Abraham dans l'épreuve
Thursday, 26 January 2012
Abraham descendit…
… et Abraham remonta.
Le croyant et l’épreuve de la foi.
Lecture : Genèse 12 : 10 à Genèse 13 : 4.
Nous trouvons au verset 10 du passage que nous venons de lire « Abram descendit » et au verset 1er du chapitre 13 « Abram remonta ». Ces deux expressions symbolisent et illustrent le parcours spirituel d’Abraham à ce moment de sa vie. Il va passer par l’épreuve et commettre quelques erreurs spirituelles. Dieu a permis les écarts d’Abraham et son retour afin que son exemple nous soit utile pour vivre notre propre foi (1 Corinthiens 10 : 11). Nous pouvons tirer cinq enseignements de ce passage :
1° La place de l’épreuve et celle de la bénédiction.
2° La place de la direction divine et celle de l’initiative personnelle.
3° Que faire lorsque la peur domine la foi ?
4° Que faire quand notre témoignage tourne au vinaigre.
5° Comment retourner sur le chemin de la foi.
1° La place de l’épreuve dans la vie du croyant.
« Il y eut une famine dans le pays et Abram descendit en Égypte pour y séjourner, car la famine pesait lourdement sur le pays. » (Genèse 12:10 S21)
Les promesses et la bénédiction de Dieu tiennent une grande place dans la Bible. La Bible enseigne que c’est uniquement sur les promesses de Dieu que nous sommes appelés à fonder notre foi. C’est sur une promesse de Dieu qu’Abraham fit son premier pas de foi (Genèse 12 : 1 à 4).
Les récits bibliques montrent que « bénédiction » n’est pas synonyme de « facilité ». On y découvre même que c’est souvent dans l’épreuve et les difficultés que nous apprécions le mieux les bienfaits de la consolation divine ; et c’est dans la détresse et l’adversité que nous découvrons la réelle solidité des promesses de Dieu.
Abraham, père de tous les croyants, pionnier de la foi, fut le premier à expérimenter l’épreuve de la foi telle que les Ecritures la présente. Epreuve qui selon Pierre est nécessaire et incontournable : « C’est ce qui fait votre joie, même si maintenant, puisqu’il le faut, vous êtes pour un peu de temps attristés par diverses épreuves. » (1 Pierre 1:6 S21).
Bien qu’incontournable l’épreuve n’est pas à rechercher : « ne nous fais pas entrer dans l’épreuve, mais délivre-nous du Mauvais. » (Matthieu 6:13 NBS).
Pourquoi l’épreuve est-elle incontournable dans le plan de Dieu ? L’une des réponses que donne l’Ecriture est que l’épreuve est pédagogique. Dieu enseigne cette vérité à son peuple, tant dans l’A. T. que dans le N. T. : « Souviens-toi de tout le chemin que l’Eternel, ton Dieu, t’a fait faire pendant ces 40 années dans le désert. Il voulait t’humilier et te mettre à l’épreuve pour connaître les dispositions de ton cœur et savoir si tu respecterais ou non ses commandements. Il t’a humilié, il t’a fait connaître la faim et il t’a nourri de la manne, que tu ne connaissais pas et que tes ancêtres non plus n’avaient pas connue, afin de t’apprendre que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais de tout ce qui sort de la bouche de l’Eternel. » (Deutéronome 8:2-3 S21)
« Jésus répondit: « Il est écrit: L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » » (Matthieu 4:4 S21). Nous trouvons la même référence dans Luc 4 : 4. Ce sont des versets 4X4, qui nous permettent d’avancer sur les terrains les plus accidentés, là où pullulent les épreuves de la foi.
Mais…toutes les épreuves sont-elles incontournables ? Certaines ne sont-elles pas évitables ?
2° La place de la direction divine et celle de l’initiative personnelle.
« Il y eut une famine dans le pays et Abram descendit en Egypte pour y séjourner, car la famine pesait lourdement sur le pays. Comme il était sur le point d’entrer en Egypte, il dit à sa femme Saraï: « Ecoute-moi! Je sais que tu es une belle femme… » (Genèse 12:10-11 S21)
Contrairement au langage de Genèse 12 : 1, nous ne trouvons pas dans ces versets une parole de Dieu pour diriger Abraham vers l’Egypte. Abraham semble s’être conformé aux coutumes de son siècle : quand il y avait une famine, on se tournait vers l’Egypte. Devenu nomade, Abraham n’avait pas d’attaches qui le retenaient. La solution de l’Egypte semblait si évidente qu’Abraham ne pensa même pas à consulter Dieu avant de prendre une décision. Dans son empressement il mit le pied en avant sans que la parole de Dieu ne lui indique le chemin.
S’étant engagé sur ce chemin de sa propre initiative, Abraham va devoir à nouveau compter sur ces propres initiatives pour tenter de résoudre les problèmes qui vont se présenter à lui en cours de route.
Ne traitons pas Abraham trop durement, mais essayons de nous mettre à sa place afin de ne pas commettre les mêmes erreurs en situations similaires. Face à la famine, Abraham a des responsabilités familiales qu’il doit assumer. Sa femme, son neveu, ses serviteurs et ses troupeaux risquent de pâtir de cette famille si Abraham ne réagit pas à temps. Il est louable d’avoir le sens de nos responsabilités, mais il ne faut pas oublier que la première de nos responsabilités est de consulter Dieu. Face à la famine Elimélec commit la même erreur (Ruth 1 : 1 à 5).
Apprenons-donc à rechercher activement la direction du Seigneur, surtout lorsque nous subissons la pression d’une situation difficile : « Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous. » (1 Pierre 5:7 S21)
3° Que faire lorsque la peur domine la foi ?
« Comme il était sur le point d’entrer en Egypte, il dit à sa femme Saraï: « Ecoute-moi! Je sais que tu es une belle femme. Quand les Egyptiens te verront, ils diront: ‘C’est sa femme’ et ils me tueront, tandis que toi, ils te laisseront en vie. Présente-toi donc comme ma sœur afin que je sois bien traité à cause de toi et que je reste en vie grâce à toi. » » (Genèse 12:11-13 S21)
Nous connaissons tous la peur. La peur n’est pas toujours un péché, elle est souvent le signal d’un danger potentiel. La peur est aussi une invitation à nous tourner vers Dieu pour recevoir son conseil.
La peur peut être aussi le produit de notre imagination alimentée par les faits divers de ce monde. Quand j’étais gosse, il y a plus de 50 ans, ma mère me répétait souvent : « Si un monsieur veut te donner des bonbons ou t’inviter à monter dans sa voiture ne l’écoute pas et reviens à la maison en courant ! » Ca m’est arrivé une fois et j’ai suivi les recommandations de ma mère à la lettre ! C’était il y a environ 60 ans. Nous n’étions pas bombardés d’informations comme aujourd’hui, mais probablement ma mère avait été troublée par un fait divers qu’elle n’oublia jamais. Du temps d’Abraham il en était de même. On a trouvé un papyrus ancien qui raconte l’histoire d’un Pharaon qui envoya deux armées pour s’emparer d’une femme en tuant son mari ! Il y avait là de quoi troubler la sérénité d’Abraham. Mais s’il avait eu la certitude que Dieu le conduisait à descendre en Egypte, aurait-il eu aussi peur ?
La peur est une réalité universelle, c’est pourquoi la Bible répète si souvent : « Ne crains pas… N’ayez pas peur ! »
La peur non maîtrisée a conduit Abraham au mensonge. Peut-être se disait-il que ce n’était qu’un demi-mensonge parce qu’il existait un lien de parenté entre Abraham et sa femme ? Mais un demi-mensonge est une déformation complète de la vérité. La peur d’Abraham, comme presque toutes les peurs, est égocentrique, il a peur pour sa vie «et ils me tueront, tandis que toi, ils te laisseront en vie. »
Pour ne pas nous laisser dominer par la peur, humilions-nous sous la puissante main de Dieu, et demandons-lui avec confiance de diriger nos pas.
4° Que faire quand notre témoignage tourne au vinaigre ?
« Cependant, l’Eternel frappa le pharaon et sa famille de grands fléaux à cause de Saraï, la femme d’Abram. 18 Alors le pharaon appela Abram et dit: « Qu’est-ce que tu m’as fait? Pourquoi ne m’as-tu pas informé que c’est ta femme? 19 Pourquoi as-tu prétendu que c’était ta sœur? De ce fait, je l’ai prise pour femme! Voici maintenant ta femme. Prends-la et va-t’en! » 20 Et le pharaon donna l’ordre à ses gens de le renvoyer, lui et sa femme, avec tout ce qui lui appartenait. » (Genèse 12:17-20 S21)
Sans l’intervention de Dieu le témoignage d’Abraham aurait tourné au scandale. Ceci aurait plus grave qu’un simple incident de parcours, car la vocation d’Abraham était d’être en bénédiction à toutes les nations (Genèse 12 : 3). Dieu est intervenu avant qu’il ne soit trop tard : « Cependant, l’Eternel frappa le pharaon et sa famille de grands fléaux à cause de Saraï, la femme d’Abram. » (Genèse 12:17 S21). Nous ne savons pas comment cela s’est produit, mais le Pharaon en question a probablement été saisi par la crainte de Dieu, ce qui a sauvé la vie d’Abraham.
Comment réagit Abraham ? Il ne discute pas, il ne se répand pas en explications, il admet sa faute. C’est le seul témoignage puissant qu’il pouvait avoir dans cette situation. Après avoir menti Abraham rend témoignage à la vérité.
Nous devons apprendre à admettre nos fautes, même devant les « païens » ! Bien plus tard Jonas va se trouver dans une situation similaire (Jonas 1 : 8 à 12). Jonas lui aussi admet sa faute et se déclare prêt à en assumer las conséquences. Sur le coup, on peut croire que tout est fini pour Jonas, mais miraculeusement Dieu le sauve du pire.
Ces deux exemples nous montrent que lorsqu’un enfant de Dieu admet ses fautes Dieu le restaure, et même, par la puissance de sa grâce, transforme la situation en rendant témoignage à l’Evangile de sa grâce.
5° Comment retourner sur le chemin de la foi.
« Abram remonta d’Egypte vers le Néguev avec sa femme et tout ce qui lui appartenait. Lot était avec lui. 2 Abram était très riche en troupeaux, en argent et en or. 3 Il se rendit par étapes du Néguev jusqu’à Béthel, jusqu’à l’endroit où était sa tente au début, entre Béthel et Aï, 4 là où se trouvait l’autel qu’il avait fait la première fois. Là, Abram fit appel au nom de l’Eternel. » (Genèse 13:1-4 S21)
Il existe un chemin de retour vers Dieu après être descendu dans les sombres vallées de nos initiatives malheureuses. Dieu a prévu ces situations et ses enfants peuvent compter sur lui pour retrouver le chemin de la foi.
Abraham s’était exilé lui-même pour cause de famine. Salomon, dans sa prière lors de l’inauguration du Temple, va prophétiser au sujet de ce retour possible vers Dieu : « « Admettons qu’ils pèchent contre toi puisqu’il n’y a aucun homme qui ne commette pas de péché - et que tu sois irrité contre eux au point de les livrer à l’ennemi qui les déportera dans un autre pays, lointain ou proche. 37 S’ils se mettent alors à réfléchir dans le pays où ils seront exilés, s’ils reviennent à toi et t’adressent des supplications dans le pays de leur déportation, en disant: ‘Nous avons péché, nous avons commis l’injustice, nous avons fait le mal’, 38 oui, s’ils reviennent à toi de tout leur cœur et de toute leur âme dans le pays de leur déportation, celui où on les aura exilés, s’ils t’adressent des prières, les regards tournés vers leur pays, celui que tu as donné à leurs ancêtres, vers la ville que tu as choisie et vers la maison que j’ai construite en l’honneur de ton nom, 39 écoute du haut du ciel, de l’endroit où tu résides, leurs prières et leurs supplications et fais-leur droit. Pardonne à ton peuple ses péchés contre toi! » (2 Chroniques 6:36-39 S21). Salomon avait compris la grandeur de la grâce de Dieu.
Cependant, nous ne devons jamais oublier que la grâce de Dieu n’est jamais une grâce à bon marché, comme le disait le Pasteur Dietrich Bonhoeffer. La grâce de Dieu, pour être efficace, coûte nos larmes de notre côté et a coûté la mort de Jésus sur la Croix. Ne négligeons jamais une grâce si précieuse, c’est seulement par cette grâce que nous pouvons établir et rétablir notre communion avec Dieu et retrouver le chemin de la foi.
Dès le moindre écart, le croyant est appelé à revenir vers Dieu. Et, pour revenir à Dieu il faut revenir au pied de la Croix d’où la grâce abonde. Abraham nous a montré l’exemple. Abraham était descendu tout seul comme un grand en Egypte et il en est remonté par la grâce de Dieu. Il est revenu sur les lieux de la bénédiction, à Béthel. Ceci ne s’est pas fait par un coup de baguette magique, mais étape par étape, et Dieu était là au rendez-vous du pied de la croix, à l’autel des sacrifices : « D’étape en étape, il retourna du Néguev jusqu’à Béthel, au lieu où il avait auparavant établi son campement, entre Béthel et Aï, c’est-à-dire à l’endroit où était l’autel qu’il avait précédemment érigé, et il y pria l’Eternel. » (Genèse 13:3-4 Sem)
Conclusion.
Que cet épisode de la vie d’Abraham nous encourage a toujours rechercher sa volonté dans nos cheminements, et à revenir à Lui lorsque nous avons fait fausse route.
Lecture : Genèse 12 : 10 à Genèse 13 : 4.
Nous trouvons au verset 10 du passage que nous venons de lire « Abram descendit » et au verset 1er du chapitre 13 « Abram remonta ». Ces deux expressions symbolisent et illustrent le parcours spirituel d’Abraham à ce moment de sa vie. Il va passer par l’épreuve et commettre quelques erreurs spirituelles. Dieu a permis les écarts d’Abraham et son retour afin que son exemple nous soit utile pour vivre notre propre foi (1 Corinthiens 10 : 11). Nous pouvons tirer cinq enseignements de ce passage :
1° La place de l’épreuve et celle de la bénédiction.
2° La place de la direction divine et celle de l’initiative personnelle.
3° Que faire lorsque la peur domine la foi ?
4° Que faire quand notre témoignage tourne au vinaigre.
5° Comment retourner sur le chemin de la foi.
1° La place de l’épreuve dans la vie du croyant.
« Il y eut une famine dans le pays et Abram descendit en Égypte pour y séjourner, car la famine pesait lourdement sur le pays. » (Genèse 12:10 S21)
Les promesses et la bénédiction de Dieu tiennent une grande place dans la Bible. La Bible enseigne que c’est uniquement sur les promesses de Dieu que nous sommes appelés à fonder notre foi. C’est sur une promesse de Dieu qu’Abraham fit son premier pas de foi (Genèse 12 : 1 à 4).
Les récits bibliques montrent que « bénédiction » n’est pas synonyme de « facilité ». On y découvre même que c’est souvent dans l’épreuve et les difficultés que nous apprécions le mieux les bienfaits de la consolation divine ; et c’est dans la détresse et l’adversité que nous découvrons la réelle solidité des promesses de Dieu.
Abraham, père de tous les croyants, pionnier de la foi, fut le premier à expérimenter l’épreuve de la foi telle que les Ecritures la présente. Epreuve qui selon Pierre est nécessaire et incontournable : « C’est ce qui fait votre joie, même si maintenant, puisqu’il le faut, vous êtes pour un peu de temps attristés par diverses épreuves. » (1 Pierre 1:6 S21).
Bien qu’incontournable l’épreuve n’est pas à rechercher : « ne nous fais pas entrer dans l’épreuve, mais délivre-nous du Mauvais. » (Matthieu 6:13 NBS).
Pourquoi l’épreuve est-elle incontournable dans le plan de Dieu ? L’une des réponses que donne l’Ecriture est que l’épreuve est pédagogique. Dieu enseigne cette vérité à son peuple, tant dans l’A. T. que dans le N. T. : « Souviens-toi de tout le chemin que l’Eternel, ton Dieu, t’a fait faire pendant ces 40 années dans le désert. Il voulait t’humilier et te mettre à l’épreuve pour connaître les dispositions de ton cœur et savoir si tu respecterais ou non ses commandements. Il t’a humilié, il t’a fait connaître la faim et il t’a nourri de la manne, que tu ne connaissais pas et que tes ancêtres non plus n’avaient pas connue, afin de t’apprendre que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais de tout ce qui sort de la bouche de l’Eternel. » (Deutéronome 8:2-3 S21)
« Jésus répondit: « Il est écrit: L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » » (Matthieu 4:4 S21). Nous trouvons la même référence dans Luc 4 : 4. Ce sont des versets 4X4, qui nous permettent d’avancer sur les terrains les plus accidentés, là où pullulent les épreuves de la foi.
Mais…toutes les épreuves sont-elles incontournables ? Certaines ne sont-elles pas évitables ?
2° La place de la direction divine et celle de l’initiative personnelle.
« Il y eut une famine dans le pays et Abram descendit en Egypte pour y séjourner, car la famine pesait lourdement sur le pays. Comme il était sur le point d’entrer en Egypte, il dit à sa femme Saraï: « Ecoute-moi! Je sais que tu es une belle femme… » (Genèse 12:10-11 S21)
Contrairement au langage de Genèse 12 : 1, nous ne trouvons pas dans ces versets une parole de Dieu pour diriger Abraham vers l’Egypte. Abraham semble s’être conformé aux coutumes de son siècle : quand il y avait une famine, on se tournait vers l’Egypte. Devenu nomade, Abraham n’avait pas d’attaches qui le retenaient. La solution de l’Egypte semblait si évidente qu’Abraham ne pensa même pas à consulter Dieu avant de prendre une décision. Dans son empressement il mit le pied en avant sans que la parole de Dieu ne lui indique le chemin.
S’étant engagé sur ce chemin de sa propre initiative, Abraham va devoir à nouveau compter sur ces propres initiatives pour tenter de résoudre les problèmes qui vont se présenter à lui en cours de route.
Ne traitons pas Abraham trop durement, mais essayons de nous mettre à sa place afin de ne pas commettre les mêmes erreurs en situations similaires. Face à la famine, Abraham a des responsabilités familiales qu’il doit assumer. Sa femme, son neveu, ses serviteurs et ses troupeaux risquent de pâtir de cette famille si Abraham ne réagit pas à temps. Il est louable d’avoir le sens de nos responsabilités, mais il ne faut pas oublier que la première de nos responsabilités est de consulter Dieu. Face à la famine Elimélec commit la même erreur (Ruth 1 : 1 à 5).
Apprenons-donc à rechercher activement la direction du Seigneur, surtout lorsque nous subissons la pression d’une situation difficile : « Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous. » (1 Pierre 5:7 S21)
3° Que faire lorsque la peur domine la foi ?
« Comme il était sur le point d’entrer en Egypte, il dit à sa femme Saraï: « Ecoute-moi! Je sais que tu es une belle femme. Quand les Egyptiens te verront, ils diront: ‘C’est sa femme’ et ils me tueront, tandis que toi, ils te laisseront en vie. Présente-toi donc comme ma sœur afin que je sois bien traité à cause de toi et que je reste en vie grâce à toi. » » (Genèse 12:11-13 S21)
Nous connaissons tous la peur. La peur n’est pas toujours un péché, elle est souvent le signal d’un danger potentiel. La peur est aussi une invitation à nous tourner vers Dieu pour recevoir son conseil.
La peur peut être aussi le produit de notre imagination alimentée par les faits divers de ce monde. Quand j’étais gosse, il y a plus de 50 ans, ma mère me répétait souvent : « Si un monsieur veut te donner des bonbons ou t’inviter à monter dans sa voiture ne l’écoute pas et reviens à la maison en courant ! » Ca m’est arrivé une fois et j’ai suivi les recommandations de ma mère à la lettre ! C’était il y a environ 60 ans. Nous n’étions pas bombardés d’informations comme aujourd’hui, mais probablement ma mère avait été troublée par un fait divers qu’elle n’oublia jamais. Du temps d’Abraham il en était de même. On a trouvé un papyrus ancien qui raconte l’histoire d’un Pharaon qui envoya deux armées pour s’emparer d’une femme en tuant son mari ! Il y avait là de quoi troubler la sérénité d’Abraham. Mais s’il avait eu la certitude que Dieu le conduisait à descendre en Egypte, aurait-il eu aussi peur ?
La peur est une réalité universelle, c’est pourquoi la Bible répète si souvent : « Ne crains pas… N’ayez pas peur ! »
La peur non maîtrisée a conduit Abraham au mensonge. Peut-être se disait-il que ce n’était qu’un demi-mensonge parce qu’il existait un lien de parenté entre Abraham et sa femme ? Mais un demi-mensonge est une déformation complète de la vérité. La peur d’Abraham, comme presque toutes les peurs, est égocentrique, il a peur pour sa vie «et ils me tueront, tandis que toi, ils te laisseront en vie. »
Pour ne pas nous laisser dominer par la peur, humilions-nous sous la puissante main de Dieu, et demandons-lui avec confiance de diriger nos pas.
4° Que faire quand notre témoignage tourne au vinaigre ?
« Cependant, l’Eternel frappa le pharaon et sa famille de grands fléaux à cause de Saraï, la femme d’Abram. 18 Alors le pharaon appela Abram et dit: « Qu’est-ce que tu m’as fait? Pourquoi ne m’as-tu pas informé que c’est ta femme? 19 Pourquoi as-tu prétendu que c’était ta sœur? De ce fait, je l’ai prise pour femme! Voici maintenant ta femme. Prends-la et va-t’en! » 20 Et le pharaon donna l’ordre à ses gens de le renvoyer, lui et sa femme, avec tout ce qui lui appartenait. » (Genèse 12:17-20 S21)
Sans l’intervention de Dieu le témoignage d’Abraham aurait tourné au scandale. Ceci aurait plus grave qu’un simple incident de parcours, car la vocation d’Abraham était d’être en bénédiction à toutes les nations (Genèse 12 : 3). Dieu est intervenu avant qu’il ne soit trop tard : « Cependant, l’Eternel frappa le pharaon et sa famille de grands fléaux à cause de Saraï, la femme d’Abram. » (Genèse 12:17 S21). Nous ne savons pas comment cela s’est produit, mais le Pharaon en question a probablement été saisi par la crainte de Dieu, ce qui a sauvé la vie d’Abraham.
Comment réagit Abraham ? Il ne discute pas, il ne se répand pas en explications, il admet sa faute. C’est le seul témoignage puissant qu’il pouvait avoir dans cette situation. Après avoir menti Abraham rend témoignage à la vérité.
Nous devons apprendre à admettre nos fautes, même devant les « païens » ! Bien plus tard Jonas va se trouver dans une situation similaire (Jonas 1 : 8 à 12). Jonas lui aussi admet sa faute et se déclare prêt à en assumer las conséquences. Sur le coup, on peut croire que tout est fini pour Jonas, mais miraculeusement Dieu le sauve du pire.
Ces deux exemples nous montrent que lorsqu’un enfant de Dieu admet ses fautes Dieu le restaure, et même, par la puissance de sa grâce, transforme la situation en rendant témoignage à l’Evangile de sa grâce.
5° Comment retourner sur le chemin de la foi.
« Abram remonta d’Egypte vers le Néguev avec sa femme et tout ce qui lui appartenait. Lot était avec lui. 2 Abram était très riche en troupeaux, en argent et en or. 3 Il se rendit par étapes du Néguev jusqu’à Béthel, jusqu’à l’endroit où était sa tente au début, entre Béthel et Aï, 4 là où se trouvait l’autel qu’il avait fait la première fois. Là, Abram fit appel au nom de l’Eternel. » (Genèse 13:1-4 S21)
Il existe un chemin de retour vers Dieu après être descendu dans les sombres vallées de nos initiatives malheureuses. Dieu a prévu ces situations et ses enfants peuvent compter sur lui pour retrouver le chemin de la foi.
Abraham s’était exilé lui-même pour cause de famine. Salomon, dans sa prière lors de l’inauguration du Temple, va prophétiser au sujet de ce retour possible vers Dieu : « « Admettons qu’ils pèchent contre toi puisqu’il n’y a aucun homme qui ne commette pas de péché - et que tu sois irrité contre eux au point de les livrer à l’ennemi qui les déportera dans un autre pays, lointain ou proche. 37 S’ils se mettent alors à réfléchir dans le pays où ils seront exilés, s’ils reviennent à toi et t’adressent des supplications dans le pays de leur déportation, en disant: ‘Nous avons péché, nous avons commis l’injustice, nous avons fait le mal’, 38 oui, s’ils reviennent à toi de tout leur cœur et de toute leur âme dans le pays de leur déportation, celui où on les aura exilés, s’ils t’adressent des prières, les regards tournés vers leur pays, celui que tu as donné à leurs ancêtres, vers la ville que tu as choisie et vers la maison que j’ai construite en l’honneur de ton nom, 39 écoute du haut du ciel, de l’endroit où tu résides, leurs prières et leurs supplications et fais-leur droit. Pardonne à ton peuple ses péchés contre toi! » (2 Chroniques 6:36-39 S21). Salomon avait compris la grandeur de la grâce de Dieu.
Cependant, nous ne devons jamais oublier que la grâce de Dieu n’est jamais une grâce à bon marché, comme le disait le Pasteur Dietrich Bonhoeffer. La grâce de Dieu, pour être efficace, coûte nos larmes de notre côté et a coûté la mort de Jésus sur la Croix. Ne négligeons jamais une grâce si précieuse, c’est seulement par cette grâce que nous pouvons établir et rétablir notre communion avec Dieu et retrouver le chemin de la foi.
Dès le moindre écart, le croyant est appelé à revenir vers Dieu. Et, pour revenir à Dieu il faut revenir au pied de la Croix d’où la grâce abonde. Abraham nous a montré l’exemple. Abraham était descendu tout seul comme un grand en Egypte et il en est remonté par la grâce de Dieu. Il est revenu sur les lieux de la bénédiction, à Béthel. Ceci ne s’est pas fait par un coup de baguette magique, mais étape par étape, et Dieu était là au rendez-vous du pied de la croix, à l’autel des sacrifices : « D’étape en étape, il retourna du Néguev jusqu’à Béthel, au lieu où il avait auparavant établi son campement, entre Béthel et Aï, c’est-à-dire à l’endroit où était l’autel qu’il avait précédemment érigé, et il y pria l’Eternel. » (Genèse 13:3-4 Sem)
Conclusion.
Que cet épisode de la vie d’Abraham nous encourage a toujours rechercher sa volonté dans nos cheminements, et à revenir à Lui lorsque nous avons fait fausse route.
Quimper le 15 Janvier 2012.
Alain Monclair.
Alain Monclair.

