Une journée de bonne nouvelle.
Partager l’Evangile dans un monde en crise.
“ Puis ils se dirent l’un à l’autre : Nous n’agissons pas bien ! Cette journée est une journée de bonne nouvelle ; si nous gardons le silence et si nous attendons jusqu’à la lumière du matin, le châtiment nous atteindra. Venez maintenant, et allons informer la maison du roi. ” (2 Rois 7:9 NEG)
Le deuxième Livre des Rois rapporte une triste situation qui cependant eut une issue heureuse. La crise que vivaient les habitants de la ville de Samarie était la plus tragique qui soit. C’était à l’origine une crise morale et spirituelle qui entraîna la décadence d’Israël. Ils ne marchaient plus avec Dieu et Dieu les livra à eux-mêmes face à leur cruel ennemi, Ben Hadad, roi de Syrie. Cependant Dieu ne désire pas la mort du pécheur mais son salut. Le prophète Ézéchiel développe cette vérité dans son livre : “ Ce que je désire, est–ce que le méchant meure ? dit le Seigneur, l’Eternel. N’est–ce pas qu’il change de conduite et qu’il vive ? ” (Ézéchiel 18:23 NEG)
“ Rejetez loin de vous toutes les transgressions par lesquelles vous avez péché ; faites–vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. Pourquoi mourriez–vous, maison d’Israël ? Car je ne désire pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l’Eternel. Convertissez–vous donc, et vivez. ” (Ézéchiel 18:31-32 NEG)
Dieu va utiliser le prophète Élysée pour tendre la perche du salut au peuple d’Israël, assiégé dans la ville de Samarie. Certains vont rejeter cette perche au péril de leur vie, et d’autres vont y croire et voir s’accomplir la délivrance promise par Dieu. Quatre lépreux vont être les premiers à bénéficier de cette délivrance. Eux, que la société a mis à l’écart, au lieu de garder pour eux seuls le trésor découvert, ils vont retourner vers la ville qui les a exclus pour leur annoncer la bonne nouvelle. (Un jour de bonne nouvelle : LXX utilise ici le terme qui a donné évangile.) Ce récit est une parabole vécue de la puissance de l’Evangile dans une situation désespérée et de l’importance vitale de partager cette Bonne Nouvelle.
Parcourons donc ce texte pour en tirer des leçons utiles pour nous, croyants du 21ème siècle.
1°. La profondeur de la crise 2 Rois 6.24-33.
“Après cela, Ben–Hadad, roi de Syrie, ayant rassemblé toute son armée, monta et assiégea Samarie. Il y eut une grande famine dans Samarie ; et ils la serrèrent tellement qu’une tête d’âne valait quatre–vingt sicles d’argent, et le quart d’un cab de fiente de pigeon cinq sicles d’argent. Et comme le roi passait sur la muraille, une femme lui cria : Sauve–moi, ô roi, mon seigneur ! Il répondit : Si l’Eternel ne te sauve pas, avec quoi te sauverais–je ? Avec le produit de l’aire ou du pressoir ? Et le roi lui dit : Qu’as–tu ? Elle répondit : Cette femme–là m’a dit : Donne ton fils ! Nous le mangerons aujourd’hui, et demain nous mangerons mon fils. Nous avons fait cuire mon fils, et nous l’avons mangé. Et le jour suivant, je lui ai dit : Donne ton fils, et nous le mangerons. Mais elle a caché son fils. Lorsque le roi entendit les paroles de cette femme, il déchira ses vêtements, en passant sur la muraille ; et le peuple vit qu’il avait en dedans un sac sur son corps. Le roi dit : Que Dieu me punisse dans toute sa rigueur, si la tête d’Élisée, fils de Schaphath, reste aujourd’hui sur lui ! Or Élisée était dans sa maison, et les anciens étaient assis auprès de lui. Le roi envoya quelqu’un devant lui. Mais avant que le messager soit arrivé, Élisée dit aux anciens : Voyez–vous que ce fils d’assassin envoie quelqu’un pour m’ôter la tête ? Écoutez ! Quand le messager viendra, fermez la porte, et repoussez–le avec la porte : le bruit des pas de son maître ne se fait–il pas entendre derrière lui ? Il leur parlait encore, et déjà le messager était descendu vers lui, et disait : Voici, ce mal vient de l’Eternel ; qu’ai–je à espérer encore de l’Eternel ?” (2 Rois 6:24-33 NEG)
La famine n’était pas que alimentaire, elle était aussi morale et spirituelle. Sinon comment ces deux femmes auraient-elles pu conclure un tel marché ? Deux mamans qui décident après réflexion de manger leurs enfants ! Comment ont-elles pu en arriver là ? Elles estimaient probablement qu’il n’y avait aucun avenir pour leurs enfants. Mais est-ce une raison pour sacrifier leurs enfants sur l’autel de leur conception personnelle de la situation ? Malheureusement nous apprenons de temps à autre par les médias qu’un père ou une mère s’est suicidé après avoir tué ses enfants. Comment peut-on prévenir de tels dérapages moraux ? Ces femmes Israélites auraient du savoir que la loi de Dieu interdit de tuer et de manger de la chair humaine. Ces femmes auraient aussi du savoir que Dieu écoute ceux qui lui ouvrent leurs cœurs au sein du désespoir et reconnaissent leur part de culpabilité (Psaume 32.5-6). Elles appartenaient au peuple d’Israël, le peuple de Dieu, mais elle ne connaissaient pas Dieu et ignoraient ses lois. Leurs consciences s’étaient éteintes par famine spirituelle. La deuxième femme ne veut pas donner son enfant, mais c’est plus par égoïsme ou instinct maternel que par la direction de sa conscience. Nous vivons dans des pays où la Parole de Dieu est ignorée, et malheureusement nos faits divers ressemblent beaucoup à ceux de Samarie autrefois. Pour guérir le mal, il faut aller à la source du problème, il faut nourrir le cœur humain par la Parole de Dieu. Une mère qui connaît et qui croit ce que la Bible dit ne mange ni son enfant ni celui de sa voisine, aussi grand que soit son désespoir. La Parole de Dieu n’apporte pas que des lois à suivre, elle nourrit aussi l’espoir du croyant. Certaines situations sont si difficiles qu’il n’est pas possible à vue humaine d’y voir une porte d’espoir, mais Dieu voit plus loin que nous. Dieu a un plan éternel pour nos vies, voici le message qu’il confie à Jérémie pour un peuple qui était dans situation guère plus facile que celle de Samarie : “ Car je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Eternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance. ” (Jérémie 29:11 NEG). Même lorsqu’il n’y plus d’espoir à l’horizon humain il y a encore de l’espoir auprès de dieu. Ceci fait partie de l’abc de la foi, il est dit d’Abraham, le père et le modèle de tous les croyants qu’ « il espéra contre toute espérance » (Lettre aux Romains 4.17-18). Seul Dieu peut nourrir un cœur humain par ses promesses. L’homme, bien souvent n’a pas les moyens de réaliser les promesses qu’il fait miroiter aux yeux de ses contemporains.
Le roi d’Israël (Joram) eût un choc lorsqu’il entendit l’histoire de ces deux femmes. Il était profondément désolé de la situation de son pays, sa tenue vestimentaire l’attestait. Mais la sincérité des sentiments n’a pas grande valeur si elle ne repose pas sur la vérité.
Et l’on découvre que le roi ne se remet pas du tout en question dans cette situation dramatique. Au contraire, il accuse le prophète Élisée d’en être le responsable. C’est une manière un peu étrange de déléguer ses responsabilités ! Comme beaucoup d’autres le roi fait son ‘mea culpa’ sur la poitrine du prochain. Il accuse Élisée (verset 31), mais en fait c’est Dieu qu’il accuse, comme le dit son messager au verset 33.
Il est étonnant de voir comment les hommes accusent vite un Dieu en qui ils ne croient pas et à qui ils n’ont jamais demandé conseil au jour où tout va mal pour eux. « Il n’était pas là ! » Disent-ils. Mais ils ont tout fait pour que Dieu soit mis au placard de la société, en lui donnant un rôle de simple joker au jour où rien ne va plus et de bouc émissaire si rien ne s’arrange.
C’est à un tel monde que Dieu adresse la Bonne Nouvelle de l’Evangile. « Dieu est trop patient » diront certains, mais ils n’ont alors rien compris au contenu de l’Evangile. Car le message de l’Evangile consiste essentiellement à inviter les hommes à recevoir le plein pardon acquis par Jésus-Christ à la croix et rendu efficace par la puissance de la résurrection, lorsqu’il est reçu par la foi.
C’est dans un tel monde que nous sommes appelés à partager l’Evangile.
2°. La réalisation de la promesse. 2 Rois 7.1-20.
Formulation de la promesse :
“ Élisée dit : Écoutez la parole de l’Eternel ! Ainsi parle l’Eternel : Demain, à cette heure, on aura une mesure de fleur de farine pour un sicle et deux mesures d’orge pour un sicle, à la porte de Samarie. ” (2 Rois 7:1 NEG) Une promesse est toujours annoncée à l’avance, sinon ce n’est plus une promesse. Dieu fait toujours reposer ses délivrances sur une promesse. Marcher par la foi ce n’est pas aller à l’aveuglette, c’est se confier en une Parole de Dieu. Nous sommes appelés à marcher par la foi. Je n’ai jamais entendu parler d’une œuvre de Dieu où ses enfants n’ont fait qu’attendre passivement une hypothétique délivrance ou victoire. La foi chrétienne n’est pas une foi ‘in chala’. Œuvrer pour Dieu c’est s’appuyer sur une promesse de Dieu. Cette promesse est souvent donnée après un combat dans la prière, comme Abraham lorsqu’il intercéda pour la ville de Sodome. Lot, son neveu, fut sauvé. Demandons à Dieu de nous fortifier par son Esprit pour annoncer la promesse de l’Evangile. Nous pouvons annoncer à quiconque veut l’entendre : « Aujourd’hui même quiconque se confiera en Jésus-Christ sera sauvé ! » Mais pour pouvoir le faire joyeusement et avec crédibilité nous avons besoin que Dieu visite nos cœurs. Nous sommes appelés à désirer le salut de ceux qui nous entourent car nous sommes disciples de Jésus à qui le Père dit : “ Demande–moi et je te donnerai les nations pour héritage, Les extrémités de la terre pour possession ; ” (Psaumes 2:8 NEG). L’apôtre Paul prenait à la lettre de telles promesses et voici ce qu’il peut témoigner : “ Un ange du Dieu à qui j’appartiens et que je sers m’est apparu cette nuit, et m’a dit : Paul, ne crains point ; il faut que tu comparaisses devant César, et voici, Dieu t’a donné tous ceux qui naviguent avec toi. ” (Actes 27:23-24 NEG). Je suppose que Paul avait demandé à Dieu le salut de ces hommes qui naviguaient avec lui et qui étaient en péril comme lui. N’ayons pas peur de demander à Dieu une parole d’espoir pour le peuple au sein duquel nous vivons, pour la ville où nous habitons.
Choix face à la promesse :
“ L’officier sur la main duquel s’appuyait le roi répondit à l’homme de Dieu : Quand l’Eternel ferait des fenêtres au ciel, pareille chose arriverait–elle ? Et Elisée dit : Tu le verras de tes yeux ; mais tu n’en mangeras point. ” (2 Rois 7:2 NEG)
“ C’est en effet ce qui lui arriva : il fut écrasé à la porte par le peuple, et il mourut. ” (2 Rois 7:20 NEG)
Les promesses de Dieu sont un peu comme des lettres recommandées. Nous avons le choix de les accepter ou de les refuser, mais nous ne pouvons pas dire que nous ne savions pas ! L’officier du roi choisit de rejeter la promesse et en subit les conséquences. Si Dieu laisse les hommes libres d’accepter ou de rejeter ses promesses, nous ne devons pas croire que nous avons plus de responsabilité que Dieu. La foi est toujours un libre choix, c’est pourquoi la pression et la manipulation sont incompatibles avec l’annonce de l’Evangile. Par contre nous devons, par amour pour l’autre, mettre chacun devant les conséquences de son choix, et prier pour leur salut (1 Timothée 2.1-6).
La raison et la foi en la promesse :
La foi n’est pas la démission de la raison. Les quatre lépreux calculent le risque qu’ils prennent en prenant au sérieux la promesse annoncée par Élisée. Ils réalisent alors qu’ils n’ont rien à perdre puisqu’ils sont déjà perdus !
“ Il y avait à l’entrée de la porte quatre lépreux, qui se dirent l’un à l’autre : Quoi ! resterons–nous ici jusqu’à ce que nous mourions ? Si nous songeons à entrer dans la ville, la famine est dans la ville, et nous y mourrons ; et si nous restons ici, nous mourrons également. Allons nous jeter dans le camp des Syriens ; s’ils nous laissent vivre, nous vivrons et s’ils nous font mourir, nous mourrons. Ils partirent donc au crépuscule, pour se rendre au camp des Syriens ; et lorsqu’ils furent arrivés à l’entrée du camp des Syriens, voici, il n’y avait personne. ” (2 Rois 7:3-5 NEG)
Les quatre lépreux réalisent que le statu quo est impossible. S’ils ne prennent pas une décision ils vont mourir. Seul l’orgueil pourrait encore les retenir. Mais lorsqu’on était lépreux en Israël à cette époque, l’orgueil personnel en prenait un sacré coup. Le général Nahaman, atteint par la lèpre fut face à ce choix. Malgré son statut social élevé il choisit de s’humilier en se plongeant sept fois dans les eaux du Jourdain pour être guéri (2 Rois 5.13-14). Le péché est un mal aussi grave que la lèpre. Faisons le calcul et nous verrons que nous ne prenons aucun risque à choisir la promesse de salut offerte par Dieu en Jésus-Christ. Mais un tel calcul n’est-il pas indigne de tout homme qui se respecte ? Non ! Car Jésus lui-même nous invite à faire l’inventaire de nos propres ressources face au prix à payer pour bâtir son avenir éternel et pour vaincre l’ennemi de nos âmes : “ Car, lequel de vous, s’il veut bâtir une tour, ne s’assied d’abord pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi la terminer, de peur qu’après avoir posé les fondements, il ne puisse l’achever, et que tous ceux qui le verront ne se mettent à le railler, en disant : Cet homme a commencé à bâtir, et il n’a pu achever ? Ou quel roi, s’il va faire la guerre à un autre roi, ne s’assied d’abord pour examiner s’il peut, avec dix mille hommes, marcher à la rencontre de celui qui vient l’attaquer avec vingt mille ? S’il ne le peut, tandis que cet autre roi est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix. Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple. ” (Luc 14:28-33 NEG). La foi et la consécration totale sont les seules solutions rationnelles face à la perdition. En sommes-nous convaincus ? Si nous n’en sommes pas convaincus, il n’est pas étonnant que nous ayons des difficultés à partager l’Evangile avec notre prochain, puisque nous ne le vivons pas nous-mêmes. Si nous réfléchissons aux enjeux de décision à prendre nous verrons que la sagesse et la prudence nous recommande de nous confier totalement à Jésus-Christ. Une foi partielle est comme un navire à qui il manque une tôle dans sa coque, il ne peut pas traverser l’océan de la vie.
C’est le Seigneur lui-même qui réalise la promesse :
“ Le Seigneur avait fait entendre dans le camp des Syriens un bruit de chars et un bruit de chevaux, le bruit d’une grande armée, et ils s’étaient dit l’un à l’autre : Voici, le roi d’Israël a pris à sa solde contre nous les rois des Héthiens et les rois des Égyptiens pour venir nous attaquer. Et ils se levèrent et prirent la fuite au crépuscule, abandonnant leurs tentes, leurs chevaux et leurs ânes, le camp tel qu’il était, et ils s’enfuirent pour sauver leur vie. Les lépreux, étant arrivés à l’entrée du camp, pénétrèrent dans une tente, mangèrent et burent, et en emportèrent de l’argent, de l’or, et des vêtements, qu’ils allèrent cacher. Ils revinrent, pénétrèrent dans une autre tente, et en emportèrent des objets qu’ils allèrent cacher. ” (2 Rois 7:6-8 NEG)
C’est le Seigneur qui obtient la victoire sur l’ennemi, ici sans même verser une goutte de sang. Pour notre salut il en est de même, le seul sang versé qui soit nécessaire est celui de Christ crucifié (Éphésiens 1.7 ; Apocalypse 1.5).
La promesse est donnée pour être partagée :
“ Puis ils se dirent l’un à l’autre : Nous n’agissons pas bien ! Cette journée est une journée de bonne nouvelle ; si nous gardons le silence et si nous attendons jusqu’à la lumière du matin, le châtiment nous atteindra. Venez maintenant, et allons informer la maison du roi. Ils partirent, et ils appelèrent les gardes de la porte de la ville, auxquels ils firent ce rapport : Nous sommes entrés dans le camp des Syriens, et voici, il n’y a personne, on n’y entend aucune voix d’homme ; il n’y a que des chevaux attachés et des ânes attachés, et les tentes comme elles étaient. Les gardes de la porte crièrent, et ils transmirent ce rapport à l’intérieur de la maison du roi. ” (2 Rois 7:9-11 NEG)
Nos quatre lépreux sont interpellés dans leur conscience. Non pas parce qu’ils font quelque chose de mal, mais parce qu’ils ont gardé le silence sur le trésor qu’ils ont découvert. Ce qu’ils ont découvert ne fait pas partie des aléas de la guerre, c’est le fruit de la promesse donnée par Dieu quelques heures auparavant.
La promesse est pour tous, elle est adressée à tous et devient tangible pour ceux qui y croient. La promesse de l’Evangile s’adresse aussi à tous : “ Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. ” (Actes 2:39 NEG)
La promesse de Dieu est souvent comparée à de l’eau, et comme chacun sait, l’eau qui stagne ne reste pas fraîche, elle croupit, verdit et perd sa saveur. Il faut que l’eau circule pour qu’elle garde sa saveur et toutes ses qualités. Le Seigneur ne nous appelle pas à être des jerricans ou des citernes mais à devenir des sources. C’est ce que Jésus déclara à la samaritaine sur la margelle du puits de Jacob : “ Jésus lui répondit : Quiconque boit de cette eau aura encore soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. ” (Jean 4:13-14 NEG) Cette femme n’avait pas beaucoup de connaissance théologique, mais à l’instar des quatre lépreux de la ville de Samarie, elle comprit qu’elle devait aller partager avec les gens de son village la Bonne Nouvelle que Jésus lui avait annoncée : “ Alors la femme, ayant laissé sa cruche, s’en alla dans la ville, et dit aux gens : Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ; ne serait–ce point le Christ ? ” (Jean 4:28-29 NEG)
Il y a des bonnes nouvelles qui ne concernent que nous ou notre cercle intime. Les nouvelles concernant notre santé ou nos finances par exemple. Et il y a d’autres bonnes nouvelles qui vont naturellement faire la une des journaux, la baisse du chômage, des impôts, ou l’augmentation de l’allocation rentrée. Mais ici encore tout le monde n’est pas concerné par ces nouvelles.
La bonne nouvelle de l’Evangile concerne tout le monde, car la Bible déclare que tous les hommes sont perdus s’ils n’ont pas recours à Jésus-Christ pour être sauvés.
Mais ce devoir de témoignage et de partage de la Bonne Nouvelle ne doit pas ressembler à une corvée d’intérêt général. Notre témoignage doit prendre sa source dans un cœur ouvert à Dieu et débordant de l’Eau Vive promise par Jésus. Sinon nous ne saurons même pas de quoi nous parlons.
Notre monde a besoin d’entendre une Bonne Nouvelle pour aller mieux. Si nous connaissons cette Bonne Nouvelle ne nous contentons pas d’ouvrir nos oreilles, ouvrons-lui notre cœur et recevons-la. Si nous avons reçu cette Bonne Nouvelle, ne la laissons pas croupir en nous mais partageons la avec notre prochain afin qu’elle se répande comme une eau qui purifie et vivifie tous ceux qui la reçoivent. Pour cela point besoin d’être un théologien, un lépreux ou une Samaritaine peut devenir une source de bénédiction pour son prochain.
Le deuxième Livre des Rois rapporte une triste situation qui cependant eut une issue heureuse. La crise que vivaient les habitants de la ville de Samarie était la plus tragique qui soit. C’était à l’origine une crise morale et spirituelle qui entraîna la décadence d’Israël. Ils ne marchaient plus avec Dieu et Dieu les livra à eux-mêmes face à leur cruel ennemi, Ben Hadad, roi de Syrie. Cependant Dieu ne désire pas la mort du pécheur mais son salut. Le prophète Ézéchiel développe cette vérité dans son livre : “ Ce que je désire, est–ce que le méchant meure ? dit le Seigneur, l’Eternel. N’est–ce pas qu’il change de conduite et qu’il vive ? ” (Ézéchiel 18:23 NEG)
“ Rejetez loin de vous toutes les transgressions par lesquelles vous avez péché ; faites–vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. Pourquoi mourriez–vous, maison d’Israël ? Car je ne désire pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l’Eternel. Convertissez–vous donc, et vivez. ” (Ézéchiel 18:31-32 NEG)
Dieu va utiliser le prophète Élysée pour tendre la perche du salut au peuple d’Israël, assiégé dans la ville de Samarie. Certains vont rejeter cette perche au péril de leur vie, et d’autres vont y croire et voir s’accomplir la délivrance promise par Dieu. Quatre lépreux vont être les premiers à bénéficier de cette délivrance. Eux, que la société a mis à l’écart, au lieu de garder pour eux seuls le trésor découvert, ils vont retourner vers la ville qui les a exclus pour leur annoncer la bonne nouvelle. (Un jour de bonne nouvelle : LXX utilise ici le terme qui a donné évangile.) Ce récit est une parabole vécue de la puissance de l’Evangile dans une situation désespérée et de l’importance vitale de partager cette Bonne Nouvelle.
Parcourons donc ce texte pour en tirer des leçons utiles pour nous, croyants du 21ème siècle.
1°. La profondeur de la crise 2 Rois 6.24-33.
“Après cela, Ben–Hadad, roi de Syrie, ayant rassemblé toute son armée, monta et assiégea Samarie. Il y eut une grande famine dans Samarie ; et ils la serrèrent tellement qu’une tête d’âne valait quatre–vingt sicles d’argent, et le quart d’un cab de fiente de pigeon cinq sicles d’argent. Et comme le roi passait sur la muraille, une femme lui cria : Sauve–moi, ô roi, mon seigneur ! Il répondit : Si l’Eternel ne te sauve pas, avec quoi te sauverais–je ? Avec le produit de l’aire ou du pressoir ? Et le roi lui dit : Qu’as–tu ? Elle répondit : Cette femme–là m’a dit : Donne ton fils ! Nous le mangerons aujourd’hui, et demain nous mangerons mon fils. Nous avons fait cuire mon fils, et nous l’avons mangé. Et le jour suivant, je lui ai dit : Donne ton fils, et nous le mangerons. Mais elle a caché son fils. Lorsque le roi entendit les paroles de cette femme, il déchira ses vêtements, en passant sur la muraille ; et le peuple vit qu’il avait en dedans un sac sur son corps. Le roi dit : Que Dieu me punisse dans toute sa rigueur, si la tête d’Élisée, fils de Schaphath, reste aujourd’hui sur lui ! Or Élisée était dans sa maison, et les anciens étaient assis auprès de lui. Le roi envoya quelqu’un devant lui. Mais avant que le messager soit arrivé, Élisée dit aux anciens : Voyez–vous que ce fils d’assassin envoie quelqu’un pour m’ôter la tête ? Écoutez ! Quand le messager viendra, fermez la porte, et repoussez–le avec la porte : le bruit des pas de son maître ne se fait–il pas entendre derrière lui ? Il leur parlait encore, et déjà le messager était descendu vers lui, et disait : Voici, ce mal vient de l’Eternel ; qu’ai–je à espérer encore de l’Eternel ?” (2 Rois 6:24-33 NEG)
La famine n’était pas que alimentaire, elle était aussi morale et spirituelle. Sinon comment ces deux femmes auraient-elles pu conclure un tel marché ? Deux mamans qui décident après réflexion de manger leurs enfants ! Comment ont-elles pu en arriver là ? Elles estimaient probablement qu’il n’y avait aucun avenir pour leurs enfants. Mais est-ce une raison pour sacrifier leurs enfants sur l’autel de leur conception personnelle de la situation ? Malheureusement nous apprenons de temps à autre par les médias qu’un père ou une mère s’est suicidé après avoir tué ses enfants. Comment peut-on prévenir de tels dérapages moraux ? Ces femmes Israélites auraient du savoir que la loi de Dieu interdit de tuer et de manger de la chair humaine. Ces femmes auraient aussi du savoir que Dieu écoute ceux qui lui ouvrent leurs cœurs au sein du désespoir et reconnaissent leur part de culpabilité (Psaume 32.5-6). Elles appartenaient au peuple d’Israël, le peuple de Dieu, mais elle ne connaissaient pas Dieu et ignoraient ses lois. Leurs consciences s’étaient éteintes par famine spirituelle. La deuxième femme ne veut pas donner son enfant, mais c’est plus par égoïsme ou instinct maternel que par la direction de sa conscience. Nous vivons dans des pays où la Parole de Dieu est ignorée, et malheureusement nos faits divers ressemblent beaucoup à ceux de Samarie autrefois. Pour guérir le mal, il faut aller à la source du problème, il faut nourrir le cœur humain par la Parole de Dieu. Une mère qui connaît et qui croit ce que la Bible dit ne mange ni son enfant ni celui de sa voisine, aussi grand que soit son désespoir. La Parole de Dieu n’apporte pas que des lois à suivre, elle nourrit aussi l’espoir du croyant. Certaines situations sont si difficiles qu’il n’est pas possible à vue humaine d’y voir une porte d’espoir, mais Dieu voit plus loin que nous. Dieu a un plan éternel pour nos vies, voici le message qu’il confie à Jérémie pour un peuple qui était dans situation guère plus facile que celle de Samarie : “ Car je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Eternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance. ” (Jérémie 29:11 NEG). Même lorsqu’il n’y plus d’espoir à l’horizon humain il y a encore de l’espoir auprès de dieu. Ceci fait partie de l’abc de la foi, il est dit d’Abraham, le père et le modèle de tous les croyants qu’ « il espéra contre toute espérance » (Lettre aux Romains 4.17-18). Seul Dieu peut nourrir un cœur humain par ses promesses. L’homme, bien souvent n’a pas les moyens de réaliser les promesses qu’il fait miroiter aux yeux de ses contemporains.
Le roi d’Israël (Joram) eût un choc lorsqu’il entendit l’histoire de ces deux femmes. Il était profondément désolé de la situation de son pays, sa tenue vestimentaire l’attestait. Mais la sincérité des sentiments n’a pas grande valeur si elle ne repose pas sur la vérité.
Et l’on découvre que le roi ne se remet pas du tout en question dans cette situation dramatique. Au contraire, il accuse le prophète Élisée d’en être le responsable. C’est une manière un peu étrange de déléguer ses responsabilités ! Comme beaucoup d’autres le roi fait son ‘mea culpa’ sur la poitrine du prochain. Il accuse Élisée (verset 31), mais en fait c’est Dieu qu’il accuse, comme le dit son messager au verset 33.
Il est étonnant de voir comment les hommes accusent vite un Dieu en qui ils ne croient pas et à qui ils n’ont jamais demandé conseil au jour où tout va mal pour eux. « Il n’était pas là ! » Disent-ils. Mais ils ont tout fait pour que Dieu soit mis au placard de la société, en lui donnant un rôle de simple joker au jour où rien ne va plus et de bouc émissaire si rien ne s’arrange.
C’est à un tel monde que Dieu adresse la Bonne Nouvelle de l’Evangile. « Dieu est trop patient » diront certains, mais ils n’ont alors rien compris au contenu de l’Evangile. Car le message de l’Evangile consiste essentiellement à inviter les hommes à recevoir le plein pardon acquis par Jésus-Christ à la croix et rendu efficace par la puissance de la résurrection, lorsqu’il est reçu par la foi.
C’est dans un tel monde que nous sommes appelés à partager l’Evangile.
2°. La réalisation de la promesse. 2 Rois 7.1-20.
Formulation de la promesse :
“ Élisée dit : Écoutez la parole de l’Eternel ! Ainsi parle l’Eternel : Demain, à cette heure, on aura une mesure de fleur de farine pour un sicle et deux mesures d’orge pour un sicle, à la porte de Samarie. ” (2 Rois 7:1 NEG) Une promesse est toujours annoncée à l’avance, sinon ce n’est plus une promesse. Dieu fait toujours reposer ses délivrances sur une promesse. Marcher par la foi ce n’est pas aller à l’aveuglette, c’est se confier en une Parole de Dieu. Nous sommes appelés à marcher par la foi. Je n’ai jamais entendu parler d’une œuvre de Dieu où ses enfants n’ont fait qu’attendre passivement une hypothétique délivrance ou victoire. La foi chrétienne n’est pas une foi ‘in chala’. Œuvrer pour Dieu c’est s’appuyer sur une promesse de Dieu. Cette promesse est souvent donnée après un combat dans la prière, comme Abraham lorsqu’il intercéda pour la ville de Sodome. Lot, son neveu, fut sauvé. Demandons à Dieu de nous fortifier par son Esprit pour annoncer la promesse de l’Evangile. Nous pouvons annoncer à quiconque veut l’entendre : « Aujourd’hui même quiconque se confiera en Jésus-Christ sera sauvé ! » Mais pour pouvoir le faire joyeusement et avec crédibilité nous avons besoin que Dieu visite nos cœurs. Nous sommes appelés à désirer le salut de ceux qui nous entourent car nous sommes disciples de Jésus à qui le Père dit : “ Demande–moi et je te donnerai les nations pour héritage, Les extrémités de la terre pour possession ; ” (Psaumes 2:8 NEG). L’apôtre Paul prenait à la lettre de telles promesses et voici ce qu’il peut témoigner : “ Un ange du Dieu à qui j’appartiens et que je sers m’est apparu cette nuit, et m’a dit : Paul, ne crains point ; il faut que tu comparaisses devant César, et voici, Dieu t’a donné tous ceux qui naviguent avec toi. ” (Actes 27:23-24 NEG). Je suppose que Paul avait demandé à Dieu le salut de ces hommes qui naviguaient avec lui et qui étaient en péril comme lui. N’ayons pas peur de demander à Dieu une parole d’espoir pour le peuple au sein duquel nous vivons, pour la ville où nous habitons.
Choix face à la promesse :
“ L’officier sur la main duquel s’appuyait le roi répondit à l’homme de Dieu : Quand l’Eternel ferait des fenêtres au ciel, pareille chose arriverait–elle ? Et Elisée dit : Tu le verras de tes yeux ; mais tu n’en mangeras point. ” (2 Rois 7:2 NEG)
“ C’est en effet ce qui lui arriva : il fut écrasé à la porte par le peuple, et il mourut. ” (2 Rois 7:20 NEG)
Les promesses de Dieu sont un peu comme des lettres recommandées. Nous avons le choix de les accepter ou de les refuser, mais nous ne pouvons pas dire que nous ne savions pas ! L’officier du roi choisit de rejeter la promesse et en subit les conséquences. Si Dieu laisse les hommes libres d’accepter ou de rejeter ses promesses, nous ne devons pas croire que nous avons plus de responsabilité que Dieu. La foi est toujours un libre choix, c’est pourquoi la pression et la manipulation sont incompatibles avec l’annonce de l’Evangile. Par contre nous devons, par amour pour l’autre, mettre chacun devant les conséquences de son choix, et prier pour leur salut (1 Timothée 2.1-6).
La raison et la foi en la promesse :
La foi n’est pas la démission de la raison. Les quatre lépreux calculent le risque qu’ils prennent en prenant au sérieux la promesse annoncée par Élisée. Ils réalisent alors qu’ils n’ont rien à perdre puisqu’ils sont déjà perdus !
“ Il y avait à l’entrée de la porte quatre lépreux, qui se dirent l’un à l’autre : Quoi ! resterons–nous ici jusqu’à ce que nous mourions ? Si nous songeons à entrer dans la ville, la famine est dans la ville, et nous y mourrons ; et si nous restons ici, nous mourrons également. Allons nous jeter dans le camp des Syriens ; s’ils nous laissent vivre, nous vivrons et s’ils nous font mourir, nous mourrons. Ils partirent donc au crépuscule, pour se rendre au camp des Syriens ; et lorsqu’ils furent arrivés à l’entrée du camp des Syriens, voici, il n’y avait personne. ” (2 Rois 7:3-5 NEG)
Les quatre lépreux réalisent que le statu quo est impossible. S’ils ne prennent pas une décision ils vont mourir. Seul l’orgueil pourrait encore les retenir. Mais lorsqu’on était lépreux en Israël à cette époque, l’orgueil personnel en prenait un sacré coup. Le général Nahaman, atteint par la lèpre fut face à ce choix. Malgré son statut social élevé il choisit de s’humilier en se plongeant sept fois dans les eaux du Jourdain pour être guéri (2 Rois 5.13-14). Le péché est un mal aussi grave que la lèpre. Faisons le calcul et nous verrons que nous ne prenons aucun risque à choisir la promesse de salut offerte par Dieu en Jésus-Christ. Mais un tel calcul n’est-il pas indigne de tout homme qui se respecte ? Non ! Car Jésus lui-même nous invite à faire l’inventaire de nos propres ressources face au prix à payer pour bâtir son avenir éternel et pour vaincre l’ennemi de nos âmes : “ Car, lequel de vous, s’il veut bâtir une tour, ne s’assied d’abord pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi la terminer, de peur qu’après avoir posé les fondements, il ne puisse l’achever, et que tous ceux qui le verront ne se mettent à le railler, en disant : Cet homme a commencé à bâtir, et il n’a pu achever ? Ou quel roi, s’il va faire la guerre à un autre roi, ne s’assied d’abord pour examiner s’il peut, avec dix mille hommes, marcher à la rencontre de celui qui vient l’attaquer avec vingt mille ? S’il ne le peut, tandis que cet autre roi est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix. Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple. ” (Luc 14:28-33 NEG). La foi et la consécration totale sont les seules solutions rationnelles face à la perdition. En sommes-nous convaincus ? Si nous n’en sommes pas convaincus, il n’est pas étonnant que nous ayons des difficultés à partager l’Evangile avec notre prochain, puisque nous ne le vivons pas nous-mêmes. Si nous réfléchissons aux enjeux de décision à prendre nous verrons que la sagesse et la prudence nous recommande de nous confier totalement à Jésus-Christ. Une foi partielle est comme un navire à qui il manque une tôle dans sa coque, il ne peut pas traverser l’océan de la vie.
C’est le Seigneur lui-même qui réalise la promesse :
“ Le Seigneur avait fait entendre dans le camp des Syriens un bruit de chars et un bruit de chevaux, le bruit d’une grande armée, et ils s’étaient dit l’un à l’autre : Voici, le roi d’Israël a pris à sa solde contre nous les rois des Héthiens et les rois des Égyptiens pour venir nous attaquer. Et ils se levèrent et prirent la fuite au crépuscule, abandonnant leurs tentes, leurs chevaux et leurs ânes, le camp tel qu’il était, et ils s’enfuirent pour sauver leur vie. Les lépreux, étant arrivés à l’entrée du camp, pénétrèrent dans une tente, mangèrent et burent, et en emportèrent de l’argent, de l’or, et des vêtements, qu’ils allèrent cacher. Ils revinrent, pénétrèrent dans une autre tente, et en emportèrent des objets qu’ils allèrent cacher. ” (2 Rois 7:6-8 NEG)
C’est le Seigneur qui obtient la victoire sur l’ennemi, ici sans même verser une goutte de sang. Pour notre salut il en est de même, le seul sang versé qui soit nécessaire est celui de Christ crucifié (Éphésiens 1.7 ; Apocalypse 1.5).
La promesse est donnée pour être partagée :
“ Puis ils se dirent l’un à l’autre : Nous n’agissons pas bien ! Cette journée est une journée de bonne nouvelle ; si nous gardons le silence et si nous attendons jusqu’à la lumière du matin, le châtiment nous atteindra. Venez maintenant, et allons informer la maison du roi. Ils partirent, et ils appelèrent les gardes de la porte de la ville, auxquels ils firent ce rapport : Nous sommes entrés dans le camp des Syriens, et voici, il n’y a personne, on n’y entend aucune voix d’homme ; il n’y a que des chevaux attachés et des ânes attachés, et les tentes comme elles étaient. Les gardes de la porte crièrent, et ils transmirent ce rapport à l’intérieur de la maison du roi. ” (2 Rois 7:9-11 NEG)
Nos quatre lépreux sont interpellés dans leur conscience. Non pas parce qu’ils font quelque chose de mal, mais parce qu’ils ont gardé le silence sur le trésor qu’ils ont découvert. Ce qu’ils ont découvert ne fait pas partie des aléas de la guerre, c’est le fruit de la promesse donnée par Dieu quelques heures auparavant.
La promesse est pour tous, elle est adressée à tous et devient tangible pour ceux qui y croient. La promesse de l’Evangile s’adresse aussi à tous : “ Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. ” (Actes 2:39 NEG)
La promesse de Dieu est souvent comparée à de l’eau, et comme chacun sait, l’eau qui stagne ne reste pas fraîche, elle croupit, verdit et perd sa saveur. Il faut que l’eau circule pour qu’elle garde sa saveur et toutes ses qualités. Le Seigneur ne nous appelle pas à être des jerricans ou des citernes mais à devenir des sources. C’est ce que Jésus déclara à la samaritaine sur la margelle du puits de Jacob : “ Jésus lui répondit : Quiconque boit de cette eau aura encore soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. ” (Jean 4:13-14 NEG) Cette femme n’avait pas beaucoup de connaissance théologique, mais à l’instar des quatre lépreux de la ville de Samarie, elle comprit qu’elle devait aller partager avec les gens de son village la Bonne Nouvelle que Jésus lui avait annoncée : “ Alors la femme, ayant laissé sa cruche, s’en alla dans la ville, et dit aux gens : Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ; ne serait–ce point le Christ ? ” (Jean 4:28-29 NEG)
Il y a des bonnes nouvelles qui ne concernent que nous ou notre cercle intime. Les nouvelles concernant notre santé ou nos finances par exemple. Et il y a d’autres bonnes nouvelles qui vont naturellement faire la une des journaux, la baisse du chômage, des impôts, ou l’augmentation de l’allocation rentrée. Mais ici encore tout le monde n’est pas concerné par ces nouvelles.
La bonne nouvelle de l’Evangile concerne tout le monde, car la Bible déclare que tous les hommes sont perdus s’ils n’ont pas recours à Jésus-Christ pour être sauvés.
Mais ce devoir de témoignage et de partage de la Bonne Nouvelle ne doit pas ressembler à une corvée d’intérêt général. Notre témoignage doit prendre sa source dans un cœur ouvert à Dieu et débordant de l’Eau Vive promise par Jésus. Sinon nous ne saurons même pas de quoi nous parlons.
Notre monde a besoin d’entendre une Bonne Nouvelle pour aller mieux. Si nous connaissons cette Bonne Nouvelle ne nous contentons pas d’ouvrir nos oreilles, ouvrons-lui notre cœur et recevons-la. Si nous avons reçu cette Bonne Nouvelle, ne la laissons pas croupir en nous mais partageons la avec notre prochain afin qu’elle se répande comme une eau qui purifie et vivifie tous ceux qui la reçoivent. Pour cela point besoin d’être un théologien, un lépreux ou une Samaritaine peut devenir une source de bénédiction pour son prochain.
Quimper le 18 Octobre 2009.
Alain Monclair.
Alain Monclair.


