Le disciple de Jésus et l'argent
Devenir des gérants généreux.
Lecture : Luc 16 : 1 à 15.
1°. De l’infidélité à la générosité. V. 1 à 8.
“ Jésus dit aussi à ses disciples : Un homme riche avait un économe, qui lui fut dénoncé comme dissipant ses biens. Il l’appela, et lui dit : Qu’est–ce que j’entends dire de toi ? Rends compte de ton administration, car tu ne pourras plus administrer mes biens. L’économe dit en lui–même : Que ferai–je, puisque mon maître m’ôte l’administration de ses biens ? Travailler à la terre ? je ne le puis. Mendier ? j’en ai honte. Je sais ce que je ferai, pour qu’il y ait des gens qui me reçoivent dans leurs maisons quand je serai destitué de mon emploi. Et, faisant venir chacun des débiteurs de son maître, il dit au premier : Combien dois–tu à mon maître ? Cent mesures d’huile, répondit–il. Et il lui dit : Prends ton billet, assieds–toi vite, et écris cinquante. Il dit ensuite à un autre : Et toi, combien dois–tu ? Cent mesures de blé, répondit–il. Et il lui dit : Prends ton billet, et écris quatre–vingt. Le maître loua l’économe infidèle de ce qu’il avait agi en homme avisé. Car les enfants de ce siècle sont plus avisés à l’égard de leurs semblables que ne le sont les enfants de lumière. ” (Luc 16:1-8 NEG)
L’histoire de cet économe infidèle nous paraît extravagante. Cependant, c’est Jésus lui-même qui la raconte et qui en retire un enseignement pour ses disciples. L’Ancien Testament contient des lois précises sur la dîme, les dons et les offrandes. Ces contraintes légales n’existent pas dans le Nouveau Testament, cependant on y trouve un enseignement sur la manière de gérer nos richesses et nos biens matériels.
La parabole de l’économe infidèle nous montre l’importance de la générosité aux yeux de Dieu.
Ce passage de l’Evangile paraît difficile à comprendre car il choque. A plusieurs reprises Jésus a volontairement choisi un langage qui choque. Lorsqu’il a parlé de manger sa chair et de boire son sang, les Pharisiens ont été scandalisés (Jean 6 : 51-52, 60). Mais au-delà des mots qui choquent il y a également une réalité spirituelle qui choque aussi, parce qu’elle ne rentre pas dans le moule du prêt à penser de ce monde.
Comment Jésus peut-il prendre pour modèle un homme qui, dans un premier temps, détourne et dilapide l’argent de son maître et ensuite commet des faux en écriture ?
Jésus ne vante pas les méthodes de cet homme mais nous montre qu’en général les gens de ce monde sont plus conséquents dans la gestion de leurs richesses que nous ne le sommes en tant que croyants et bénéficiaires des diverses grâces de Dieu à notre égard.
Cette histoire nous encourage, car elle nous montre que si nous avons mal commencé dans la gestion des richesses que notre Maître nous a confiées, nous pouvons changer notre manière de faire. Il faut parfois un choc salutaire, un séisme financier, pour que nous révisions nos principes de gestion.
L’économe de la parabole qui se retrouve dans une situation comparable à un préavis de licenciement ou un redressement judiciaire commence à changer sans qu’il s’en rende compte.
On peut penser que ce gérant « intéressé » plutôt qu’ « intéressant » avait fortement gonflé l’ardoise des débiteurs de son maître, afin d’en profiter lui-même grassement.
Mais finalement, c’est le maître qui est encore plus extravaguant que le gérant infidèle ! On a du mal à imaginer un patron qui félicite son gérant aux pratiques douteuses d'avoir diviser par deux les factures de ses clients! Et on peut supposer que c’est l’entretien avec son maître qui a conduit le gérant à changer de mentalité, à devenir généreux.
Dieu est un Maître généreux et il désire que ses enfants le soient aussi, non seulement dans la gestion de l’argent, mais bien en amont de nos actes, au fond de nos cœurs, là où son Esprit forme notre esprit. Quotidiennement nous sommes invités à nous souvenir de la générosité de Dieu à notre égard et à en faire preuve envers notre prochain. C’est en effet ce que dit littéralement l’une des demandes du « Notre Père ». « Remets-nous nos dettes, comme nous aussi nous l’avons fait pour nos débiteurs » Matthieu 6 : 12 Traduction NBS.
Mais de quoi sommes-nous les gérants ?
Nous sommes gérants de la générosité de Dieu envers nous.
La Bible nous invite à considérer que nous avons tout reçu par grâce, même lorsque nous avons transpiré pour l’obtenir. Autrement comment le travailleur pourrait-il rendre grâce pour le pain qu’il a gagné ?
Nous sommes tous dans la situation de cet économe infidèle, le Maître nous appelle à lui rendre compte de la gestion de toutes nos richesses, matérielles et spirituelles. Cet exercice n’est pas réservé aux grosses fortunes ou aux surdoués : « Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même. » Romains 14 : 12.
2°. L’enseignement de Jésus. V. 9 à 13.
Jésus conclut sa parabole en enseignant trois choses :
1°. Se faire des amis avec les richesses injustes.
2°. L’importance de la fidélité en toutes choses.
3°. Le choix incontournable entre Dieu et Mammon.
1°. L’usage des richesses injustes.
“ Et moi, je vous dis : Faites–vous des amis avec les richesses injustes, pour qu’ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels, quand elles viendront à vous manquer. ” (Luc 16:9 NEG)
Un simple coup d’œil sur l’actualité quotidienne suffit pour constater l’énorme inégalité qui existe entre les hommes concernant les richesses. Non seulement entre les pays pauvres et les pays riches, mais également à l’intérieur des pays riches comme d’ailleurs à l’intérieur des pays pauvres. Jésus ne cherche pas à culpabiliser ceux qui possèdent quelque richesse, mais il leur donne des conseils quant à l’usage de leur richesse.
Les richesses de ce monde ne sont pas une valeur sure. La crise actuelle que nous traversons en est la preuve. Les plus riches peuvent se trouver ruinés par une crise financière, une guerre ou une révolution. La mode ou le progrès technologique, peuvent conduire les familles laborieuses les pus riches à mettre la clé sous le paillasson après s’être fait un nom dans telle ou telle industrie.
Jésus nous apprend à regarder les richesses de ce monde comme des richesses périssables qui peuvent venir à manquer un jour. Il n’enseigne pas ce que certains appellent « l’évangile de la prospérité ».
L’amitié ne s’achète pas, mais une richesse mal utilisée génère des relations difficiles, artificiellement mondaines et froides ou provocantes et dangereuses pour sa sécurité. Les richesses égoïstes isolent ceux qui les possèdent.
Jésus nous invite à utiliser nos richesses pour établir des relations saines. L’un des usages notés par le Nouveau Testament quant aux richesses est le secours auprès des défavorisés et des victimes de séismes ou famines (Actes 6 : 1-6 ; 11 : 27-30) Les dons et offrandes dans l’Église n’étaient donc pas exclusivement réservées à l’usage du culte. Mais l’aide envers les démunis ne fait-elle pas partie intégrante du culte que Dieu nous invite à lui rendre ? :
“ Celui qui a pitié du pauvre prête à l’Eternel, Qui lui rendra selon son œuvre. ” (Proverbes 19:17 NEG)
“ L’homme dont le regard est bienveillant sera béni, Parce qu’il donne de son pain au pauvre. ” (Proverbes 22:9 NEG)
Nous n’avons pas à attendre de faire partie des grosses fortunes pour appliquer le principe prescrit par Jésus.
Nous pouvons considérer que toutes nos richesses, tant matérielles que spirituelles sont injustes, puisque nous sommes sauvés uniquement par grâce. Nous ne méritons rien de ce que nous possédons, seul Christ nous justifie. Si notre justice vient de Lui, nous devons vivre comme il a vécu. “ Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus–Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis. ” (2 Corinthiens 8:9 NEG)
Les seules traces éternelles que peuvent laisser nos richesses matérielles sont les louanges à Dieu de ceux qui ont été secourus par nos dons et l’adoration de ceux qui ont été sauvés par l’Evangile dont nous avons contribué à rendre possible la proclamation par notre soutien.
2°. L’importance de la fidélité en toutes choses.
“ Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes. Si donc vous n’avez pas été fidèle dans les richesses injustes, qui vous confiera les véritables ? Et si vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui vous donnera ce qui est à vous ? ” (Luc 16:10-12 NEG)
Le fait d’être disciples de Jésus-Christ nous engage dans tous les domaines de notre vie. La foi chrétienne ne concerne pas uniquement le domaine spirituel. Je ne peux pas être honnête spirituellement et voler mon prochain, pas même mon percepteur ! De même, je ne peux pas prétendre avoir donné ma vie à Jésus et ne pas lui donner un droit de regard sur mes finances et tous les domaines terrestres de ma vie. La vie chrétienne débute et se poursuit par une consécration totale. C’est ce que déclare Jésus lui-même : “ Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple. ” (Luc 14:33 NEG)
Le Seigneur nous appelle à être fidèles en toutes choses, dans les petites comme dans les grandes, dans les modestes comme dans les glorieuses. Sans fidélité il n’y a pas de foi. La foi se prouve par la fidélité et la fidélité est le fruit de la foi. Les deux mots grecs utilisés dans l’Evangile sont très proches (Pistis et Pistos).
L’apprentissage de la fidélité se fait avec les petites choses. Les choses terrestres sont petites, tandis que les choses spirituelles ont une dimension toute autre. Les anciens et les diacres doivent faire preuve de fidélité dans leur vie de tous les jours avant qu’on leur confie les responsabilités liées à leurs charges (1 Timothée 3 : 1-14 ; Tite 1 : 5-9).
Sans cette fidélité totale nous nous fermons à tout progrès spirituel solide.
Nous devons chercher à être fidèles à Dieu sans nous inquiéter pour nous-mêmes, car Dieu, de son côté, est toujours fidèle. Lorsque la fidélité à soi-même prend le dessus sur la fidélité à Dieu, nous tombons dans l’égoïsme, nous ne sommes plus des gérants mais nous menons nos vies à notre propre guise. La générosité et la fidélité de notre Père céleste doivent transparaître dans nos vies de d’enfants de Dieu et de disciples de Jésus-Christ.
3°. Le choix incontournable entre Dieu et Mammon.
“ Nul serviteur ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. ” (Luc 16:13 NEG)
De nombreux passages de la Bible nous enseignent que Satan est le prince de ce monde, et que nous étions sous sa domination de manière innée jusqu’au jour où Dieu nous a sauvés et régénérés par son Esprit. Voici comment l’apôtre Paul présente cette situation aux chrétiens d’Éphèse, dans la transcription ‘Parole Vivante’ d’Alfred Kuen : « (Vous aussi, vous avez expérimenté cette puissance vivifiante de Dieu.) Vous étiez (spirituellement) morts à cause de vos fautes et de vos péchés, lorsque vous vous laissiez emporter par le courant de ce monde. Autrefois toute votre manière de vivre et votre comportement étaient modelés par les habitudes de ce monde–en fait, vous obéissiez à (Satan) qui règne en maître sur l’atmosphère spirituelle que nous respirons et qui influence la mentalité ambiante ; vous viviez dans la dépendance des esprits mauvais qui accomplissaient leurs œuvres en vous, comme ils le font encore en ceux qui refusent d’entrer dans le plan de Dieu. Notre comportement, à nous tous, nous était dicté par nos instincts et nos passions ; nous nous laissions aveuglément gouverner par les impulsions de notre être naturel. Tout ce que désiraient nos pensées et notre imagination corrompues, nous l’exécutions, car nous étions comme obligés de céder à tous les caprices de notre nature humaine et de nos sens. » (Éphésiens 2:1-3 PVV)
Si nous avons fait le choix de rompre avec cette addiction innée à nous conformer aux principes de ce monde inspirés par le Diable sous toutes ses formes et tous ses noms, dont Mammon est l’un d’eux, nous devons le manifester de manière évidente dans la gestion de tous les aspects de notre vie.
Dieu et Mammon sont inconciliables, car ils ont des principes de vie diamétralement opposés. Ils n’ont ni les mêmes objectifs ni les mêmes valeurs morales. Qu’on le veuille ou non, la renommée et l’influence d’un homme aux yeux de ce monde sont essentiellement basées sur sa fortune. Aux yeux de Dieu le plus pauvre des hommes a assez de valeur pour que son Fils se soit donné sur la croix pour le sauver.
J’ai lu quelque part que l’une des différences de principes entre Dieu et Mammon pouvait s’exprimer ainsi : "Le principe de Dieu est: Donner et Recevoir. Celui de Mammon est: Vendre et acheter."
Ne nous laissons pas acheter par le tentateur mais donnons-nous entièrement à Dieu afin de recevoir de Lui la plénitude de la Vie.
3°. La réponse des Pharisiens.
“ Les pharisiens, qui étaient avares (littéralement :‘qui aimaient l’argent), écoutaient aussi tout cela, et ils se moquaient de lui. Jésus leur dit : Vous, vous cherchez à paraître justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu. ” (Luc 16:14-15 NEG)
Les Pharisiens considèrent probablement Jésus comme un doux rêveur idéaliste. Ils sont tellement ancrés dans leurs propres conceptions de la vie qu’ils ne peuvent pas concevoir que Jésus puisse dire la vérité. Leur avarice les aveugle et les enchaîne dans leurs pratiques. Pour eux, ce qui compte c’est le témoignage extérieur. Un tribunal humain ne peut pas condamner un homme pour avarice, orgueil ou égoïsme, mais ces choses n’échappent pas à Dieu. L’apparence ne satisfait pas Dieu. Ce que Dieu veut, ce sont nos cœurs. Et il ne désire pas cohabiter avec Mammon dans nos cœurs ! La vraie richesse c’est la présence et l’influence de Dieu dans nos cœurs. Voici une parabole qui montre bien la supériorité de la générosité du cœur sur les richesses matérielles.
Générosité. Le moine bourlingueur : « Un moine bourlingueur trouva au cours d’un voyage une pierre précieuse et la garda dans sa besace. Un jour, il rencontra un voyageur qui, la voyant lorsqu’il ouvrit son sac pour partager ses provisions, la lui demanda. Le moine la lui donna sans hésiter. Le voyageur le remercia et s’en alla tout heureux de ce cadeau inattendu qui suffirait à lui garantir richesse et sécurité jusqu’à la fin de ses jours. Cependant, quelques jours plus tard, notre voyageur se mit à la recherche du moine itinérant, il le retrouva et lui rendit la pierre précieuse en le suppliant : « Maintenant, je t’en prie, donne-moi quelque chose de bien plus précieux que cette pierre, aussi précieuse soit-elle. S’il te plait, donne-moi ce qui t’a rendu capable de me la donner. » Antony de Mello.
« La vertu est le triomphe de la générosité sur l’intérêt. »
Duc de Lévis. Maréchal de France. 1720 – 1787.
Prions que Dieu nous apprenne à grandir dans la fidélité et la générosité qui le caractérisent, afin que nous puissions l’appeler Père sans rougir ni mentir. C’est ainsi que nous pourrons le glorifier dans nos vies.
“ Jésus dit aussi à ses disciples : Un homme riche avait un économe, qui lui fut dénoncé comme dissipant ses biens. Il l’appela, et lui dit : Qu’est–ce que j’entends dire de toi ? Rends compte de ton administration, car tu ne pourras plus administrer mes biens. L’économe dit en lui–même : Que ferai–je, puisque mon maître m’ôte l’administration de ses biens ? Travailler à la terre ? je ne le puis. Mendier ? j’en ai honte. Je sais ce que je ferai, pour qu’il y ait des gens qui me reçoivent dans leurs maisons quand je serai destitué de mon emploi. Et, faisant venir chacun des débiteurs de son maître, il dit au premier : Combien dois–tu à mon maître ? Cent mesures d’huile, répondit–il. Et il lui dit : Prends ton billet, assieds–toi vite, et écris cinquante. Il dit ensuite à un autre : Et toi, combien dois–tu ? Cent mesures de blé, répondit–il. Et il lui dit : Prends ton billet, et écris quatre–vingt. Le maître loua l’économe infidèle de ce qu’il avait agi en homme avisé. Car les enfants de ce siècle sont plus avisés à l’égard de leurs semblables que ne le sont les enfants de lumière. ” (Luc 16:1-8 NEG)
L’histoire de cet économe infidèle nous paraît extravagante. Cependant, c’est Jésus lui-même qui la raconte et qui en retire un enseignement pour ses disciples. L’Ancien Testament contient des lois précises sur la dîme, les dons et les offrandes. Ces contraintes légales n’existent pas dans le Nouveau Testament, cependant on y trouve un enseignement sur la manière de gérer nos richesses et nos biens matériels.
La parabole de l’économe infidèle nous montre l’importance de la générosité aux yeux de Dieu.
Ce passage de l’Evangile paraît difficile à comprendre car il choque. A plusieurs reprises Jésus a volontairement choisi un langage qui choque. Lorsqu’il a parlé de manger sa chair et de boire son sang, les Pharisiens ont été scandalisés (Jean 6 : 51-52, 60). Mais au-delà des mots qui choquent il y a également une réalité spirituelle qui choque aussi, parce qu’elle ne rentre pas dans le moule du prêt à penser de ce monde.
Comment Jésus peut-il prendre pour modèle un homme qui, dans un premier temps, détourne et dilapide l’argent de son maître et ensuite commet des faux en écriture ?
Jésus ne vante pas les méthodes de cet homme mais nous montre qu’en général les gens de ce monde sont plus conséquents dans la gestion de leurs richesses que nous ne le sommes en tant que croyants et bénéficiaires des diverses grâces de Dieu à notre égard.
Cette histoire nous encourage, car elle nous montre que si nous avons mal commencé dans la gestion des richesses que notre Maître nous a confiées, nous pouvons changer notre manière de faire. Il faut parfois un choc salutaire, un séisme financier, pour que nous révisions nos principes de gestion.
L’économe de la parabole qui se retrouve dans une situation comparable à un préavis de licenciement ou un redressement judiciaire commence à changer sans qu’il s’en rende compte.
On peut penser que ce gérant « intéressé » plutôt qu’ « intéressant » avait fortement gonflé l’ardoise des débiteurs de son maître, afin d’en profiter lui-même grassement.
Mais finalement, c’est le maître qui est encore plus extravaguant que le gérant infidèle ! On a du mal à imaginer un patron qui félicite son gérant aux pratiques douteuses d'avoir diviser par deux les factures de ses clients! Et on peut supposer que c’est l’entretien avec son maître qui a conduit le gérant à changer de mentalité, à devenir généreux.
Dieu est un Maître généreux et il désire que ses enfants le soient aussi, non seulement dans la gestion de l’argent, mais bien en amont de nos actes, au fond de nos cœurs, là où son Esprit forme notre esprit. Quotidiennement nous sommes invités à nous souvenir de la générosité de Dieu à notre égard et à en faire preuve envers notre prochain. C’est en effet ce que dit littéralement l’une des demandes du « Notre Père ». « Remets-nous nos dettes, comme nous aussi nous l’avons fait pour nos débiteurs » Matthieu 6 : 12 Traduction NBS.
Mais de quoi sommes-nous les gérants ?
Nous sommes gérants de la générosité de Dieu envers nous.
La Bible nous invite à considérer que nous avons tout reçu par grâce, même lorsque nous avons transpiré pour l’obtenir. Autrement comment le travailleur pourrait-il rendre grâce pour le pain qu’il a gagné ?
Nous sommes tous dans la situation de cet économe infidèle, le Maître nous appelle à lui rendre compte de la gestion de toutes nos richesses, matérielles et spirituelles. Cet exercice n’est pas réservé aux grosses fortunes ou aux surdoués : « Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même. » Romains 14 : 12.
2°. L’enseignement de Jésus. V. 9 à 13.
Jésus conclut sa parabole en enseignant trois choses :
1°. Se faire des amis avec les richesses injustes.
2°. L’importance de la fidélité en toutes choses.
3°. Le choix incontournable entre Dieu et Mammon.
1°. L’usage des richesses injustes.
“ Et moi, je vous dis : Faites–vous des amis avec les richesses injustes, pour qu’ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels, quand elles viendront à vous manquer. ” (Luc 16:9 NEG)
Un simple coup d’œil sur l’actualité quotidienne suffit pour constater l’énorme inégalité qui existe entre les hommes concernant les richesses. Non seulement entre les pays pauvres et les pays riches, mais également à l’intérieur des pays riches comme d’ailleurs à l’intérieur des pays pauvres. Jésus ne cherche pas à culpabiliser ceux qui possèdent quelque richesse, mais il leur donne des conseils quant à l’usage de leur richesse.
Les richesses de ce monde ne sont pas une valeur sure. La crise actuelle que nous traversons en est la preuve. Les plus riches peuvent se trouver ruinés par une crise financière, une guerre ou une révolution. La mode ou le progrès technologique, peuvent conduire les familles laborieuses les pus riches à mettre la clé sous le paillasson après s’être fait un nom dans telle ou telle industrie.
Jésus nous apprend à regarder les richesses de ce monde comme des richesses périssables qui peuvent venir à manquer un jour. Il n’enseigne pas ce que certains appellent « l’évangile de la prospérité ».
L’amitié ne s’achète pas, mais une richesse mal utilisée génère des relations difficiles, artificiellement mondaines et froides ou provocantes et dangereuses pour sa sécurité. Les richesses égoïstes isolent ceux qui les possèdent.
Jésus nous invite à utiliser nos richesses pour établir des relations saines. L’un des usages notés par le Nouveau Testament quant aux richesses est le secours auprès des défavorisés et des victimes de séismes ou famines (Actes 6 : 1-6 ; 11 : 27-30) Les dons et offrandes dans l’Église n’étaient donc pas exclusivement réservées à l’usage du culte. Mais l’aide envers les démunis ne fait-elle pas partie intégrante du culte que Dieu nous invite à lui rendre ? :
“ Celui qui a pitié du pauvre prête à l’Eternel, Qui lui rendra selon son œuvre. ” (Proverbes 19:17 NEG)
“ L’homme dont le regard est bienveillant sera béni, Parce qu’il donne de son pain au pauvre. ” (Proverbes 22:9 NEG)
Nous n’avons pas à attendre de faire partie des grosses fortunes pour appliquer le principe prescrit par Jésus.
Nous pouvons considérer que toutes nos richesses, tant matérielles que spirituelles sont injustes, puisque nous sommes sauvés uniquement par grâce. Nous ne méritons rien de ce que nous possédons, seul Christ nous justifie. Si notre justice vient de Lui, nous devons vivre comme il a vécu. “ Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus–Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis. ” (2 Corinthiens 8:9 NEG)
Les seules traces éternelles que peuvent laisser nos richesses matérielles sont les louanges à Dieu de ceux qui ont été secourus par nos dons et l’adoration de ceux qui ont été sauvés par l’Evangile dont nous avons contribué à rendre possible la proclamation par notre soutien.
2°. L’importance de la fidélité en toutes choses.
“ Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes. Si donc vous n’avez pas été fidèle dans les richesses injustes, qui vous confiera les véritables ? Et si vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui vous donnera ce qui est à vous ? ” (Luc 16:10-12 NEG)
Le fait d’être disciples de Jésus-Christ nous engage dans tous les domaines de notre vie. La foi chrétienne ne concerne pas uniquement le domaine spirituel. Je ne peux pas être honnête spirituellement et voler mon prochain, pas même mon percepteur ! De même, je ne peux pas prétendre avoir donné ma vie à Jésus et ne pas lui donner un droit de regard sur mes finances et tous les domaines terrestres de ma vie. La vie chrétienne débute et se poursuit par une consécration totale. C’est ce que déclare Jésus lui-même : “ Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple. ” (Luc 14:33 NEG)
Le Seigneur nous appelle à être fidèles en toutes choses, dans les petites comme dans les grandes, dans les modestes comme dans les glorieuses. Sans fidélité il n’y a pas de foi. La foi se prouve par la fidélité et la fidélité est le fruit de la foi. Les deux mots grecs utilisés dans l’Evangile sont très proches (Pistis et Pistos).
L’apprentissage de la fidélité se fait avec les petites choses. Les choses terrestres sont petites, tandis que les choses spirituelles ont une dimension toute autre. Les anciens et les diacres doivent faire preuve de fidélité dans leur vie de tous les jours avant qu’on leur confie les responsabilités liées à leurs charges (1 Timothée 3 : 1-14 ; Tite 1 : 5-9).
Sans cette fidélité totale nous nous fermons à tout progrès spirituel solide.
Nous devons chercher à être fidèles à Dieu sans nous inquiéter pour nous-mêmes, car Dieu, de son côté, est toujours fidèle. Lorsque la fidélité à soi-même prend le dessus sur la fidélité à Dieu, nous tombons dans l’égoïsme, nous ne sommes plus des gérants mais nous menons nos vies à notre propre guise. La générosité et la fidélité de notre Père céleste doivent transparaître dans nos vies de d’enfants de Dieu et de disciples de Jésus-Christ.
3°. Le choix incontournable entre Dieu et Mammon.
“ Nul serviteur ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. ” (Luc 16:13 NEG)
De nombreux passages de la Bible nous enseignent que Satan est le prince de ce monde, et que nous étions sous sa domination de manière innée jusqu’au jour où Dieu nous a sauvés et régénérés par son Esprit. Voici comment l’apôtre Paul présente cette situation aux chrétiens d’Éphèse, dans la transcription ‘Parole Vivante’ d’Alfred Kuen : « (Vous aussi, vous avez expérimenté cette puissance vivifiante de Dieu.) Vous étiez (spirituellement) morts à cause de vos fautes et de vos péchés, lorsque vous vous laissiez emporter par le courant de ce monde. Autrefois toute votre manière de vivre et votre comportement étaient modelés par les habitudes de ce monde–en fait, vous obéissiez à (Satan) qui règne en maître sur l’atmosphère spirituelle que nous respirons et qui influence la mentalité ambiante ; vous viviez dans la dépendance des esprits mauvais qui accomplissaient leurs œuvres en vous, comme ils le font encore en ceux qui refusent d’entrer dans le plan de Dieu. Notre comportement, à nous tous, nous était dicté par nos instincts et nos passions ; nous nous laissions aveuglément gouverner par les impulsions de notre être naturel. Tout ce que désiraient nos pensées et notre imagination corrompues, nous l’exécutions, car nous étions comme obligés de céder à tous les caprices de notre nature humaine et de nos sens. » (Éphésiens 2:1-3 PVV)
Si nous avons fait le choix de rompre avec cette addiction innée à nous conformer aux principes de ce monde inspirés par le Diable sous toutes ses formes et tous ses noms, dont Mammon est l’un d’eux, nous devons le manifester de manière évidente dans la gestion de tous les aspects de notre vie.
Dieu et Mammon sont inconciliables, car ils ont des principes de vie diamétralement opposés. Ils n’ont ni les mêmes objectifs ni les mêmes valeurs morales. Qu’on le veuille ou non, la renommée et l’influence d’un homme aux yeux de ce monde sont essentiellement basées sur sa fortune. Aux yeux de Dieu le plus pauvre des hommes a assez de valeur pour que son Fils se soit donné sur la croix pour le sauver.
J’ai lu quelque part que l’une des différences de principes entre Dieu et Mammon pouvait s’exprimer ainsi : "Le principe de Dieu est: Donner et Recevoir. Celui de Mammon est: Vendre et acheter."
Ne nous laissons pas acheter par le tentateur mais donnons-nous entièrement à Dieu afin de recevoir de Lui la plénitude de la Vie.
3°. La réponse des Pharisiens.
“ Les pharisiens, qui étaient avares (littéralement :‘qui aimaient l’argent), écoutaient aussi tout cela, et ils se moquaient de lui. Jésus leur dit : Vous, vous cherchez à paraître justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu. ” (Luc 16:14-15 NEG)
Les Pharisiens considèrent probablement Jésus comme un doux rêveur idéaliste. Ils sont tellement ancrés dans leurs propres conceptions de la vie qu’ils ne peuvent pas concevoir que Jésus puisse dire la vérité. Leur avarice les aveugle et les enchaîne dans leurs pratiques. Pour eux, ce qui compte c’est le témoignage extérieur. Un tribunal humain ne peut pas condamner un homme pour avarice, orgueil ou égoïsme, mais ces choses n’échappent pas à Dieu. L’apparence ne satisfait pas Dieu. Ce que Dieu veut, ce sont nos cœurs. Et il ne désire pas cohabiter avec Mammon dans nos cœurs ! La vraie richesse c’est la présence et l’influence de Dieu dans nos cœurs. Voici une parabole qui montre bien la supériorité de la générosité du cœur sur les richesses matérielles.
Générosité. Le moine bourlingueur : « Un moine bourlingueur trouva au cours d’un voyage une pierre précieuse et la garda dans sa besace. Un jour, il rencontra un voyageur qui, la voyant lorsqu’il ouvrit son sac pour partager ses provisions, la lui demanda. Le moine la lui donna sans hésiter. Le voyageur le remercia et s’en alla tout heureux de ce cadeau inattendu qui suffirait à lui garantir richesse et sécurité jusqu’à la fin de ses jours. Cependant, quelques jours plus tard, notre voyageur se mit à la recherche du moine itinérant, il le retrouva et lui rendit la pierre précieuse en le suppliant : « Maintenant, je t’en prie, donne-moi quelque chose de bien plus précieux que cette pierre, aussi précieuse soit-elle. S’il te plait, donne-moi ce qui t’a rendu capable de me la donner. » Antony de Mello.
« La vertu est le triomphe de la générosité sur l’intérêt. »
Duc de Lévis. Maréchal de France. 1720 – 1787.
Prions que Dieu nous apprenne à grandir dans la fidélité et la générosité qui le caractérisent, afin que nous puissions l’appeler Père sans rougir ni mentir. C’est ainsi que nous pourrons le glorifier dans nos vies.
Quimper le 4 Octobre 2009.
Alain Monclair.
Alain Monclair.


