Victoire sur les frustrations

Wednesday, 11 August 2010

Le sevrage :
La fin d’un mirage et la saveur d’un nouveau breuvage.

 Le Psaume 131 relate l’expérience d’un homme sensible qui se réfère au sevrage pour décrire son état d’âme. Le sevrage est un passage obligé pour accéder à la maturité et à la liberté. Nous passons tous par ce moment de la vie, dans les premiers mois de notre vie, parfois même le premier jour lorsque la mère ne peut pas allaiter. De même lorsque nous naissons de nouveau par la grâce agissante de Dieu, nous sommes appelés à vivre un sevrage total avec tout ce qui a fait le lait nourricier de notre vie avant notre union avec jésus-Christ. Jésus lui-même a clairement énoncé cette condition incontournable pour devenir son disciple : « Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple. » (Luc 14:33 NEG) Nous restons propriétaires de nos biens après notre rencontre avec Jésus, mais ce ne sont plus eux qui nourrissent notre bien-être intérieur. Comme lors de tout sevrage, ce renoncement radical entraîne des frustrations. Mais ces frustrations ne sont que le passage obligé vers la libération que Jésus nous offre.
 Ce sevrage, nous l’avons déjà dit, est incontournable, et il ne faut pas croire que d’essayer de le contourner nous facilitera la vie. Le jeune homme riche de l’Evangile en fit l’amère expérience : « Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit : Il te manque une chose ; va, vends tout ce que tu as, donne–le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis–moi. Mais, affligé de cette parole, cet homme s’en alla tout triste ; car il avait de grands biens. » (Marc 10:21-22 NEG). Si nous sommes encore accros au petit lait bien tiède de nos possessions matérielles, nous ne pouvons pas être disciples de Jésus-Christ, et nous ne pouvons pas jouir pleinement des richesses spirituelles dont nous sommes bénéficiaires en Christ.
 Le Psaume 131 nous enseigne comment avoir la victoire sur les frustrations qui nous pourrissent la vie. Il nous montre comment prévenir ces frustrations et comment vivre et partager la paix trouvée dans notre nouvelle relation avec Dieu.

1°. Non aux mirages !
 « Cantique des degrés. De David. Eternel ! Je n’ai ni un cœur qui s’enfle, ni des regards hautains ; Je ne m’occupe pas de choses trop grandes et trop relevées pour moi. » (Psaumes 131:1 NEG)
 Les souffrances du sevrage sont proportionnelles à l’espoir que nous avions mis dans les choses dont nous devons nous séparer trouver la liberté. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le sevrage physique d’un malade alcoolique ne demande pas plus que quelques jours. Ce qui est plus long c’est de se débarrasser de la manière de vivre et de penser que nous avons eu pendant des années.  La personne qui est devenue alcoolique croit sincèrement qu’elle ne peut plus vivre normalement sans consommer le produit qui l’a conduite à la déchéance, au lieu de la rendre plus forte comme elle l’espérait au début. Nous ne sommes pas tous alcooliques, mais nous mettons tous notre espoir en quelque chose. Parfois nous visons mal ou nous visons trop haut pour nous. Plus on vise haut plus la chute risque d’être catastrophique. Le problème n’est pas de viser haut, mais de viser trop haut pour soi. David était roi d’Israël lorsqu’il a écrit ce Psaume. Mais cette fonction ne lui faisait pas tourner la tête. Ce n’est pas par ambition personnelle, ou pour rechercher des expériences nouvelles que David est devenu roi. Il est devenu roi parce qu’il a cru que Dieu l’appelait à cette haute fonction.
 Nous sommes souvent à la recherche d’émotions fortes qui nous valorisent à nos propres yeux, mais qui, dans un second temps, nous conduisent à la ruine (cf. « J’ai commencé par un verre » par Geneviève Casasus. Éditions OH ! 2008. « Mon problème c’était ce besoin irrésistible que ça flambe, que ça pétarade, que ça scintille, que ça explose. Cette conviction idiote, mais tatouée dans mon cerveau, ce qui est simple est forcément médiocre, et que la vie est ailleurs. Qu’une émotion, pour être acceptable, doit être grandiose, renversante, sublime. » Pages 77-78.)
 Le roi David ne s’occupait pas de choses trop grandes pour lui, c’est pourquoi il pouvait avoir l’âme calme et tranquille en assumant ses responsabilités. Le seigneur promet de nous guider dans la vie dès l’instant où nous nous confions en Lui : « Ce que nous sommes, nous le devons à Dieu. Il nous a recréés en Christ pour nous faire accomplir, dans la communion avec lui, les bonnes actions qu’il a préparées depuis longtemps pour nous. Voilà la vie conforme à la volonté de Dieu, celle pour laquelle il a tout arrangé d’avance ; il a préparé notre chemin afin que nous n’ayons plus qu’à y marcher. » (Éphésiens 2:10 PVV) ; Il nous faut du temps pour découvrir les jalons que Dieu a mis sur notre chemin, mais ce temps est également prévu par Dieu. Parfois il nous faut accepter que Dieu vise plus haut que nous dans ses projets à notre égard, et parfois il faut accepter que Dieu voie notre avenir plus simple et modeste que nous l’imaginons. Gédéon dut réviser ses pensées au sujet de lui-même pour obéir à Dieu : « Gédéon lui dit : Ah ! Mon seigneur, avec quoi délivrerai–je Israël ? Voici, ma famille est la plus pauvre en Manassé, et je suis le plus petit dans la maison de mon père. » (Juges 6:15 NEG)
 Le roi David semblait destiné à garder les moutons du troupeau familial pour le reste de ses jours, mais Dieu en décida autrement. Mais en donnant une nouvelle vocation à David Dieu le qualifia afin qu’il puisse remplir cette vocation sans galérer au dessus de ses moyens : « Samuel prit la corne d’huile, et l’oignit au milieu de ses frères. L’Esprit de l’Eternel saisit David, à partir de ce jour et dans la suite. Samuel se leva, et s’en alla à Rama. » (1 Samuel 16:13 NEG)

 Pour se réaliser dans la vie il faut tout simplement chercher à entrer dans la vie que le Créateur a prévu pour chacun d’entre nous. L’apôtre Paul était un fanatique religieux avant sa conversion à Jésus-Christ sur le chemin de Damas. Avant sa conversion il était conduit par ses penchants religieux naturels, sans aucun questionnement sur ses méthodes arbitraires et violentes. Après sa conversion il est parti conquérir le monde pour Jésus-Christ, mais intérieurement ce n’était plus le même homme. Il ne cherchait pas à se valoriser en exerçant son apostolat, mais à vivre la vie que Dieu avait tracée pour lui à l’avance. Il va d’ailleurs mettre ses frères et sœurs en Christ en garde contre ces soifs qui peuvent nous faire rater le chemin de vie tracé par Dieu pour nous : « Ayez les mêmes sentiments les uns envers les autres. N’aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez–vous attirer par ce qui est humble. Ne soyez point sages à vos propres yeux. » (Romains 12:16 NEG)
 J’ai commencé à boire plus que de raison parce que je me trouvais trop minable à mes propres yeux. J’ai voulu me dépasser. Je me voulais moins timide, plus extraverti. Je me suis tellement dépassé que je ne savais plus où j’en étais lorsque mon mirage s’est évanoui dans le désert! Il a fallu que je passe par le sevrage pour commencer à me retrouver et à rebâtir sur des bases plus sages.

2°. Oui au sevrage !
 « Loin de là, j’ai l’âme calme et tranquille, Comme un enfant sevré qui est auprès de sa mère ; J’ai l’âme comme un enfant sevré. » (Psaumes 131:2 NEG)
 Un texte des livres deutérocanoniques de la Bible T.O.B. décrit bien le sevrage auquel Dieu nous invite :   « Ce qui est trop difficile pour toi, ne le recherche pas, ce qui est au–dessus de tes forces, ne l’examine pas. Réfléchis sur les commandements qui t’ont été donnés, tu n’as pas besoin des choses cachées. Ne t’acharne pas à des œuvres qui te dépassent ; ce qui t’a déjà été montré est plus que ne peut concevoir l’esprit humain. Car beaucoup ont été égarés par leurs spéculations, leur imagination perverse a faussé leurs pensées. » (Siracide 3.21-24)
 Un enfant sevré découvre une nouvelle relation avec sa mère. Certes il va devoir apprendre à manger à la cuillère, puis à se servir lui-même et probablement un jour à cuisiner son repas lui-même. Sa relation avec sa mère change, mais il en demeure proche. La mère aussi doit apprendre à apaiser son enfant autrement qu’en lui donnant le sein. D’une relation de dépendance physique, la mère et l’enfant vont développer une relation de confiance. La parole va supplanter le lait maternel. Il en est de même dans un cheminement spirituel normal. Il y a une similarité dans la croissance spirituelle. Dans un premier temps nous ne connaissons que la création terrestre de Dieu. Nous en usons avec plaisir et parfois nous en abusons par mésusage.   
 Dans mon expérience personnelle, il a fallut que la Parole de Dieu supplante le biberon alcoolisé pour que je découvre l’âme calme et tranquille de l’enfant sevré. Sans ce sevrage et ce nouveau breuvage de la Parole de Dieu, je n’aurais jamais évolué dans ma vie personnelle. J’ai pu constater que mon expérience correspond à ce que dit la Bible : « Rejetant donc toute méchanceté et toute ruse, la dissimulation, l’envie, et toute médisance, désirez, comme des enfants nouveau–nés, le lait spirituel et pur, afin que par lui vous croissiez pour le salut, si vous avez goûté que le Seigneur est bon. » (1 Pierre 2:1-3 NEG)
 Le langage de Pierre est inverse de celui du Psaume 131. David parlait du sevrage du lait maternel et Pierre invite à se comporter comme des enfants nouveaux nés. Le sevrage que Pierre présente est  une rupture avec la méchanceté (le désir de faire mal), les ruses (les combines), la dissimulation (les cachotteries), l’envie et la médisance. La nature, dit-on, a horreur du vide. Jésus est d’accord avec cet adage lorsqu’il parle de la maison balayée et ornée, mais vide : « Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n’en trouve point. Alors il dit : Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti ; et, quand il arrive, il la trouve vide, balayée et ornée. Il s’en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui ; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Il en sera de même pour cette génération méchante. » (Matthieu 12:43-45 NEG)
 Le Seigneur Jésus ne nous laisse pas à vide lorsque nous renonçons à toutes choses pour devenir son disciple, il nous rempli de sa présence par l’Esprit Saint. C’est d’ailleurs en parlant d’un problème d’addiction qui nécessite un sevrage que Paul exhorte les Éphésiens à être remplis du  Saint Esprit : « Ne vous enivrez pas de vin, c’est de la débauche. Soyez, au contraire, remplis de l’Esprit. » (Éphésiens 5:18 NEG). Les années les plus douloureuses de ma vie ont été celles qui se sont passées entre mon sevrage de l’alcool et le jour où le Saint Esprit est venu m’habiter lorsque j’ai donné sans concession ma vie à Dieu. J’avais balayé l’alcool de ma vie, je m’étais racheté une conduite mais mon cœur était vide, vide et donc en danger d’être squatté par de méchants esprits. Seul le Saint Esprit apporte le calme et la tranquillité dont nous avons besoin. N’ayons donc pas peur de passer par le sevrage des habitudes charnelles enracinées dans nos cœurs.

3°. Partageons un nouveau breuvage !
 « Israël, mets ton espoir en l’Eternel, Dès maintenant et à jamais ! » (Psaumes 131:3 NEG)
 David a apprit à recevoir de Dieu le calme et la tranquillité de l’âme dont il avait besoin. Il peut donc inviter son peuple à en faire de même. Il ne leur dit pas de placer leur confiance en lui parce qu’il est un bon roi, mais il les invite à placer leur confiance en Dieu. Aux yeux de David cette décision est une urgence et sera éternellement une urgence : « Dès maintenant et à jamais ! ».
 Le besoin de partager quelque chose avec le prochain est inscrit dans notre ADN. Autrefois ce que je partageais se limitait bien souvent à trinquer. A ta santé ! disait-on, et effectivement c’est ma santé qui trinquait ! Aujourd’hui j’ai quelque chose d’autre à partager et cela m’aide à vivre pleinement ma nouvelle sobriété.
 Il n’y a pas besoin d’être roi, prophète ou prédicateur pour avoir quelque chose à partager. Toute personne qui a reçu la paix dans son cœur en se confiant en Jésus-Christ a un témoignage formidable à partager. Un tas de gens pensent qu’il faudrait qu’ils fassent de grandes choses pour se sentir heureux et épanouis, ils ont besoin du témoignage des plus humbles pour les aider à se tourner vers Celui qui donne la paix. Un tas de gens, pour ne pas dire tous pensent qu’ils ont besoin de plus de choses pour être heureux, ils ont besoin du témoignage des plus modestes pour se tourner vers Dieu et recevoir l’Esprit de contentement qui remplit l’âme et le cœur.
 C’est à un homme tombé au plus bas niveau de la déchéance, mais délivré de ses démons et apaisé,  que Jésus va dire : « Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte–leur tout ce que le Seigneur t’a fait, et comment il a eu pitié de toi. » (Marc 5:19 NEG)
 Vivons les paroles du Psaume 131, renonçons à nous-mêmes, laissons-nous remplir de l’Esprit de Jésus et allons vers les nôtres, ceux qui sont faits de la même poussière que nous, pour leur raconter ce que le Seigneur a fait en nous et pour nous.

Quimper le 8 Août 2010.
Alain Monclair.


Le Sermon sur la montagne (6)

Monday, 9 August 2010

Le disciple de Jésus et la Parole de Dieu.

Lecture : Matthieu 7 : 12 à 29.

 La fin du Sermon sur la montagne nous enseigne comment nous comporter à l’égard de la Parole de Dieu et comment discerner ses contrefaçons.
 
I°. Une porte vers l’amour de Dieu.
 « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites–le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes. Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. » (Matthieu 7:12-14 NEG)
 Nous avons déjà vu le verset 12 dans le cadre de nos relations avec le prochain. Nous voulons souligner aujourd’hui que ce que désire le vrai disciple de Jésus,  c’est qu’on l’aide à vivre pleinement les promesses de Dieu. Notons que Jésus conclut la règle d’or par ces mots : «car c’est la loi et les prophètes. ». Nous trouvons cette même expression dans un autre endroit de l’Evangile selon Matthieu : « Un docteur de la loi, lui posa cette question, pour l’éprouver : Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ? Jésus lui répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi–même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. » (Matthieu 22:35-40 NEG)
 Dieu nous a donné sa Loi pour nous montrer comment l’aimer de tout notre être et comment aimer notre prochain comme soi-même.
 La porte large et le chemin spacieux sont le cheminement de la plupart des gens. Ils vont où leurs sens naturels les poussent, il franchissent les portes qui les attirent. On peut comprendre que ces gens là soient facilement la proie des faux prophètes dont Jésus parle plus loin, car ils se laissent attirer par tout ce qui met leurs sens en appétit, quitte à être déçus plus tard.
 L’autre chemin, le chemin resserré est celui que Jésus nous recommande. Ce chemin est unique et ne possède qu’une seule porte d’accès, Jésus Lui-même : « Jésus leur dit encore : En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne les ont point écoutés. Je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages. » (Jean 10:7-9 NEG) Paradoxalement la porte étroite et le chemin resserré conduisent à la vie abondante, tandis que la porte large et le chemin spacieux mènent à l’appauvrissement, à la mort et à la destruction. « Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire ; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance. » (Jean 10:10 NEG)

II°. Les faux prophètes.
 Les vrais prophètes sont ceux que Dieu a inspiré pour apporter sa parole, tous les autres sont des faux prophètes. Les faux prophètes ont parlé soit de leur propre ambition et initiative soit inspirés par des puissances occultes étrangères à Dieu. Les faux prophètes ont aussi la particularité de déformer la Parole de Dieu par leurs fausses explications du texte. Jésus parle à ses disciples du levain des pharisiens et des saducéens, qui par leur enseignement, arrivaient à donner un sens erroné à l’Écriture.
 « Gardez–vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtement de brebis, mais au–dedans ce sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille–t–on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ? Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ou un mauvais arbre porter de bons fruits. Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. » (Matthieu 7:15-19 NEG)
 C’est un Témoin de Jéhovah qui m’a procuré ma première Bible. Je ne connaissais pas la secte des Témoins de Jéhovah, et comme c’était un camarade de travail qui me procura cette Bible, je n’étais pas particulièrement méfiant. Je précise que la Bible en question était la traduction protestante Louis Segond, car à cette époque, dans les années 70, les témoins de Jéhovah ne possédaient pas leur propre traduction qui est conçue pour étayer leurs doctrines les plus contestées.
 J’ai donc lu cette Bible, et j’ai également lu les brochures que m’avait fournies cet homme. Je voyais bien qu’il semblait réticent à me fournir une Bible avant que je n’aie lu ses brochures et assisté aux réunions des Témoins de Jéhovah, mais sur mon insistance il me la procura tout de même quelques jours après m’avoir donné sa littérature sectaire.
 Aujourd’hui je comprends la réticence de mon camarade de travail. J’ai lu la Bible et j’ai également lu, par égard envers lui, ses brochures. La lecture de la Bible m’a tout de suite enthousiasmé, mais ses brochures ne m’ont pas convaincues. J’y ai vu une différence avec le contenu de la Bible. Les deux messages m’apparaissaient contradictoires. Mais c’est surtout la vie et le témoignage de mon collègue de travail qui m’a rendu méfiant envers sa religion. Cet homme ne respirait pas la paix, la joie et l’assurance dont parle la Bible dans la vie de celui qui a reçu le salut offert par Jésus-Christ. Du coup, je n’ai jamais été à ses réunions, car lorsque j’ai commencé à lui parler des contradictions que j’avais trouvées entre ses livres et la Bible, mon camarade de travail a naturellement cherché à me convaincre. C’est alors que j’ai pu voir que cet homme était habité par la peur de Dieu et de sa congrégation, et non par le respect paisible que Dieu donne à ceux qui sont sauvés. Comme on reconnaît un arbre à ses fruits on reconnaît la foi d’un homme aux fruits qui s’épanouissent dans sa vie. Malheureusement pour lui, mon camarade de travail ne portait pas les fruits qui sont mentionnés dans la Bible (Galates 5.22). J’avais très peu de connaissance, mais il était manifeste à mes yeux que la foi de mon camarade était en contradiction avec le message de l’Evangile. J’ai choisi de croire Celui que l’Evangile me présentait : Jésus-Christ, et Dieu a commencé à cultiver dans ma vie le fruit de la paix, de la joie et de l’assurance du Salut.
 Les faux prophètes peuvent être de braves gens, mais leur message est en contradiction avec celui de la Bible. Ils utilisent la Bible pour étayer leurs doctrines, mais ils y joignent un levain qui ne vient pas de Dieu. Le message de l’Evangile est simple et accessible à toute créature sans un système compliqué d’interprétations humaines. L’Evangile apporte la vie et non pas la dépendance d’un système humain.
 Les faux prophètes sont des personnes beaucoup plus préoccupées de leur propre personne que du bien de leur prochain et de la gloire de Dieu. Ils n’apportent rien aux autres mais au contraire sont « des loups ravisseurs ».
 Cependant ils sont séducteurs, c’est en vêtement de brebis inoffensives qu’ils se présentent. Ils peuvent aussi impressionner par leur langage religieux et un pseudo pouvoir qui ne viennent pas de Dieu : « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! N’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais seulement celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour–là : Seigneur, Seigneur, n’avons–nous pas prophétisé par ton nom ? N’avons–nous pas chassé des démons par ton nom ? Et n’avons–nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : retirez–vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. » (Matthieu 7:21-23 NEG) Aveuglés par leurs erreurs, les faux prophètes peuvent croire servir Dieu alors qu’ils ne le connaissent pas !
 Jésus nous donne quelques indications qui nous éviteront de tomber dans le même piège que ces faux chrétiens. Le disciple de Jésus-Christ ne cherche pas à faire des choses spectaculaires, il cherche à faire la volonté de son Père qui est dans les cieux.
 Les faux prophètes dont parle Jésus ici ne l’ont jamais accueilli dans leur vie puisqu’il leur dit : « Je ne vous ai jamais connus,». Le véritable disciple de Jésus Christ connaît son maître et son maître le connaît : « Je connais mes brebis, et elles me connaissent, » (Jean 10:14 NEG)
 Plusieurs personnes ont voulu imiter les apôtres dans l’exercice de leur ministère de puissance. Dans la ville de Philippes, une servante habitée par un esprit de divination alla au devant des apôtres leur faire de la publicité. Mais l’apôtre Paul, inspiré par Dieu chassa le démon, car seul le Saint Esprit a sa place au service de Dieu (Actes 16.6-18).
  Quelques exorcistes Juifs, qui faisaient profession de chasser les démons par des formulent magiques crurent qu’il suffisait de répéter les paroles de l’apôtre Paul avoir le même résultat, le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils furent déçus : « Quelques exorcistes juifs ambulants essayèrent d’invoquer sur ceux qui avaient des esprits malins le nom du Seigneur Jésus, en disant : Je vous conjure par Jésus que Paul prêche ! Ceux qui faisaient cela étaient sept fils de Scéva, Juif, l’un des principaux sacrificateurs. L’esprit malin leur répondit : Je connais Jésus, et je sais qui est Paul ; mais vous, qui êtes–vous ? Et l’homme dans lequel était l’esprit malin s’élança sur eux, se rendit maître de deux d’entre eux, et les maltraita de telle sorte qu’ils s’enfuirent de cette maison nus et blessés. Cela fut connu de tous les Juifs et de tous les Grecs qui demeuraient à Éphèse, et la crainte s’empara d’eux tous, et le nom du Seigneur Jésus était glorifié. » (Actes 19:13-17 NEG)
 Ce qui compte le plus dans le service chrétien c’est la relation avec le Seigneur Jésus et non pas les œuvres, la gestuelle ou le rite. Le faux prophète fait du bruit pour rien, il fait d’autant plus de bruit qu’il n’est qu’une caisse de résonance creuse. L’annonce de la parole de l’Evangile doit se faire sous la direction du Maître de la Moisson et pour son unique gloire.

III°. La mise en pratique de la parole.
 « C’est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison : elle n’est point tombée, parce qu’elle était fondée sur le roc. Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison : elle est tombée, et sa ruine a été grande. » (Matthieu 7:24-27 NEG)
 Jésus utilise une image toute simple pour illustrer la mise en pratique de sa parole. Ailleurs il parle de semailles, ici il parle de la construction d’une maison. On réfléchit avant de construire une maison, non seulement à la conception de la maison elle-même, mais aussi au choix du terrain sur laquelle on va la construire. Nous avons connu récemment en France des catastrophes meurtrières dues au mauvais choix de l’emplacement de certaines maisons. La pluie est tombée, le vent a soufflé, la mer a rompu des digues et des hommes et des femmes sont morts noyés dans leurs maisons. D’autres dans des vallées ont vu les rivières grossir sous les pluies d’orage, s’engouffrer dans leurs rues, emporter des voitures avec leurs passagers, abattre des murs et des maisons en noyant leurs occupants. Unanimement les autorités ont proclamées qu’il ne fallait plus construire n’importe où au détriment du bon sens, et elles ont déclarées ces zones inconstructibles.
 L’avertissement de Jésus est aussi solennel que celui de nos autorités. La pluie tombera, le vent soufflera et notre flamme de vie terrestre s’éteindra, mais si notre vie est bâtie sur la Parole du Seigneur nous habiterons éternellement avec Lui.
 Pour bâtir sur le roc il faut creuser, c’est ce que souligne le récit parallèle de Luc : « Il est semblable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profondément, et a posé le fondement sur le roc. Une inondation est venue, et le torrent s’est jeté contre cette maison, sans pouvoir l’ébranler, parce qu’elle était bien bâtie. » (Luc 6:48 NEG)
 Creuser demande du temps et de l’énergie, mais quand on y croit on se donne les moyens ! Celui qui monte ses briques directement sur le sol au lieu de creuser des fondations terminera plus vite de construire sa maison, mais elle sera emportée par les flots de l’imprévoyance au jour du jugement.
 Avant de construire une maison sur le sol français il faut prendre des informations auprès des autorités. De même Dieu connaît les limites du terrain où nous nous pouvons bâtir nos vies sans être emportés par les eaux : « Tu as posé une limite que les eaux ne doivent point franchir, Afin qu’elles ne reviennent plus couvrir la terre. Il conduit les sources dans des torrents Qui coulent entre les montagnes. » (Psaumes 104:9-10 NEG)
 Sans Dieu nous risquons d'être engloutis par les flots de ce monde vorace : « Sans l’Eternel qui nous protégea, Qu’Israël le dise ! Sans l’Eternel qui nous protégea, Quand les hommes s’élevèrent contre nous, Ils nous auraient engloutis tout vivants, Quand leur colère s’enflamma contre nous ; Alors les eaux nous auraient submergés, Les torrents auraient passé sur notre âme ; Alors auraient passé sur notre âme Les flots impétueux. »…
 « Notre secours est dans le nom de l’Eternel, Qui a fait les cieux et la terre. » (Psaumes 124:1-5,8 NEG)
 Les personnes qui bâtissent sur le sable ou dans des zones inondables ont leurs raisons pour agir ainsi. Elle se disent peut-être que les catastrophes naturelles ça n’arrive qu’aux autres, et que si elles ne sont pas mortes noyées jusqu’à présent il y a de grandes chances que ça n’arrive Jamais. Et avec le peu d’argent qu’elles ont, elles ne trouveront jamais un meilleur terrain si près de la mer. L’endroit leur plait, c’est le coup de cœur, alors il ne faudrait quand même pas briser le romantisme. Nous pouvons trouver toutes sortes de raisonnements pour rendre quelque chose de déraisonnable acceptable à nos yeux.
 Jésus réclame notre attention, il nous demande de ne pas oublier ce qu’il vient de dire. La vie c’est sérieux ! D’autant plus quand il s’agit de la vie éternelle ! La garantie qu’il nous donne si nous suivons ses conseils est bien plus que la garantie décennale que nous offrent les constructeurs en France. D’autant plus que les constructeurs ne peuvent offrir des garanties que pour les murs et les matériaux, tandis que Jésus nous offre aussi une qualité de vie incomparable à l’intérieur de nos maisons. Le Sermon sur la montagne est l’un des plus beaux textes qui circulent sur notre planète, mais si nous ne mettons pas en pratique les paroles de Jésus il ne nous sert à rien. Jacques a bien compris l’importance des paroles de Jésus : « Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écoutez en vous trompant vous–mêmes par de faux raisonnements. Car, si quelqu’un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir son visage naturel, et qui, après s’être regardé, s’en va, et oublie aussitôt comment il était. Mais celui qui aura plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui aura persévéré, n’étant pas un auditeur oublieux, mais se mettant à l’œuvre, celui–là sera heureux dans son activité. » (Jacques 1:22-25 NEG)

IV°. Une Parole incomparable.
 « Après que Jésus eut achevé ces discours, la foule fut frappée de sa doctrine ; car il enseignait comme ayant autorité, et non pas comme leurs scribes. » (Matthieu 7:28-29 NEG)
 La foule que constituaient les auditeurs de Jésus avait l’habitude d’entendre discourir sur la Loi de Moïse. Pour eux il n’y avait aucun doute, la Parole de Jésus comportait une autorité qu’ils n’avaient jamais entendue auparavant. Cette autorité les plaçait devant un choix. Ne pas respecter une parole dont on reconnaît l’autorité serait un non sens. Cependant nous sommes souvent dans le non sens !
 Les paroles de Jésus étaient agréables à entendre, il savait captiver son auditoire, il rendait compréhensible ce que les scribes avaient enrobé dans leur jargon hermétique pendant longtemps. Les paroles de Jésus sont toujours aussi  belles. Le Sermon sur la montagne est un chef  d’œuvre indémodable. Mais ne faisons pas des paroles de Jésus un objet d’art, ce serait mettre Jésus au musée !
Obéissons aux paroles de Jésus. Bâtissons nos vies sur le roc de ses déclarations.
C’est pour nous que Jésus a prononcé ces paroles et non pour obtenir un prix littéraire. La plus grande gloire que Jésus puisse retirer du sermon sur la montagne, c’est que nous lui ouvrions les portes de nos vies avec confiance.

Quimper Juillet 2010.
Alain Monclair.
 

Le Sermon sur la montagne (5)

Sunday, 8 August 2010

Jésus, moi et mon prochain.

Lecture : Matthieu 7 : 1 à 14.

 Le fil conducteur des diverses vérités exposées dans ce passage est notre comportement à l’égard ne notre prochain. Même le passage sur la prière (des versets 7 à 11) est présenté dans Luc 11. 5-13 avec l’illustration d’un ami qui vient frapper à notre porte au milieu de la nuit.

I°. Formation à la relation d’aide. Matthieu 7.1-5.
Dans ce passage Jésus donne à ses disciples une leçon de relation d’aide, et montre aux pharisiens quelle devrait être leur attitude dans leur fonction.
Nous avons au verset 5 une promesse de qualification pour être en mesure d’aider nos frères et sœurs : « Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. » (Matthieu 7:5 NEG)
 Si nous sommes rassemblés pour étudier la Bible, ce n’est pas uniquement parce que nous avons soif d’en savoir plus, c’est aussi pour y puiser les conseils qui nous permettrons d’aller vers notre prochain pour lui transmettre ce que nous avons reçu. Il n’est pas facile de communiquer ce que nous avons reçu. Avec les meilleures intentions du monde on peut commettre des erreurs. Jésus nous enseigne ici comment aider et nous préparer à aider notre prochain. Retournons au verset 1er pour commencer par le commencement.

1°. Ne pas juger.
 « Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. » (Matthieu 7:1-2 NEG)
 L’esprit de jugement nous guette à chaque instant, car la crise morale de notre monde nous offre chaque jour en spectacle des faits et des comportements qui méritent d’être jugés. Si jésus ne nous disait pas « Ne jugez pas », on pourrait croire que chacun d’entre nous est prédisposé à devenir juge, on voit tellement facilement ce qui ne va pas chez le prochain. Les gens qui ne jugent pas sont tellement rares que nous pouvons tous, par expérience vécue, être d’accord avec Marc Twain lorsqu’il dit : « De tous les hommes que je connais, le seul intelligent, c’est mon tailleur. Chaque fois que je vais chez lui, il reprend mes mesures ; quant aux autres, ils m’ont mesuré une fois pour toutes et se figurent que leur jugement est toujours à ma taille. » Non seulement les hommes ont cette tendance naturelle à juger, mais ils semblent si surs de leurs jugements qu’ils ne s’attendent à aucun changement dans nos vies.
 Pourquoi Jésus nous demande-t-il de ne pas juger ?
*Parce que ce n’est pas notre rôle. Lui-même a déclaré que son rôle en venant sur la terre n’était pas de juger, mais de sauver et le Père a confirmé sa mission : « Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. » (Jean 3:17 NEG)
« Si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde point, ce n’est pas moi qui le juge ; car je suis venu non pour juger le monde, mais pour sauver le monde. » (Jean 12:47 NEG)
« Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » (Luc 19:10 NEG)
 Il nous est souvent difficile d’admettre que nous n’avons pas à juger, mais si Jésus s’est soumis à cette discipline pendant son ministère terrestre, nous pouvons également le faire, nous qui de surcroît sommes pécheurs comme ceux que nous jugeons.
Il y a une autre raison pour laquelle Jésus nous demande de ne pas juger. En jugeant nous atteignons rarement le but désiré, qui devrait être le changement de la personne, car nous avons une tendance innée à nous former une carapace protectrice dès qu’on nous juge. « Nos peurs du jugement des hommes, écrit le médecin chrétien Paul Tournier. Comme toutes les autres peurs, il s’agit d’une manifestation de l’instinct de conservation. Nous nous défendons contre les jugements avec la même énergie que nous mettons à nous défendre contre la faim, le froid, ou les bêtes féroces. Car c’est une menace mortelle. Et plus nous nous sentons concernés par la cause de Dieu, plus nous voulons aider les hommes à le servir, plus aussi nous sommes pressés de dénoncer le mal et de louer le bien, de démasquer les méchants et de rendre hommage aux justes, bref, de nous poser en arbitres du bien et du mal. Et c’est justement ce que la Bible nous interdit. »

2°. S’examiner soi-même.
 « Pourquoi vois–tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois–tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux–tu dire à ton frère : Laisse–moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. » (Matthieu 7:3-5 NEG)
 Comment devons-nous alors réagir face à ce qui nous paraît de toute évidence condamnable ? Jésus nous donne la réponse, il nous invite à regarder en nous-mêmes pour découvrir la poutre qui se cache dans notre œil. Lorsque nous aurons découvert cette poutre, montrons-la à Jésus, demandons-lui de l’ôter de notre œil ; ensuite nous n’aurons plus très envie de juger notre prochain. Nous aurons simplement envie de l’aider, non plus du haut de notre propre justice, mais en position d’égalité, en pécheur pardonné. Un pécheur pardonné n’a pas à cacher ses fautes sous un manteau d’hypocrisie, mais il doit être prêt à dévoiler sa propre misère pour aider son prochain.
 Jésus cherche toujours à placer ses auditeurs face à eux-mêmes afin que sa Parole pénètre en eux tout d’abord alors qu’ils cherchent à juger les autres. Ce principe est une constante dans le ministère de Jésus et se vérifie dans le récit de « La femme adultère » dans Jean 8 : 3-9.
 Car comment pourrons-nous conseiller à quelqu’un d’avouer ses fautes à Dieu et à ceux qu’il a offensés, si nous ne montrons pas l’exemple ?
 N’oublions jamais que Dieu peut changer radicalement une personne et que cette promesse est également vraie pour nous-mêmes. Tant que nous ne sommes pas au ciel nous sommes un chantier de Dieu. Nous sommes sauvés, nous lui appartenons, et parce que nous lui appartenons il veut entreprendre des travaux de restauration pour nous mettre aux normes célestes, on appelle cela la sanctification.
 Voici ce que nous conseille l’apôtre Paul lorsque nous sommes tentés de juger les autres : « Chacun de nous devra rendre compte à Dieu pour soi-même. Cessons donc de nous juger les uns les autres. Prenez plutôt la décision que voici : ne rien faire qui amène votre frère à trébucher ou à tomber dans le péché. » Romains 14 : 13. Celui qui ne se considère pas comme un plus grand pécheur que son prochain n’est pas qualifié pour lui annoncer l'Évangile ! Voir 1 Timothée  1 : 15.

3°. Mise en pratique.
 Il est intéressant de rechercher dans la Bible comment les premiers disciples de Jésus-Christ ont transmis cet enseignement. L’apôtre Paul avait été un pharisien zélé qui mettait de pesants fardeaux sur les épaules des hommes et qui était sans pitié pour ceux qu’il considérait comme des hérétiques. Mais après avoir été transformé par la grâce du Seigneur, il va changer radicalement sa manière de procéder dans son ministère. Il écrit aux Galates un texte qui ressemble à une paraphrase de Matthieu 7.1-5 : « Frères, si un homme vient à être surpris en faute, vous qui êtes spirituels, redressez–le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi–même, de peur que tu ne sois aussi tenté. Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ. Si quelqu’un pense être quelque chose, quoiqu’il ne soit rien, il s’abuse lui–même. Que chacun examine ses propres œuvres, et alors il aura sujet de se glorifier pour lui seul, et non par rapport à autrui ; car chacun portera sa propre charge. » (Galates 6:1-5 NEG)
 Paul nous donne ici de précieux conseils pour mettre en pratique les paroles de Jésus.
A°. «Frères, si un homme vient à être surpris en faute, vous qui êtes spirituels, redressez–le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi–même, de peur que tu ne sois aussi tenté. V.1 » Lorsque nous voyons la paille ou la faille dans la vie d’un homme, nous ne devons pas rester indifférents. Mais notre action ne doit pas être une réaction charnelle ou épidermique. Notre démarche doit être dirigée et inspirée par l’Esprit Saint qui nous communiquera la douceur et l’humilité indispensables pour mener à bien notre intervention.

B°. «Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ. V.2»Nous nous rendons solidaire de la personne que nous aidons. Nous devons veiller à ne pas présenter notre démarche comme un fardeau supplémentaire mais une aide pour porter le fardeau et résoudre le problème découvert. Si nous nous sommes ouverts à Jésus lorsqu’il nous a parlé de nos péchés, c’est parce qu’il ne l’a pas fait pour nous accabler, mais pour nous en délivrer.

C°. «Si quelqu’un pense être quelque chose, quoiqu’il ne soit rien, il s’abuse lui–même. V.3» Nous devons éviter de nous comparer. Si je désire me mettre sur la bonne longueur d’onde avec mon prochain pour lui parler du péché, il faut que je me souvienne que je ne mérite pas plus que lui d’être pardonné, et donc que mon prochain peut être pardonné et délivré de son péché tout autant que moi. Si nous oublions que nous sommes des rescapés du péché, nous régressons dans nos vies morales et spirituelles, nous ne sommes plus aptes à secourir notre prochain. “Mais celui en qui ces choses ne sont point est aveugle, il ne voit pas de loin, et il a mis en oubli la purification de ses anciens péchés. ” (2 Pierre 1:9 NEG)
 
D°. « Que chacun examine ses propres œuvres, et alors il aura sujet de se glorifier pour lui seul, et non par rapport à autrui  V.4» Nous devons nous examiner nous-mêmes avant d’aider les autres. L’examen de soi-même est recommandé à maintes reprises dans le Nouveau Testament comme dans l’Ancien. L’examen de nous-même nous prépare à partager le message de la grâce de Dieu avec notre prochain.

E°. « Car chacun portera sa propre charge. V.5»  Chacun doit porter ses propres responsabilités. Nous pouvons, par la grâce de Dieu, nous aider les uns les autres à avancer dans la foi. Mais en aucun cas nous ne sommes habilités à devenir le tuteur spirituel de notre prochain. Nous ne pouvons pas prendre les bonnes décisions à sa place.

 Ailleurs l’apôtre Paul nous donne à nouveau un conseil de la même teneur, un conseil qui trouve sa sève et sa saveur dans les paroles de Jésus : « Nous vous en prions aussi, frères, avertissez ceux qui vivent dans le désordre, consolez ceux qui sont abattus, supportez les faibles, usez de patience envers tous. Prenez garde que personne ne rende à autrui le mal pour le mal ; mais recherchez toujours le bien, soit entre vous, soit envers tous. » (1 Thessaloniciens 5:14-15 NEG)

4°. Mise en garde.
 « Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, de peur qu’ils ne les foulent aux pieds, ne se retournent et ne vous déchirent. » (Matthieu 7:6 NEG)
 Nous ne pouvons aider que ceux qui sont disposés à recevoir de l’aide. Nous devons faire preuve de patience envers les moqueurs et prier qu’ils parviennent à prendre Dieu au sérieux. Mais nous ne devons pas leur donner l’occasion de fouler les paroles du Seigneur dans la  boue. Ces paroles correspondent peut être aux paroles de Paul lorsqu’il dit « Prends garde à toi–même, de peur que tu ne sois aussi tenté. »Galates 6.1.

II°. La prière.
 1°. Encouragement à la prière.
 « Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe. » (Matthieu 7:7-8 NEG)
 Les solutions aux problèmes des poutres et des pailles existent. Elles ne sont pas toujours faciles à trouver, car nos poutres et nos pailles nous brouillent la vue. Mais face à chaque problème nous avons le devoir de prier. Nous ne devons pas nous décourager mais persévérer dans la prière.
 La prière est présentée comme une démarche qui comporte souvent plusieurs étapes.

 «  Demandez, et l’on vous donnera. » En général nous sommes assez rapides à demander, bien que nous pouvons parfois nous apercevoir que nous n’avons jamais demandé à Dieu de nous aider dans tel ou tel domaine spécifique. Souvent ce sont des domaines importants, tels que le choix des études ou d’un travail, du logement, du mariage, de l’église que nous fréquentons. Nous avons demandé à Dieu de bénir, mais nous ne lui avons pas demandé son avis sur le choix initial. Nous avons en quelque sorte mis Dieu devant les faits accomplis. Jacques aborde ce sujet : « Vous convoitez, et vous ne possédez pas ; vous êtes meurtriers et envieux, et vous ne pouvez pas obtenir ; vous avez des querelles et des luttes, et vous ne possédez pas, parce que vous ne demandez pas. » (Jacques 4:2 NEG) Je me suis aperçu lors d’entretiens, particulièrement avec des jeunes, qu’ils n’avaient jamais parlé à Dieu des sujets qui leur tenaient particulièrement à cœur. C’est peut être parce que savons que si nous demandons sincèrement quelque chose à Dieu, il est en droit de nous répondre non. Et nous lisons plus loin qu’il ne donne que le meilleur à ses enfants.

 « Cherchez, et vous trouverez. » La prière n’est pas une dispense de réflexion. Dieu nous appelle à rechercher sa pensée et sa volonté dans sa parole. Lorsque nous comprenons sa pensée nous pouvons demander en ayant l’assurance d’être exaucés. « Quoi que ce soit que nous demandions, nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous faisons ce qui lui est agréable. » (1 Jean 3:22 NEG) Il faut donc chercher à lui demander des choses qui lui sont agréables, et non prier « au petit bonheur la chance » en nous disant « on verra bien si ça marche » !

 « Frappez, et l’on vous ouvrira. » Tout le monde sait que pour obtenir ce que l’on veut il faut frapper à la bonne porte. Ce n’est pas à l’épicerie qu’il faut apporter ma voiture à réparer, ni au garage qu’il faut demander des remèdes pour mon estomac ! On ne peut pas frapper à une porte par courrier. Pour frapper à une porte il faut faire le déplacement. Pour demander quelque chose à Dieu, ou pour chercher ses explications sur notre situation, nous devons nous approchez de Dieu. Il est vrai que cette approche exige une préparation, et parfois c’est ce qui nous freine pour aller jusqu’au bout dans notre prière. « Approchez–vous de Dieu, et il s’approchera de vous. Nettoyez vos mains, pécheurs ; purifiez vos cœurs, hommes irrésolus. » (Jacques 4:8 NEG) On se lave bien les mains avant de passer à table et on prend une douche ou un bain avant une visite chez le médecin, et nous négligerions de veiller sur nos actes, nos sentiments et nos pensées avant de nous présenter devant Dieu ? Lorsque nous avons du mal à persévérer dans une démarche spirituelle demandons-nous qu’est-ce qui nous bloque. Et lorsque nous avons trouvé, empressons-nous de le dire au Seigneur afin qu’il nous purifie de tout péché (1 Jean 1.9).

2°. Discernement dans la prière.
 « Lequel de vous donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain ? Ou, s’il demande un poisson, lui donnera–t–il un serpent ? Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera–t–il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent. » (Matthieu 7:9-11 NEG)
 L’explication que nous donne Jésus sur le désir de Dieu de répondre à nos prières est tout simple. Le Père céleste nous aime et aime les personnes pour lesquelles nous prions. J’ai aimé certaines choses dans ma vie qui n’étaient vraiment pas bonnes pour moi. Aujourd’hui je ne vais pas prier Dieu de me donner ces poisons qui ont volés des années de ma vie. Sur le coup je trouvais que ces poisons me rendaient la vie plus facile, mais ils on fini par détruire ce que j’avais de plus précieux dans la vie. Nous avons un exemple dans l’Écriture où Dieu exauça une demande coupable. Le peuple d’Israël demanda de la viande, ou plutôt fit une manifestation de colère envers  Dieu pour exiger de la viande. “Il leur accorda ce qu’ils demandaient ; Puis il envoya le dépérissement dans leur corps.” (Psaumes 106:15 NEG) Dieu sait mieux que nous-mêmes ce qui est bon pour nous, et ce qui est bon pour ceux pour qui nous prions. Dieu nous invite à prier, non pas pour satisfaire nos  frustrations et nos appétits personnels, mais pour recevoir ce qui est réellement bon pour nous comme pour le prochain.

III°. La règle d’or.
 « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites–le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes. » (Matthieu 7:12 NEG)
 Voila une règle facile à comprendre qui nous aidera comment aborder la personne que nous voulons aider et pour qui nous prions. Le Seigneur Jésus Lui-même ne fait pas pression sur nous, il respecte le libre arbitre dont il nous a dotés avant d’agir dans nos vies. Soyons ses disciples !

Quimper Juillet 2010.
Alain Monclair.
 

Le Sermon sur la montagne (4)

Sunday, 8 August 2010

Jésus et notre gestion du quotidien.

Lecture : Matthieu 6. 19 à 34.

 Dans ce passage nous trouvons des conseils de Jésus face à la gestion de nos besoins quotidiens. Nos cœurs abonnés à eux-mêmes sont envahis tant par l’attrait des richesses que par l’inquiétude du lendemain. Ces deux tendances sont incompatibles avec une vie confiante en la bonté et la souveraine providence de Dieu envers nous.

1°. Où est ton cœur ?
 « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent ; mais amassez–vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » (Matthieu 6:19-21 NEG)
 Jésus enseigne là des vérités que ses contemporains auraient dû connaître et pratiquer, puisque Moïse avait déjà compris et vécu ces conseils. Je vous propose de considérer l’exemple de Moïse.
 L’exemple de Moïse :
 Dieu n’a pas changé à travers les siècles. Il a toujours voulu le meilleur pour nous. Moïse était un homme instruit qui savait compter, c’est pourquoi il abandonna les ‘espèces sonnantes et trébuchantes’ de l’Égypte pour choisir les richesses plus sures de Christ.
« Il considérait l’humiliation attachée au Messie comme une richesse plus grande que les trésors de l’Égypte, car il avait le regard fixé sur la récompense à venir. » Hébreux 11.26.
 Les richesses de l’Égypte étaient aussi fluctuantes que les pluies et les eaux du Nil ; elles avaient des hauts et  des bas. Ainsi en est-il des richesses de ce monde. Un jour vous pouvez avoir une villa au bord de la mer qui vaut 500000€, et le lendemain après une nuit de tempête et d’inondation, elle ne vaut plus qu’une maigre indemnisation non monnayable. Une sécheresse, un tremblement de terre, une épidémie, une guerre, une crise économique ou un accident quelconque suffisent pour anéantir nos richesses terrestre. Mais il n’en est pas de même des richesses attachées au Messie.
 Aux yeux des incrédules Christ a tristement terminé sa vie sur une croix, comme un malfaiteur. Pour eux c’est un opprobre, une honte, mais pour nous qui croyons en Jésus-Christ et l’avons accueilli dans nos vies, la croix est la porte des richesses célestes. La foi éclaire nos regards sur les richesses de Christ. Ces richesses sont éternelles, contrairement aux richesses terrestres.
 Moïse avait fait le bon choix car il regardait plus loin que le bout de son nez. Lui qui ans a vécu pendant 40 entouré de richesses, a pu discerner qu’il ne perdait rien au change en renonçant aux trésors de l’Égypte.  
 Le texte biblique utilise le mot « trésor » pour les valeurs Égyptiennes, et le mot « richesse » pour les valeurs spirituelles. La différence n’est pas sans importance. D’après le dictionnaire Strong « Un ‘trésor’ est un lieu dans lequel les biens et les choses précieuses sont conservées, une cassette, un coffre ou tout autre réceptacle pour les valeurs. » Les trésors de l’Égypte auraient liés Moïse à l’Égypte. En y restant attaché il n’aurait jamais connu la libération de l’esclavage que Dieu accorda à tout le peuple d’Israël. Les richesses de Christ, par contre, nous suivront partout et pour toujours, d’où le conseil de Jésus : « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent ; mais amassez–vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. » (Matthieu 6:19-20 NEG). Moïse avait déjà compris cela 1 500ans avant la venue de Jésus. Le Saint-Esprit l’avait rendu lucide sur les vraies valeurs.
 Richesse n’est pas synonyme d’argent, si nous ne comprenons pas cela nous risquons de faire des mauvais choix. Dieu nous met en garde à l’égard de ce danger : « Mais ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux ; et quelques–uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux–mêmes dans bien des tourments. » (1 Timothée 6:9-10 NEG)
 Pour ne pas se tromper il suffit d’avoir le regard fixé dans la bonne direction, celle du Dieu qui pourvoit à tous nos besoins et nous récompense au-delà de ce que nous méritons.

Qu’en est-il de ton cœur ? « Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » Ici encore le précepte de Jésus n’est pas nouveau, mais il apporte une autorité accrue à la promesse ancienne : « Fais de l’Eternel tes délices, Et il te donnera ce que ton cœur désire. » (Psaumes 37:4 NEG)

2°. Quelle est ta vision ?
 « L’œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera éclairé ; mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres ! » (Matthieu 6:22-23 NEG)
 L’œil en bon état c’est l’œil qui voit les choses comme elles sont. L’œil en bon état distingue les choses nettement, il les ne confond pas les unes avec les autres. L’œil en bon état sait apprécier ce qu’il voit et s’il faut conserver cette image. L’œil en bon état est l’œil qui se pose sur ce que Jésus approuve : « Au reste, frères, que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l’objet de vos pensées. Ce que vous avez appris, reçu et entendu de moi, et ce que vous avez vu en moi, pratiquez–le. Et le Dieu de paix sera avec vous. » (Philippiens 4:8-9 NEG)



3°. Qui est ton Maître ?
 « Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. » (Matthieu 6:24 NEG)
 Ici, il ne s’agit pas de cumuler deux emplois comme beaucoup sont obligés de faire aujourd’hui, mais de se mettre au service de deux maîtres qui auraient totale autorité sur nous. C’était la situation de nombreuses personnes autrefois, les esclaves, les ouvriers agricoles, les domestiques de toute sorte. Aujourd’hui encore, dans un métier prenant il est impossible de se rendre disponible pour deux patrons à la fois, car si tous les deux ont besoin de nous pour une urgence nous ne pourrons pas répondre aux deux à la fois. Mammon est ici une personnification des richesses. Les richesses sont l’un des plus grands pièges que le diable pose devant les chrétiens. Avec de l’argent on peut faire beaucoup de choses ; on peut acheter des Bibles, construire des lieux de culte, financer le ministère et la mission, nourrir, vêtir et loger confortablement notre famille. Mais l’argent ne permet pas de comprendre la parole de Dieu, de bâtir la véritable église de Jésus-Christ, de monnayer l’onction et les dons du Saint-Esprit, de sauver, édifier et protéger spirituellement nos familles. « Avoir de l’argent et du bien n’est pas un péché ; mais ne le laisse pas devenir ton maître ; qu’il te serve, et que tu sois son maître » disait Luther.
 Mammon peut devenir notre maître de bien des façons, ça peut être en essayant de gagner un maximum d’argent pour Dieu mais on n’a plus de temps disponible pour Dieu ; ça peut-être aussi en essayant de tout faire en dépensant le moins d’argent possible et nous investissons tout notre temps à chercher le moyen d’économiser quelques Euros, pour s’apercevoir ensuite que l’outil que nous avons acheté ne tient pas le coup. Nous avons besoin que Dieu soit notre Maître en toutes choses, dans les petites comme dans les grandes, dans la gestion de nos richesses matérielle comme dans la gestion de nos richesses spirituelles. Car il est le Maître, nous sommes ses gérants.  
 
4°. Dois-tu t’inquiéter de la fiabilité de ton Créateur?
 « C’est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n’est–elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Regardez les oiseaux du ciel, ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez–vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie ? Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ? Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent ni ne filent ; cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira–t–il pas à plus forte raison, gens de peu de foi ? Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas : Que mangerons–nous ? que boirons–nous ? de quoi serons–nous vêtus ? Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. » (Matthieu 6:25-32 NEG)
La réelle dangerosité de l’inquiétude.
 L’inquiétude c’est le manque de confiance. Quelqu’un de confiant n’est pas inquiet. Les effets de l’inquiétude ne se limitent pas à un inconfort intérieur. Les effets produits par l’inquiétude peuvent être dramatiques, l’histoire suivante le montre dramatiquement.
« Début Mars 1873, le paquebot « Atlantic » appareille de Liverpool pour New York avec un millier de passagers à bord. Il doit effectuer la traversée de l'océan sans escale. Mais le capitaine Williams s'inquiète, la crainte de manquer de charbon s'infiltre puis s'impose dans son esprit. Il décide de mettre le cap sur Halifax (Canada) pour « charbonner ». Le navire fait route à toute vapeur dans la nuit, lorsque des récifs sont signalés. Pris de panique, l'officier de quart abandonne la passerelle pour chercher le capitaine; ceci au lieu de donner des ordres immédiats pour dérouter le navire. L' « Atlantic » sombre en six minutes, engloutissant près de six cents passagers. L'enquête révélera que le capitaine n'avait aucune raison sérieuse de s'inquiéter d'un manque possible de charbon. L'inquiétude lui fit perdre le sens de la réalité. Il accorda une priorité à un danger imaginaire pour diriger son navire vers un rivage dangereux, dont ils ne connaissaient pas les écueils. » 600 morts à cause d’une inquiétude injustifiée ! Bien sur nos inquiétudes entraînent rarement de telles catastrophes. Mais nous ne savons pas où peut mener une action qui est le fruit de l’inquiétude. L’inquiétude est une aussi mauvaise conseillère  que la colère.
 Ce n'est pas sans raison que la Bible considère l'inquiétude comme un élément à exclure de notre vie. Nous ne sommes pas coupables de l’invitation subtile et naturelle à l’inquiétude que l’ennemi de nos âmes. Mais nous avons la responsabilité de prendre des mesures efficaces lorsque l'alarme de l'inquiétude retentit. L’inquiétude est un soupçon sur la fiabilité de Dieu que l’ennemi nous souffle à l’oreille. Pour vaincre ces paroles porteuses de doute il n’y a qu’une seule arme : la Parole de Dieu, c’est par elle que Dieu va renouveler et fortifier notre confiance en Lui. La parole nous invite elle-même à nous décharger de notre inquiétude, ceci se fait par la prière : « Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. » (Philippiens 4:6 NEG). « Déchargez–vous sur lui de tous vos soucis, car lui–même prend soin de vous. » (1 Pierre 5:7 NEG)
 Dieu écoute la prière de ceux qui le cherchent et donne la paix, le courage et la lucidité pour faire face aux diverses situations de la vie.

Les raisons de l’inquiétude. « Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie ? » Matthieu 6.27. Nous ne maîtrisons pas tout, non seulement nous sommes impuissants quant à la durée de notre  vie terrestre mais nous n’avons aucun pouvoir sur bien des petites choses comme le note le texte parallèle de Luc. « Si donc vous n’avez aucun pouvoir sur ces petites choses, pourquoi vous inquiétez-vous au sujet des autres ? » Luc 12 : 26

La source de l’inquiétude.
L’incertitude du lendemain nous pousse à préparer matériellement notre avenir, mais nous ne sommes pas maître de notre destin. Jésus nous le rappelle en racontant l’histoire d’un homme qui avait bâti de nouveaux greniers à la suite d’une récolte abondante. Cet homme se disait qu’il était à l’abri du besoin pour de nombreuses années, mais il mourut la nuit même ! Jésus en conclut que si ne pouvons pas prolonger notre existence, ne serait-ce que de quelques instants, l’inquiétude à ce sujet est tout à fait superflue (Luc 12.16-21). Il cite ensuite l’exemple des oiseaux du ciel et des fleurs des champs qui jour après jour sont l’objet des soins de Dieu. Nous ne sommes pas créés pour assumer seuls la sécurité de notre avenir. La source de l’inquiétude est en nous, et elle jaillit dès que nous croyons avoir le devoir et le pouvoir de gérer seul notre avenir. Dieu nous a créés pour vivre dans la confiance en Lui. C’est dans le cadre de la foi en sa providence que Dieu nous appelle à prendre nos responsabilités. Notre première responsabilité face à l’avenir est de chasser résolument l’inquiétude pour placer librement notre confiance en Dieu. Le remède à l’inquiétude est la confiance et non pas l’insouciance.

Les leçons de la nature.
 Le monde qui nous entoure a été créé par Dieu et il en porte la marque. Jésus nous appelle, non seulement à nous souvenir de cette réalité, mais à y puiser encouragement. La nature porte la marque du Créateur. Le Dieu qui s’occupe des moineaux et des fleurs multicolores prend également soin de nous. Trop simple comme raisonnement ? C’est cependant le raisonnement de Jésus.
5°. Quelles sont tes priorités ?
 « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par–dessus. » (Matthieu 6:33 NEG)¬
 Dans sa souveraine providence Dieu nous a confié des responsabilités. Là où l’oiseau ne fait que suivre ses instincts l’homme est appelé à faire confiance à son Créateur et à rechercher sa volonté. Cette recherche du royaume et de la justice de Dieu est une priorité dans la vie d’un enfant de Dieu. Il désire l’établissement du royaume et l’accomplissement de la volonté de son Père céleste. C’est déjà une priorité dans sa prière comme nous l’avons vu dans les trois premières demandes du ‘Notre Père’.

6°. Quel est ton timing ?
 « Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ; car le lendemain aura soin de lui–même. A chaque jour suffit sa peine. » (Matthieu 6:34 NEG) L’inquiétude touche toujours à l’inconnu et à l’avenir. On ne s’inquiète pas du moment présent mais de ce qui va arriver plus tard.
 La crise économique que nous traversons peut amplifier cette inquiétude qui existe en tout temps. Un Français sur deux pense qu’il pourrait un jour se retrouver à la rue, sans abri ; seuls 17% estiment que cela ne leur arrivera jamais, révèle un sondage. L’actualité est assez riche en drames, catastrophes, crises économiques, bruits de guerre pour faire naître et entretenir notre inquiétude à ce sujet. Cependant une autre enquête révèle que les sans-abri eux-mêmes, malgré les difficultés traversées, sont optimistes et pensent que leur situation va s’améliorer. Nous avons tous besoin d’un profond sentiment de sécurité et d’espoir pour le quotidien et l’avenir. Dieu nous fournit l’espoir après lequel nous soupirons tous. Le prophète Esaïe apporte des paroles d’espoir à ceux qui craignent de se retrouver sans abri : « Car tu es un refuge pour celui qui est pauvre et une forteresse pour l’indigent dans sa détresse. Tu es un sûr abri contre la pluie d’orage et tu es notre ombrage au temps de la chaleur.
Car la colère ardente des tyrans ressemble à une pluie d’orage qui bat une muraille. » Esaïe 25.4
 La Bible fournit les promesses qui conviennent pour vaincre ces inquiétudes. Ces promesses n’excusent pas les « tyrans » qui ont une part de responsabilité dans ces situations, ils seront jugés par Dieu. Mais notre responsabilité à nous est de faire confiance à Dieu, même lorsque nos besoins fondamentaux semblent menacés. S’inquiéter à l’avance c’est faire de demain un jour mauvais alors qu’il sera peut être meilleur que tout ce qu’on peut espérer de mieux aujourd’hui !
 La journée est une unité de temps donnée par Dieu pour gérer notre vie. Dieu ne nous livre pas sa bonté en boites de conserves ou en produits congelés pour que nous en ayons des réserves pour longtemps. Dieu nous délivre sa bonté chaque matin, comme le milk man britannique. . Jérémie était un homme d‘expérience. C’était un « abonné » aux situations pénibles, interminables, angoissantes. Mais Jérémie savait, qu’aussi obscure que soient ses circonstances, il pouvait compter sur la bonté renouvelée de Dieu chaque matin : «  Les bontés de l’Eternel ne sont pas épuisées, Ses compassions ne sont pas à leur terme ;  Elles se renouvellent chaque matin. Oh ! Que ta fidélité est grande ! » Lamentations 3 :22-23. Nous pouvons, nous aussi, compter sur bonté de Dieu qui se renouvelle fidèlement chaque matin.
 Chaque matin souvenons-nous où est notre trésor et ayons les yeux de la foi fixés sur le Dieu qui prend soin de nous.

 « Jésus, s’étant approché, leur parla ainsi : Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint–Esprit, et enseignez–leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28:18-20 NEG)

Quimper Juillet 2010.
Alain Monclair.
 

Le Sermon sur la montagne (3)

Sunday, 8 August 2010

Jésus et la pratique religieuse.

Lecture : Matthieu 6 ; 1 à 18.

 « Gardez–vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour en être vus ; autrement, vous n’aurez point de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux. » (Matthieu 6:1 NEG)

 Pour beaucoup de personnes la pratique d’une religion est un rituel bien défini. Lorsque des catholiques d’un certain âge viennent pour la première fois dans nos lieux de culte protestants évangéliques, elles sont un peu gênées car elles ne savent pas comment se comporter. Elles ont appris à faire le signe de croix, se lever, s’asseoir ou s’agenouiller à certains moments de la messe, et ne trouvant pas les mêmes repères chez nous, elles se sentent déroutées. Les formes extérieures de la religion rassurent les uns et déroutent les autres.
 Quelle ne fut pas ma surprise, lors de ma première escale de jeune marin à Dakar, de voir tout à coup les gens s’affaler sur le trottoir pour faire leur prière. Je découvrais l’islam et ses pratiques religieuses, en cette période de Ramadan leur zèle était décuplé.
 Les Juifs ont aussi leur manière bien à eux de prier devant le mur des lamentations à Jérusalem, en se balançant sans cesse d’avant en arrière.
 Dans une même religion, chacun a sa manière de vivre les rituels et les liturgies. Certains se contentent de suivre le mouvement et d’autres attirent l’attention sur eux-mêmes. La pratique religieuse, même chez les évangéliques, peut devenir un étalage de piété personnelle. En général les gens n’aiment pas ceux qui en font trop en public.
 Une dame musulmane, originaire d’un pays du Maghreb, et vivant en France, me disait que toutes les religions qu’elle avait vues étaient les mêmes. D’après elle tous ceux qui en faisait le plus devant les autres étaient des hypocrites. Elle mettait Musulmans, Juifs et chrétiens dans le même sac, plus ils étalaient leur religion en public, plus ils étaient décevants dans leur vie. C’est alors que j’ai pu lui dire que pour Jésus ce qui comptait, ce n’était pas l’attitude corporelle de la prière, ni même les paroles à réciter mais l’attitude d’esprit, et nous avons lu les versets 6 à 8 de ce chapitre 6 de Matthieu. La vraie religion, celle qui plait à Dieu, est une relation profonde et sincère avec le Père, dans tous les domaines de notre vie de croyant. Une même phrase est répétée trois fois pour chacun des domaines abordés par Jésus dans Matthieu 6 : « et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » (Matthieu 6:4 NEG). La pratique religieuse enseignée par Jésus consiste à se présenter devant le Père dans une totale transparence, en n’accordant aucune autorité aux apparences devant les hommes. Tel est l’enseignement de Jésus dans le Sermon sur la montagne. Partons donc à la découverte de ce que Jésus dit sur l’aumône, la prière et le jeûne.  
I°. L’aumône.
 « Lors donc que tu fais l’aumône, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d’être glorifiés par les hommes. Je vous le dis en vérité, ils ont leur récompense. Mais quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite, afin que ton aumône se fasse en secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » (Matthieu 6:2-4 NEG)
 L’aumône est ce qu’on pourrait nommer aujourd’hui l’action sociale. Dieu accorde une grande attention aux plus démunis, les pauvres, la veuve et l’orphelin, l’étranger et le prisonnier. « Il y aura toujours des indigents dans le pays ; c'est pourquoi je te donne ce commandement : Tu ouvriras ta main à ton frère, au pauvre et à l'indigent dans ton pays. » Deutéronome 15:11. Selon notre cadre de vie il nous est possible d’être rarement confrontés à ces indigents, mais ils sont là et Dieu nous invite non seulement à les découvrir mais à les secourir. La lettre de Jacques accorde une grande importance à ce secours qui fait partie intégrante de la foi chrétienne: « Mes frères, que sert–il à quelqu’un de dire qu’il a la foi, s’il n’a pas les œuvres ? Cette foi peut–elle le sauver ? Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l’un d’entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez–vous et rassasiez–vous ! et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert–il ? » (Jacques 2:14-16 NEG). Jacques aborde également la discrétion dans laquelle doit se pratiquer l’aumône ou le secourt fraternel : « Si quelqu’un croit être religieux, sans tenir sa langue en bride, mais en trompant son cœur, la religion de cet homme est vaine. La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde. » (Jacques 1:26-27 NEG)
 L’aumône doit venir du cœur, elle est un élan d’amour pour le prochain dans la difficulté. Face aux nombreuses sollicitations il est difficile de savoir comment secourir les indigents avec nos ressources limitées. Ici Jésus nous éclaire sur la manière d’obtenir une direction. C’est dans le secret, le regard tourné vers notre Père céleste que nous pourrons obtenir le recul nécessaire et sérénité pour pratiquer l’aumône. Notre meilleure récompense est le sourire approbatif de Dieu.
 Cependant, le secret total de nos générosités n’est pas toujours possible, voici ce qu’en dit John Wesley : « « Mais quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait la droite » (Matthieu 6.2). Expression proverbiale qui veut dire : Fais le bien aussi secrètement que possible, et avec efficacité, car il faut qu’il s’accomplisse, soit en secret, soit en public. Si vous êtes pleinement persuadé dans votre esprit qu’en ne cachant pas le bien que vous faites, d’autres pourront être encouragés, alors ne le cacher pas ; alors « que votre lumière paraisse » et « éclaire ceux qui sont dans la maison ». Mais hormis ces cas où la gloire de Dieu et le bien des hommes demande le contraire, agissez d’une façon aussi secrète et aussi privée que possible,  « afin que ton aumône se fasse en secret, et ton Père qui voit dans le secret te récompensera publiquement », peut-être déjà dans ce monde (il y en a des exemples dans tous les âges), mais infailliblement dans le monde à venir, devant la grande assemblée des hommes et des anges. » John Wesley. Le Sermon sur la montagne, page 116. Georges Muller glorifia Dieu en donnant plus d’un million de livres sterling de son époque pour nourrir des orphelins. Mais il put les donner uniquement parce que Dieu les lui donna auparavant. Son aumône n’était pas la sienne, mais celle de Dieu, et elle glorifia Dieu et aida des milliers de chrétien à faire confiance à Dieu pour faire avancer son œuvre.
II°. La prière.
 La prière est le domaine religieux que Jésus aborde le plus longuement. Il parle tout d’abord de la préparation à la prière et ensuite du contenu de la prière.
 La préparation à la prière :
 « Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. Je vous le dis en vérité, ils ont leur récompense. Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas ; car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. » (Matthieu 6:5-8 NEG)
 Chacun d’entre nous a été témoin d’attitudes religieuses qui nous ont dégoûté plutôt qu’encouragé à prier. C’est d’ailleurs pour cela que Jésus dénonce ces mauvaises attitudes. Il ne veut pas que nous soyons freinés dans notre recherche de Dieu par les exemples inadéquats que nous avons rencontrés. La véritable prière n’est pas show-business devant Dieu. La prière publique a sa place, mais elle doit jaillir des profondeurs de notre intimité avec Dieu, de façon à nous conduire dans la présence de Dieu en oubliant l’homme. J’ai connu dans mon enfance cette façon de prier en répétant interminablement les mêmes paroles de prières qu’on comptabilisait à l’aide d’un chapelet. Jean Calvin nommait cette pratique « battologie », ce qui veut dire la répétition vaine et inutile de ce qu’on a déjà dit. «  La persévérance dans la prière n’a rien à voir avec la prolongation superstitieuse et la vaine répétition des prières, qui sont défendues par notre Seigneur (Matthieu 6.7). » Institution Chrétienne. Livre III, chapitre XX, 29.
 Dans les milieux évangéliques, J’ai parfois entendu de longues prières qui ont coupées mon élan pour prier ensuite. Dieu n’a pas besoin de très longues explications pour comprendre une situation, il connaît parfaitement les besoins de chaque situation.
 Le contenu de la prière :
 « Voici donc comment vous devez prier : Notre Père qui es aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne–nous aujourd’hui notre pain quotidien ; pardonne–nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ; ne nous induis pas en tentation, mais délivre–nous du malin. Car c’est à toi qu’appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen ! Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. » (Matthieu 6:9-15 NEG)
 Le contenu de la prière consiste en 6 demandes, précédées du réglage de l’antenne sur le bon canal et suivies de la motivation de cette prière ainsi que d’ PS pour auditeurs oublieux.
 Réglage de l’antenne. « Notre Père qui es aux cieux ! »
En priant nous nous tournons vers Dieu dans sa position céleste. Il n’est ni prisonnier ni même influencé par les circonstances terrestres comme nous le sommes.
 Les six demandes.
 Les trois premières concernent la personne de Dieu, les trois suivantes nous concerne. On retrouve un peu le schéma des dix commandements, où les cinq premiers concernent notre attitude envers Dieu et les cinq suivants nos responsabilités terrestres. On trouve également un même air de famille à la structure de la lettre aux Éphésiens où les trois premiers chapitres nous parlent de l’œuvre divine de Christ pour nous et les trois derniers de comment nous devons œuvrer en Christ et pour Christ.
1°. « Que ton nom soit sanctifié. » C’est avec respect que nous invoquons le nom de Dieu. Notre intimité avec Dieu ne doit pas banaliser pas son identité à nos yeux. Au contraire, plus nous prions, plus nous découvrons sa sainteté et donc la grâce qu’il nous accorde à nous pécheurs pour nous approcher de Lui. En priant nous nous tournons vers le lieu saint céleste.
2°. « Que ton règne vienne » En priant nous reconnaissons le souveraineté de Dieu et lui demandons d’étendre son règne sur la terre.
3°. «Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » En priant nous nous mettons à l’entière disposition de Dieu ou alors notre prière est un hypocrite marchandage.
4°. «Donne–nous aujourd’hui notre pain quotidien. »  En priant sincèrement nous proclamons notre entière dépendance de Dieu. Même le paysan, le meunier et le boulanger sont appelés à prier pour demander leur pain quotidien. Le pain quotidien est une grâce de Dieu. Bien entendu il n’y a pas que le pain du boulanger, il y aussi le pain nécessaire pour marcher dans les voies de Dieu et résister au diable : « Jésus répondit : Il est écrit : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Matthieu 4:4 NEG). C’est également chaque jour que nous avons besoin de ce pain spirituel. En priant cette 4ème demande du ‘Notre Père’ nous reconnaissons que nous sommes quotidiennement et totalement dépendants de Dieu tant pour notre nourriture corporelle que spirituelle.
5°. «Pardonne–nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ; ». Le pardon appartient à Dieu, il en est le Créateur et l’instigateur. Dieu seul peut pardonner les péchés. Nous ne pouvons pas pardonner aux hommes leurs offenses envers Dieu, mais nous pouvons pardonner les offenses qui nous ont été faites personnellement. Recevoir le pardon de nos péchés implique logiquement le devoir de pardonner aux autres. Comment pourrions-nous être disciples de Celui qui s’est humilié, qui a souffert et qui est mort crucifié pour le pardon de nos péchés sans chercher à lui ressembler ? Nous sommes appelés à pardonner, non pas tant les criminels, les terroristes, les dictateurs qui font les titres de l’Histoire et de l’actualité, nous sommes appelés à pardonner tout d’abord ceux qui vivent ou ont vécu dans notre entourage immédiat. Ce sont ceux qui nous ont trahi personnellement, ceux qui nous ont rendu la vie difficile, ceux qui nous ont critiqué et découragé, ceux qui ont récidivé 7 fois ou 70 fois 7 fois par jour, ce sont ceux-là, nos frères et nos sœurs que nous avons tout d’abord à pardonner : « Supportez–vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez–vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez–vous aussi. » (Colossiens 3:13 NEG). Le pardon de Christ nous pousse à pardonner aux autres, et le pardon que nous accordons aux autres nous aide à mieux comprendre que Jésus-Christ nous accorde en demande à notre prière.
6°. « Ne nous induis pas en tentation, mais délivre–nous du malin. » N’est-ce pas ici une autre manière de nous dire « Veillez et priez ! » Ce n’est pas Dieu qui nous tente, la Bible est formelle à ce sujet. Certes Dieu permet que nous soyons tentés par le diable, puisque nous le sommes ! Non Dieu ne nous tente pas, mais il a le pouvoir de nous protéger, de nous éclairer sur les dangers, de nous fortifier au jour de la tentation. Sans Dieu nous sommes vulnérables et tombons dans l’esclavage. Ne soyons pas comme les contradicteurs de Jésus qui ne voulaient pas entendre parler de la possibilité du  besoin d’être délivrés d’un esclavage quelconque : « Ils lui répondirent : Nous sommes la postérité d’Abraham, et nous ne fûmes jamais esclaves de personne ; comment dis–tu : Vous deviendrez libres ? » (Jean 8:33 NEG). Chaque matin, dès le saut du lit, et même avant, nous sommes appelés à demander la protection et la délivrance de Dieu.
Motivation de la prière. « Car c’est à toi qu’appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen !  »
Nous sommes appelés à croire que Dieu exauce une telle prière, car il en a le désir, les moyens et la puissance. Dieu est vivant, et ce n’est pas parce que la majorité de ses créatures l’ignorent que son règne sa puissance et sa gloire sont amoindris. Sa patience fait partie intégrante de sa puissance et de sa gloire. Nul ne peut se glorifier d’être plus patient que Dieu. Nul n’est assez puissant pour prolonger sa patience autant que Dieu sans craquer. Le règne de Dieu est sans égal, il règne dans nos vies dans les siècles et les situations les plus invraisemblables. Oui, la vie que Dieu nous propose n’est pas religion morte !
P.S. pour disciple oublieux. « Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. ». Jésus  tient vraiment à la notion de pardon, elle est au cœur de notre relation avec Dieu. Il y aura un jugement, mais notre vocation actuelle est de recevoir, vivre et annoncer le pardon que Jésus nous offre. Les contemporains de Jésus qui aimaient à prier au coin des rues n’étaient pas des champions du pardon. Au contraire, ils jugeaient sévèrement les pécheurs et ne leur offraient aucune possibilité de changement. Les religions humaines cherchent à réglementer les vies, tandis que l’Evangile transforme les vies.

III°. Le jeûne.
 « Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils ont leur récompense. Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » (Matthieu 6:16-18 NEG)
 Le jeûne, comme toute pratique religieuse peut être détourné de son véritable rôle par intérêt humain. Le plus horrible dérapage dans le détournement d’un jeûne est celui que proclama le roi Achab, sous l’influence de sa femme Jézabel, afin de s’emparer de la vigne de Naboth. Comme il ne voulait pas vendre sa vigne au roi Achab, Jézabel eut l’idée de mettre Naboth à la tête du peuple pour ce jeûne et ensuite de l’accuser de sédition. La chose faite, sur la déposition de deux faux témoins on lapida Naboth et le roi Achab prit possession de sa vigne (1 Rois chapitre 21).
 Jésus ne parle pas contre le jeûne, mais il dénonce l’hypocrisie de ceux qui affichent manifestement leur jeûne devant les autres, alors qu’intérieurement il ne sont pas sur la même longueur d’onde que Dieu. Le prophète Esaïe dénonçait déjà la mauvaise utilisation du jeûne (Esaïe 58.3-12).
 Le jeûne ne doit pas être un acte méritoire pour faire pression sur Dieu, mais un privilège accordé par Dieu pour rechercher sa face dans l’intimité du lieu secret. Il est évident qu’après un tête à tête avec Dieu nous n’avons pas le visage défait, mais rayonnant « Quand on tourne vers lui les regards, on est rayonnant de joie, Et le visage ne se couvre pas de honte. » (Psaumes 34:5 NEG)
 La véritable religion est une relation heureuse avec Dieu. C’est pour établir, ou plutôt rétablir cette relation que Jésus est venu nous sauver. Lorsque nous donnons, lorsque nous prions et jeûnons, veillons à le faire devant notre Père qui voit dans le secret de nos cœurs, et il nous le rendra. Notre récompense est de plaire à Dieu, c’est la seule récompense qui a des prolongements éternels.
Quimper Juillet 2010.
Alain Monclair.