Victoire sur les frustrations
Wednesday, 11 August 2010
Le sevrage :
La fin d’un mirage et la saveur d’un nouveau breuvage.
La fin d’un mirage et la saveur d’un nouveau breuvage.
Le Psaume 131 relate l’expérience d’un homme sensible qui se réfère au sevrage pour décrire son état d’âme. Le sevrage est un passage obligé pour accéder à la maturité et à la liberté. Nous passons tous par ce moment de la vie, dans les premiers mois de notre vie, parfois même le premier jour lorsque la mère ne peut pas allaiter. De même lorsque nous naissons de nouveau par la grâce agissante de Dieu, nous sommes appelés à vivre un sevrage total avec tout ce qui a fait le lait nourricier de notre vie avant notre union avec jésus-Christ. Jésus lui-même a clairement énoncé cette condition incontournable pour devenir son disciple : « Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple. » (Luc 14:33 NEG) Nous restons propriétaires de nos biens après notre rencontre avec Jésus, mais ce ne sont plus eux qui nourrissent notre bien-être intérieur. Comme lors de tout sevrage, ce renoncement radical entraîne des frustrations. Mais ces frustrations ne sont que le passage obligé vers la libération que Jésus nous offre.
Ce sevrage, nous l’avons déjà dit, est incontournable, et il ne faut pas croire que d’essayer de le contourner nous facilitera la vie. Le jeune homme riche de l’Evangile en fit l’amère expérience : « Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit : Il te manque une chose ; va, vends tout ce que tu as, donne–le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis–moi. Mais, affligé de cette parole, cet homme s’en alla tout triste ; car il avait de grands biens. » (Marc 10:21-22 NEG). Si nous sommes encore accros au petit lait bien tiède de nos possessions matérielles, nous ne pouvons pas être disciples de Jésus-Christ, et nous ne pouvons pas jouir pleinement des richesses spirituelles dont nous sommes bénéficiaires en Christ.
Le Psaume 131 nous enseigne comment avoir la victoire sur les frustrations qui nous pourrissent la vie. Il nous montre comment prévenir ces frustrations et comment vivre et partager la paix trouvée dans notre nouvelle relation avec Dieu.
1°. Non aux mirages !
« Cantique des degrés. De David. Eternel ! Je n’ai ni un cœur qui s’enfle, ni des regards hautains ; Je ne m’occupe pas de choses trop grandes et trop relevées pour moi. » (Psaumes 131:1 NEG)
Les souffrances du sevrage sont proportionnelles à l’espoir que nous avions mis dans les choses dont nous devons nous séparer trouver la liberté. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le sevrage physique d’un malade alcoolique ne demande pas plus que quelques jours. Ce qui est plus long c’est de se débarrasser de la manière de vivre et de penser que nous avons eu pendant des années. La personne qui est devenue alcoolique croit sincèrement qu’elle ne peut plus vivre normalement sans consommer le produit qui l’a conduite à la déchéance, au lieu de la rendre plus forte comme elle l’espérait au début. Nous ne sommes pas tous alcooliques, mais nous mettons tous notre espoir en quelque chose. Parfois nous visons mal ou nous visons trop haut pour nous. Plus on vise haut plus la chute risque d’être catastrophique. Le problème n’est pas de viser haut, mais de viser trop haut pour soi. David était roi d’Israël lorsqu’il a écrit ce Psaume. Mais cette fonction ne lui faisait pas tourner la tête. Ce n’est pas par ambition personnelle, ou pour rechercher des expériences nouvelles que David est devenu roi. Il est devenu roi parce qu’il a cru que Dieu l’appelait à cette haute fonction.
Nous sommes souvent à la recherche d’émotions fortes qui nous valorisent à nos propres yeux, mais qui, dans un second temps, nous conduisent à la ruine (cf. « J’ai commencé par un verre » par Geneviève Casasus. Éditions OH ! 2008. « Mon problème c’était ce besoin irrésistible que ça flambe, que ça pétarade, que ça scintille, que ça explose. Cette conviction idiote, mais tatouée dans mon cerveau, ce qui est simple est forcément médiocre, et que la vie est ailleurs. Qu’une émotion, pour être acceptable, doit être grandiose, renversante, sublime. » Pages 77-78.)
Le roi David ne s’occupait pas de choses trop grandes pour lui, c’est pourquoi il pouvait avoir l’âme calme et tranquille en assumant ses responsabilités. Le seigneur promet de nous guider dans la vie dès l’instant où nous nous confions en Lui : « Ce que nous sommes, nous le devons à Dieu. Il nous a recréés en Christ pour nous faire accomplir, dans la communion avec lui, les bonnes actions qu’il a préparées depuis longtemps pour nous. Voilà la vie conforme à la volonté de Dieu, celle pour laquelle il a tout arrangé d’avance ; il a préparé notre chemin afin que nous n’ayons plus qu’à y marcher. » (Éphésiens 2:10 PVV) ; Il nous faut du temps pour découvrir les jalons que Dieu a mis sur notre chemin, mais ce temps est également prévu par Dieu. Parfois il nous faut accepter que Dieu vise plus haut que nous dans ses projets à notre égard, et parfois il faut accepter que Dieu voie notre avenir plus simple et modeste que nous l’imaginons. Gédéon dut réviser ses pensées au sujet de lui-même pour obéir à Dieu : « Gédéon lui dit : Ah ! Mon seigneur, avec quoi délivrerai–je Israël ? Voici, ma famille est la plus pauvre en Manassé, et je suis le plus petit dans la maison de mon père. » (Juges 6:15 NEG)
Le roi David semblait destiné à garder les moutons du troupeau familial pour le reste de ses jours, mais Dieu en décida autrement. Mais en donnant une nouvelle vocation à David Dieu le qualifia afin qu’il puisse remplir cette vocation sans galérer au dessus de ses moyens : « Samuel prit la corne d’huile, et l’oignit au milieu de ses frères. L’Esprit de l’Eternel saisit David, à partir de ce jour et dans la suite. Samuel se leva, et s’en alla à Rama. » (1 Samuel 16:13 NEG)
Pour se réaliser dans la vie il faut tout simplement chercher à entrer dans la vie que le Créateur a prévu pour chacun d’entre nous. L’apôtre Paul était un fanatique religieux avant sa conversion à Jésus-Christ sur le chemin de Damas. Avant sa conversion il était conduit par ses penchants religieux naturels, sans aucun questionnement sur ses méthodes arbitraires et violentes. Après sa conversion il est parti conquérir le monde pour Jésus-Christ, mais intérieurement ce n’était plus le même homme. Il ne cherchait pas à se valoriser en exerçant son apostolat, mais à vivre la vie que Dieu avait tracée pour lui à l’avance. Il va d’ailleurs mettre ses frères et sœurs en Christ en garde contre ces soifs qui peuvent nous faire rater le chemin de vie tracé par Dieu pour nous : « Ayez les mêmes sentiments les uns envers les autres. N’aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez–vous attirer par ce qui est humble. Ne soyez point sages à vos propres yeux. » (Romains 12:16 NEG)
2°. Oui au sevrage !
« Loin de là, j’ai l’âme calme et tranquille, Comme un enfant sevré qui est auprès de sa mère ; J’ai l’âme comme un enfant sevré. » (Psaumes 131:2 NEG)
Un texte des livres deutérocanoniques de la Bible T.O.B. décrit bien le sevrage auquel Dieu nous invite : « Ce qui est trop difficile pour toi, ne le recherche pas, ce qui est au–dessus de tes forces, ne l’examine pas. Réfléchis sur les commandements qui t’ont été donnés, tu n’as pas besoin des choses cachées. Ne t’acharne pas à des œuvres qui te dépassent ; ce qui t’a déjà été montré est plus que ne peut concevoir l’esprit humain. Car beaucoup ont été égarés par leurs spéculations, leur imagination perverse a faussé leurs pensées. » (Siracide 3.21-24)
Un enfant sevré découvre une nouvelle relation avec sa mère. Certes il va devoir apprendre à manger à la cuillère, puis à se servir lui-même et probablement un jour à cuisiner son repas lui-même. Sa relation avec sa mère change, mais il en demeure proche. La mère aussi doit apprendre à apaiser son enfant autrement qu’en lui donnant le sein. D’une relation de dépendance physique, la mère et l’enfant vont développer une relation de confiance. La parole va supplanter le lait maternel. Il en est de même dans un cheminement spirituel normal. Il y a une similarité dans la croissance spirituelle. Dans un premier temps nous ne connaissons que la création terrestre de Dieu. Nous en usons avec plaisir et parfois nous en abusons par mésusage.
Dans mon expérience personnelle, il a fallut que la Parole de Dieu supplante le biberon alcoolisé pour que je découvre l’âme calme et tranquille de l’enfant sevré. Sans ce sevrage et ce nouveau breuvage de la Parole de Dieu, je n’aurais jamais évolué dans ma vie personnelle. J’ai pu constater que mon expérience correspond à ce que dit la Bible : « Rejetant donc toute méchanceté et toute ruse, la dissimulation, l’envie, et toute médisance, désirez, comme des enfants nouveau–nés, le lait spirituel et pur, afin que par lui vous croissiez pour le salut, si vous avez goûté que le Seigneur est bon. » (1 Pierre 2:1-3 NEG)
Le langage de Pierre est inverse de celui du Psaume 131. David parlait du sevrage du lait maternel et Pierre invite à se comporter comme des enfants nouveaux nés. Le sevrage que Pierre présente est une rupture avec la méchanceté (le désir de faire mal), les ruses (les combines), la dissimulation (les cachotteries), l’envie et la médisance. La nature, dit-on, a horreur du vide. Jésus est d’accord avec cet adage lorsqu’il parle de la maison balayée et ornée, mais vide : « Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n’en trouve point. Alors il dit : Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti ; et, quand il arrive, il la trouve vide, balayée et ornée. Il s’en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui ; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Il en sera de même pour cette génération méchante. » (Matthieu 12:43-45 NEG)
Le Seigneur Jésus ne nous laisse pas à vide lorsque nous renonçons à toutes choses pour devenir son disciple, il nous rempli de sa présence par l’Esprit Saint. C’est d’ailleurs en parlant d’un problème d’addiction qui nécessite un sevrage que Paul exhorte les Éphésiens à être remplis du Saint Esprit : « Ne vous enivrez pas de vin, c’est de la débauche. Soyez, au contraire, remplis de l’Esprit. » (Éphésiens 5:18 NEG). Les années les plus douloureuses de ma vie ont été celles qui se sont passées entre mon sevrage de l’alcool et le jour où le Saint Esprit est venu m’habiter lorsque j’ai donné sans concession ma vie à Dieu. J’avais balayé l’alcool de ma vie, je m’étais racheté une conduite mais mon cœur était vide, vide et donc en danger d’être squatté par de méchants esprits. Seul le Saint Esprit apporte le calme et la tranquillité dont nous avons besoin. N’ayons donc pas peur de passer par le sevrage des habitudes charnelles enracinées dans nos cœurs.
3°. Partageons un nouveau breuvage !
« Israël, mets ton espoir en l’Eternel, Dès maintenant et à jamais ! » (Psaumes 131:3 NEG)
David a apprit à recevoir de Dieu le calme et la tranquillité de l’âme dont il avait besoin. Il peut donc inviter son peuple à en faire de même. Il ne leur dit pas de placer leur confiance en lui parce qu’il est un bon roi, mais il les invite à placer leur confiance en Dieu. Aux yeux de David cette décision est une urgence et sera éternellement une urgence : « Dès maintenant et à jamais ! ».
Le besoin de partager quelque chose avec le prochain est inscrit dans notre ADN. Autrefois ce que je partageais se limitait bien souvent à trinquer. A ta santé ! disait-on, et effectivement c’est ma santé qui trinquait ! Aujourd’hui j’ai quelque chose d’autre à partager et cela m’aide à vivre pleinement ma nouvelle sobriété.
Il n’y a pas besoin d’être roi, prophète ou prédicateur pour avoir quelque chose à partager. Toute personne qui a reçu la paix dans son cœur en se confiant en Jésus-Christ a un témoignage formidable à partager. Un tas de gens pensent qu’il faudrait qu’ils fassent de grandes choses pour se sentir heureux et épanouis, ils ont besoin du témoignage des plus humbles pour les aider à se tourner vers Celui qui donne la paix. Un tas de gens, pour ne pas dire tous pensent qu’ils ont besoin de plus de choses pour être heureux, ils ont besoin du témoignage des plus modestes pour se tourner vers Dieu et recevoir l’Esprit de contentement qui remplit l’âme et le cœur.
C’est à un homme tombé au plus bas niveau de la déchéance, mais délivré de ses démons et apaisé, que Jésus va dire : « Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte–leur tout ce que le Seigneur t’a fait, et comment il a eu pitié de toi. » (Marc 5:19 NEG)
Vivons les paroles du Psaume 131, renonçons à nous-mêmes, laissons-nous remplir de l’Esprit de Jésus et allons vers les nôtres, ceux qui sont faits de la même poussière que nous, pour leur raconter ce que le Seigneur a fait en nous et pour nous.
Ce sevrage, nous l’avons déjà dit, est incontournable, et il ne faut pas croire que d’essayer de le contourner nous facilitera la vie. Le jeune homme riche de l’Evangile en fit l’amère expérience : « Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit : Il te manque une chose ; va, vends tout ce que tu as, donne–le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis–moi. Mais, affligé de cette parole, cet homme s’en alla tout triste ; car il avait de grands biens. » (Marc 10:21-22 NEG). Si nous sommes encore accros au petit lait bien tiède de nos possessions matérielles, nous ne pouvons pas être disciples de Jésus-Christ, et nous ne pouvons pas jouir pleinement des richesses spirituelles dont nous sommes bénéficiaires en Christ.
Le Psaume 131 nous enseigne comment avoir la victoire sur les frustrations qui nous pourrissent la vie. Il nous montre comment prévenir ces frustrations et comment vivre et partager la paix trouvée dans notre nouvelle relation avec Dieu.
1°. Non aux mirages !
« Cantique des degrés. De David. Eternel ! Je n’ai ni un cœur qui s’enfle, ni des regards hautains ; Je ne m’occupe pas de choses trop grandes et trop relevées pour moi. » (Psaumes 131:1 NEG)
Les souffrances du sevrage sont proportionnelles à l’espoir que nous avions mis dans les choses dont nous devons nous séparer trouver la liberté. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le sevrage physique d’un malade alcoolique ne demande pas plus que quelques jours. Ce qui est plus long c’est de se débarrasser de la manière de vivre et de penser que nous avons eu pendant des années. La personne qui est devenue alcoolique croit sincèrement qu’elle ne peut plus vivre normalement sans consommer le produit qui l’a conduite à la déchéance, au lieu de la rendre plus forte comme elle l’espérait au début. Nous ne sommes pas tous alcooliques, mais nous mettons tous notre espoir en quelque chose. Parfois nous visons mal ou nous visons trop haut pour nous. Plus on vise haut plus la chute risque d’être catastrophique. Le problème n’est pas de viser haut, mais de viser trop haut pour soi. David était roi d’Israël lorsqu’il a écrit ce Psaume. Mais cette fonction ne lui faisait pas tourner la tête. Ce n’est pas par ambition personnelle, ou pour rechercher des expériences nouvelles que David est devenu roi. Il est devenu roi parce qu’il a cru que Dieu l’appelait à cette haute fonction.
Nous sommes souvent à la recherche d’émotions fortes qui nous valorisent à nos propres yeux, mais qui, dans un second temps, nous conduisent à la ruine (cf. « J’ai commencé par un verre » par Geneviève Casasus. Éditions OH ! 2008. « Mon problème c’était ce besoin irrésistible que ça flambe, que ça pétarade, que ça scintille, que ça explose. Cette conviction idiote, mais tatouée dans mon cerveau, ce qui est simple est forcément médiocre, et que la vie est ailleurs. Qu’une émotion, pour être acceptable, doit être grandiose, renversante, sublime. » Pages 77-78.)
Le roi David ne s’occupait pas de choses trop grandes pour lui, c’est pourquoi il pouvait avoir l’âme calme et tranquille en assumant ses responsabilités. Le seigneur promet de nous guider dans la vie dès l’instant où nous nous confions en Lui : « Ce que nous sommes, nous le devons à Dieu. Il nous a recréés en Christ pour nous faire accomplir, dans la communion avec lui, les bonnes actions qu’il a préparées depuis longtemps pour nous. Voilà la vie conforme à la volonté de Dieu, celle pour laquelle il a tout arrangé d’avance ; il a préparé notre chemin afin que nous n’ayons plus qu’à y marcher. » (Éphésiens 2:10 PVV) ; Il nous faut du temps pour découvrir les jalons que Dieu a mis sur notre chemin, mais ce temps est également prévu par Dieu. Parfois il nous faut accepter que Dieu vise plus haut que nous dans ses projets à notre égard, et parfois il faut accepter que Dieu voie notre avenir plus simple et modeste que nous l’imaginons. Gédéon dut réviser ses pensées au sujet de lui-même pour obéir à Dieu : « Gédéon lui dit : Ah ! Mon seigneur, avec quoi délivrerai–je Israël ? Voici, ma famille est la plus pauvre en Manassé, et je suis le plus petit dans la maison de mon père. » (Juges 6:15 NEG)
Le roi David semblait destiné à garder les moutons du troupeau familial pour le reste de ses jours, mais Dieu en décida autrement. Mais en donnant une nouvelle vocation à David Dieu le qualifia afin qu’il puisse remplir cette vocation sans galérer au dessus de ses moyens : « Samuel prit la corne d’huile, et l’oignit au milieu de ses frères. L’Esprit de l’Eternel saisit David, à partir de ce jour et dans la suite. Samuel se leva, et s’en alla à Rama. » (1 Samuel 16:13 NEG)
Pour se réaliser dans la vie il faut tout simplement chercher à entrer dans la vie que le Créateur a prévu pour chacun d’entre nous. L’apôtre Paul était un fanatique religieux avant sa conversion à Jésus-Christ sur le chemin de Damas. Avant sa conversion il était conduit par ses penchants religieux naturels, sans aucun questionnement sur ses méthodes arbitraires et violentes. Après sa conversion il est parti conquérir le monde pour Jésus-Christ, mais intérieurement ce n’était plus le même homme. Il ne cherchait pas à se valoriser en exerçant son apostolat, mais à vivre la vie que Dieu avait tracée pour lui à l’avance. Il va d’ailleurs mettre ses frères et sœurs en Christ en garde contre ces soifs qui peuvent nous faire rater le chemin de vie tracé par Dieu pour nous : « Ayez les mêmes sentiments les uns envers les autres. N’aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez–vous attirer par ce qui est humble. Ne soyez point sages à vos propres yeux. » (Romains 12:16 NEG)
J’ai commencé à boire plus que de raison parce que je me trouvais trop minable à mes propres yeux. J’ai voulu me dépasser. Je me voulais moins timide, plus extraverti. Je me suis tellement dépassé que je ne savais plus où j’en étais lorsque mon mirage s’est évanoui dans le désert! Il a fallu que je passe par le sevrage pour commencer à me retrouver et à rebâtir sur des bases plus sages.
2°. Oui au sevrage !
« Loin de là, j’ai l’âme calme et tranquille, Comme un enfant sevré qui est auprès de sa mère ; J’ai l’âme comme un enfant sevré. » (Psaumes 131:2 NEG)
Un texte des livres deutérocanoniques de la Bible T.O.B. décrit bien le sevrage auquel Dieu nous invite : « Ce qui est trop difficile pour toi, ne le recherche pas, ce qui est au–dessus de tes forces, ne l’examine pas. Réfléchis sur les commandements qui t’ont été donnés, tu n’as pas besoin des choses cachées. Ne t’acharne pas à des œuvres qui te dépassent ; ce qui t’a déjà été montré est plus que ne peut concevoir l’esprit humain. Car beaucoup ont été égarés par leurs spéculations, leur imagination perverse a faussé leurs pensées. » (Siracide 3.21-24)
Un enfant sevré découvre une nouvelle relation avec sa mère. Certes il va devoir apprendre à manger à la cuillère, puis à se servir lui-même et probablement un jour à cuisiner son repas lui-même. Sa relation avec sa mère change, mais il en demeure proche. La mère aussi doit apprendre à apaiser son enfant autrement qu’en lui donnant le sein. D’une relation de dépendance physique, la mère et l’enfant vont développer une relation de confiance. La parole va supplanter le lait maternel. Il en est de même dans un cheminement spirituel normal. Il y a une similarité dans la croissance spirituelle. Dans un premier temps nous ne connaissons que la création terrestre de Dieu. Nous en usons avec plaisir et parfois nous en abusons par mésusage.
Dans mon expérience personnelle, il a fallut que la Parole de Dieu supplante le biberon alcoolisé pour que je découvre l’âme calme et tranquille de l’enfant sevré. Sans ce sevrage et ce nouveau breuvage de la Parole de Dieu, je n’aurais jamais évolué dans ma vie personnelle. J’ai pu constater que mon expérience correspond à ce que dit la Bible : « Rejetant donc toute méchanceté et toute ruse, la dissimulation, l’envie, et toute médisance, désirez, comme des enfants nouveau–nés, le lait spirituel et pur, afin que par lui vous croissiez pour le salut, si vous avez goûté que le Seigneur est bon. » (1 Pierre 2:1-3 NEG)
Le langage de Pierre est inverse de celui du Psaume 131. David parlait du sevrage du lait maternel et Pierre invite à se comporter comme des enfants nouveaux nés. Le sevrage que Pierre présente est une rupture avec la méchanceté (le désir de faire mal), les ruses (les combines), la dissimulation (les cachotteries), l’envie et la médisance. La nature, dit-on, a horreur du vide. Jésus est d’accord avec cet adage lorsqu’il parle de la maison balayée et ornée, mais vide : « Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n’en trouve point. Alors il dit : Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti ; et, quand il arrive, il la trouve vide, balayée et ornée. Il s’en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui ; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Il en sera de même pour cette génération méchante. » (Matthieu 12:43-45 NEG)
Le Seigneur Jésus ne nous laisse pas à vide lorsque nous renonçons à toutes choses pour devenir son disciple, il nous rempli de sa présence par l’Esprit Saint. C’est d’ailleurs en parlant d’un problème d’addiction qui nécessite un sevrage que Paul exhorte les Éphésiens à être remplis du Saint Esprit : « Ne vous enivrez pas de vin, c’est de la débauche. Soyez, au contraire, remplis de l’Esprit. » (Éphésiens 5:18 NEG). Les années les plus douloureuses de ma vie ont été celles qui se sont passées entre mon sevrage de l’alcool et le jour où le Saint Esprit est venu m’habiter lorsque j’ai donné sans concession ma vie à Dieu. J’avais balayé l’alcool de ma vie, je m’étais racheté une conduite mais mon cœur était vide, vide et donc en danger d’être squatté par de méchants esprits. Seul le Saint Esprit apporte le calme et la tranquillité dont nous avons besoin. N’ayons donc pas peur de passer par le sevrage des habitudes charnelles enracinées dans nos cœurs.
3°. Partageons un nouveau breuvage !
« Israël, mets ton espoir en l’Eternel, Dès maintenant et à jamais ! » (Psaumes 131:3 NEG)
David a apprit à recevoir de Dieu le calme et la tranquillité de l’âme dont il avait besoin. Il peut donc inviter son peuple à en faire de même. Il ne leur dit pas de placer leur confiance en lui parce qu’il est un bon roi, mais il les invite à placer leur confiance en Dieu. Aux yeux de David cette décision est une urgence et sera éternellement une urgence : « Dès maintenant et à jamais ! ».
Le besoin de partager quelque chose avec le prochain est inscrit dans notre ADN. Autrefois ce que je partageais se limitait bien souvent à trinquer. A ta santé ! disait-on, et effectivement c’est ma santé qui trinquait ! Aujourd’hui j’ai quelque chose d’autre à partager et cela m’aide à vivre pleinement ma nouvelle sobriété.
Il n’y a pas besoin d’être roi, prophète ou prédicateur pour avoir quelque chose à partager. Toute personne qui a reçu la paix dans son cœur en se confiant en Jésus-Christ a un témoignage formidable à partager. Un tas de gens pensent qu’il faudrait qu’ils fassent de grandes choses pour se sentir heureux et épanouis, ils ont besoin du témoignage des plus humbles pour les aider à se tourner vers Celui qui donne la paix. Un tas de gens, pour ne pas dire tous pensent qu’ils ont besoin de plus de choses pour être heureux, ils ont besoin du témoignage des plus modestes pour se tourner vers Dieu et recevoir l’Esprit de contentement qui remplit l’âme et le cœur.
C’est à un homme tombé au plus bas niveau de la déchéance, mais délivré de ses démons et apaisé, que Jésus va dire : « Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte–leur tout ce que le Seigneur t’a fait, et comment il a eu pitié de toi. » (Marc 5:19 NEG)
Vivons les paroles du Psaume 131, renonçons à nous-mêmes, laissons-nous remplir de l’Esprit de Jésus et allons vers les nôtres, ceux qui sont faits de la même poussière que nous, pour leur raconter ce que le Seigneur a fait en nous et pour nous.
Quimper le 8 Août 2010.
Alain Monclair.
Alain Monclair.

