaines où il lui semble qu’il aurait pu y accorder plus de temps et mieux faire, ainsi il énumère : le secret d’une vie sainte, active et paisible ; l’étude de la Parole de Dieu ; l’emploi de son temps ; la prière ; la préoccupation des petits intérêts.
Une saine manière d’honorer nos morts c’est aussi de recentrer nos vies sur l’essentiel.
3°. Entretenir les tombes. Les mauvaises herbes n’ont pas eu le temps de pousser devant le tombeau de Jésus, mais on peut constater que ses proches avaient prévu d’entretenir et son corps et sa tombe : “ Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé, achetèrent des aromates, afin d’aller embaumer Jésus. Le premier jour de la semaine, elles se rendirent au sépulcre, de grand matin, comme le soleil venait de se lever. Elles disaient entre elles : Qui nous roulera la pierre loin de l’entrée du sépulcre ? ” (Marc 16:1-3 NEG)
La mort d’un être cher entraîne des soucis bien matériels. Ceci est légitime et fait partie du deuil. Mais toutes ces petites attentions ne doivent pas nous détourner de l’essentiel. Les trois femmes de l’Evangile avaient oublié que Jésus avait dit qu’il ressusciterait le troisième jour. Il est normal d’entretenir les tombes de nos défunts, mais l’aspect macabre de la mort ne doit pas nous faire oublier la suprématie de la résurrection et de la vie éternelle. Jésus est sorti du tombeau ! Il est vivant ! Et bientôt il entraînera avec Lui vers son Royaume tous ceux qui auront cru en Lui.
Conclusion :
Ne cédons ni au macabre ni à la superficialité dans ces temps de Toussaint. Mais réajustons notre manière de penser en ayant recours aux conseils de la Bible, laissons Dieu sonder nos cœurs sur les questions les plus intimes qui soient, et souvenons-nous que Jésus-Christ a triomphé du péché et de la mort.
C’est la question à laquelle je vais tenter de répondre ce matin.
1°. Se souvenir de ses morts dans la pensée.
La Bible évoque la mort dès son 3ème chapitre et relate le premier décès au chapitre 4. L’apparition de la mort est due à l’entrée du péché dans le monde. Face à la mort il subsiste la pensée que quelque part la mort n’était pas au programme de la Création divine. La mort est un drame qui rappelle un autre drame. Certains voudraient reprocher à Dieu sa sévérité en punissant le péché par une sentence de mort. Mais, paradoxe, le premier décès est le résultat d’un meurtre celui d’Abel par son frère Caïn. Au chapitre 5 nous trouvons le premier arbre généalogique des descendants d’Adam, ce texte est rythmé 8 fois par l’expression « puis il mourut ». Depuis le drame de l’entrée du péché dans le monde toute créature est confrontée à la mort, sa propre mort et la mort des autres. Le drame de la mort spirituelle due au péché peut déjà être résolu par la foi en l’œuvre de Jésus-Christ à la croix, mais le drame de la mort physique subsistera jusqu’à l’avènement de Christ “ Le dernier ennemi qui sera réduit à l’impuissance, c’est la mort.” (1 Corinthiens 15:26 NEG) Jusqu’à ce jour glorieux nous sommes donc confrontés au drame de la mort, au deuil des funérailles et au souvenir que nous laissent les disparus.
La Bible nous indique clairement que nous ne devons pas essayer de faire quoi que ce soit pour espérer changer le sort des défunts. “ Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement, ” (Hébreux 9:27 NEG) Prier pour les morts serait un manque de confiance en la justice de Dieu. Mais il n’est pas interdit de penser à ceux et celles qui ont disparus. Nous trouvons des textes dans la Bible qui nous donnent quelques indications utiles pour savoir comment gérer ce souvenir de nos chers disparus. Je me limite à quelques textes, les uns parlant des croyants, les autres abordant le souvenir de ceux qui ne furent pas agréables à Dieu du temps de leur vivant.
1°. Le souvenir des disparus croyants ne doit pas affliger : “ Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance au sujet de ceux qui sont décédés, afin que vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n’ont point d’espérance. ” (1 Thessaloniciens 4:13 NEG). Le contexte précise que la source de cette consolation est le Seigneur ressuscité qui reviendra ressusciter les morts et nous prendre, nous les vivants pour être éternellement avec Lui.
2°. Le souvenir des disparus croyants est un témoignage : La mort fait partie intégrante du témoignage des croyants : “ Souvenez–vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu ; considérez quelle a été la fin de leur vie, et imitez leur foi. Jésus–Christ est le même hier, aujourd’hui, et éternellement. ” (Hébreux 13:7-8 NEG) La traduction amplifiée ‘Parole Vivante’ souligne mieux la place de la mort dans ce témoignage : “ Souvenez–vous de vos anciens conducteurs qui étaient les premiers à vous annoncer la Parole de Dieu. Pensez à leur façon de vivre et de mourir, et prenez–les pour modèles de votre foi. Jésus–Christ est toujours le même : hier et aujourd’hui, il le sera éternellement. ” (Hébreux 13:7-8 PVV)
Plusieurs de ces ‘conducteurs’ sont morts martyrs, comme Etienne par exemple (Actes 7 : 54-60). « Ces conducteurs (#Hé 13:17,24) sont tous ceux qui avaient exercé quelque ministère dans l’Église : des anciens, des diacres et des évangélistes, comme Étienne ; même des apôtres, dont quelques-uns étaient morts. » La Bible annotée. On peut étendre le principe de la valeur de ce genre de témoignage au souvenir de tous les croyants qui ont vécu et sont morts dans la foi. Non seulement nous avons des exemples à méditer mais nous devons penser à être nous-mêmes des exemples pour ceux qui nous survivront. J’ai célébré suffisamment de services d’obsèques pour attester l’importance d’un tel témoignage. Lorsqu’une personne a témoigné de son vivant son assurance de rejoindre le Sauveur au jour de sa mort, c’est tellement plus facile de partager l’Evangile. Au jour du deuil on se rend compte que l’assurance de la foi du disparu est un véritable devoir social envers ceux qui restent. La foi est une responsabilité personnelle, mais elle est aussi un élément qui influe sur notre vie familiale et sociale. Les épreuves qu’ont rencontré certains croyants face à la mort peuvent nous faire peur, mais l’auteur de la lettre aux Hébreux rappelle que si les temps et les circonstances changent, le Seigneur, Lui, reste le même. Celui qui a soutenu et fortifié nos prédécesseurs dans la foi, sera aussi avec nous jusqu’à la fin de notre vie terrestre, ensuite ce sera nous qui serons avec Lui.
3°. Le souvenir des disparus rebelles nous est utile : Nous n’avons pas à juger nos disparus, puisque Dieu le fera. Dieu seul possède tous les éléments qui permettent de comprendre une vie. Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, ceux qui n’ont pas été agréables à Dieu de leur vivant, sont un précieux témoignage pour nous. Nous n’avons pas à les imiter bien entendu, mais leur mauvaise conduite, leurs malheurs, leurs souffrances, et tout ce qui leur est arrivé doit servir d’exemple afin que nous ne commettions pas les mêmes erreurs. Dieu a inspiré l’apôtre Paul pour nous enseigner à ce sujet : “ Frères, je ne veux pas que vous ignoriez que nos pères ont tous été sous la nuée, qu’ils ont tous passé au travers de la mer, qu’ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer, qu’ils ont tous mangé le même aliment spirituel, et qu’ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ. Mais la plupart d’entre eux ne furent point agréables à Dieu, puisqu’ils périrent dans le désert. Or, ces choses sont arrivées pour nous servir d’exemples, afin que nous n’ayons pas de mauvais désirs, comme ils en ont eu. Ne devenez point idolâtres, comme quelques–uns d’entre eux, selon qu’il est écrit, Le peuple s’assit pour manger et pour boire ; puis ils se levèrent pour se divertir. Ne nous livrons point à la débauche, comme quelques–uns d’entre eux s’y livrèrent, de sorte qu’il en tomba vingt–trois mille en un seul jour. Ne tentons point le Seigneur, comme le tentèrent quelques–uns d’entre eux, qui périrent par les serpents. Ne murmurez point, comme murmurèrent quelques–uns d’entre eux, qui périrent par l’exterminateur. Ces choses leur sont arrivées pour servir d’exemples, et elles ont été écrites pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin des siècles. Ainsi donc, que celui qui croit être debout prenne garde de tomber ! Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au–delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter. ” (1 Corinthiens 10:1-13 NEG) Je n’ai plus assez de doigts sur mes mains pour compter les amis, voisins ou membres de ma famille qui sont morts dramatiquement à cause de leur manière de vivre. Cependant je crois que leurs souffrances inutiles n’ont pas été superflues pour me servir d’exemple. Quelque part je leur suis redevable car ces choses leur sont arrivées pour me servir d’exemple. Pourquoi tel ami s’est suicidé, l’autre est mort de son alcoolisme, d’une maladie sexuellement transmissible, ou par accident alors qu’il fuyait la police après une bêtise ? Pourquoi lui et pas moi ? Suis-je meilleur en moi-même ? Non ! En moi il n’y que Christ qui soit bon ! Ceux qui sont morts précocement à la suite de leur conduite, ou dans la misère morale à cause de leur absence de foi, contribuent à me donner une idée de l’immense grâce de Dieu envers moi. Ne cherchons pas à juger ceux qui n’ont pas eu une vie exemplaire, ne cherchons pas non plus à les excuser, mais sachons que la justice de Dieu est à l’abri des erreurs judiciaires. La meilleure manière d’honorer le souvenir de ceux qui n’ont suivi le Seigneur est de ne pas faire ce qu’ils ont fait et de nous réfugier dans le Seigneur.
2°. Se souvenir de ses morts au cimetière.
Le propre de l’homme au sein de la création est de bâtir des sépultures pour ses morts.
1°. Premier tombeau. La première mention d’un ensevelissement dans la Bible est celui de Sara, la femme d’Abraham. “ La vie de Sara fut de cent vingt–sept ans : telles sont les années de la vie de Sara. Sara mourut à Kirjath–Arba, qui est Hébron, dans le pays de Canaan ; et Abraham vint pour mener deuil sur Sara et pour la pleurer. Abraham se leva de devant son mort, et parla ainsi aux fils de Heth, Je suis étranger et habitant parmi vous ; donnez–moi la possession d’un sépulcre chez vous, pour enterrer mon mort et l’ôter de devant moi. ” (Genèse 23:1-4 NEG) La négociation pour acquérir le terrain fut ardue, mais elle aboutit, et ce tombeau devint la première propriété foncière d’Abraham en terre de Canaan. “ Le champ d’Ephron à Macpéla, vis–à–vis de Mamré, le champ et la caverne qui y est, et tous les arbres qui sont dans le champ et dans toutes ses limites alentour, devinrent ainsi la propriété d’Abraham, aux yeux des fils de Heth et de tous ceux qui entraient par la porte de sa ville. Après cela, Abraham enterra Sara, sa femme, dans la caverne du champ de Macpéla, vis–à–vis de Mamré, qui est Hébron, dans le pays de Canaan. Le champ et la caverne qui y est demeurèrent à Abraham comme possession sépulcrale, acquise des fils de Heth. ” (Genèse 23:17-20 NEG) La mort de Sara donne à son peuple les prémices de la Terre Promise. L’Evangile du Royaume de Dieu va reposer lui aussi sur une mort, celle de Jésus sur le Mont Golgotha. Il sera aussi enseveli, mais par pour longtemps, puisqu’il ressuscita le troisième jour.
2°. Danger d’hypocrisie face à un tombeau. Jésus met en garde contre le risque d’hypocrisie en rendant hommage à nos morts. “ Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au–dehors, et qui, au–dedans, sont pleins d’ossements de morts et de toute espèce d’impuretés. Vous de même, au–dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais, au–dedans, vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes et ornez les sépulcres des justes, et que vous dites : Si nous avions vécu du temps de nos pères, nous ne nous serions pas joints à eux pour répandre le sang des prophètes. ” (Matthieu 23:27-30 NEG)
Les cimetières sont des endroits qui nous rappellent la brièveté de la vie terrestre. Ces pharisiens se disaient qu’ils n’auraient pas commis les bavures de leurs pères en tuant les prophètes parce que leur message ne leur plaisait pas. Les pharisiens se donnaient bonne conscience sur le passé des autres. Le problème c’est qu’ils ne se laissaient pas sonder leur coeur par Dieu pour savoir s’ils étaient capables d’en faire autant. Et ils le firent en faisant crucifier Jésus, lapider Etienne et bien d’autres.Les disciples de Jésus n’étaient pas parfaits, mais ils le savaient et le reconnaissaient. Lorsque Jésus leur annonça sa trahison par l’un d’eux, ils eurent une réaction diamétralement opposée à celle des Pharisiens : “ Le soir étant venu, il se mit à table avec les douze. Pendant qu’ils mangeaient, il dit : Je vous le dis en vérité, l’un de vous me livrera. Ils furent profondément attristés, et chacun se mit à lui dire : Est–ce moi, Seigneur ? ” (Matthieu 26:20-22 NEG)
Une visite dans un cimetière peut être l’occasion de se laisser sonder par Dieu. Beaucoup de tombes portent l’inscription « regrets ». Bien sur c’est pour évoquer la disparition de l’être cher. Mais n’est-ce pas aussi pour exprimer ce que nous aurions pu faire de bien à l’égard du disparu et que nous n’avons pas fait ? Nos visites à nos défunts doivent nous stimuler à prendre soin des vivants. Pourquoi offrions-nous plus de fleurs aux gens lorsqu’ils sont morts que lorsqu’ils étaient vivants.
Une visite au cimetière peut aussi nous faire prendre conscience que si nous n’utilisons pas bien le temps qu’il nous reste à vivre sur la terre nous risquons de connaître des regrets éternels. Le livre le plus connu du pasteur Adolphe Monod est celui qu’il écrivit sur son lit de souffrance et qui s’intitule « Les Adieux ». Cinq chapitres de ce livre sont consacrés à : « Les regrets d’un mourant ». Il y traite des domaines où il lui semble qu’il aurait pu y accorder plus de temps et mieux faire, ainsi il énumère : le secret d’une vie sainte, active et paisible ; l’étude de la Parole de Dieu ; l’emploi de son temps ; la prière ; la préoccupation des petits intérêts.
Une saine manière d’honorer nos morts c’est aussi de recentrer nos vies sur l’essentiel.
3°. Entretenir les tombes. Les mauvaises herbes n’ont pas eu le temps de pousser devant le tombeau de Jésus, mais on peut constater que ses proches avaient prévu d’entretenir et son corps et sa tombe : “ Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé, achetèrent des aromates, afin d’aller embaumer Jésus. Le premier jour de la semaine, elles se rendirent au sépulcre, de grand matin, comme le soleil venait de se lever. Elles disaient entre elles : Qui nous roulera la pierre loin de l’entrée du sépulcre ? ” (Marc 16:1-3 NEG)
La mort d’un être cher entraîne des soucis bien matériels. Ceci est légitime et fait partie du deuil. Mais toutes ces petites attentions ne doivent pas nous détourner de l’essentiel. Les trois femmes de l’Evangile avaient oublié que Jésus avait dit qu’il ressusciterait le troisième jour. Il est normal d’entretenir les tombes de nos défunts, mais l’aspect macabre de la mort ne doit pas nous faire oublier la suprématie de la résurrection et de la vie éternelle. Jésus est sorti du tombeau ! Il est vivant ! Et bientôt il entraînera avec Lui vers son Royaume tous ceux qui auront cru en Lui.
Conclusion :
Ne cédons ni au macabre ni à la superficialité dans ces temps de Toussaint. Mais réajustons notre manière de penser en ayant recours aux conseils de la Bible, laissons Dieu sonder nos cœurs sur les questions les plus intimes qui soient, et souvenons-nous que Jésus-Christ a triomphé du péché et de la mort.
Quimper le Dimanche 1er Novembre 2009.
Alain Monclair.
Alain Monclair.


